LE TEMPS GOGUENARD…

© Salvador Dali – 1931

A l’orée d’un âge qui s’enfonce déjà dans la nuit, ton visage s’est flouté avec les années. Pire que sur une photo jaunissante, le temps, méthodiquement s’est chargé d’en grignoter les contours comme les vagues gomment les bordures des falaises dentelées. Tu étais devenu mon confident éternel, tu m’avais emprisonnée à jamais dans un vêtement de deuil même si je m’habillais de blanc. Mon humeur alors versatile était devenue uniforme, recluse dans une forteresse capitonnée où les bruits de l’extérieur ne me faisaient ni bien ni mal. Surtout les stridences des sonnettes tirées par ceux qui se grisent d’amour. Ce sentiment mis à toutes les sauces du malmenage. Il reste une manne inépuisable pour les psys en tous genres ; il réanime à point nommé les manchettes ennuyées des journaux. Dès qu’arrive l’été, les pipoles de la planète s’habillent léger, suivi par de blondes hétaïres, gloussant sur commande avant de rouler sous la table, noyées de vodka-coke. Mais je m’égare mon amour. Reprenons. Le temps, ce petit salopard m’arrache jusqu’au souvenir du malheur ! Ce flou qui s’obstine n’est-il pas plus terrifiant que la netteté du cliché ? Il faut dire que l’odeur du bonheur est plus légère, plus volatile que celle des charniers.

Mais je n’ai pas voulu incarner la nostalgie à moi toute seule. Ressembler à ce courant d’air qui s’était engouffré pour balayer ce qui restait de nous et me surprendre à mâcher du vide. Rester béante  à panser mes cloques. A en devenir démagogue pour m’arranger avec ma bonne conscience (la mauvaise a fait pschitt toute seule !). Ce n’était plus une saine occupation mais un délitement sans issue. Mes illusions brisées sur les murs froids du silence jamais ne reviendraient… Et quand j’aperçois encore ton regard qui s’éloigne, je sais que les yeux de l’absence auront toujours la couleur des tiens, coulés dans le bronze de ma peau.

Ce que j’ai fait n’est pas trahir je pense. Tant d’années ont passé. Tu comprends ? Lui… Il est autre. Il est présent. Il aime. Il est vivant…

C’était ma participation à l’atelier d‘Olivia, “des mots, une histoire”. Les mots imposés étaient : versatile – hétaïre – uniforme – vêtement – cloque – jaunissant – démagogue – manne – goguenard – tablette – illusion – forteresse – confident – griser – manchette – occupation – orée – sonnette.

Je n’ai pas utilisé tablette, désolée !

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LA CITATION DU JEUDI AVEC SAGAN-LOUVRIER

Cela faisait longtemps que je ne vous avais parlé de Sagan ! Je viens de lire une biographie magnifique de Pascal Louvrier, intitulée “Un chagrin immobile” (en référence à Un orage immobile de Sagan), et ses mots à lui sont si proches de ceux de Sagan, que je voulais vous présenter cet extrait avant de vous parler du livre. Dans une biographie, souvent le biographe s’efface  (et se dilue) dans la vie de celui dont il parle, ici il y a un mimétisme surprenant. J’aime les mots de cet auteur et la façon dont il a su parler de Françoise comme de Sagan… Billet lundi (ou avant). Lire la suite

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UN ÉTRANGER DANS LE MIROIR D’Anne Perry

Après avoir découvert la série « Charlotte et Thomas Pitt », il me fallait rencontrer William Monk, autre héros récurrent d’Anne Perry, inspecteur de police lui aussi. Disons-le tout de suite, j’ai été longue à entrer dans l’univers plus sombre que celui des Pitt. Heureusement, à la page 130, Hester, jeune infirmière bénévole qui revient de la guerre de Crimée redonne de l’élan au roman qui patinait dans l’amnésie de Monk… Lire la suite

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Les Humeurs du dimanche avec Lady Jane !

Tout le monde sait que j’aime Jane Austen, auteure de la citation (trèèèès mystérieuse) de jeudi… Je ne pense pas que cette chanson des Rolling Stones, tirée de l’album AFTERMATH, dont j’avais déjà parlé ICI soit dédiée à l’écrivaine mais plutôt à  Lady Jane Grey, descendante d’Henri VIII, qui aurait pu prétendre au trône d’Angletterre si…elle n’avait été exécutée ! Le triste destin des rois… Cette chanson je la dédie à Delphine qui aime les Stones, et, qui à notre grand regret doit mettre son blog en pause pour une durée indéterminée. Je pense à toi et tu sais que je ne suis pas la seule. Courage et reviens-nous quand le coeur te dira…  Lire la suite

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NETTOYAGE DE PAL pour le mois de juin !

Miss Bouquinaix nous propose un défi, un “mini-challenge” à relever en un mois, juin pour tout vous dire ! De quoi s’agit-il ? Lire la suite

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DIVAGATIONS EN TERRASSE…

A peine assise à la terrasse du café elle avait commandé un double bloody Mary (sans céleri merci !), profitant du soleil revenu après les orages plombants des derniers jours. Elle claqua la langue avant de siroter l’antidote au poison qui s’était incrusté dans  sa vie depuis un mois. Si elle avait pu trafiquer les calendriers en plus de vivre sous anesthésie générale, elle eût écrit des quatrains enflammés au Dieu de la Justice Amoureuse ! Comment ? Ça n’existait pas ? Eh bien, hop, elle en mettait un sur le piédestal de son Panthéon personnel, à la droite de ses incertitudes et à la gauche de son cœur ratatiné ! Qu’est-ce qu’il a ce mec à me regarder comme si j’étais une traînée en rut ? Oui je bois sec et alors ? Finalement il est craquant avec ses yeux de chien battu (écrabouillé plutôt) et ses mocassins à pompons (Hallucinant ! Qui met encore des mocassins à pompons… vraiment ?). Il se leva pour lui demander du feu et elle sortit son briquet à amadou (qui a encore un briquet à amadou de nos jours ?) en rougissant légèrement, juste pour lui donner bonne mine, pas de quoi en tirer des conclusions… Lire la suite

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La Citation (mystère) du jeudi !

Je ne vais pas vous donner le titre et l’auteur aujourd’hui mais je pense que beaucoup sauront tout de suite  !

” L’orgueil (…), est, je crois, un sentiment très répandu. La nature nous y porte et bien peu parmi nous échappent à cette complaisance que l’on nourrit pour soi-même  à cause de telles ou telles qualités souvent imaginaires. La vanité et l’orgueil sont  choses différentes, bien qu’on emploie souvent ces deux mots l’un pour l’autre ; on peut être orgueilleux sans être vaniteux. L’orgueil se rapporte plus à l’opinion  que nous avons de nous-mêmes, la vanité à celle que  nous voudrions que les autres aient de nous.”

Vous avez reconnu ? Allez, je vous donne deux indices : l’image de gauche pour l’auteur et une partie du titre est l’objet de la citation ! Là c’est donné (même pour ceux qui ne l’ont pas lu !)…

Sur une idée de Chiffonnette !

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LA SOURIS BLEUE DE Kate Atkinson

Attention ! Livre gigogne où trois histoires vont s’imbriquer les unes dans les autres avec une aisance et une fluidité dignes d’un menuisier ébéniste ! Le départ est déconcertant  car Kate Atkinson nous livre à la suite, un chapitre après l’autre, trois histoires de trois familles différentes, comme s’il s’agissait de courtes nouvelles se déroulant à une époque antérieure. Il faut mémoriser les noms de personnages car on se doute bien que ce n’est pas innocent et qu’ils vont se croiser à un moment ou un autre…Coup de coeur pour l’humour de l’auteure qui dédramatise ces histoires de façon désopilante ! Merci à Syl., ma “swappée” qui me l’a offert ! Lire la suite

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LE CINQUIÈME JOUR de Maud Tabachnik

Ce livre a une petite histoire très sympathique puisque c’est Soène qui me l’a offert, dédicacé par l’auteure après avoir fait le pied de grue deux jours aux Quais du Polar à Lyon en avril dernier ! Une rencontre amicale qui a laissé pantoise notre pauvre Soène de voir que les auteurs étaient des gens (presque) comme tout le monde. Maud Tabachnik est l’une de mes écrivains préférées en matière de polar et je vous assure qu’elle vaut bien un auteur américain dans ce genre ! Un conseil cependant : âmes sensibles s’abstenir…

L’HISTOIRE (sans spoiler)

New-York 2001. Stan Levine est inspecteur de police à Brooklyn. Un été chaud, poisseux où l’orage gronde au loin mais n’éclate pas. Où toutes les misères, sociales,  humaines  sont exacerbées.
Stan Levine est un bon flic, célèbre car passé à la télévision pour avoir arrêté un terroriste qui voulait faire sauter le pays. Sa femme Sarah, pour tenir une promesse concernant un de leur trois enfants (Jonathan, Amélie et Judith) est devenue “religieuse” et respecte scrupuleusement le Shabbat tous les vendredi soir. Et Stan considère ce moment (bien que peu convaincu par la religion) comme une parenthèse enchantée pendant laquelle ils sont enfin tous réunis. Alors que cette famille ordinaire s’apprête à partir à Cape Cod pour le week-end, une femme et son fils adolescent débarquent au commissariat pour signaler l’enlèvement de leur fille et soeur, Gloria, par un inconnu “respectable” l’avant-veille. Il s’agirait d’un certain Mosley venu proposer du travail au fils qui avait postulé par petites annonces. Dans le même temps, un archiviste méticuleux, père de famille, la soixantaine grise et passe-muraille mène lui aussi une vie calme et équilibrée. Juste après, un prostitué est retrouvé égorgé, puis c’est le tour du jeune Albert, pas tout à fait normal. Ca sent la pédophilie. Ca sent mauvais. Levine et son équipe sont sur les dents quand ils découvrent l’horreur des cadavres mutilés. Le tueur va s’en prendre à Judith, la fille cadette de Lévine, il le nargue, il nargue l’Amérique. L’impossible et l’indicible prennent forme sous nos yeux, les crimes sont monstrueux mais quand nous savons QUI les commet, les bras nous en tombent ! Le monstre a enfin un visage et pas celui qu’on voudrait. Il ressemble trop à notre gentil voisin de palier, celui qui nous tient la porte et nous aide à porter nos commissions. Mais je ne vous en dit pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte…

MON AVIS

C’est là que Maud Tabachnik frappe fort, elle nous retourne l’estomac sans nous laisser une minute de répit, le suspense est haletant et…bien écrit ! Amateurs de “happy end”, passez votre chemin, pas d’espoir ici et l’auteur nous enlève nos dernières illusions  en nous promettant des nuits sans rêves ! Contrairement au cinéma où l’on peut détourner les yeux,  la lecture est frontale et parfois douloureuse, douloureuse jusqu’à l’absurde ! J’aime ce genre de policier quand il est sans temps mort et absolument crédible !

Maud Tabachnik s’est librement inspirée d’un serial killer qui a sévi aux USA dans les année 1930 et qui, lors de son passage sur la chaise électrique provoqua un court-circuit à cause des aiguilles qu’il avait dans le corps !! Arrgh ! Mais Soène m’a aussi fait dédicacer “Ne vous retournez pas” où je vais retrouver Sam Lévine/Goodman quelques années plus tard ! Encore des frissons en perspective… È

SUR L’AUTEURE

Maud Tabachnik est née le 12 novembre 1938 à Paris. Après avoir exercé le métier de kinésithérapeute-ostéopathe pendant une vingtaine d’années, elle décide de se lancer dans l’écriture en 1991 (bien lui en a pris) et compte à ce jour une trentaine de romans. ” Sa spécialité : le thriller politique et féministe” (sic son éditeur). Elle tient un site que je vous conseille d’aller visiter, ne serait-ce que pour sa bibliographie ! PAR ICI

Livre lu pendant le STAR de Liyah (oui je suis encore en retard de deux billets, ça vient) et qui compte pour le challenge Thriller de Cynthia.

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LES HUMEURS DU DIMANCHE avec mon Amant…

HA HA ! Je vous ai eus ! Eh non, ce n’est que mon Amant de Saint-Jean pour faire valser votre dimanche ! Une chanson qui est aussi une “tradition” familiale, remise au goût du jour avec plus ou moins de bonheur… Je préfère encore la version originale de Lucienne Delyle ! Et en ce lendemain de R.A.T, il me fallait quelque chose de léger !

Je souhaite aux “ratteuses” d’hier de bien récupérer ainsi qu’aux Pom-pom girls et boys (soignez les courbatures !^^), et à toutes et tous un bon dimanche de printemps…pas très printanier et frisquet dans l’Ouest, mais le coeur n’est pas frisquet lui !

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LE JOURNAL D’UN R.A.T ou douze heures de lecture tout terrain !

C’est le Jour J ! Et comme la dernière fois, la même émotion au réveil, cette excitation tranquille qui nous enveloppe, la fébrilité (est-ce que je n’ai rien oublié ?), tout est calculé (en temps) et le plaisir de découvrir de nouveaux livres, d’en continuer et d’en finir d’autres… A la différence d’octobre, il faisait jour quand je me suis levée à 6 heures 30 ! Ma boulangère est venue me livrer les croissants,  toujours aussi adorable ! J’ai pris du pain au levain (un délice) maison pour le confiturer de fraises ou d’abricot  si l’envie m’en prenait. Sur la photo montage ci-dessous, il y a deux Queen Mum, avez-vous reconnu la mienne, celle qui va me dorloter aujourd’hui et me laisser lire  ? Tout est dans le chapeau (ou les lunettes) je sais… Lire la suite

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LA MÉMOIRE DU PHARE…

CLIC ICI et dessus, pour la photo (© FlickR).

Suite des 1, 2, 3

Charlie ne danserait pas cette nuit. Pas encore. Et puis  pour qui finalement dansait-elle vraiment ? Qui espérait-elle voir franchir le seuil de son café ? Le soir tombait nonchalamment sur cette languide journée d’été, les ombres qui arriveraient bientôt, après le crépuscule terrifiaient Charlie ; elle appréhendait les visiteurs aussi, avec leurs voix de velours, le ton de circonstance, à l’affût du moindre changement depuis son malaise : depuis la nuit des temps elle savait que l’odeur du sang charriait des  miasmes de curiosité malsaine. Lire la suite

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LA CITATION DU JEUDI avec David THOMAS

Il y a quelques temps déjà (ne me demandez pas les dates, j’ai oublié !), Jeneen m’avait offert ce livre au titre improbable (et préfacé par Jean-Paul Dubois…) et il s’avère que ce sont de très courtes nouvelles, pour ne pas dire des brèves… Inégales mais intéressantes, je vous en parle plus tard ; en attendant un extrait de celle intitulée “Aux vivants le droit de vivre” : Lire la suite

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MASSE CRITIQUE DE BABELIO : ma promesse de livre !

Lou Andreas-Salomé par Mons

J’ai participé le 15 mai dernier à l’opération Masse Critique de Babélio et j’ai coché plein de livres (pas au hasard cette fois !), sachant qu’on n’en reçoit qu’un. Je sais déjà que je vais recevoir Lou Andréas-Salomé, une biographie d’Isabelle Mons sur cette femme fascinante, muse de Nietzsche et de Rilke, amie d’Anna Freud à la fin de sa vie ! Ce que j’ai lu sur sa vie ici et là est détonnant ! Femme libre avant l’heure, bohémienne dans l’âme, femme de lettres, je devrais me régaler ! Pour savoir ce qui s’est déjà dit sur ce livre, cliquez ICI ! Un grand merci à Babélio !

Ici et là…

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L’AVANT-DERNIERE CHANCE de Caroline Vermalle

Premier roman récompensé par le Prix Nouveau Talent 2009 de la Fondation Bouygues Telecom-Metro. Il m’a été offert par Liligalipette qui m’avait tentée par son billet, ICI. Lu en une après-midi dans le cadre du S.T.A.R, tellement je me suis laissée emporter par cette histoire mélancolique, drôle souvent, et bien écrite. Lire la suite

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