Jeudi poésie de septembre 2017, vert, encore vert…

Nous reprenons les bonnes habitudes, moi surtout avec une reprise en poésie, doucement mais avec toujours  autant de plaisir ! J’ai écrit ce texte (je n’ai pas la prétention d’être poète ès rimes, ès pieds et autres iambes), inspiré par un autre d’Eeguab, sur l’Ecrivaquier, il y a déjà quelques temps et je l’avais gardé pour un de nos jeudis. Soyez indulgents, la rime est souvent bancale mais l’esprit y est…

Ont poétisé avec moi aujourd’hui dans les deux catégories suivantes :

CELLES ET CEUX QUI ONT ÉCRIT UN POÈME ET/OU UN HAÏKU :

1 – Carnets Paresseux , notre incontournable Dodo,  avec  En vain, je t’attends . Il a voulu me faire croire qu’il m’avait attendue tout l’été, sans m’attendre bien sûr ! Quelle délicatesse, j’en suis z’émue ! 🙂

2 – Eeguab-Edualc-Modrone nous joue « Dérober »…Mais quoi donc Ô Grand Mystérieux….?

3 – Clém’ des Narines des crayons est notre saisonnière avec « Septembre » !

4 – Notre blonde et jolie EmilieBerd se laisse aller à des « Perceptions » et on lui fait confiance !

5 – Asphodèle, ci-dessous : Partir, revenir, de la poupe à la proue…

6 – Eléonore (très en retard) qui a quand même poétisé avec : « Je dis vert »...

CELLES ET CEUX QUI PRÉSENTENT UN POÈME :

1 – Martine notre éternelle turbulente va nous faire travailler les neurones avec un poème en puzzle, il s’agira donc de découvrir poème et poète, elle nous indique qu’il a vécu de 1827 à 1900 ! Avec ça…débrouillez-vous et vive les puzzles ! 😀

2 – Claudialucia nous présente un recueil d’Estelle Fenzy intitulé « Mère ».

3 – Soène qui a gardé son coeur d’adolescente nous propose la traduction de Candle in the wind (la chanson d’Elton John en hommage à la princesse Diana dont on a célébré les 20 ans de sa disparition le 31 août) , plus un haïku, elle fait fort !

4 – LilouSoleil , ce matin, nous offre un poème de Sully Prud’Homme.

PARTIR , REVENIR, DE LA POUPE À LA PROUE…a poesie partir revenir1

Je suis déjà ce bateau en partance
J’entends le vent en résonance
claquer dans le vieux mât.

Je suis cette hésitation en suspens
au milieu de l’océan
cernée d’abysses .a poesie partir revenir2

Je navigue sur des volcans
allumés et brûlants
Pour éprouver encore

la sensation du vertige ultime.a poesie partir revenir je navigue sur des volcans

Sentir mes ailes chatouiller
Effacer le brouillon de vie
qui n’en finit plus.Pages manuscrites du "petit Prince" de Saint-Exupéry Crédit : Artcurial

Mettre au propre
Comme on disait avant
dans l’ancien temps de nos souvenirs.

Je me brûle les rétines
Sur les reflets iridescents
du soleil trop violent
qui joue avec l’écume perlant
à la cime d’une vague taquine.a poesie partir revenir vague écume perlant

-Jeter à l’eau le lest inutile
qui alourdit les pas et la vie.-a poesie partir revenir horizon

Prendre la mer et ses tempêtes,
l’épouser en lui passant l’anneau qui libère
Lui murmurer que seul l’horizon indocile
sera une limite in-finie.

-Laisser derrière soi
Les vieux chiffons
du temps perdu.-a poesie partir revenir vieux chiffons du temps perdu

Et gravir pendant la traversée
le chemin de la poupe à la proue :
ces quelques mètres qui font la différence,
et nous ramènent à l’essentiel
en brisant les silences
qui  musèlent.a poesie partir revenir de la poupe à la proue

Revenir, si on y pense
(oui on y pense, bien sûr)
En regardant enfin devant
Coulée de lave purifiéea poesie partir revenir coulée de lave purifiée

a poesie partir revenir retour au port
Applaudir en remerciant, riant, pleurant
tous les sourires patients

de ceux qui auront attendu
le retour au port.
Sans leur dire combien fut long

le chemin de la poupe à la proue…

©Asphodèle – 6 septembre 2017 –

 

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Jeudi poésie en vert et contre tout !

Logo des jeudis poésie pour ceux qui écrivent...

Logo des jeudis poésie pour ceux qui écrivent…

La pause commencera vraiment dès la fin de cette semaine (déjà bien entamée), je m’étais engagée à assurer ce dernier jeudi-poésie  « vert » mais je ne suis pas sûre que tout le monde ait suivi… Nous ne sommes pas nombreux(ses) ! A partir du jeudi 9 juin, c’est Martine, notre Écriturbulente qui assurera l’intérim et prendra le relais jusqu’à mon retour, je vous laisse le lien vers sa page et je la remercie très fort de continuer ces jeudis auxquels je tiens beaucoup ! Je vous suivrai de loin mais je vous suivrai !

Aujourd’hui, nous pouvions écrire un poème, en vers ou en prose ou, présenter une poésie d’un auteur. N’ayant pas eu le temps d’écrire un poème, j’en ai ressorti un ancien de mes vieux carnets, certains l’ont déjà lu ailleurs, je l’ai un peu modifié . Je devais être très en colère quand je l’ai écrit (je ne me reconnais pas trop en le lisant mais allez savoir ce qui dort dans l’inconscient 😀 )…Voici les quelques rescapés, ami(e)s de la poésie… qui ont poétisé avec moi ce jeudi :

celles (et celui) qui ont écrit une poésie :

1 – Emilie est allée, nue et en string, à la rencontre de « l’Orage » !
2 – Asphodèle vous ressert « Les mains nues de la rage » (ci-dessous)
3 – Monesille aussi « recycle » mais nous offre un « Porte-bonheur » ! Merci 🙂
4 – Valentyne nous parle de « l’itinéraire d’un enfant gâté ».
5 – Carnets Paresseux, fabulise  (en affabulant comme un Dodo), « En attendant le dernier pont ».

celles qui nous présentent un poète :

1 – Martine  nous présente un poème sans titre, lui même extrait de Plantain 1921 in « Requiem Poèmes sans héros » d’Anna Akhmatova.
2 – PatchCath est remontée jusqu’au XVIIIème siècle pour nous présenter un « Fleuriste et des légumes » ! (Cette fable extraite du livre des fables nouvelles mises en vers par Mr Richer et dédiées à Son Altesse Sérénissime Monseigneur Le Prince de Conty avec Privilège du Roy du 18ème siècle.)
3 – Lilou a déniché un poème du chanteur des Doors, Jim Morrison.
4 – Soène, en rose de mai qu’elle est a rencontré Renée Vivien et d’autres roses…à « l’Intérieur »

LES MAINS NUES DE LA RAGEécrire maya47000Que veux-tu que je te reprenne
toi qui ne m’a rien laissé ?
rien donné avant de me lâcher
comme un vieux porte-clés
dans une bouche d’égout
qui puait la mort
et me renvoyait au néant.

Que veux-tu que je dise de toi ?
Aujourd’hui que le temps a passé,
que je devrais avoir oublié
les rancoeurs et les rancunes
comme il est humain de le faire…

Parce que, paraît-il,
avec le Temps,
seuls restent en nos mémoires
les souvenirs heureux.
On décapite ceux
qui nous ont tordu les tripes,
cloués au lit avec une mauvaise grippe
pendant des jours,
à se demander
s’il fallait continuer
de vivre en rampant
de dormir en pleurant
de marcher les jambes coupées
La bouche sèche d’amertume
les yeux noyés de brume
Sous une pluie insatiable
qui n’arrêtait plus de tomber,
vortex inéluctable
des amours consumées…

Foutaises que ces souvenirs heureux !
J’ai encore mal
aux bleus tatoués sur mes bras,
dans mon cou et à l’orée du coeur.

Je sens vibrer encore,
corde sensible du désaccord,
la rage qui a été
ma compagne
dans ce long après,
ce désert que j’ai traversé, des épines
fichées dans les mains ;
et je me souviens même
avoir marché sur les mains…
pour ne plus sentir le sang noir âcre et malsain
qui empoisonnait

ma vie.

Et même, longtemps après l’après,
alors que nous vivons aujourd’hui
dans un autre monde
dans une autre vie,
Que j’ai replantée
avec les mains nues de la rage,
oui quand je repense à toi,
à ce que tu m’as fait,
loin de moi l’envie chrétienne
de tendre l’autre joue !

J’aimerais Ô que j’aimerais parfois
t’enfoncer un poignard
dans le coeur
et regarder le sang
se vider de ton corps hagard,
sans éprouver un cent
de pitié.

Tu peux mourir
dans les pires souffrances,
te faire brûler
sur un bûcher funéraire
ou te faire dévorer
par les vers,
je ne bougerai pas un cil.
Tu m’as refilé ta haine de pierre
indélébile.

C’est tout ce que j’ai à te rendre
pour continuer ma route
sans me pendre.
Pour galoper loin

des tas de cendres
qui ensevelissent les années

Perdues…cheval blanc au galop dans un nuage d'écume sur xaxor com

©Asphodèle.