Jeudi poésie de septembre 2017, vert, encore vert…

Nous reprenons les bonnes habitudes, moi surtout avec une reprise en poésie, doucement mais avec toujours  autant de plaisir ! J’ai écrit ce texte (je n’ai pas la prétention d’être poète ès rimes, ès pieds et autres iambes), inspiré par un autre d’Eeguab, sur l’Ecrivaquier, il y a déjà quelques temps et je l’avais gardé pour un de nos jeudis. Soyez indulgents, la rime est souvent bancale mais l’esprit y est… Lire la suite

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Jeudi poésie en vert et contre tout !

Logo des jeudis poésie pour ceux qui écrivent...

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La pause commencera vraiment dès la fin de cette semaine (déjà bien entamée), je m’étais engagée à assurer ce dernier jeudi-poésie  « vert » mais je ne suis pas sûre que tout le monde ait suivi… Nous ne sommes pas nombreux(ses) ! A partir du jeudi 9 juin, c’est Martine, notre Écriturbulente qui assurera l’intérim et prendra le relais jusqu’à mon retour, je vous laisse le lien vers sa page et je la remercie très fort de continuer ces jeudis auxquels je tiens beaucoup ! Je vous suivrai de loin mais je vous suivrai !

Aujourd’hui, nous pouvions écrire un poème, en vers ou en prose ou, présenter une poésie d’un auteur. N’ayant pas eu le temps d’écrire un poème, j’en ai ressorti un ancien de mes vieux carnets, certains l’ont déjà lu ailleurs, je l’ai un peu modifié . Je devais être très en colère quand je l’ai écrit (je ne me reconnais pas trop en le lisant mais allez savoir ce qui dort dans l’inconscient 😀 )…Voici les quelques rescapés, ami(e)s de la poésie… qui ont poétisé avec moi ce jeudi :

celles (et celui) qui ont écrit une poésie :

1 – Emilie est allée, nue et en string, à la rencontre de « l’Orage » !
2 – Asphodèle vous ressert « Les mains nues de la rage » (ci-dessous)
3 – Monesille aussi « recycle » mais nous offre un « Porte-bonheur » ! Merci 🙂
4 – Valentyne nous parle de « l’itinéraire d’un enfant gâté ».
5 – Carnets Paresseux, fabulise  (en affabulant comme un Dodo), « En attendant le dernier pont ».

celles qui nous présentent un poète :

1 – Martine  nous présente un poème sans titre, lui même extrait de Plantain 1921 in « Requiem Poèmes sans héros » d’Anna Akhmatova.
2 – PatchCath est remontée jusqu’au XVIIIème siècle pour nous présenter un « Fleuriste et des légumes » ! (Cette fable extraite du livre des fables nouvelles mises en vers par Mr Richer et dédiées à Son Altesse Sérénissime Monseigneur Le Prince de Conty avec Privilège du Roy du 18ème siècle.)
3 – Lilou a déniché un poème du chanteur des Doors, Jim Morrison.
4 – Soène, en rose de mai qu’elle est a rencontré Renée Vivien et d’autres roses…à « l’Intérieur »

LES MAINS NUES DE LA RAGEécrire maya47000Que veux-tu que je te reprenne
toi qui ne m’a rien laissé ?
rien donné avant de me lâcher
comme un vieux porte-clés
dans une bouche d’égout
qui puait la mort
et me renvoyait au néant.

Que veux-tu que je dise de toi ?
Aujourd’hui que le temps a passé,
que je devrais avoir oublié
les rancoeurs et les rancunes
comme il est humain de le faire…

Parce que, paraît-il,
avec le Temps,
seuls restent en nos mémoires
les souvenirs heureux.
On décapite ceux
qui nous ont tordu les tripes,
cloués au lit avec une mauvaise grippe
pendant des jours,
à se demander
s’il fallait continuer
de vivre en rampant
de dormir en pleurant
de marcher les jambes coupées
La bouche sèche d’amertume
les yeux noyés de brume
Sous une pluie insatiable
qui n’arrêtait plus de tomber,
vortex inéluctable
des amours consumées…

Foutaises que ces souvenirs heureux !
J’ai encore mal
aux bleus tatoués sur mes bras,
dans mon cou et à l’orée du coeur.

Je sens vibrer encore,
corde sensible du désaccord,
la rage qui a été
ma compagne
dans ce long après,
ce désert que j’ai traversé, des épines
fichées dans les mains ;
et je me souviens même
avoir marché sur les mains…
pour ne plus sentir le sang noir âcre et malsain
qui empoisonnait

ma vie.

Et même, longtemps après l’après,
alors que nous vivons aujourd’hui
dans un autre monde
dans une autre vie,
Que j’ai replantée
avec les mains nues de la rage,
oui quand je repense à toi,
à ce que tu m’as fait,
loin de moi l’envie chrétienne
de tendre l’autre joue !

J’aimerais Ô que j’aimerais parfois
t’enfoncer un poignard
dans le coeur
et regarder le sang
se vider de ton corps hagard,
sans éprouver un cent
de pitié.

Tu peux mourir
dans les pires souffrances,
te faire brûler
sur un bûcher funéraire
ou te faire dévorer
par les vers,
je ne bougerai pas un cil.
Tu m’as refilé ta haine de pierre
indélébile.

C’est tout ce que j’ai à te rendre
pour continuer ma route
sans me pendre.
Pour galoper loin

des tas de cendres
qui ensevelissent les années

Perdues…cheval blanc au galop dans un nuage d'écume sur xaxor com

©Asphodèle.