Les Tops (et les flops) de mon année 2013, petit retour en arrière…

En reprenant mon carnet où je consigne chaque lecture par mois, j’ai redécouvert certains livres qui ont été des coups de coeur ou du moins de beaux moments de lecture, très peu de flops finalement comparativement à l’an dernier. J’ai lu 61 livres dont une BD et un album (non chroniqué à ce jour). Il faudra que je compare avec mon bilan de l’an dernier mais je dois être dans ma « moyenne » !  En sachant que j’ai eu une panne en juin qui a fait chuter ladite moyenne et que novembre et décembre n’ont pas été très actifs pour d’autres raisons…gif pieds dansent hampshire tumblrAnd the winners are …Voici les dix livres qui ont marqué mon année, me faisant tourbillonner de plaisir,  par ordre de lecture dans le temps, on a tendance à ne se souvenir que des plus récents…

1) Best love Rosie de Nuala O’Faolain, un livre qui m’a profondément touchée et la découverte d’une auteure disparue trop tôt, une belle plume et des réflexions pleines de justesse et d’émotion. Aussi parce que je me suis identifiée à cette cinquantenaire à la fois désenchantée et pleine de vie…

2) La plus que vive de Christian Bobin, un livre qui transforme le deuil en joie, une grâce illuminée propre à Bobin. Une rencontre avec cet auteur hors normes.

3) Elle, par bonheur et toujours nue de Guy Goffette, un auteur d’une infinie délicatesse qui rend un hommage magnifique à Martha, la muse du peintre Bonnard et par ricochet à Bonnard lui-même. Un livre de lumières et de clairs-obscurs sous fond de passion amoureuse.

4) Maine et Les Débutantes de J. Courtney Sullivan, je mets ses deux livres car ce sont deux lectures marquantes par une jeune auteure américaine avec qui il va falloir compter.

5) Nos vies désaccordées de Gaëlle Josse, parce que ce livre m’a redonné goût à la lecture, il a donc compté à sa façon et j’ai apprécié la plume de l’auteure toute en finesse.

6) Les âmes grises de Philippe Claudel parce que Philippe Claudel et que c’est sûrement le meilleur que j’ai lu de lui avec Meuse l’oubli, il fait partie avec Laurent Gaudé et Sylvie Germain de mon top 3 des auteurs français contemporains.

7) Tobie des Marais de Sylvie Germain : MA révélation de l’année surtout quand, comme ici, elle mêle légendes et fantastique, le résultat est fabuleux !

8)La porte des Enfers de Laurent Gaudé, un livre très noir mais d’une construction parfaite et un style là aussi inimitable !

9) Instinct Primaire de Pia Petersen, pour le message qu’il véhicule, pas pour le style mais un livre qu’on n’oublie pas une semaine après…

10) En nous la vie des morts de Lorette Nobécourt, là aussi une découverte si forte qu’elle a provoqué ma panne de lecture !!! Je ne pouvais plus rien lire après ça !

11) Oui je sais je dépasse mais c’est certainement mon plus gros coup de coeur de l’année et tadam, il s’agit du premier livre de Sylvie Germain que je viens de finir et là, je n’irai pas par quatre chemins, pour moi c’est son chef d’oeuvre , j’ai cité Le livre des nuits ! Je m’en remets difficilement, je vous en parle début janvier.

Il serait dommage de laisser de côté les polars car certains m’ont fait passer d’excellents moments même s’ils marquent moins qu’un livre classique, ils jouent un rôle non négligeable dans ma vie de lectrice :

1) tous les Johan Theorin, cet auteur suédois qui situe ses romans (les trois que j’ai lus) sur l’île d’Öland en Suède, faisant de cette île un personnage à part entière qui donne aux romans, en fonction de la saison une atmosphère mystérieuse et enchanteresse.

2) Délivrance de Jussi Adler-Ölsen, un pavé que j’ai dévoré et qui nous en apprend sur la vie contemporaine au Danemark, il conjugue bien le deux en un ! Sans parler de l’humour qui fait mouche !

3) Gros coup de Ken Bruen, un auteur découvert grâce à Sharon qui en a d’ailleurs fait un challenge tellement elle est fan ! Un couple de flics (série des R & B) totalement déjantés et incorrects au possible mais qu’est-ce que ça fait du bien de sortir de l’asepsie qui s’empare des polars après avoir été des endroits où les flics étaient systématiquement alcooliques et dépressifs, là c’est alcool et baston mais ça déménage !

4) et le petit dernier : Les apparences de Gillian Flynn qui m’a scotchée du début à la fin ! Un livre machiavélique !

gif chat tire la langue soènePour les flops : juste  trois dont deux polars :

1) Une chance de trop d’Harlan Coben, que je voulais lire avant d’aller à Quais du Polar à Lyon mais bof bof et bof ! De l’hémoglobine, voire de la cervelle rose toutes les deux pages, c’est un peu facile et quant au style ou à la traduction, c’est pire que moyen.

2) Genesis de Karin Skaughter, et comme l’ai dit à l’époque dans mon billet, une auteure que j’aurais aimé aimer mais non, là quand le glauque se fait vulgaire, je ne peux pas ! J’avais reçu Broken en SP, je n’ai pas pu le finir !

3) Les revenants de Laura Kasischke qui a été vraiment une grosse déception. Un livre trop long qui use et abuse des clichés des campus américains ! Déception d’autant plus forte que j’avais adoré Un oiseau blanc dans le blizzard quelques mois plus tôt, et j’avais vraiment envie de la relire ! Je pense que les formats longs ne lui conviennent pas mais ce n’est que mon avis…

Comme toujours dans ce type de bilan, il faut faire des choix, pas toujours faciles mais je n’ai retenu que ceux qui m’ont marquée et pas forcément les coups de coeur du moment qui ça arrive, passent très vite…

Dans la semaine, je ferai un bilan du blog avec requêtes drôles à gogo, là je vais vous laisser respirer et vous souhaiter un joyeux réveillon ! 🙂gif vieille horloge lettresdanslesmots tumblr

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LES PLUMES 19, résultats de la collecte pour la CREATION !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comHa mais quelle journée ! J’ai bien fait de vous dire 21 h, je n’aurais pas eu le temps de faire ce billet pour 20 h… Alors, voici les 14 mots récoltés plus mes trois mots en T.

Artiste, univers, expression, mystère, délivrance, peinture, invention, monde, résistance, don, innovation, agité, créateur, unique, traverser, turbulence, tangente.

Sur ce, je vais vous souhaiter une bonne fin de soirée et surtout un bon réveillon demain soir que vous sortiez ou pas, que vous soyez seul ou en famille ou avec des amis,  l’essentiel étant de ne pas s’ennuyer, de vous sentir bien, à votre place et ça c’est valable toute l’année ! Or, certains réveillons « agités » sont mortellement ennuyeux… gif belle et clochard

LES PLUMES 19, en rattrapage…sur le fil !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comJe crois que nous nous sommes mal comprises Olivia et moi, je pensais qu’elle faisait Des Mots Une Histoire cette semaine et je viens de m’apercevoir que non ! Donc, pour ceux qui auraient envie de gratter du papier malgré le réveillon de demain, ceux qui ne vont pas aller danser jusqu’au bout de la nuit, je vous propose un thème à l’arrache ! Dites moi ce que vous inspire  CRÉATION ?

Exceptionnellement vous aurez jusqu’à 21 heures pour me laisser un mot en commentaires !

Toutes mes excuses pour ce malentendu, j’en suis fort marrie mais je sais que vous êtes indulgents ! Je vous souhaite un bon lundi  ! (Ceci est mon 800ème billet, hou, ça fait peur !)…gifs mains jouent collier lylouanne tum

Dans la hotte des père(s) et mère(s) Noël, il y avait…

…beaucoup de choses ! Qui m’ont fait très plaisir et certaines m’ont fait rire. L’heure est aux aveux ! Avant les livres, juste deux cadeaux, un venant de Mind The Gap (dans un gros colis) et l’autre de Syl (dans un énooorme colis), on aurait dit qu’ils s’étaient concertés ! Oui je sais que je suis une vieille bab’ sur le retour mais là franchement avec le bonnet népalais à pompon et les chaussettes chaussons (presque) assorties, je fais vraiment retour du Larzac après la transhumance…. Oserais-je vous montrer la tête que j’ai avec ? Jérôme ayant osé sur FB avec son bonnet à pompon et son écharpe gris tricotés main… et je réclame votre indulgence (photo prise le matin de Noël au réveil pratiquement)…

La tête...

La tête…

on voit tous les pompons sur celle-ci ! Oh My God ! Je l'ai fait...

on voit tous les pompons sur celle-ci ! Oh My God ! Je l’ai fait…

...et les jambes !

…et les jambes !

C’était un petit clin d’oeil, on va vite l’oublier (très vite^^) et je vous montre les livres reçus : tout d’abord Le Livre de Poche avec qui je suis en partenariat ayant oublié de m’envoyer le livre de la sélection de décembre s’est « rattrapé » en m’offrant ce coffret magnifique comportant cinq oeuvres de Stefan Zweig . Merci Pauline !

Un bel ojet dans des couleurs que j'aime. Si ça compte !

Un bel objet dans des couleurs que j’aime. Si ça compte !

zweig eventai du coffretLa photo n’est pas nette, vous remarquerez les jolies couvertures, je vous donne les titres : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, L’égaré (une nouvelle inédite de 15 pages), La confusion des sentiments, Le monde d’hier, La peur et Lettre d’une inconnue précédée de Amok. Rien que ça va bien m’occuper, je n’ai lu que La confusion des sentiments…il y a à peu près un siècle, j’avais donc besoin de me rafraichir la mémoire !

Et puis, sur FB où je m’égare parfois, j’ai cliqué sur une page où il y avait le dernier Jussi Adler-Olsen (dont j’avais beaucoup aimé Délivrance) et paf, j’ai gagné, je n’en revenais pas ! Ce sont les épreuves non corrigées, le livre sortira le 3 janvier. Je remercie donc les éditions Albin-Michel pour l’effet Père Noël !

Ce sont les dernières péripéries du fameux Département V de  la police de Copenhague, j'en salive d'avance !

Ce sont les dernières péripéties du fameux Département V de la police de Copenhague, j’en salive d’avance !

Et quatre livres offerts par ma maman à qui j’avais laissé une liste hétéroclite : deux Sylvie Germain qui est devenue en deux livres, une auteure capitale pour moi : L’Inaperçu et Hors champ, je me remets juste du Livre des nuits dont je vous parle très vite …

La mise à jour de ma PAL me donne des sueurs froides...

La mise à jour de ma PAL me donne des sueurs froides…

Et pour finir, un livre de Barbara Constantine que je n’ai pas encore lue et un autre de Jonathan Coe (idem) !

"Et puis Paulette" et  "Désaccords imparfaits", très courts tous les deux, ce qui est bien pour alterner avec les pavés !

« Et puis Paulette » et « Désaccords imparfaits », très courts tous les deux, ce qui est bien pour alterner avec les pavés !

Je ne vous fais pas le détail des autres cadeaux envoyés par Syl. et Mind The Gap mais je les remercie tous les deux pour ce témoignage supplémentaire d’amitié ! J’en parlerai au fil des mois de 2014 puisqu’il ya aussi des DVD dont Gatsby !!! Je n’oublie pas Argali qui, la veille de Noël a enrichi ma PAL d’un livre belge, d’un auteur inconnu pour moi mais je lui fais toute confiance (et je la remercie chaleureusement). Il s’agit de « Le mystère Curtius » de Luc Baba (un nom qui va bien avec le début de ce billet)… pas de photo, je n’ai pu la télécharger…

J’espère que vous avez été gâtés vous aussi, je vous souhaite un bon dimanche, ce qu’il en reste ! Mais j’ai des soucis avec mon ordi, je vais faire un billet « Help » pour savoir si quelqu’un a une solution, mon cher informaticien ne répondant pas à mes messages, of course, en cette période…mais quand même, je l’ai en travers, l’ordi est sous sa garantie !!!

Il va falloir que je passe à cette vitesse si je veux avancer !

Regardez dans quel état je suis maintenant ! Pfffffffffffff…………………………….

LES PLUMES 18, les textes du FEU !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comMalgré les agapes et autres contraintes familiales nombreuses en cette période, je remercie chaleureusement les participants qui ont eu le courage de faire un texte entre le foie gras et la dinde ! Il y a quand même quelques défections mais sachez que je ne vous en tiendrai pas rigueur*&lt:-P Fête, soirée, j’ai bien failli ne pas finir mon texte, vu les circonstances plus festives que studieuses …
Nous avons par ordre d’arrivée des liens les 13 textes suivants (dont le mien)

Nous avons par ordre d’arrivée des liens les 16 textes suivants (dont le mien) : Adrienne, Ghislaine, Nunzi, Janickmm, Célestine, Béatrice, Violette Dame Mauve, Mind The Gap, PatchCath, Soène, Valentyne. Pierrot Bâton. Cériat. Marie. Merquin.

Et mon texte ci-dessous (un peu long, certes… mais c’est la fin !)

Les mots imposés étaient : chaleur, soleil, jeu, âtre, glace, bois, passion, fascinant, brûler, enfer, flammes, purifier, braises, intense, syncopé, secousse, sable.

NOCTURNE SUR LA FALAISE
(Suite / 3) Cliquez sur les épisodes 1 et 2, si vous le souhaitez…allée enneigée this-infinite-paradox

Lina sursauta. Personne ne montait jamais jusqu’ici, même du temps où ses parents vivaient. La grande allée empierrée était à peine carrossable et seuls quelques musiciens inconscients, têtes brûlées au soleil de la passion et de l’amitié s’y étaient aventurés. Elle s’approcha doucement d’une fenêtre et essaya de voir l’intrus. Elle découvrit un homme encore jeune, au poil grisonnant qui semblait fourbu dans son manteau froissé. Fourbu et fascinant.

Méfiante, elle entrebâilla la porte et quand il plongea son regard d’ardoise , aussi gris que les ciels ennuagés qui courent au-dessus de la mer d’hiver, un trouble intense s’empara d’elle. Elle lui fit signe d’entrer. Ils n’avaient pas dit un mot. Mais leur regard de connivence, celui qui réunit les apatrides au seuil des mêmes frontières avait d’emblée su les apprivoiser l’un à l’autre, il venait de si loin que même le temps avait oublié … Quel était ce lien qui courait entre eux, de l’un à l’autre comme une cadence syncopée montée de sous les océans ? « Je m’appelle Gabriel, mais appelez moi Gaby » dit-il d’une voix cassée de fumeur. « Vous c’est Lina, je le sais… vous étiez petite la dernière fois que je suis venue. Aujourd’hui, je ne pouvais pas vous laisser seule. C’est Noël ! » Il se demanda si elle avait encore la notion du temps, la fixité de ses yeux appartenait à un autre monde pensa-t-il en la dévisageant. Lina, Lina-Lucia, elle lui ressemblait tant ! Pourtant un gouffre les séparait. Il tressaillit, une secousse venue de sa mémoire lui fit ouvrir grand ses yeux d’ardoise ennuagés. Lina n’était pas et ne serait jamais Lucia. Les serments cachés, brisés aux pieds des falaises se mêleraient à jamais aux varechs déposés par les marées, longs cheveux verts putrescibles qui tresseraient d’autres histoires sous-marines enfouies dans la chaleur amère des sables mouvants..

Cela faisait plusieurs nuits qu’il se cachait dans un accroc de la falaise pour l’écouter jouer et il avait entendu ou vu passer l’âme de Lucia dans les derniers accords du Nocturne, tant de passion éteinte qui renaissait soudain… Il s’assit au bord de l’âtre à côté d’elle, aimanté par son regard verdoyant perdu dans les flammes. Elle avait passé ses bras autour de ses genoux, comme pour se protéger d’un enfer invisible et commença à lui parler de l’accident, la voiture retrouvée là en bas sans les corps de ses parents : c’était l’été, à marée haute, on ne savait pas…Sa solitude qui avait suivi. Depuis, la vie avait cessé d’être un jeu perpétuel, elle attendait mais là aussi elle ne savait ni qui, ni quoi. Il lui prit la main et lui promit de l’aider, si elle le voulait. Il sentait la glace qui la barbelait, aura blanche et dure infranchissable mais il sentait aussi le feu qui brûlait dessous, prêt à lui rosir les joues comme la sève d’un matin de mai, laissant loin derrière ce triste décembre et les braises de bois gelé qui l’escortait.

Elle ne sut que répondre malgré le flot de mots brisant peu à peu le givre de son coeur en attente. Elle voulait le croire, elle voulait que ce soit encore Noël demain quand le jour se lèverait sur la plage de galets en contrebas, qu’elle puisse enfin s’y allonger, s’abandonner pour se purifier à l’eau d’un nouveau soupir, éblouie par l’étoile bleue, celle qui brillait dans  le gris de nuage des yeux de Gabriel. Pour oublier qu’un jour la mort avait vidé son sablier de cendres à ses pieds et l’avait violentée de son ombre hagarde…

LES PLUMES 18, résultats de la collecte pour le FEU !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comMerci aux rescapés d’avoir participé ! Et voici vos 14 mots, suivis de mes trois mots en S pour cette collecte pré-réveillonnaire (je sais ce n’est pas très français ni très élégant mais bon) (j’ai cuisiné toute la journée) !

Chaleur, soleil, jeu, âtre, glace, bois, passion, fascinant, brûler, enfer, flammes, braises, purifier, intense, syncopé, secousse, sable.

Et à tous je vous souhaite un bon réveillon demain, seul ou accompagné, faites-vous plaisir ! Joyeux Noël !noel chaussons rouges ana-rosagif bougies pots lylou anne

LES PLUMES 18, la collecte prénoëllienne !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comNon, rassurez-vous, je ne vais pas vous donner Noël comme thème cette semaine, on sature ! On a beau garder son âme d’enfant, toutes ces guirlandes et ce consumérisme finissent par tuer l’esprit de Noël, la vraie magie mais bon, c’était juste ma mauvaise humeur du lundi ! C’est passé !

Cette semaine, je vais vous demander ce que vous inspire le FEU ! Rien que ça ! Vous avez jusqu’à 20 heures pour me laisser un mot en commentaire, après c’est trop tard ! Pour ceux qui découvrent et seraient tentés de participer, je leur conseille de prendre connaissance du RÈGLEMENT, ICI.

Je retourne à mes fourneaux et à mes derniers préparatifs, je ne suis pas loin ! Mais moins présente, veuillez m’en excuser !

LA SUPERBE pour mon dimanche !

Noêl approche à grands pas et la cuisine me tend les bras, j’avance dans mes préparatifs, doucement mais sûrement… J’avais envie de douceur ce dimanche, les chuchotis de Benjamin Biolay s’y prêtent !

Et je vous laisse une image de ce que je vais faire une partie de la journée !gourmandise étoiles de NoêlJe vous souhaite un bon dimanche !

NOCTURNE SUR LA FALAISE (suite)

maison sur la falaise n&b inquiétante

Ceci est la suite du texte de la semaine dernière que, vous pouvez relire ICI, si le coeur vous en dit !

La neige tombait doucement maintenant et Lina, délivrée du feu de la musique commença à trembler, pantelante comme après un orgasme, du moins ce qu’elle en avait lu, n’ayant encore jamais connu ce grand frisson dans les bras d’un amour.

Des peurs démoniaques, obscures se faufilaient dans le silence crayeux, oppressant et froid. Non elle n’était plus la déesse de ses rêves d’enfant ni la princesse que sa mère eût voulu qu’elle fut. Elle était orpheline, désemparée et sa vie dérivait au fil d’un temps liquide comme l’eau calme des fleuves d’hiver, ces eaux sombres avalées par les ombres abyssales des profondeurs comme ses mains qui se refermaient sur un vide inexorable. Elle avait beau essayer de se stimuler pour faire face aux contraintes qui l’attendaient, d’adopter un comportement seyant à une jeune fille qui vient de perdre ses parents, rien n’y faisait. Elle se réfugiait chaque jour un peu plus dans l’immatérialité des choses, dans des rêves encore si chauds qu’il lui était impossible de démêler les siens de ceux de ses parents, dans les projets qu’ils avaient écrits ensemble et qui à présent se défaisaient comme une bobine de fil roulant sur un plancher ciré. Comment expliquer aux hommes de l’administration qu’elle avait attendu le retour des étoiles pour venir réclamer son héritage ? Elle devrait aussi se nourrir quand les placards seraient vides . Qu’allaient-ils lui répondre, ces hommes assis à califourchon sur leurs certitudes immuables  ? Lui renvoyer leur morgue en faisant des acrobaties de papier en double exemplaire pour se donner de l’importance. Des jongleurs de l’inutile, voilà ce qu’ils étaient.

Elle jeta un châle sur ses trapèzes endoloris par le froid et sa sérénade nocturne en se dirigeant vers la maison, roide comme une statue d’albâtre figée par les ans et le chagrin des solitudes millénaires. Les bougies, allumées dans des photophores aux fenêtres la firent sourire un court instant. Elle était seule dans son palais immaculé aux murs suintant des souvenirs heureux des Noëls anciens ; c’était hier et elle confondait la réalité avec son imagination ! Elle devait être équilibriste pour continuer d’avancer sur ce fil étroit tendu au-dessus du rien, pour croire à sa propre histoire, pour laver le trouble qui montait en elle quand elle ne jouait pas au piano. D’ une large bande de sable, découverte par la marée montait les cris des mouettes. Écho strident des cordes brisées de son archet intérieur. Demain c’était Noël, qui viendrait le lui souhaiter ? Qui répondrait au silence de l’absence ? C’est alors qu’on frappa à la porte…

à suivre…

logodesmotsunehistoireLes 14 mots imposés recueillis chez Olivia pour Des mots, une histoire étaient :  orgasme, sensoriel (pas pu ni voulu le placer, à chaque fois il faisait tache, désolée) , stimuler, imagination, histoire, comportement, trouble, démoniaque, (à) califourchon, acrobatie, trapèze, équilibriste, jongleur, large.

LA POÉSIE DU JEUDI avec Guillaume Apollinaire, Babélio, Bulles de savon et Anna Obon !

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Je vais vous proposer un deux en un aujourd’hui puisque lors de la dernière Masse Critique Jeunesse de Babélio, j’avais demandé à recevoir un livre, édité chez Bulles de Savon, une toute jeune maison d’éditions (deux ans à peine) qui axe fortement son catalogue sur la poésie. Découvrons les illustrations de Anna Obon, jeune illustratice catalane qui a misé sur le vert-turquoise ou le noir et blanc pour mettre en valeur les vers du poète,  que voici :

Le Pont Mirabeau

La couverture

La couverture

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure.
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Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse.
IMG-20131121-03596(1)
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure.

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente.

l'image de l'eau est bien mise en exergue...et en valeur !

l’image de l’eau est bien mise en exergue…et en valeur !

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure.

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine.

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure.

Guillaume Apollinaire, 1912 (Poème tiré du recueil Alcools)

Je ne suis pas fan de la couleur turquoise mais j’ai aimé cette présentation, notamment qu’il y ait  une strophe par page, les mots en ont plus de poids et je pense qu’aborder la poésie de cette façon, pour un enfant à partir de 10-12 ans est une sacrée chance ! J’ai aimé aussi les pages en noir et blanc avec de jolis coups de crayons pour  « Vienne la nuit sonne l’heure »  « Les jours s’en vont, je demeure » » ! Ainsi, seuls sur la page, ils ont une force différente que quand on les lit à la suite…  Ils ont le temps de résonner en nous avec l’appui du dessin  qui en renforce la puissance évocatrice.

Merci à Babélio et à Bulles de savon pour cette belle découverte !

« Sous le pont Mirabeau » de Guillaume Apollinaire, Illustrations de Ana Obon, mini album, éditions Bulles de savon ©août 2013-12€

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Poétisent avec moi aujourd’hui ! Marie et Anne, Valentyne, Natiora, Béné31, Modrone-Eeguab. Et LilaMango qui a eu envie ce matin ! Claudialucia et Pyrausta en retardataires, mais que cela ne vous empêche pas d’aller les lire, merci pour elles !!! 🙂

SISTERHOOD OF THE WORLD AWARD de Cériat !

award sister cériatJ’ai été invitée à participer au SISTERHOOD OF THE WORLD BLOGGERS AWARD par Cériat, notre raconteuse d’histoires préférée, toujours accompagnée de sa souris rose et de son rat Ramolli ! Quel nom cet award ! 

 Voici les règles du jeu (si à votre tour vous avez envie de jouer):

1- Fournir un lien et remercier le blogueur qui vous a nominé pour ce prix.
2- Nommer à votre tour 10 blogs que vous choisirez.
3- Faites un lien vers ces blogs tout en laissant un message aux nominées afin qu’elle sachent qu’elles ont été choisies.
4- Répondez aux 10 questions suggérées.
5- Afficher le logo du prix sur votre blog…

Maintenant, le plus simple, les questions :

  1. Votre couleur préférée ? Un penchant pour le rose poudré mais aussi toutes les couleurs , du moment qu’elles sont en harmonie et en camaïeu délicat. Cela dit, je déteste le orange, j’en ai trop vu dans ma prime jeunesse !
  2. Votre animal de compagnie préféré ? Le chien. Ma Philo, petit caniche noir décédée en 2011 me manque toujours autant ! Mais j’adore les chats ! Et si j’avais de la place, un cheval me tenterait bien…
  3. Votre boisson préférée ? J’ai déjà répondu, voyons : la vodka bien sûr avec la tige de je ne sais quoi ! Mais pour tous les jours, c’est café et café le matin, thé l’après-midi et eau, beaucoup d’eau fraîche entre les deux.
  4. Lequel préférez-vous, Facebook ou Twitter ? J’ai du mal avec FB, alors je me passerai allègrement de Twitter, de toutes façons, pas assez de mots pour la bavarde impénitente que je suis !
  5. Votre modèle préféré ? En quoi ? Pour les grands hommes (et femmes bien sûr) j’en ai pas mal mais restons dans le domaine de la lecture où Je suis épatée par Laurent Gaudé et Sylvie Germain… de plus en plus…
  6. Vous préférez recevoir ou donner des cadeaux ? Je préfère donner, c’est viscéral mais quand je reçois, j’ai gardé une âme d’enfant, je n’en reviens pas !
  7. Votre chiffre préféré ? Euh… le 2 car c’est un chiffre qui me poursuit, et que c’est un nombre pair !
  8. Votre jour préféré ? Celui où je vais bien, où j’ai la pêche et où j’ai le sourire !
  9. Votre fleur préférée ? J’aime toutes les fleurs, de la simple pâquerette à la sensuelle pivoine pour qui j’ai un faible, avouons-le.
  10. Quelle est votre passion ? S’il n’y en avait qu’une ! Lire, écrire sont en tête de peloton, étrange non ?

Les nominés sont ha ha ha : (je ne tague pas ceux que Cériat avait tagués)gif petites filles pestes deledition tumblr comSomaja pour lui donner un petit coup de pied aux fesses, Mind The Gap pour les mêmes raisons, Jean-Charles (itou), Jérôme parce qu’il adooore avoir son tag matinal, In Cold Blog qui a toujours des réponses décoiffantes, Natiora (si ce n’est déjà fait), Marie et Anne, nos nouvelles sorcières qui aiment la lecture et Eeguab-Claude si le coeur lui en dit ! Mais aussi Gwen parcequ’elle a toujours des réponses pertinentes, Bianca pour sa spontanéité et Laure qui revient doucement ! Béné31 que nous ne connaissons pas très bien, hé hé ! Il y en a plus de 10 ??? Eh bien tant pis !

Et bien sûr tous ceux qui voudront le reprendre, que j’ai oubliés car on ne pense jamais à tout le monde quand on fait ce genre d’exercice à l’arrache !gif fumée rose djamelsview tumblr

LA LETTRE À HELGA de Bergsveinn Birgisson

lettre à HelgaÉtonnant que cette lettre écrite par un nonagénaire émane d’un auteur né en 1971… Bravo car l’assimilation est parfaite. Et saluons au passage, les belles Editions Zulma qui ont le chic pour dénicher des petites pépites. Pour la petite histoire, j’ai acheté ce livre pour l’offrir à un ami mais je ne n’ai pas pu m’empêcher de le lire avant, en deux heures c’était fait…

Hormis Helga, les noms sont imprononçables dans ce livre,  nous allons faire avec. Mais sans les noms de famille, vous m’en excuserez !

Bjarni, profite que son neveu le sorte de sa maison de retraite pour retourner là où il a vécu, là où il a aimé d’un amour impossible, tourmenté et devenu lourd de regrets à l’approche de la mort. Alors, pour soulager sa conscience, pour se rappeler aussi ce qui l’a rendu heureux, il déroule la longue pelote de souvenirs, retraçant à la fois sa vie d’homme, de paysan attaché plus que tout à sa terre, à ses brebis, et sa vie amoureuse qui en a pâti.

Quand il tombe sous le charme d’Helga à la fin de l’été 1939, les gens du village ont su avant eux qu’ils allaient devenir amants. Ils sont mariés tous les deux, Helga a deux enfants alors que la femme de Bjarni, Unnur est devenue stérile (et frigide) à la suite d’une intervention chirurgicale loupée. Quant au mari d’Helga, il est toujours parti dresser des chevaux quelque part… Cela est un crève-coeur de voir ces deux mal-mariés continuer leur vie conjugale respective au nom d’une certaine idée du devoir…

La passion va être torride et, comment dire, avec des résonances olfactives très particulières : ils font l’amour dans la grange, la plupart du temps… arrosés d’urine fermentée de mouton… hormis ce détail, on peut comprendre que dans un tel contexte, le désir soit quasi animal. « Lorsque je pus enfin pétrir tes formes généreuses et me noyer dans la plénitude de tes lèvres en cette brève et bienheureuse saison des amours de ma vie ». (p.44). Car la saison des amours ne durera pas mais je ne voudrais pas déflorer ce court roman de 131 pages et vous laisser découvrir les raisons qui ont fait que… Parce que l’amour de la terre est aussi violent que celui qu’il porte à Helga : « On dénigre les fermes les plus ingrates à exploiter en les déclarant loin de la civilisation ; se pourrait-il qu’on y trouvât comme par hasard, plus de civilité qu’ailleurs ? » (p.50). Il entre aussi dans cette lettre quelques légendes, quelques poèmes  transmis par la tradition orale qui lui donne un charme profondément ancré dans le paysage islandais.

Il y a également un tableau à la fois tendre et sans concessions de l’Islande rurale de 1940 à maintenant quant aux politiques agricoles qui se sont succédées. Et le rôle que tenait Bjarni dans son village, dans son canton, un rôle important à son échelle.

Mais c’est avant tout une magnifique histoire d’amour, de non-dits, de lâcheté aussi, ne fait-elle pas partie de l’homme quand il aime ? A l’heure où les jours sont comptés, il était temps pour ce vieil homme de dire à Helga ce qu’il avait tu, même si c’est sûrement trop tard, ce n’en est pas moins beau.  » N’est-ce pas ce qu’on devient, à côté de celle qu’on désire le plus, Helga ma Belle, un vieux tronc de bois flotté qui se dérobe au grand amour ». (p 76).

Une histoire crue parfois, cruelle souvent comme savent l’être les amours impossibles… On pourrait la comparer à un de ces geysers sulfureux d’Islande. Dans un style absolument magnifique non dénué d’une pointe d’humour bienvenue ! Il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour en faire un coup de coeur mais je vous le recommande ! Ne serait-ce que pour la balade islandaise…

Les avis divers et plus ou moins enthousiastes de : Anne, Arieste, Cachou, Fransoaz, Lili, JérômeMarilyneMinaPhilisine Cave.
Et d’autres certainement, il y a 136 avis sur Babélio ! Livre abondamment commenté s’il en est…

Il compte pour le challenge Voisins-Voisines de Anne, challenge qui va être repris par « A propos de livres » en 2014 et Scandinavie blanche de Lystig. Mais aussi pour le challenge amoureux de l’Irrégulière dans la catégories « amours impossibles ». Il compte aussi pour le défi « premier roman », chez Anne, encore…

logo voisins 2013logo-scandinavie-blanchelogo challenge amoureux 3

défi 1er roman chez anne

LES PLUMES 17, les textes en BEAUTÉ !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comPas encore les vacances et ça chauffe déjà sous vos petites têtes ! Merci aux 28 participants  (Jacou et moi compris) qui sont, par ordre d’arrivée des liens :

Adrienne, Violette Dame Mauve, Marlaguette, Ghislaine, Olivia, Jean-Charles, Janickmm, Pierrot Bâton, Valentyne, Mon Café Lecture, Patchcath, Soène, Marie, Evalire, Jeanne, Coccinelle, Merquin. Cériat, Wens, Eeguab-Modrone, Bizak. Et Célestine, sur le fil ! 😉 Claudialucia, ric-rac ! Et LilouSoleil, ce matin ! Et Nunzi, hop là ! Ou encore Miss Nefer

Après mon texte, vous pourrez lire le très beau texte de Jacou33  qui n’a pas de blog et que j’héberge pour l’occasion,  ce texte est intitulé Le Chapeau, il n’allait pas rester en commentaires !

Les mots imposés étaient :  miroir, nature, nocturne, lumière, vénéneux, délicatesse, piano, contemplation, ensorceleur, temps, bouquet, éphémère, intérieur, sulfureux, déesse, rouge, couleurs, ruissellement, ravir, rosée.

NOCTURNE SUR LA FALAISEpiano falaise femme umla tumb

Une lumière irréelle baignait la maison sur la falaise, perchée là-haut depuis une vingtaine d’années à peine. Autant dire, dans ces régions reculées, accrochées au pérenne des traditions qu’elle était neuve. Cette grande bâtisse blanche de style baroque, devenue louve pour protéger Lina, comme elle le pouvait… Les femmes du village voisin murmuraient que l’ensorceleuse savait y faire. Bizarrement, les hommes, eux ne disaient rien mais ne s’approchaient pas.

Lina attendit que la nuit fut tombée pour sortir et rejoindre son piano posé là au bout de la falaise, face au vide et au vent qui balayait le ciel d’ardoise depuis que ses parents n’étaient plus. Qui savait qu’elle était vraiment seule au monde. Qui ?

En contrebas, l’océan jouait un spectacle indigo dans un reflet en miroir lisse comme de la soie. Venaient se pencher quelques rayons de lune cernés d’étoiles aussi sulfureuses qu’éphémères.
Comme tous les soirs depuis…,  elle jeta à la mer un bouquet d’agapanthes et de camélias rouges, cueillis le matin même, encore veloutés de rosée. Elle s’assit sur le tabouret, indifférente au froid qui lui mordait le bout des doigts, qui cassait la délicatesse de ses poignets aussi fins que des baguettes de coudrier. Elle revoyait les salles de concert bondées où jouaient ses parents, lui au piano, elle au violoncelle. Les lueurs dorées qui s’élevaient, suspendues, en même temps que les notes de musique. C’était toujours pour le Nocturne de Schubert. Ce silence plus habité que les autres, semblable à celui qui monte des églises quand les fidèles s’en sont allés.

Perdue dans sa contemplation fiévreuse, lentement, elle commença à jouer, les doigts brûlants de désir. Les notes échappées dans la nuit perlaient au bord de ses yeux dans un ruissellement de larmes et de feux coupants qui vrillaient ses souvenirs. Ô la vénéneuse beauté de la musique qui la ravissait et la tuait en même temps ! Était-ce donc cela qui vous tenait au ventre, qui raccrochait vos mains aux murs traîtres de la vie ? Cette lente agonie où elle basculait chaque soir quand la magie prenait possession d’elle, sans demi-mesures, sans chef d’orchestre pour tempérer et altérer tous les graves et les aigus de la nature, les dièses et les bémols de son âme perdue. Elle finissait le morceau brisée, euphorique comme après une ivresse. Des couleurs obliques plein la tête. Elle se demandait alors s’il ne fallait pas qu’elle devint une déesse intemporelle pour s’accorder à ce temps exigeant et infinissable,  une déesse aux doigts d’airain, chevauchant l’Olympe sur un cheval de feu pour ne pas se laisser engloutir par les ténèbres fantômes cachées à l’intérieur de la falaise…

LE CHAPEAU

Je vous vis un soir, au théâtre. De vous, je n’aperçus d’abord que votre chapeau. Un bouquet l’ornait, qui attira mes jumelles. C’était un assemblage de tiges où se mêlaient bourgeons à peine éclos et feuilles naissantes, comme en pleine nature.

Je vous revis plus tard, n’apercevant de vous qu’un reflet dans un miroir, et surtout ce même bouquet. Les fleurs, juste nées du matin, s’ouvraient avec délicatesse. Quelques gouttes de rosée restaient accrochées.

Le temps passait, éphémère. Votre souvenir, aussi.

Mais le hasard, (bienheureux ?) me fit vous rencontrer encore. C’était à l’occasion d’un concert de piano, en nocturne. Il faisait beau. L’air conservait la douceur d’une journée, agréablement passée sous un ruissellement de soleil. Vous aviez posé votre chapeau sur vos genoux. J’aurais pu vous contempler à loisir. Mais mon regard était attiré par le bouquet qui l’ornait toujours. Cette fois les fleurs s’épanouissaient, corolles déployées, parées de couleurs insensées. Elles étaient lumières dans la nuit. De vous, je n’aperçus qu’un profil délicat, je ne pourrais en dire plus.

Je m’éloignais, songeur.

Je crus vous voir partout, à l’étalage des marchandes des quatre saisons, dans la vitrine d’un fleuriste, dans le bouquet d’une mariée. Vos fleurs m’avaient-elles ensorcelé?

Je fus invité à une chasse. Vous y étiez, aussi, amazone sur un bel alezan. Votre chapeau, incliné, dissimulait votre visage, mais je pus contempler le bouquet, tons bruns orangés, les pétales parcheminés des fleurs, le feuillage rouillé.

Je tentais de vous suivre.

Vous disparûtes en compagnie d’un autre, portant curieusement, une veste d’intérieur. Il semblait aux anges.

Je le retrouvais, plus tard, en votre compagnie. Toujours chapeautée, bouquet de tiges emmêlées, retenant quelques feuilles desséchées, les fleurs ayant définitivement perdu leurs robes, offraient des fruits fripés et parfumés.

Je découvrais alors votre beauté, l’éclat de vos yeux, le velours de votre bouche.

Perdu dans cette contemplation, je n’entendais pas mon cœur, qui se méfiait.

Je me réveillais soudain. Montrant dédaigneusement le chapeau à votre compagnon, vous lui disiez, d’un ton acerbe : « Qu’est ce que tu attends pour me débarrasser de ça ? ».

Vous vous êtes tournée alors vers moi, m’offrant votre bras : « On y va ? »

Je crus apercevoir une lueur ensorceleuse dans votre regard. Je fis taire mon cœur.

J’ai retrouvé votre chapeau. Défleuri. A sa vue, vous vous êtes mise dans une rage folle. Vous étiez si jolie avec lui ; mais là…vous ressembliez à une fleur vénéneuse ; tellement vénéneuse, que je pris peur ; et voulant me défendre…

Voilà, je vous ai quand même apporté votre chapeau. Je vois passer dans votre regard des éclairs rouges de colère. Pourtant, j’y ai accroché quelques fleurs, cueillies ce matin dans le jardin. Celui que j’entretenais pour l’amour de vous. Ne vous inquiétez pas, je continue, mais, pour une autre. Celle que je vénère, maintenant, comme une déesse.

Nous nous sommes rencontrés, en cure thermale ; nous buvions tous les deux un verre d’eau au goût sulfureux. Elle aussi, porte un chapeau. Je ne l’avais pas remarqué, tellement il est petit, pas plus grand que la paume de ma main. Cela lui va à ravir.

Vous semblez inquiète. Ah j’oubliais, vous êtes allergique au jasmin !

A demain, ma chère. Vous secouez la tête. Vous ne voulez plus que je vous rende visite ?

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J’ajoute un texte intitulé Asphodèle ou Afrodille, suite à un atelier d’écriture au cours duquel, nous nous étions posés des questions sur ce mot magique et mystérieux. J’ai tenté d’y répondre à ma façon.

Asphodèle ou Afrodille
Ange, démon
Aphrodisiaque
Dame aux Camélias
Est-ce un délit ?
Non, un dilemme.
Reflet de l’asthme
Il est fou d’ailes
Lys dans la Vallée Se moque t-il ?
Non, c’est un aphorisme.
Affre, passion
Catastrophe
Le nom de la Rose
Est-ce une godille ?
Non, des tresses.
Modèle, laideur
Affrontements.
Les Fleurs du mal
Y a-t-il une respiration ?
Non, c’est une photo d’elle.
Maladie, objet
Tuberculose
La Tulipe noire
A se foutre d’elle ?
Non, c’est une africaine.
Odile dans son jardin
S’épanouit, extraordinaire
Et cueille Ronsard,
La Fleur aux dents.

Gazinet, le 27 octobre 2012

Jacou

La balade du mercredi , en gourmandise et …vers Noël !

balade du mercrediCa faisait longtemps que je ne vous avais pas proposé de balades, faute de temps surtout. La période est propice à rester au chaud, à boire des chocolats en terminant quelques paquets cadeaux qui voyageront ou finiront sous le sapin… L’esprit de Noël, on ne l’a pas forcément tous les ans, certains détestent carrément, alors pour ne pas rester sur le bas-côté pendant que le train passe, montez donc à bord et regardez les photos glanées sur mes Tumblr préférés dont celui de LylouAnne,  ICI ou Ana-Rosa, ! Lire la suite

LES PLUMES 17 – Résultat de la collecte pour Beauté !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comWouf ! Ça décoiffe de reprendre les Plumes hors saison ! Mais mes états d’âme ne vous intéressent pas, voici les 17 mots inspirés par Beauté, suivis de mes 3 mots en R :

Miroir, nature, nocturne, lumière, vénéneux, délicatesse, piano, contemplation, ensorceleur, temps, bouquet, éphémère, intérieur, sulfureux, déesse, rouge, couleurs, ruissellement, ravir, rosée.

Sinon, un petit aperçu de la journée, on commence par Soène qui s’est fait choper par son patron en train de bloguer sous le bureau, c’est du propre !gif Soène dans sa tour booksaresololTout le monde a remarqué le retour  en fanfare de Choupinet, alias Jean-Charles ou encore Bibiche !gif jc le retourEt Mind The Gap a bien essayé de les suivre, pour me faire bisquer ! En couleurs…

j'suis en pause pour un mois, cooool !

j’suis en pause pour un mois, cooool !

Je n’ai rien à ajouter, sinon que je suis ravie de vous retrouver en forme ! Bonne fin de soirée et à vos plumes pour samedi ! Les liens c’est pour vendredi soir avant 20 heures, merci , à vous les studios, je rends l’antenne ! Je sais…gif c'est moche booksaresolol

LES PLUMES 17 – Le lundi c’est collecte !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comNous entrons dans une nouvelle ère plumesque puisqu’elles auront lieu une semaine sur deux, je vous conseille donc fortement d’investir dans un calendrier (comme moi d’ailleurs) et de noter les dates de Des mots une histoire de Livvy par un « D » et les plumes par un « P » ! Vous faites ce que vous voulez mais j’ai testé, c’est pratique ! 🙂

Alors aujourd’hui, à l’heure où tant de laideur sature les écrans ou envahit les rues, je vous propose de me dire ce que vous inspire le mot BEAUTÉ.  Vous avez jusqu’à 20 heures pour me laisser un mot en commentaires, et à partir de 20 heures, je publierai un billet récapitulant ladite collecte, avec trois mots en R en sus !!! Pour les nouveaux qui souhaiteraient participer, merci de consulter le règlement, ICI !

gif danseuses hampshire tumblr comJe vous souhaite un bon lundi !

Kalinka pour mon dimanche ! Et résultats du tirage au sort pour le challenge « à Tous Prix » !

Pour commencer ce dimanche avec la patate, un petit air russe traditionnel joué par trois violonistes, talentueuses et …sexy, alors que demander de plus ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Kalina (et non Kalinka) n’est pas une chanson de Noël en Russie mais une chanson d’amour pleine de jeux de mots et qui rend la traduction comique ! Voyez plutôt ci-dessous. Kalina signifie petite framboise (petite baie d’obier rouge au départ) dont on faisait des offrandes à Liouli la déesse de la Terre.

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Sous le sapin, sous la verdure,
Je suis allongé pour dormir
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Je suis allongé pour dormir.

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Ah, petit sapin, toi qui es vert,
Ne fais donc pas de bruit au-dessus de moi
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Ne fais donc pas de bruit au-dessus de moi

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Ah, jolie fille, chère jeune fille,
Tombe donc amoureuse de moi !
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
Tombe donc amoureuse de moi !

Petite baie, petite baie, ma petite baie !
Dans le jardin, il y a des petites framboises, ma petite framboise !

Tadadam, voici les Résultats du tirage au sort pour le challenge  « à Toux Prix » et ça n’a pas été facile ! :

Pour les livres :

Adalana : l’Armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen
MimiPinson : Qu’avons-nous fait de nos rêves ? de Jennifer Egan (merci de m’envoyer ton adresse)
Carodécouvre le monde : L’heure trouble de Johan Theorin (idem pour l’adresse, merci !).

Pour les carnets et lots de consolations (du plus grand au plus petit) :

Philisine Cave : peux-tu m’envoyer ton adresse ?
Bianca : itou pour l’adresse
ValMleslivres : itou pour l’adresse !
Natiora
George : je n’ai pas ta nouvelle adresse !
Violette Dame Mauve : itou pour l’adresse !

Je me suis bien amusée avec mes petits papiers jaunes, il a fallu que je mette des post-it au fur et à mesure sur les « lots » pour ne pas me perdre !

Un aperçu du bazar pour l'occasion...

Un aperçu du bazar pour l’occasion…

Je vous souhaite un bon dimanche  avec ce feuillage de mon jardin, vert habituellement et qui a rougi cette année !!feuillage rougi decembre

LA POESIE DU JEUDI avec Verlaine

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Après Rimbaud la dernière fois, voici un poème de son comparse, Paul Verlaine, qui sied bien à l’hiver qui avance… Et vous n’avez pas fini de m’entendre pleurer la neige, moi qui n’en ai jamais (ou si peu) dans ma région ! Je me console comme je peux…

Poétisent avec moi aujourd’hui : Valentyne, Natiora, Pyrausta, Béné31, MarieetAnne, LilouSoleil, Modrone-Eeguab. Lili (La petite marchande de prose), Claudialucia. Et Soène qui poétise le vendredi mais pourquoi pas ? Pour ne pas faire double emploi, les titres et les auteurs choisis par les participants figureront dans la page dédiée !

Dans l’interminable…plaine neige web météo

Dans l’interminable
Ennui de la plaine,
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune,
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive ?

Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Paul Verlaine, Romances sans paroles (1874)

Premier bilan du Challenge « à Tous Prix » et petits cadeaux de la maison !

Vous l’attendiez comme le Beaujolais nouveau, il arrive un peu plus tard et c’est un bon cru puisque sur 30 inscrits, 20 participant(e)s actif(ve)s ont publié pas moins de 59 billets (à ce jour 3/12/13 à 12h12) (oui ça pleut des liens tous les jours) en deux mois et demi !

logo challenge à tous prixCi-dessous, je ne mets que ceux qui m’ont déposé des titres, les inscrits encore désactivés se retrouveront sur la page du challenge ! 😀

Avant toute chose, je tiens à préciser que ce billet n’est pas sponsorisé et que les cadeaux mis en jeu sont à mes frais ! Dommage, si Le Livre de Poche passe par là ou les Editions Robert Laffont (ou Actes Sud, mais là faut pas rêver), mes participants seraient ravis !

Un petit lot de carnets, marques-pages et trois livres de ma bibliothèque fort encombrée, ne croyez pas que je me débarrasse (un peu quand même^^), il y en a que j’ai aimés, d’autres moins mais comme il en faut pour tous les goûts, voici les titres :

L’Armoire des robes oubliées de Riika Pulkkinen et que j’avais beaucoup aimélivre armoire 046Qu’avons-nous fait de nos rêves de Jennifer Egan, Prix Pulitzer 2011, que j’ai beaucoup moins apprécié !egan couvet enfin, le premier tome d’une quadrilogie policière suédoise que j’adore : L’heure trouble de Johan Theorin.

Un aperçu (incomplet sur la photo) des petites choses papeterie que je partagerai entre les tirées au sort :

carnets concours(1)Car tirage au sort, il va y avoir ! Tout d’bord pour les livres pour celles qui ont changé de catégorie rapidement, j’ai cité : Mimi Pinson, Caroline découvre le monde et Violette Dame Mauve . Puis un autre tirage au sort pour celles ayant le plus de lectures à ce jour, je veux parler d’Adalana (avec 10 titres), Philisine (avec 6 titres), Natiora (avec 5), ValMleslivres (avec 5), George (avec 5), Bianca (avec 4) et des petits lots de consolation… Ce n’est pas grand-chose, juste pour vous remercier de vos efforts ! Pour les nominées pour les livres : si vous les avez déjà lus n’hésitez pas à me le dire, on s’arrangera !

Et voici maintenant, la récapitulation (sans les inscrits n’ayant encore rien publié), par catégorie et par ordre alphabétique : j’espère n’avoir oublié aucun lien, je fais très attention mais sait-on jamais ? Je suis faillible !

  •  TABLEAU D’HONNEUR : 1 à 3 livres

Belette2911 : son billet de présentation, hilarant ! 🙂 ET :
Niveau terminé le 16/11/2013 : Bravo !
1) Les raisins de la colère de John Steinbeck (Prix Pulitzer 1940)
2) Le Trône de Fer de George R.R Martin  – Intégrale I -(Entre autres : prix Locus de la Fantasy en 1996).
3) Les apparences de Gillian Flynn (Prix des Lectrices de Elle 2013 – catégorie policier-)

– Galéa :
1) La table d’émeraude de Carla Montero (Prix Femme Actuelle, roman de l’automne 2013).

Lystig :
1) Juste une ombre de Karine Giebel (Prix Polar du Festival de Cognac)

Mango :
1) Le loup des mers par Riff-Rebbs, Prix BD FNAC 2013
2) Abbès de Pierre Michon (Prix Décembre

Syl. :
1) La petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaëtan Soucy (Prix Ringuet 1998).
2) La princesse grenouille Texte de J. Patrick Lewis – Illustrations de Gennadij Spirin (Médaille d’Or pour l’illustrateur de la Société des Illustrateurs de New York en 1994).

– Valentyne :
1) La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole (Prix Pulitzer 1981)

  •  ENCOURAGEMENTS : 4 à 8 livres

Caroline découvre le monde : A changé de niveau le 2/11/2013 Bravo !
1) Trop n’est pas assez de Ulli Lust, BD ( Fauve d’Angoulême : Prix Révélation 2011)
2) L’amour est très surestimé de Brigitte Giraud (Prix Goncourt de la Nouvelle en 2007).
3) L’Invisible de Robert Pobi (Prix du meilleur polar des lecteurs de Points-2012).
4) Guide du loser amoureux de Junot Diaz (Prix Pulitzer 2007)
5) Abélard de Dilliès et Hautière (BD) (Coup de Coeur 2012 du Festival de BD de Chambéry)

– Chroniques littéraires (Marjorie) : son billet de présentation.
1) Thèse sur un homicide de Diego Paszkowski (Prix du roman de l’année décerné par le magazine La Nacion) (l’année ?)

George : son billet de présentation. Et :
1) Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Prix Fémina Etranger 2012).
2) Suite Française d’Irène Nemirovsky  ( Prix Renaudot 2004)
3) À défaut d’Amérique de Carole Zalberg (Prix Métis des lycéens  2012)
4) Les apparences de Gillian Flynn (Prix des Lectrices de Elle 2013 – catégorie Polar)
5) Marylin et JFK de François Forestier (Prix littéraire du Festival américain de Deauville en 2008)

Jérôme :
1) Dites-leur que je suis un homme d’Ernest J. Gaines (prix : National Book Critics Circle Award 1994).

MIMIPINSON qui a changé de niveau le 27.10.2013 !
MimiPinson : son billet de présentation. ET :
1) Dans le silence du vent de Louise Erdrich (National Book Award 2012)
2) Yellow birds de Kevin Powers (Prix Littéraire Le monde 2013)
3) Mystic River de Denis Lehane (Trophée 813 du meilleur roman étranger 2002)
4) Plonger de Christophe Ono-dit-Biot (Grand prix de l’Académie Française 2013)
5) L’autre côté des docks d’Ivy Pochoda (Prix Page/America-2013)
6) Au-revoir là-haut de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013).

– Philisine Cave : son billet de présentation et :
1) Efroyabl Ange1 de Iain M. Banks (prix British Science Fiction 1994).
2) Les encombrants de Marie-Sabine Roger (Prix de la Nouvelle Francophone de Nanterre 2008).
3) Ce qu’il advint du sauvage blanc de François Garde (Prix Goncourt du premier roman 2012)
4) Kinderzimmer de Valentine Goby (Prix des lecteurs  Main Libre 2013)
5) La splendeur de la vie de Michael Kumpfmüller (Prix Jean Monnet 2013
6) Chambre 2 de Julie Bonnie (Prix ?

– Secrète Louise :
1) Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Prix Fémina 2012)

Violette Dame Mauve : A changé de niveau le 22.11.2013
1) Texaco de Patrick Chamoiseau (Goncourt 1992)
2) L’oeuvre du mal (Prix Mary Higgins Clark 2005)
3) L’espoir en contrebande de Didier Daeninckx (Goncourt de la Nouvelle 2012)
4) Un homme effacé  d’Alexandre Postel (Prix Goncourt 2013).

  •  FÉLICITATIONS : 9 à 14 livres

Aifelle :
1) Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier (Prix France- Québec 2012).
2) Les apparences de Gyllian Flynn (Prix des lectrices de Elle 2013, catégorie policier).

Bianca : son billet de présentation. ET :
1) Les Déferlantes de Claudie Gallay (Prix des Lectrices de ELLE)
2) La voleuse de livres de Marcus Zusak (Prix Millepages Jeunesse 2007)
3) Absences d’Alice LaPlante  (Prix Welcome trust 2011)
4) La liste de mes envies de Grégoire Delacourt (Prix méditerranée de Lycéens 2013)

  • PRIX D’EXCELLENCE : 15 livres et plus (illimité)

Adalana : son billet de présentation. Et :
1) Un cantique pour Leibowitz de Walter M.Miller Jr (Prix Hugo du meilleur roman-1961-).
2) La couleur pourpre d’Alice Walker (Prix Pulitzer 1983)
3) Les chutes de Joyce Carol Oates (Prix Fémina Etranger 2005)
4) Réminiscences de Georgia Caldera (Prix Merlin 2012)
5) Des horizons rouge sang de Scott Lynch (Prix Imaginales du roman étranger 2008)
6) Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Goncourt 2012)
7) La gifle de Christos Tsolkias (Australian Literature Society Gold Medal 2008)
8) Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh  -BD- (Prix du Public du Festival  d’Angoulême  2011).
9) Le fleuve des Dieux de Ian McDonald (Prix de l’Imaginaire 2011)
10) Amère volupté de YAMADA Elmi (Prix Bungei 1985).

– Asphodèle :
1) Qu’avons-nous fait de nos rêves ? de Jennnifer Egan (Prix Pulitzer 2011) ;
2) Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Énard (Goncourt des Lycéens 2011)
3)  Les âmes grises de Philippe Claudel (Prix Renaudot 2003, entres autres…),
4) Pas facile de voler les chevaux de Per Petterson (Independant Foreign Fiction Prize 2007).
5) Les apparences de Gillian Flynn (Prix des Lectrices de Elle 2013 – catégorie Policier-)

– Natiora :
1) Parle-leur de rois, de batailles et d’éléphants de Mathias Énard (Goncourt des Lycéens 2011)
2) La liste de Freud de Goce Smilevski (Prix Européen pour la Littérature en 2010)
3) La vengeance volée de Irène Chauvy (Prix Ca m’intéresse Histoire en 2011).
4) La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé (Prix Goncourt des lycéens 2002)
5) Les années douces de Hiromo Kawakami (Prix Tanizaki 2001)

ValMleslivres :
1) Fille de la campagne d’Edna O’Brien (Irish Book Award 2012).
2) Dans le silence du vent de Louise Erdrich (America National Book Award 2012).
3) La maison des absents de Tana French (Irish Crime Fiction Award 2012).
4) Belle-mère de Claude Pujade-Renaud ( Prix Goncourt 1994).
5) L’île des oubliés de Victoria Hislop (Prix du Livre De poche 2013)

Un été à Cold Spring de Richard Yates

YatesJ’ai connu Richard Yates grâce au film « Les Noces rebelles » tiré de son livre « La fenêtre panoramique » que j’ai lu dans la foulée et que j’avais beaucoup aimé. C’est un auteur méconnu mais qui, comme Fitzgerald dans un autre domaine écrit le désenchantement. La comparaison s’arrête là, le milieu middle-class de Yates est bien éloigné des paillettes de Scott et Zelda. En attendant, Kate Winslet qui avait adoré le livre a suggéré à Sam Mendès, son époux d’en faire un film et depuis, les oeuvres de Yates qui tombaient dans l’oubli depuis le succès d’Easter Parade en 1961 sont rééditées  dans la très belle collection Pavillons Poche de Robert Laffont.

Dans la petite ville de Cold Spring (qui porte bien son nom) près de long Island, Charles Shepard, officier de l’armée en retraite a acheté une modeste maison en bois, à son image : modestie et effacement le caractérisent mais il possède une dignité, une grandeur d’âme dont son fils Evan est totalement dépourvu. Sa femme Grace, dépressive depuis des années ne quitte guère son fauteuil à bascule. Evan va se marier, être père et divorcer, tout ça la même année. Il deviendra ouvrier, sans ambition, malgré les encouragements de son père à lui faire reprendre des études d’ingénieur.

Oui mais voilà, Evan n’aime que conduire, il est merveilleux de beauté et de grâce au volant de son tas de boue ! Il séduira la douce Rachel, affublée d’une mère hystérique et alcoolique et là les choses qui promettaient de s’arranger un peu, vont se gâter. Pearl Harbor se profile mais au grand désespoir de son père, Evan est réformé.
L’été 42 va les obliger à vivre tous ensemble et nous atteignons là des sommets où se cumulent les lâchetés humaines, les faiblesses et les limites de chacun.

A ce stade, je ne vous en dis pas plus mais Richard Yates excelle à nous conter le quotidien banal et désenchanté de gens simples qui non seulement n’ont pas d’ambitions extraordinaires mais en plus, perdent leurs dernières illusions dans l’alcool ou les mauvais choix. L’ennui et la banalité de leur existence font qu’ils n’ont rien à se dire et Evan pense à un moment donné : « Tous les mariages devaient pouvoir bénéficier d’un occasionnel embargo sur la parole » (p.91) C’est dire…

La prose de Richard Yates est minimaliste, condensée sur cette tristesse qui s’évapore des sourires même les jours heureux. Car on sait qu’ils ne vont pas durer. Il y a une pudeur dans le style de Yates, comme une retenue pour éloigner le malheur, le tenir à distance mais il finit toujours par rattraper les personnages. Un livre doux-amer comme je les aime, sans flamboyance ostentatoire mais des mots qui touchent.

je remercie Christelle et Cécile, les deux attachées de presse de Robert Laffont qui nous permettent de choisir nos lectures et nous proposent de petites pépites.

L’excellent avis de Fanny, de Netherfield Park.

Une participation au challenge américain de Noctenbule.logo mois américain de noctenbule