Une pause dans la pause ! Avec de la couture selon Syl. !

Si j’écrivais en tapant sur une machine à écrire, voilà à quoi ressemblerait ma vie en ce moment ! Une désolation ! Déjà que… mes corrections sur papier sont « envahissantes » mais c’est le rude travail de correcteur ! Je ne vous oublie pas, vous me manquez, les blogs aussi mais je me concentre sur ce travail, c’est la dernière ligne droite… Plus que cinq jours ou encore cinq jours, tout dépend de quel côté on se place !

Mais comme j’aime relever des défis même si je risque fort  de me vautrer d’y arriver moyennement, j’ai accepté celui de mon amie Syl. qui consiste à confectionner une couronne, prête à suspendre pour Noël ! Et pour être sûre que je la fasse, avec la générosité qui lui est coutumière, elle m’a envoyé les matières premières : Regardez plutôt l’énoorme colis qui contenait pas une mais deux couronnes (elle est folle ma Syl.) (elle m’a
dit de la garder pour Pâques) (bah voyons) et le lot de tissus rouges et beiges, plus trois rouleaux de rubans verts (des fois qu’une guerre se déclare et qu’on soit en rupture de stock), de deux tailles différentes.

Voila pour le matériel de base dont Syl. nous parlait ICI. Et voici mon tube de colle à tissu, quelques dentelles retrouvées, des perles (il y en a d’autres ailleurs mais où ?) et autres fils à broder qui dormaient dans une antique boîte à couture (du temps où je croyais savoir raccommoder, j’ai pas dit coudre) (j’enjoliverai les coeurs cousus dès que j’aurai plus de temps) (je sais broder au point de tige) :

J’ai donc commencé par recouvrir la couronne (sinon elle perd ses poils) de large dentelle en coton, pour l’instant je ne suis pas très satisfaite de mon « enroulage », j’attends avant de coller, j’ajouterai du vrai lierre juste avant Noël. J’ai même réussi à découper deux coeurs, à en coudre un, le remplir de coton, puis avant de le fermer, j’ai collé un ruban vert (le fin) en double. Progression en images.

Oui je sais, ce n’est pas de la haute-couture  ! J’avais prévenu que je n’étais pas douée, et voilà comment j’ai retrouvé Syl. ce matin après qu’elle ait vu mon pitoyable travail et ce, malgré les nombreuses explications qu’elle se tue à nous fournir ! Je ne désespère JAMAIS, je vais consoler ma copine et continuer ce que j’ai sur le feu, ça urge, j’ai hâte de vous retrouver sur vos blogs, dès le 30 novembre !!! 🙂 Et surtout si vous voulez faire partie de l’équipe couronnée, allez voir chez Syl, ICI et toutes les explications, c’est trèèès facile !

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Les chrysantèmes de Modiano

Elle disait que les chrysanthèmes
Sont autant de je t’aime
Que laissent les vivants évanouis
A leurs morts couchés dans l’herbe des nuits.
Elle disait « Regarde les cendres pures
Qui volent au-dessus des stèles
Quand le ciel de novembre
Revient des boutiques obscures,
Du vent dans son regard, du givre sur ses ailes ».
Et ton nom gravé dans le marbre froid,
Déjà, oui, déjà décembre….
Qui arrive sans toi.
Alors là-bas dans les nuages
Il me semble qu’un cirque passe
Avec dans son sillage
L’ombre d’un chien de printemps qui trace
Un chemin qui te ramène
Le coeur brisé de haine,
Vers le vestiaire de l’enfance,
La porte à pas-de-chance
Où sont accrochés polissons
Tes derniers chaussons,
Regarde, ils  dansent sans bruit
Une dernière ronde de nuit.
Tu disais que les chrysanthèmes
Entre vertiges et vestiges
Deviennent fleurs de ruines
Scintillant sous la pluie fine
Et quand bien même….
C’est moi aujourd’hui qui fustige.
Tu disais, tu t’es tue.
Pour toi je suis venue,
La Petite Bijou, ma petite sœur,
Déposer ces pauvres fleurs
Et te dire à l’ombre des statues
Qu’ils n’étaient pas tous
De si braves garçons
Ceux qui continuent
De boire leur mousse
Ivres de désillusions,
Ceux qui tremblent d’effroi
Et ignorent les lois
Ils chantent et pleurent sans remords
Ces fous qui t’ont blessée à mort,
Ici-bas et pour longtemps encore,
Dans le café de la jeunesse perdue.

Ma participation à l’atelier de SKRIBAN (Gwénaëlle) qui nous demandait aujourd’hui un poème nostalgique en y insérant ces dix titres de Patrick Modiano. Quand on me prend par les sentiments (et Gwen sait y faire en ce domaine^^), je ne résiste pas et j’ai pris une petite heure de pause pour concocter ce poème. Ce qui m’a sortie un peu de ma coquille opaque dans laquelle je me cogne depuis plusieurs jours ! Voici les titres qu’il fallait glisser : L’herbe des nuits, Dans le café de la jeunesse perdue, Un cirque passe, Chien de printemps, Fleurs de ruine, Vestiaire de l’enfance, Rue des boutiques obscures, De si braves garçons, La ronde de nuit, La petite Bijou.

OSCAR WILDE ET LE MEURTRE AUX CHANDELLES de Gyles Brandeth

Lu pendant le dernier Marathon de lecture, cet opus est antérieur à « Oscar Wilde et le jeu de la mort », cette fois-ci je n’ai pas été perdue. J’ai retrouvé Robert le biographe officiel d’Oscar Wilde qui sous la plume de Gyles Brandeth est d’une réalité saisissante. Merci Aymeline de m’avoir fait découvrir cette série de qualité. Lire la suite

JE T’AIME pour mon dimanche !

Eh non, ce n’est sûrement pas Lara Fabian !!! Parce que je ne veux pas faillir à ma réputation de grande promoteur des chanteurs morts, parce que Serge Reggiani, dans cette catégorie fait partie de mes préférés, parce que j’avais envie d’écouter cette chanson…tout simplement ! Si vous la connaissez, vous comprendrez qu’on ne s’en lasse jamais tout à fait et si vous ne la connaissez pas, eh bien, c’est le moment ou jamais !!! ET, quand une chanson commence par « Sous le pont Mirabeau coule la Seine… », elle n’est pas tout à fait mauvaise. Parce que les dernières journées d’automne se prêtent bien à ces chansons que l’on écoute distraitement au coin du feu.

Bon dimanche à vous aussi ! 🙂 Venez vous réchauffer !

Quand une blogueuse nous interroge !

Vous êtes déjà nombreux à avoir répondu au questionnaire de notre chère Morgouille, qui en parlait ICI, mais il semble qu’elle ait encore besoin de réponses, donc je vous explique de quoi il s’agit afin, si c’est possible, d’en inciter certains à aller répondre au questionnaire !

Notre jeune Morgouille se prépare au beau métier de bibliothécaire-documentaliste et doit remettre bientôt son TFE (Truc Travail de Fin d’Etudes) qui porte sur la présence des bibliothèques belges (ou pas d’ailleurs) sur la blogosphère. Donc un sujet qui nous interpelle tous, nous les blogueurs lecteurs ! Pour ce faire, elle a mis en place, fin octobre un questionnaire très complet sur nos habitudes de lecteurs en rapport avec les bibliothèques, sur leur présence ou leur absence dans nos choix de lectures ! C’est PAR ICI qu’il faut aller pour l’aider à y voir plus clair ! Que vous viviez en France ou ailleurs n’a pas d’importance, bon d’accord beaucoup adoooorent la Belgique en ce moment, son plat pays, ses flamandes, ses moules-frites mais pas pour les bonnes raisons, là vous avez l’occasion de participer en live à un évènement important, ne le manquez pas ! Et merci pour elle !!! 🙂 N’hésitez pas à relayer sur FB pour ceux qui ont un mur !

Et déambuler…

J’ai longtemps marché seule la nuit, dans les rues d’une ville familière dont je connaissais le moindre pavé. Elle scintillait sous le vent froid d’hiver et suspendait du givre au rebord des fenêtres. J’ai croisé l’étrange faune noctambule qui me frôlait, méfiante et susceptible de se savoir épiée.

J’entrais en apnée dans les bars animés où de puissants ténors refaisaient le monde sans pardonner les offenses que Dieu ou Diable leur avaient infligées. La harangue pâteuse comme vérification de leur pouvoir illusoire sur la poignée d’humains réunis là par hasard. Beaucoup de neige collait à leurs chaussures, telle un morceau de mémoire froide oubliée par le temps. Ils mentaient ou inventaient ou racontaient souvent, pour ne pas dire toujours, les mêmes dérives, les mêmes blessures en riant aux mêmes canulars. Enroulée dans ma cape sombre (qui ne soulevait pas l’admiration des foules), mon circuit variait d’une nuit à l’autre. Les tournois perdus d’avance et les joutes oratoires enflammées réchauffaient alors la banquise où mon coeur vivait en exil. Jusqu’à ce que l’un ou l’autre, ivre d’alcool et de mots sans suite perde au passage les derniers remparts d’une dignité déjà vacillante. Le temps s’arrêtait au fond des bouteilles vides et leurs lèvres saignaient de boire à des verres ébréchés.

Quand le matin blanchissait au dehors, sous un ciel chargé de désillusions, les visages creux se refermaient, les silhouettes chancelaient, fantômatiques, jetant à l’aube indifférente quelques bribes de rêves éclatés sur des miroirs brisés. Emménager de plain-pied dans la réalité ravive les tremblements tapis dans l’ombre des coeurs fragiles, ceux-là mêmes qui vont se coucher quand se lèvent les peurs obscures d’une nouvelle journée impossible à affronter.

Je ne suis jamais passée deux fois au même endroit, de peur de ressembler aux visages d’apocalypse qui me faisaient frémir. Aujourd’hui, alors que quelques sillons se sont creusés autour de mes yeux, qu’un pli soucieux barre mon front en souvenir des tempêtes passées, je me demande ce que penserait la jeune fille si elle me croisait un soir de pluie, ses hauts talons claquant sur le bitume de la ville endormie…

C’était ma participation à la 80ème session de « Des mots, une Histoire« , d’Olivia. Les 16 mots à placer étaient : Apnée, admiration, tournoi, vérification, pardonner, mentir, circuit, chaussures, canular, susceptible, emménager, satiné, banquise, cape, scintiller, pavé.

POUR SEUL CORTÈGE de Laurent Gaudé

Dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire, organisés par Price Minister, j’ai reçu Pour seul cortège de Laurent Gaudé. Je suis plus que ravie de mon choix !

« Échapper au marbre de l’Histoire », Alexandre Le Grand y est-il parvenu ? C’est ce que nous conte Laurent Gaudé dans cette fresque colorée, hypnotique et épuisante. Et si Alexandre n’échappera jamais à l’Histoire, peut-être à son marbre d’une certaine façon, Laurent Gaudé, lui,  continue ici de nourrir la légende…

Alexandre se meurt à la fin d’un banquet, ivre d’alcool et de danses. Le monde est suspendu à son dernier souffle car après, qui va diriger l’Empire ? Tout ce qu’il a fédéré de son vivant est-il amené à se disloquer dans des guerres fratricides ?

Le second point de départ du livre est la mise en marche, de Babylone, du cortège funèbre qui doit ramener Alexandre à « sa mère Olympias » à Tyr ; Alexandre qui s’est toujours éloigné vers l’Est dans sa soif d’espaces et de conquêtes aurait-il souhaité ce retour à la terre qui l’a enfanté ? Est-ce là le destin d’un homme que de retourner, fatalement,  à son point de départ ? Pas Alexandre qui était l’enfant du monde, surtout celui qu’il n’avait pas fini de conquérir, car il y en avait toujours un.

Dans ce cortège immense suivi (entre autres) par deux cent dix pleureuses, se tient Dryptéis (fille des siècles), belle-soeur d’Alexandre, héritière sans royaume et survivante de la dynastie Achéménide détruite par Alexandre. Elle s’en remet à la voix de son mari défunt, Héphaistion qui lui a soufflé de rester toujours auprès d’Alexandre pour ne pas mourir. Dryptéis s’était retirée dans un temple, à l’abri des fureurs du monde, ne voulant plus rien posséder puisque celui qui possède est amené à tout perdre. Elle veut que son fils qu’elle a réussi à cacher,  soit un homme libre, sans la tutelle menaçante d’un quelconque pouvoir. « Tout se fissure dans l’Empire. Les reines meurent dans la fange, les nouveaux-nés sont étouffés. On déchire les alliances et aiguise les fers. Est-ce à cela qu’il lui sera désormais d’assister ? ». (p.93).

Dans le même temps, le messager fidèle d’Alexandre, Ericléops, parle au vent de l’Histoire en demandant d’une voix d’outre-tombe à celui-ci de « tenir », de ne pas mourir avant d’avoir fini sa conquête qui le menait vers l’Inde. Il galope vers Alexandre mais le cortège va changer de direction. Dryptéis, au fur et à mesure, s’impose comme la gardienne des dernières volontés du défunt. Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire qui  rebondit sans cesse au fur et à mesure que se mêlent les « voix » des vivants et des morts. Une réflexion sur le pouvoir, la conquête et la défaite, la succession mais aussi, une fois que les « fracas venus de la plaine » se sont tus, une fois l’homme débarrassé de ses derniers atours, qu’il soit prince ou gueux, qui reste avec lui pour respecter au plus près ses dernières volontés ? Qui s’occupe de son âme ? Mais il y est question également, grâce à Dryptéis du rôle tenu par les femmes dans cet univers de guerriers et à une époque où la soumission était la seule possibilité de respirer, voire d’exister. « Le chariot d’Alexandre roule lentement mais il est fort, porté par des centaines de voix qui le clament, le chantent et gémissent. Le monde entier les regarde passer en pensant qu’en ces heures où les empires vacillent, il est une chose qui reste solide, aussi solide que la puissance des montagnes, c’est le chant des femmes endeuillées. » (p. 108)

Entre réalité et fiction, dans cette mise en scène digne de la tragédie grecque, Laurent Gaudé  nous chahute, nous bouleverse aussi car sa plume est à la mesure de cette période historique, démesurée et furieuse. Certains le lui ont reproché, l’accusant  d’exercices de style « éculés » ; personnellement, j’y ai vu une richesse et un travail d’écrivain hors du commun. Dans la foulée, j’ai lu « Le soleil des Scorta » pour lequel Laurent Gaudé a obtenu le Goncourt en 2004. Certes, j’ai préféré ce dernier, certes là aussi, la plume est solaire, excessive parfois mais si belle ! A une époque où le minimalisme littéraire est souvent porté aux nues, j’apprécie quant à moi, les styles vibrants et enflammés même s’ils ont le revers de leur médaille.

Ma note : 18/20

Pour seul cortège de Laurent Gaudé
Actes Sud, août 2012
18 €, 185 p. Merci à Oliver de Price Minister et aux Editions Actes Sud pour cet envoi.

Et une participation de plus à la Rentrée Littéraire 2012 chez Hérisson et Mimipinson

LES PLUMES à thème 1, les textes !

Lundi, le mot « cortège’ vous a inspiré les mots suivants qu’il fallait placer dans votre texte d’aujourd’hui, plus les trois que je choisis de la même lettre alphabétique (en A cette fois-ci). Il y en avait 20 (sans les miens), vous aviez donc le droit d’en supprimer un. Pas un des miens, je reprécise…

funèbre, larmes, ribambelle, cheminement, fleurs, manifester, foule, costumes, rose (fleur ou couleur), atmosphère, succession, carnaval, piquer, bleuté, attelage, embaumer, ancolie, cérémonie, tête, défiler et abattre, acclamation, admirable. Lire la suite

L’ÂNE ET LE BON DIEU d’Éliane Aubert-Colombani

Voilà un petit livre corse, offert par Syl. lors du SWAP de printemps et qui a ensoleillé le début du Marathon de lecture d’octobre dernier ! Je dis bien « corse » car l’auteure est originaire de Balagne, l’action se passe en Corse et l’ambiance nous transporte là-bas immédiatement ! A condition de connaître un minimum… Sinon découverte assurée ! Lire la suite