Une année chasse l’autre et le temps continue son tic-tac…

Je ne passe pas souvent mais je ne voulais pas que vous pensiez que j’avais la peste, que le chagrin était contagieux ou qu’il fallait y réfléchir à deux fois avant de me parler ! Alors, oui, je ne commence pas 2018 dans un délire d’espoirs et de (fausse) joie propres à ce moment de l’année.

 Alors oui, 2017 la cruelle, la maudite s’en est allée et je ne la regretterai pas, elle a ouvert une faille profonde qui sera longue à refermer…Mais  cela ne m’empêche pas de  vous souhaiter à tous une très belle année 2018 même si l’on sait qu’il est utopique de lui faire porter une partie de nos rêves irréalisables. Souhaitons déjà que des instants de bonheur viennent chasser la grisaille qui ne manquera pas de nous dégriser, qu’ils mettront un peu de baume sur les coeurs endoloris parce que l’espoir et l’amour ne meurent jamais et nous empêchent de sombrer. Comme votre présence que je sens, dans l’ombre de ce blog où la lampe s’est éteinte un jour de tempête. Elle se rallumera, il faudra de la patience…

Je vous embrasse chaleureusement.

Asphodèle

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VASILSCA de Marc Lepape – Editions Galaade

Premier roman aux sept prix littéraires (voir ici, chez Delphine qui les a recensés) et dont on a hélas beaucoup moins parlé que de Foenkinos et de sa Délicatesse… Dont le prix Emmanuel Roblès 2008 et le Prix Première de la RTBF.

L’HISTOIRE

 Ou comment le hasard pas-de-chance ou le destin tordu fait-il basculer deux vies dans le néant et celle qui reste dans l’enfer des survivants ? Comment survivre à un deuil, un fait divers banal,  parce qu’un  cycliste fou, du haut d’un pont,  a décidé de lâcher une énorme pierre sur votre voiture et d’écraser votre destinée pour en faire un destin ? Ce drame arrive à Ion Arsin « par une journée d’automne claire et ensoleillée », alors qu’il vient d’avoir trente ans.

Après la mort de sa femme et de son petit garçon, après avoir tenu à leur offrir des funérailles dignes d’eux mais pas forcément conformes à la norme, il plaque tout et se met en marche vers l’est à destination de la Roumanie qu’il atteindra une fois ses dernières économies envolées. Il veut connaître la terre de sa mère et atterrit , après sept mois d’errance dans toute l’Europe de l’est, dans ce nulle part fantômatique, dans un village inachevé construit au temps de  Ceausescu, avant que le mur ne tombe,  village squatté par d’autres solitudes, qui comme lui cherchent ou attendent un meilleur qui tarde à venir. Il sait en voyant la Vasilsca, cette rivière « brune et huileuse » qui cascade furieusement pourtant,  qu’il va s’en sortir, qu’il n’oubliera jamais pour autant son passé, qu’on ne le résilie pas comme un abonnement mais, que devenir passeur de nuit sur un bac rescapé, ici, à ce moment là s’inscrit dans son destin :  » Apocalypse et génèse semblaient présider ces lieux drapés dans l’attente. C’est sans doute de cette dernière que naissait principalement le charme qui m’envahissait ». Il va rencontrer (au départ) des gens pas vraiment hospitaliers : Joszef qui lui trouve ce travail mais ne veut pas trop de proximité amicale, un couple ronchon, ancré dans la routine de leur vie (sexuelle beaucoup !) qu’il prénomme « b » et « s » (en fonction de la forme de leurs corps), Monsieur Curtae,  passeur de jour bourru qui ne l’accueille pas à bras ouverts, et  Roxana, étrange femme d’affaires au charme duquel il ne sera pas insensible. Sans oublier Vasile dans son énorme château d’eau, dont il manque les trois quarts,  transformé en navire pour assouvir son obsession de l’Atlantique, sa passion pour  la mer, un autre rêveur en attente… Lire la suite