Cake au mascarpone, raisins secs et figues demi-sèches pour mon dimanche !

logo-pour-moi-de-syl-ce-que-je-veux-quand-je-veux-naBon, il n’y a pas une émission qui s’appelle « cauchemar en cuisine » ? Ce cake m’a fait passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ! Je sais bien que c’est Halloween mais quand même, je voulais une douceur italienne… Bon, je l’ai eue mais à quel prix ! Ma copine Samar du très bon blog Mes inspirations culinaires ne m’a jamais déçue alors je me suis dit que j’avais sûrement mis une araignée dans le potage (oui je sais avec Halloween, c’est petit ) ! Bah oui…quand on ne sait pas compter…on rame ! Quand on ne sait pas changer les ml en l (si,  je sais mais si je ne me concentre pas, j’inverse, dyslexie oblige)…

Donc Samar disait 10 minutes de temps de préparation, ça a duré 2h30 chez moi et les 40 minutes de cuisson …on arrive à 60 avec un gros moule à cake ! Quelle idée aussi j’ai eu de faire une recette « familiale » pour deux ! Arf ! Lire la suite

LES BERGERS (I PASTORI) di Gabriele d’Annunzio pour la poésie du jeudi et pour le mois italien d’Eimelle.

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Gabriele d’Annunzio est né dans les Abruzzes (même s’il n’y vécut pas beaucoup il y était attaché), cette région pastorale entre montagnes et Adriatique où la transhumance fait partie des plus anciennes traditions. Pour participer, au moins une fois, au mois italien d’Eimelle… La traduction est empruntée à plusieurs versions trouvées sur le Net et que j’ai essayé d' »alléger » tout en gardant le sens… Les puristes me diront ce qu’ils en pensent, je n’ai pas fait italien !

Ont poétisé avec moi aujourd’hui et je les en remercie très fort : Lire la suite

Le concerto d’Aranjuez pour ma maman et finir le mois espagnol en beauté !

Ma man à 20 ans sur le remblai des Sables d'Olonne en 1948...avec une amie.

Ma man à 20 ans sur le remblai des Sables d’Olonne en 1948…avec une amie.

Je ne suis vraiment pas très présente, les soucis du quotidien ont des effets domino parfois et il faut y faire face ! Ça demande de l’énergie, c’est lassant mais on va essayer de garder le moral et de faire du bouche-à-bouche à bloguinet qui dépérit d’être abandonné ainsi ! Et vous et moi aussi…

Qui dit dernier dimanche de mai dit Fête des Mères, même si cette fête institutionnalisée par le régime de Vichy, destinée à « récompenser » les mères de famille nombreuse s’est aujourd’hui refait une virginité  sur l’autel du Dieu Commerce. Mais bon, si on ne fête pas sa maman, c’est le cortège culpabilisant qui s’en mêle, alors à choisir entre deux maux, je prends celui qui me fait plaisir ! Et comme ma maman, souffre actuellement d’un grave problème de santé, à bientôt 87 ans, je voulais lui rendre cet hommage avec ce concerto qui lui rappelle des jours meilleurs et d’heureux souvenirs lors de notre découverte de Séville, Madrid et de leurs fabuleux jardins…. Lire la suite

Empanadillas dans la panade mais c’était bon !

logo gourmand en Espagne !Pfff ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour notre Cheffe Syl. ! Garde-à-vous ! On attend le « repos » mais il ne vient pas… J’ai fait des choses au goût d’empanadas (qui est la version grande, type tarte) dimanche dernier mais pas vraiment en forme de chausson que l’on attend des « vrais » empanadillas, ça relèvait plutôt de la tourte tarte, il faut dire que ne pouvant pas faire mes pâtes moi-même en ce moment, j’ai acheté deux rouleaux de pâte brisée toutes faites et franchement c’est moins bon !

C’est parti, pour la farce pas spécialement galicienne, plus proche des « cocas » pieds-noires… voire méditerranéennes tout court vu les ajouts d’épices pas spécialement espagnols: Lire la suite

UNE ENFANCE LINGÈRE DE GUY GOFFETTE

IMG_2737Une enfance lingère, c’est l’histoire d’un petit garçon, de sa naissance à ses dix ans, dans les Ardennes familiales, qui nous confie comment les tissus, le toucher, le contact avec eux a éveillé sa sensualité pour ne pas dire sa sexualité. Mais avec la poésie que l’on connaît à Guy Goffette dont je vous ai souvent parlé, ICI (Elle, par bonheur et toujours nue), (de la poésie avec L’adieu aux lisières), là encore (Géronimo a mal au dos). Lire la suite

La poésie du jeudi sera belge aujourd’hui ! Avec Maurice Maeterlinck

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Pour participer un peu au mois belge d’Anne et Mina, voici un poète (auteur de théâtre et essayiste surtout) que j’ai eu plaisir à re-découvrir. Je vous en parle après le poème… pas vraiment de saison mais si évocateur !

Je remercie ceux qui poétisent avec moi aujourd’hui :

1) Valentyne : Sur un air de reproche de Gaston Couté
2) Nadael : Vieillir de raymond Queneau
3) Melle La Démonne : Ma chouette et Ceux qu’on met au monde de Linda Lemay (chansons).
4) Marie et Anne : Ceux qui ont le goût difficile de Jean de la Fontaine.
5) Soène : Cythère de Paul Verlaine.
6) Monesille : La rose et le réséda de Louis Aragon
7) Modrone-Eeguab : L’Étrangère de Gabriela Mistral.
8) DimDamDom59 : Roméo et Juliette par grand Corps malade

 

Heures ternes

hiver oiseaux et femme seuleVoici d’anciens désirs qui passent,
Encor des songes de lassés,
Encor des rêves qui se lassent ;
Voilà les jours d’espoir passés !

En qui faut-il fuir aujourd’hui !
Il n’y a plus d’étoile aucune :
Mais de la glace sur l’ennui
Et des linges bleus sous la lune.

a mind pleine luneEncor des sanglots pris au piège !
Voyez les malades sans feu,
Et les agneaux brouter la neige ;
Ayez pitié de tout, mon Dieu !a maeterlinck agneaux neigeMoi, j’attends un peu de réveil,
Moi, j’attends que le sommeil passe,
Moi, j’attends un peu de soleil
Sur mes mains que la lune glace.a maeterlinck lune tristesse brumes Maurice MAETERLINCK (1862-1949)

a maeterlinck mauriceMaurice Maeterlinck est né à Gand en 1862 et mort à Nice en 1949 à l’âge de 87 ans. Issu d’une famille flamande, bourgeoise et catholique il sera d’abord avocat (très peu de temps). Les auteurs belges étaient « suspects » à cette époque en France dans le sens très péjoratif de peu crédibles, aussi est-ce par hasard qu’il deviendra célèbre en 1880, du jour au lendemain grâce un article de Gustave Mirbeau dans le Figaro sur « La princesse Maleine ».  Il est à ce jour le seul belge ayant obtenu le Prix Nobel de littérature, en 1911. En 1921, il s’opposera, en signant un manifeste, à la « flamandisation » de l’université de Gand jusque-là francophone. Après avoir passé les années 1939 à 1947 aux Etats-Unis, il se réinstalle dans son palais du Cap Nice, une villa féérique, la Villa Orlamonde (acquise en 1919-1920) où, avec sa jeune épouse, il a donné de nombreuses fêtes dignes de Gatsby…a maeterlinck palais orlamonde niceRacheté en 2012 pour 48 millions d’€uros, ce palais est aujourd’hui divisé en 18 appartements de luxe, de 125 à 400 mètres carrés, mètre carré oscillant entre 25 000 et 40 000 €uros…a materlinck palais orlamonde aujourd'huiPour le mois belge d’Anne et Mina (liens en début de billet).logo mois belge anne et mina

6H41 de Jean-Philippe Blondel

IMG_2250Mais pourquoi là encore, ai-je attendu un an et demi pour ouvrir ce livre, dédicacé en prime, surtout quand c’est mon ami Mind The Gap, fan de Blondel qui me l’a offert ? Parfois, je ne me comprends pas… Il faut dire, est-ce nécessaire de le rappeler que 2014 a été erratique en tous points, mon rythme de lecture en a pâti, avec des capacités de concentration a minima et surtout pas d’envie. Or, j’aime que le livre « vienne » à moi et s’impose comme l’évidence à lire du moment. Ce qui a été fait en janvier dernier.

Jean-Philippe Blondel  est pour moi, depuis la lecture de « Et Rester vivant« , un auteur qui compte, sensible, aussi drôle qu’il peut être triste mais dans les deux cas, sincère. Avec 6h41, j’ai découvert un « boy next-door », caustique, drôle, proche surtout, peignant l’âme humaine à la Monet, par petites touches discrètes au départ pour arriver à une fresque élaborée, colorée et évocatrice.

L’histoire :

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme, Philippe Leduc et Cécile Duffaut (ce nom m’en a rappelé un autre, association d’idées sûrement), 47 ans tous les deux, originaires de la même bourgade de province, à 1 heure 30 en train de Paris, où ils ont passé leur enfance/adolescence. Mais ils ont surtout vécu une histoire (d’amour ?) pendant quatre mois qui s’est plutôt mal terminée, surtout pour Cécile…

Ce que j’ai trouvé très fort dans cette rencontre inopinée (prendre le train de 6h41 qui les ramène dans leur vie parisienne) c’est la crédibilité de ce hasard, car le hasard est souvent tiré par les cheveux en littérature : là  c’est criant de vérité ! Comme tout le livre d’ailleurs. La rencontre improbable est parfaitement plausible, et quelle rencontre !

Ils font faire semblant de ne pas se reconnaître pour ne pas avoir à entamer une discussion mais comme le hasard les a placés côte à côte, ils vont s’observer en chiens de faïence tout le trajet et les chapitres alternent avec les réflexions de l’un et de l’autre. Sur ce qu’ils sont devenus, ce qu’ils étaient vingt ans plus tôt : lui le beau gosse du lycée appelé à réussir et qui végète, divorcé amer un peu blasé, dans une vie tristounette avec ses bourrelets en trop. Elle, l’ingrate devenue belle, riche,  chef d’entreprise d’une chaîne de produits de beauté bios et qui n’a pas digéré l’insulte faite par Philippe vingt ans plus tôt tout comme lui n’a pas pris la mesure de la blessure qu’il lui a laissée en cadeau de rupture. Malgré sa lucidité sur ce qu’il est devenu. « Elle était imprévisible. Ce n’était pas une qualité que j’avais souvent rencontrée. Elle était quelconque, mais elle avait un souffle. C’était rafraîchissant. C’est ignoble de raisonner comme ça. Je n’ai jamais prétendu être un ange… J’espère quand même que je me suis arrangé, avec le temps. » page 71.

Ou encore  :  » Je me souviens de la fin à Londres. Il ne faut pas croire. On pense avoir oublié mais on nage dans la plus pure hypocrisie. En fait, je suis persuadé que les gens ont une mémoire bien meilleure que ce qu’ils prétendent. » p.168-169.

Mais elle n’est pas en reste quand elle se remémore ce qu’il lui a fait, comment finalement cette histoire l’a aidée à devenir la femme qu’elle est et dont elle est plutôt fière : « Deux minutes pour souffler. Deux minutes pour changer de vie aussi. Et là, évidemment, j’ai pleuré. Je m’en suis voulu tout de suite. Je ne voulais pas être la caricature de la fille larguée qui craque. Je ne voulais pas ressembler à qui que ce soit. Ce que je souhaitais désormais, c’était de la dignité, du respect, de l’insolence, de la détermination.
J’en avais soupé de la fourmi. » p. 188.

C’est aussi une réflexion sur la mémoire, notre capacité à effacer « les fichiers » au fil du temps, à gommer ce qui nous dérange. Et puis le rythme du livre, soutenu, porté par une écriture limpide, on ne le lâche pas, on le lit presque en 1h30, le temps du trajet de nos deux comparses.

A la fin du voyage, vont-ils finir par échanger un mot ? Et surtout, peut-on réécrire l’histoire, pardonner quand on croit que les blessures d’adolescence sont indélébiles ? Lisez-le ! Vous le saurez !

Blondel, c’est s’identifier instantanément aux personnages, il sont si proches de nous finalement. C’est aussi se laisser bercer par la petite musique de l’intime, celle de nos pires lâchetés comme de nos grandes victoires. Il n’y a pas de super-héros ou de miracle avec cet auteur, juste la résultante de ce que nous avons fait de nos vies.Parce que si nous en sommes « là », c’est surtout à cause de nous ou…grâce à nous. Rien ne sert de chercher des coupables, notre conscience aurait tôt fait de nous rappeler à l’ordre…

Un coup de coeur pour ce livre, davantage que pour « Et rester vivant » qui était pourtant très beau, peut-être pour cette proximité criante de sincérité !coup_de_coeur_d'asphodèle

Et aussi une liste (non exhaustive) de billets  chez : Mind The Gap (ancien blog OB), Galéa, Titine, Argali. Noukette. Yuko.

Il compte pour le challenge amoureux d‘Irrégulière dans la catégorie « Amours d’antan »…logo challenge amoureux saison 5 l'irrégulière

Un p’tit air de légèreté…

Logo syl stvalJe ne sais pas pour vous mais moi j’ai envie de légèreté en ce moment, de me laisser porter par des petites notes qui dansent et sourient. Ce « P’tit  air », signé Maxime Le Forestier m’y aide beaucoup et j’avais envie de vous le faire écouter. Alors, je sais que ma copine Syl., qui nous fait une semaine « force rose » pour la Saint-Valentin attendait certainement quelque chose de plus engagé mais sincèrement, après avoir retourné la chose dans tous les sens, c’est au-dessus de mes forces ! J’ai toujours détesté la Saint-Valentin, quelles qu’aient été les circonstances de ma vie « amoureuse », on ne me refera pas ! Syl. j’ai fait un effort ! Ma chanson parle d’amour !

 

 

 

 

[Refrain]femme qui parle à son chien infinite-paradox
Il suffit que quelqu’un fredonne
Le p’tit air que j’avais fait pour toi
Et c’est un peu de nous qui sonne
Dans l’au delà
Il suffit que quelqu’un murmure
Le p’tit air que j’avais fait pour toi
Si c’est un peu de nous qui dure
C’est déjà çaLa mousse a recouvert les lettres
Et déjà la pierre se fend
C’est sûr qu’avoir été vivant
C’est moins amusant que de l’être
On se dissout, on s’évapore
On se répand dans le grand flou
Que peut-il bien rester de nous
Quel fil de nous s’agite encore
S’agite encoreescalier sauvage vers l'inconnu naturespiritheart tumb

[Refrain]
Il suffit que quelqu’un fredonne
Le p’tit air que j’avais fait pour toi
Et c’est un peu de nous qui sonne
Dans l’au delà
Il suffit que quelqu’un murmure
Le p’tit air que j’avais fait pour toi
Si c’est un peu de nous qui dure
C’est déjà çaété place to be cognacandcoffee tumb

On laisse des traces ou des séquelles
Des peintures ou des monuments
Les statues tombent forcément
Gravitation universelle
Alors qu’un air qui se faufile
De lèvre en lèvre et qui survit
ça peut nous faire un paradis
Viens on s’en va danser tranquille
Danser tranquillecople n&b myfotolog tumbl

[Refrain]
Il suffit que quelqu’un fredonne
Le p’tit air que j’avais fait pour toi
Et c’est un peu de nous qui sonne
Dans l’au delà
Il suffit que quelqu’un murmure
Le p’tit air que j’avais fait pour toi
Si c’est un peu de nous qui dure
C’est déjà ça
C’est déjà ça
C’est déjà ça
C’est déjà çafillette guitare poule

Paroles trouvées ici

On attendra l’hiver avec Julien Doré pour mon dimanche ! Retour tout doux… Humeurs, hommage à Modiano…

Coucher de soleil mardi dernier de ma chambre au 7ème étage du CHD ! Deux jours de suite, des ciels magnifiques avant l'arrivée intempestive de la pluie !

Coucher de soleil mardi dernier de ma chambre au 7ème étage du CHD ! Deux jours de suite, des ciels magnifiques avant l’arrivée intempestive de la pluie !

Un chanteur qui m’agaçait tout en me faisant sourire, autant dire qu’il ne me laisse pas indifférente…. Extrait de son dernier album LOVE, j’aime beaucoup cette chanson mélancolique et rythmée sur l’attente et le désenchantement… Lire la suite

LA LUMIÈRE DES ÉTOILES MORTES de John Banville

BanvilleVous pensiez que ce blog était moribond ? Vous n’aviez pas tort. Je viens le réanimer avec un livre de la rentrée littéraire qui est presque un coup de coeur ! Presque… mais il m’a tenue en haleine cet été et dans les circonstances de lecture qui étaient les miennes, je lui en sais gré.

LE PITCH :

Un acteur vieillissant, la soixantaine tristounette, Alex se voit proposer un grand rôle dans un film intitulé « L’invention du passé » avec une célèbre actrice Dawn Davenport qui a l’âge qu’aurait Cass, sa fille si elle ne s’était suicidée dix ans plus tôt. Mais ceci est l’arrière- plan du livre, tout comme son présent avec sa femme Lydia, leurs difficultés à communiquer depuis le suicide de Cass… La focale est braquée sur la mémoire et sur l’histoire d’amour incroyable qu’il vécut à l’âge de quinze ans avec Madame Gray, trente-cinq ans, mariée et mère de son meilleur ami Billy. Présent et passé s’entremêlent de façon subtile sans jamais s’entrechoquer, sans jamais nous perdre surtout et la pudeur du ton, la beauté poétique du style en font une histoire émouvante, majestueuse pour ne pas dire magistrale.

CE QUE J’EN AI PENSÉ :

La mémoire et ce que nous en faisons est au centre de la réflexion de l’auteur, il en fait une proie qu’il traque méthodiquement, en quête du moindre détail de ce qui se passa pendant les cinq mois que dura son aventure avec Madame Gray : « Je n’arrive pas à me souvenir des traits de la femme à vélo avec assez de netteté pour pouvoir affirmer que c’est bien elle qui m’a fourni ma première vision de Vénus Domestica, même si je me cramponne à cette éventualité avec une nostalgie têtue ». Amélie Nothomb a la nostalgie heureuse, Banville, lui, l’a têtue. A partir de là, il va nous retracer les émois de cette première expérience amoureuse avec ses affres et ses flamboyances. Nous assistons à l’éclosion de l’homme qu’il est devenu (ni meilleur ni pire qu’un autre) et combien cette histoire a déterminé des traits de caractère, des « acquis » qui sont restés intacts malgré les quarante ans enfuis, à l’image du souvenir de Madame Gray… L’histoire se passe dans les années 1950 et j’ai la quasi certitude que les jeunes de quinze ans de cette époque avaient une maturité autre que celle de ceux d’aujourd’hui, c’est évident et c’est pour cela qu’il n’y a rien de choquant, du moins à mes yeux (et grâce à la façon dont c’est raconté). Madame Gray reste mystérieuse une grande partie du livre, on s’interroge sur ce qui la pousse dans les bras d’un garçon de l’âge de son fils mais on ne peut s’empêcher d’éprouver de la tendresse pour cette amante juvénile et fougueuse malgré ses trente-cinq ans. Ce qui m’a accroché et ému dans ce livre (passé l’étonnement premier de l’âge du narrateur) c’est la pudeur, le ton de confidence émue et sa prise de conscience du scandale qu’a pu susciter pareille aventure à l’époque, si tant est qu’elle se soit autant ébruitée que sa mémoire le lui suggère…

Quand il parle de son présent difficile avec sa femme Lydia, c’est Cass, qui revient toujours, en filigrane mais obsédante, dans un jeu de miroirs, réfléchissant ce qu’il vécut lui à l’âge où elle mourut. Avec les interrogations douloureuses qu’elle a laissées en se suicidant. Les correspondances qu’il trouve chez Dawn, l’actrice avec qui il va tourner cette « invention du passé ». Car pour lui le passé ne s’invente pas, ne meurt pas avec les disparus, ils se ré-invente peut-être dans la restitution de certains détails mais il laisse au coeur des éclats de verre suffisamment coupants pour ne pas oublier. « Il parlait maintenant de la lumière des étoiles mortes qui parcourt un million (…) de miles avant de nous atteindre (…), si bien que partout où nous posons notre regard, partout, c’est le passé que nous contemplons ». Le passé, pour Alex, demeure un « présent lumineux » où les morts s’animent sans provoquer tristesse ou morbidité. Bien au contraire.

Les dernières pages lèvent le voile sur les « motivations » de Madame Gray et nous la rendent  encore plus fragile qu’elle n’était au moment des faits évoqués. Je n’en fais pas  un coup de coeur car malgré la beauté du texte, je n’ai pas réussi à m’identifier à un seul des personnages, ce qui ne m’a pas empêché de les aimer. J’ai été suffisamment fascinée par cette plongée dans la mémoire, mouvante comme les sables du même nom, cette mémoire qui permet aussi de redonner sens, vie et lumière à ce qui n’est plus en justifiant ce qui est. Pour continuer d’avancer, même dans les tunnels les plus sombres. « Les morts sont ma matière noire, ils comblent imperceptiblement les vides du monde ». Un beau et grand livre porté par une écriture juste, sensible, poétique où la lumière des étoiles continue de scintiller bien après que le livre ne soit refermé…

SUR L’AUTEUR :Banville John

Romancier, journaliste et scénariste, né le 8 décembre 1945 à Wexford en Irlande, John Banville est considéré comme un des auteurs majeurs de langue anglaise. Depuis 1971, il a obtenu plusieurs prix littéraires dont le Booker pour son roman « La Mer ». Il est aussi connu sous le pseudo de Benjamin Black pour huit romans policiers dont trois sont traduits en français. Pour ceux que ça intéresse, voir sa bibliographie, sa filmographie également (et de plus amples détails), ICI.

Des avis élogieux également chez L’Irrégulière, Titine, Nadael. Si j’en oublie, dites-le moi, j’ajouterais votre lien ! D’ailleurs Titine qui connaît bien l’auteur nous a précisé dans son billet qu’il s’agissait du dernier opus d’une trilogie. Pour ceux qui veulent en apprendre plus sur Cass (notamment), et sur les personnages « secondaires » de ce livre, c’est bon à savoir…

Merci aux Editions Robert Laffont pour ce partenariat « choisi » et positif.

La lumière des étoiles mortes de John Banville –  Traduit de l’anglais (Irlande) par Michèle Albaret-Maatsch – 346 p.- Editions Robert Laffont, collections PΔVILLONS,dirigée par Maggie Doyle et Jean-Claude Zylberstein.

EDIT DU 4 SEPTEMBRE 2014 : Bien que ce ne soit pas un coup de coeur intégral (oui comme les casques du même nom, vous savez), je l’entre au Non-Challenge de Galéa dans son rayon « pépites » car c’en est une : un mois après sa lecture, la réflexion de l’auteur sur le temps et la mémoire me poursuit toujours et ça c’est « pépitable » !!!Logo Galéa non challenge 2014-2015

Il entre également dans mon challenge « à Tous Prix » avec le renommé prix espagnol : prix Prince des Asturies 2014 et dans le Challenge Amoureux de l’Irrégulière dans la catégorie « amours de jeunesse » (je viens de l’inventer mais ce n’est pas grave)…logo challengeamoureux4

logo challenge à tous prix

LA POÉSIE DU JEUDI avec William Butler YEATS

Yeats La Rose pour jeudi poésiePour honorer au moins une fois ma participation au mois anglais de Titine, j’ai choisi un poème de Yeats, ce célèbre poète irlandais (une légende à Dublin et dans toute l’Irlande), Les blancs oiseaux, tiré d’un recueil intitulé La Rose, offert par un ami très cher, Edualc pour ne pas le citer et en hommage à une amie qui se reconnaîtra, elle qui aime tant les roses : même s’il n’en est pas question directement, c’était pour la symbolique…! La lecture est exigeante car il y a beaucoup de notes de bas de pages et de références orientales, celtes ou mythologiques… Les poèmes sont tous enchâssés les uns dans  les autres, tendus vers l’unicité si importante à Yeats qui revendiquait sa modernité prosodique tout en disant qu’il était un des « derniers romantiques ». Aucun poème n’est anodin, il s’inscrit dans l’oeuvre à une place bien précise, ourlant de mélancolie un passé disparu, éclairant une zone plus sombre, mais les bras et le coeur ouverts sur l’avenir qui se profile. Un avenir où l’Irlande serait indépendante, où la femme aimée ne disparaîtrait plus pour devenir elle aussi « un grand oiseau blanc », autrement dit une âme morte (en l’occurrence sa Maud, passionaria des guerres d’Indépendance, fut un amour impossible). Merci Claude  pour ce livre qui m’a permis de découvrir la « prosodie » magnifique de Yeats plus avant, c’est un bonheur ! Et je salue aussi Jean Briat, le traducteur qui a respecté le rythme des couplets, des phrases même, tels que le poète les avait conçus. J’ai lu ce  poème sur d’autres sites et la traduction était loin d’être aussi brillante. Lire la suite

TRIFLES aux fraises, mascarpone et crème anglaise…

trifle fraises mme f(1)Voici une petite recette effectuée la semaine dernière pour mes amis de passage, rapide, de saison puisque ce sont les fraises du jardin. Vous ne pensez pas qu’en prononçant « traïfeul », ça pourrait compter pour le mois anglais ? D’autant qu’il y a de la crème anglaise ! Je n’ose pas, je demanderais à Titine si elle l’accepte… Lire la suite

L’ÉTRANGER de Jacques Ferrandez – BD d’après le roman d’Albert Camus

etranger couv(1)BD lue dans le cadre de l’opération Price Minister : La BD fait son festival en partenariat avec le Festival d’Angoulême, il était temps que je vous dise ce que j’en ai pensé ! J’en profite pour participer aux mercredis-BD de Mango !

Il s’agit de l’adaptation en BD du roman d’Albert Camus. Son personnage, Meursault est célèbre pour son indifférence au monde qui l’entoure. Le roman de Camus s’ouvre sur la non moins célèbre phrase : « Aujourd’hui, maman est morte. » ; il fallait donc insérer cette phrase dans un dialogue qui ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe. L’auteur a bien trouvé le moment : quand Meursault se rend en autobus à la maison de retraite où l’attend la dépouille de sa mère, il profite de ce voyage long et morose pour lui faire prononcer l’indispensable incipit.etranger maman est morte Ce matin(1)Meursault ne pleurera pas à l’enterrement de sa mère. Meursault va tuer un jeune kabyle sur une plage et sera condamné à mort. Meursault est indifférent à tout cela car il est un être profondément anti-social, il suit son instinct et refuse de mentir sur ce qu’il ne ressent pas. Il travaille, a une vie  amoureuse mais il semble à peine effleuré par ce qui lui arrive, hermétique. Il ne se force pas …(l’Absurde déjà qui pointe son nez dans l’oeuvre de Camus).IMG-20140426-03923(1)Quel sera le verdict du jury ? Jugera-t-il l’acte en lui même ou l’homme qui n’a pas pleuré à l’enterrement de sa mère ? Beaucoup d’entre vous connaissent la réponse…

C’est un roman de jeunesse de Camus sur la jeunesse. Or Meursault n’y est jamais décrit physiquement. C’était donc un sacré pari pour l’auteur de lui donner un visage, une posture. Il a choisi d’en faire un homme d’une trentaine d’années, l’âge de Camus quand il l’a écrit et c’est très réussi !

Meurseault vu par Fernandez... je trouve qu'il a des faux airs de Camus...

Meursault vu par Jacques Fernandez… je trouve qu’il a des faux airs de Camus…

Dès le départ avec la planche d’Alger intra-muros, j’ai retrouvé l’ambiance du livre, Alger, la ville blanche et haute en couleurs si chère au coeur de Camus malgré les fracas de la guerre qui ont suivi.

La BD s'ouvre sur cette grande planche superbe !

La BD s’ouvre sur cette grande planche superbe !

Et puis dans celle de la plage, les tonalités chaudes,  écrasées de soleil comme peuvent l’être les plages algéroises. L’ambiance à la fois nonchalante d’une vie au soleil et les premiers nuages qui vont assombrir l’histoire, tout y est. On y retrouve également des accents de Noces très troublants (autre opus poétique de Camus) et j’ai trouvé ça très fort !etranger Alger environs(1)(1)Moi qui ne suis pas vraiment BD (vous l’aurez remarqué), j’ai beaucoup aimé celle-ci, la lectures des bulles est lisible, le roman est parfaitement restitué, c’est une réussite et si vous avez aimé le roman, je vous la conseille vivement ! Car au-delà de la retranscription fidèle de l’oeuvre de Camus, Jacques Ferrandez a su saisir l’atmosphère, quelque chose de l’âme du roman qui m’a conquise.

Je remercie Price Minister pour ce partenariat…et m’excuse du retard pris pour la rédaction de cette chronique !bd pm festival

C’était ma BD du mercredi chez Mango !Logo BD Mango Noir

N’OUBLIE PAS LES OISEAUX de Murielle Magellan

Magellan couv'J’avais dit que je reviendrai avec le muguet, ce dernier étant très en avance, me revoici plus tôt que prévu avec ce livre lu depuis…janvier ! Je m’excuse auprès de Cécile Ruelle pour avoir tardé à rédiger cette chronique.

« C’est l’histoire d’un amour« …on croirait entendre la chanson mais non, ce sont les mots de l’auteure qui précise :  » C’est parce que cette histoire est vraie en tout point -à d’infimes détails près- que la romancière que je suis a voulu la raconter. Pour en extraire la réalité romanesque,  et la restituer, la partager, dans sa nudité, sa beauté, sa cruauté et sa douceur » . Lire la suite

LE MENDIANT !

Etiquette5 du 22.11Faible que je suis ! Ma copinaute Lylou-Anne, celle qui me fait baver rêver avec son ses blog (s) de décoration, recettes, mises en scène accompagnées de photos magnifiques a réussi, accompagnée de ma Syl à me faire danser dans sa Ronde de février. Elle nous demande une recette fétiche. Comme ça entre aussi dans le cadre du Challenge gourmand de Syl, elles s’y sont mise à deux, alors prise en sandwich, je n’ai pu que céder (avec joie je précise)  ! Pas facile de choisir, d’autant que je préfère le salé au sucré… Mais parmi les desserts qui se transmettent de génération en génération dans ma famille, il y a celle-ci qui est destinée au départ à ne pas laisser perdre des fruits, à utiliser le pain rassis, donc une recette économique, facile mais qui demande un peu de temps pour éplucher les fruits… Lire la suite

LE CERCLE CELTIQUE de Björn Larsson

LarssonUn polar suédois qualifié de « polar culte », au départ c’est quelque chose qui fait tilt dans ma tête ! Oui, mais… C’est davantage un roman sur la mer avec un suspense soutenable, un mort par balle et pas de sang ! Un récit ralenti par les manoeuvres techniques nécessaires quand on entreprend un périple hauturier à bord d’un voilier. Aussi si vous ne différenciez pas un foc d’une grand-voile, si vous êtes incapable de mesurer l’importance du vent et qu’au moindre gîte ou roulis, vous avez le mal de mer , passez votre chemin, sinon, restez, le voyage est passionnant quand on est curieux de la culture celte et de l’Écosse ! D’ailleurs, j’ai lu que le périple du Rustica était effectué par des milliers de fans  en mal de sensations fortes. Lire la suite

LA LETTRE À HELGA de Bergsveinn Birgisson

lettre à HelgaÉtonnant que cette lettre écrite par un nonagénaire émane d’un auteur né en 1971… Bravo car l’assimilation est parfaite. Et saluons au passage, les belles Editions Zulma qui ont le chic pour dénicher des petites pépites. Pour la petite histoire, j’ai acheté ce livre pour l’offrir à un ami mais je ne n’ai pas pu m’empêcher de le lire avant, en deux heures c’était fait…

Hormis Helga, les noms sont imprononçables dans ce livre,  nous allons faire avec. Mais sans les noms de famille, vous m’en excuserez !

Bjarni, profite que son neveu le sorte de sa maison de retraite pour retourner là où il a vécu, là où il a aimé d’un amour impossible, tourmenté et devenu lourd de regrets à l’approche de la mort. Alors, pour soulager sa conscience, pour se rappeler aussi ce qui l’a rendu heureux, il déroule la longue pelote de souvenirs, retraçant à la fois sa vie d’homme, de paysan attaché plus que tout à sa terre, à ses brebis, et sa vie amoureuse qui en a pâti.

Quand il tombe sous le charme d’Helga à la fin de l’été 1939, les gens du village ont su avant eux qu’ils allaient devenir amants. Ils sont mariés tous les deux, Helga a deux enfants alors que la femme de Bjarni, Unnur est devenue stérile (et frigide) à la suite d’une intervention chirurgicale loupée. Quant au mari d’Helga, il est toujours parti dresser des chevaux quelque part… Cela est un crève-coeur de voir ces deux mal-mariés continuer leur vie conjugale respective au nom d’une certaine idée du devoir…

La passion va être torride et, comment dire, avec des résonances olfactives très particulières : ils font l’amour dans la grange, la plupart du temps… arrosés d’urine fermentée de mouton… hormis ce détail, on peut comprendre que dans un tel contexte, le désir soit quasi animal. « Lorsque je pus enfin pétrir tes formes généreuses et me noyer dans la plénitude de tes lèvres en cette brève et bienheureuse saison des amours de ma vie ». (p.44). Car la saison des amours ne durera pas mais je ne voudrais pas déflorer ce court roman de 131 pages et vous laisser découvrir les raisons qui ont fait que… Parce que l’amour de la terre est aussi violent que celui qu’il porte à Helga : « On dénigre les fermes les plus ingrates à exploiter en les déclarant loin de la civilisation ; se pourrait-il qu’on y trouvât comme par hasard, plus de civilité qu’ailleurs ? » (p.50). Il entre aussi dans cette lettre quelques légendes, quelques poèmes  transmis par la tradition orale qui lui donne un charme profondément ancré dans le paysage islandais.

Il y a également un tableau à la fois tendre et sans concessions de l’Islande rurale de 1940 à maintenant quant aux politiques agricoles qui se sont succédées. Et le rôle que tenait Bjarni dans son village, dans son canton, un rôle important à son échelle.

Mais c’est avant tout une magnifique histoire d’amour, de non-dits, de lâcheté aussi, ne fait-elle pas partie de l’homme quand il aime ? A l’heure où les jours sont comptés, il était temps pour ce vieil homme de dire à Helga ce qu’il avait tu, même si c’est sûrement trop tard, ce n’en est pas moins beau.  » N’est-ce pas ce qu’on devient, à côté de celle qu’on désire le plus, Helga ma Belle, un vieux tronc de bois flotté qui se dérobe au grand amour ». (p 76).

Une histoire crue parfois, cruelle souvent comme savent l’être les amours impossibles… On pourrait la comparer à un de ces geysers sulfureux d’Islande. Dans un style absolument magnifique non dénué d’une pointe d’humour bienvenue ! Il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour en faire un coup de coeur mais je vous le recommande ! Ne serait-ce que pour la balade islandaise…

Les avis divers et plus ou moins enthousiastes de : Anne, Arieste, Cachou, Fransoaz, Lili, JérômeMarilyneMinaPhilisine Cave.
Et d’autres certainement, il y a 136 avis sur Babélio ! Livre abondamment commenté s’il en est…

Il compte pour le challenge Voisins-Voisines de Anne, challenge qui va être repris par « A propos de livres » en 2014 et Scandinavie blanche de Lystig. Mais aussi pour le challenge amoureux de l’Irrégulière dans la catégories « amours impossibles ». Il compte aussi pour le défi « premier roman », chez Anne, encore…

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défi 1er roman chez anne

Kalinka pour mon dimanche ! Et résultats du tirage au sort pour le challenge « à Tous Prix » !

Pour commencer ce dimanche avec la patate, un petit air russe traditionnel joué par trois violonistes, talentueuses et …sexy, alors que demander de plus ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Kalina (et non Kalinka) n’est pas une chanson de Noël en Russie mais une chanson d’amour pleine de jeux de mots et qui rend la traduction comique ! Voyez plutôt ci-dessous. Kalina signifie petite framboise (petite baie d’obier rouge au départ) dont on faisait des offrandes à Liouli la déesse de la Terre.

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Sous le sapin, sous la verdure,
Je suis allongé pour dormir
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Je suis allongé pour dormir.

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Ah, petit sapin, toi qui es vert,
Ne fais donc pas de bruit au-dessus de moi
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Ne fais donc pas de bruit au-dessus de moi

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Ah, jolie fille, chère jeune fille,
Tombe donc amoureuse de moi !
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Tombe donc amoureuse de moi !

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Tadadam, voici les Résultats du tirage au sort pour le challenge  « à Toux Prix » et ça n’a pas été facile ! :

Pour les livres :

Adalana : l’Armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen
MimiPinson : Qu’avons-nous fait de nos rêves ? de Jennifer Egan (merci de m’envoyer ton adresse)
Carodécouvre le monde : L’heure trouble de Johan Theorin (idem pour l’adresse, merci !).

Pour les carnets et lots de consolations (du plus grand au plus petit) :

Philisine Cave : peux-tu m’envoyer ton adresse ?
Bianca : itou pour l’adresse
ValMleslivres : itou pour l’adresse !
Natiora
George : je n’ai pas ta nouvelle adresse !
Violette Dame Mauve : itou pour l’adresse !

Je me suis bien amusée avec mes petits papiers jaunes, il a fallu que je mette des post-it au fur et à mesure sur les « lots » pour ne pas me perdre !

Un aperçu du bazar pour l'occasion...

Un aperçu du bazar pour l’occasion…

Je vous souhaite un bon dimanche  avec ce feuillage de mon jardin, vert habituellement et qui a rougi cette année !!feuillage rougi decembre

Un été à Cold Spring de Richard Yates

YatesJ’ai connu Richard Yates grâce au film « Les Noces rebelles » tiré de son livre « La fenêtre panoramique » que j’ai lu dans la foulée et que j’avais beaucoup aimé. C’est un auteur méconnu mais qui, comme Fitzgerald dans un autre domaine écrit le désenchantement. La comparaison s’arrête là, le milieu middle-class de Yates est bien éloigné des paillettes de Scott et Zelda. En attendant, Kate Winslet qui avait adoré le livre a suggéré à Sam Mendès, son époux d’en faire un film et depuis, les oeuvres de Yates qui tombaient dans l’oubli depuis le succès d’Easter Parade en 1961 sont rééditées  dans la très belle collection Pavillons Poche de Robert Laffont.

Dans la petite ville de Cold Spring (qui porte bien son nom) près de long Island, Charles Shepard, officier de l’armée en retraite a acheté une modeste maison en bois, à son image : modestie et effacement le caractérisent mais il possède une dignité, une grandeur d’âme dont son fils Evan est totalement dépourvu. Sa femme Grace, dépressive depuis des années ne quitte guère son fauteuil à bascule. Evan va se marier, être père et divorcer, tout ça la même année. Il deviendra ouvrier, sans ambition, malgré les encouragements de son père à lui faire reprendre des études d’ingénieur.

Oui mais voilà, Evan n’aime que conduire, il est merveilleux de beauté et de grâce au volant de son tas de boue ! Il séduira la douce Rachel, affublée d’une mère hystérique et alcoolique et là les choses qui promettaient de s’arranger un peu, vont se gâter. Pearl Harbor se profile mais au grand désespoir de son père, Evan est réformé.
L’été 42 va les obliger à vivre tous ensemble et nous atteignons là des sommets où se cumulent les lâchetés humaines, les faiblesses et les limites de chacun.

A ce stade, je ne vous en dis pas plus mais Richard Yates excelle à nous conter le quotidien banal et désenchanté de gens simples qui non seulement n’ont pas d’ambitions extraordinaires mais en plus, perdent leurs dernières illusions dans l’alcool ou les mauvais choix. L’ennui et la banalité de leur existence font qu’ils n’ont rien à se dire et Evan pense à un moment donné : « Tous les mariages devaient pouvoir bénéficier d’un occasionnel embargo sur la parole » (p.91) C’est dire…

La prose de Richard Yates est minimaliste, condensée sur cette tristesse qui s’évapore des sourires même les jours heureux. Car on sait qu’ils ne vont pas durer. Il y a une pudeur dans le style de Yates, comme une retenue pour éloigner le malheur, le tenir à distance mais il finit toujours par rattraper les personnages. Un livre doux-amer comme je les aime, sans flamboyance ostentatoire mais des mots qui touchent.

je remercie Christelle et Cécile, les deux attachées de presse de Robert Laffont qui nous permettent de choisir nos lectures et nous proposent de petites pépites.

L’excellent avis de Fanny, de Netherfield Park.

Une participation au challenge américain de Noctenbule.logo mois américain de noctenbule

LES APPARENCES De Gillian Flynn

apparences viuvMême la couverture du livre offre un plissé de la robe en surimpression que nous pouvons toucher !! L’apparence a toute sa place ici ! Je ne m’attendais pas du tout à ÇA. Certes c’est un polar mais avec une trame psychologique sur la manipulation diablement bien faite et addictive !

De l’histoire, je ne vais pas pouvoir vous parler beaucoup car l’intérêt principal du livre repose sur sa construction, les volte-faces avant l’épilogue qui avouons-le n’est pas du tout à la hauteur du reste. Hormis ce bémol, je ne me suis pas ennuyée une seconde et c’est tout ce que je demande à ce genre de livres. A n’être pas trop vulgaire non plus, là aussi c’est limite mais supportable.

Amy et Nick, presque quarante ans, forment un couple middle-classe, bien sous tous rapports jusqu’au jour où la crise financière de 2008 les atteint de plein fouet et qu’ils sont obligés de quitter New-York, leur maison luxueuse pour une plus petite, pavillonnaire dans le Missouri natal de Nick où ce dernier a ouvert un bar avec sa soeur jumelle Go.

Le livre démarre le jour de la disparition d’Amy, le jour de leur cinq ans de mariage. Aussitôt ou presque, Nick devient le seul suspect car, outre le fait qu’il n’a pas montré d’affolement devant les caméras de télévision le jour du « drame »  (pensez donc, il souriait), il n’a pas d’alibi solide à l’heure de la disparition d’Amy.

Les chapitres alternent avec les voix de Nick et d’Amy, Amy parlant depuis son journal intime commencé en 2005, quand ils se sont rencontrés et les chapitres avec la voix de Nick se situent eux, dans le présent et le déroulement de l’enquête. Fatalement, on se dit que le passé et le présent vont finir par se rejoindre vu que le journal d’Amy suit la chronologie du temps, tout comme on se dit que c’est un mauvais rêve, qu’Amy va revenir mais non, pas du tout. Un superbe rebondissement arrive à mi-parcours et nous fait changer d’idée. De leur mariage cinq ans plus tôt à leur arrivée dans le Missouri, que s’est-il passé dans leur vie pour que le mystère s’épaississe au fil de l’enquête ? Que se passe-t-il que les autres ne savent pas surtout ? Les autres ici sont les célèbres parents psychologues d’Amy, auteurs d’une série enfantine à succès et qui met en scène…leur propre fille, « L’épatante Amy », un avatar parfait de ce que devrait être Amy. Il faut compter également sur la soeur jumelle de Nick, Margo dite Go… Ce qui est intéressant dans ce livre et que j’ai trouvé surprenant pour un polar, c’est l’étude au scalpel de la psychologie d’un couple. pourquoi les filles choisissent de se marier, pourquoi les hommes sont-ils si niais devant une jolie fille ? Se choisit-on pour ce que l’autre est vraiment quand on le rencontre ou espère-t-on qu’il deviendra idéal, à l’image de ce que l’on attend d’un mari ou d’une épouse ? Les apparences sont le moteur qui donne à la vie sociale sa raison d’être, elles maintiennent « l’amour » ou ce qu’il en reste dans un nuage en suspension mais elles sont truquées pour ne pas dire pipées et quand le nuage perce, ce n’est pas de l’eau qui tombe mais de l’acide sulfurique. Derrière le vernis, les pires scénarios se trament… et c’est ce que Gillian Flynn nous prouve ici avec maestria, si ce n’est la fin, surprenante et décevante car on aimerait nous lecteurs qu’il y ait une justice, mais non, pas là : les méchants restent méchants et les lâches ne deviennent pas des héros du jour au lendemain. Sinon, on reste en apnée jusqu’au bout !

Il y a aussi un tableau de l’Amérique actuelle, sur fond de crise des sub-prime et des passages très bien décrits sur ces maisons abandonnées, sur la pauvreté des petites villes autrefois pimpantes qui ne sont que l’ombre d’elles-mêmes, comme nos personnages qui suivent la spirale infernale du déclassement social et de ses répercussions dans leur vie familiale. Gillian Flynn, originaire et amoureuse de son Missouri natal nous livre des pages émouvantes sur la maison de Mark Twain à Hannibal qui ne fait plus recette et ne se vendrait pas pour des sommes extraordinaires. C’est dire… La description du gigantesque centre commercial  de la ville, principale source de travail quelques années plus tôt offre une vision apocalyptique avec ses rideaux baissés, ses SDF drogués et désespérés.

Vous l’aurez compris, un livre qui, malgré un style simple soulève bien d’autres interrogations à travers la disparition de l’héroïne, un livre qui nous répète (si on ne le savait pas) qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Tout est affaire de manipulation, l’auteure joue avec nos nerfs pour notre plus grand plaisir.  Un  pavé de 650 pages qui est loin d’être indigeste !

Les avis divers et variés de : AifelleAlex Brize Cristie Galéa Hélène Keisha Liliba  Mango Sandrine Stéphie Theoma Véronique.  Et depuis que j’ai tapé ce billet, les avis de George et Belette. Et Clara, que j’avais oubliée !

Ce livre a été lu en partenariat avec Le livre De Pochelogo ldp

Il compte pour les challenges suivants :  » Romancières américaines » de Miss G.  le « mois américain » chez Noctambule.  « Thrillers et polars » chez Liliba. Pour mon challenge « À tous prix », aussi (Grand Prix des Lectrices de elle 2013, catégorie policier). Et celui d’Irrégulière dans la catégorie « amour cauchemardesque »…Logo challenge polars liliba 2013

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