LE DÉSERTEUR de Boris Vian, chanté par Reggiani…

Non, non je ne vous refais pas ma période révolutionnaire, mais je trouve cette chanson, agrémentée en introduction par « Le dormeur du val » de Rimbaud particulièrement belle. Elle fait écho à ma dernière lecture sur la Guerre d’Algérie (je vous en parle cette semaine), mais aussi au texte de Zoë, hier dans les Plumes, qui nous racontait la souffrance des familles qui attendent des enfants (morts ou vifs) partis se battre en Afghanistan. Que l’on soit soldat par choix et que l’on périsse dans ces guerres n’est certes pas très joli mais c’est  un choix de vie sur lequel je ne discute pas. Il n’y a plus d’appelés du Contingent en France mais il reste des morts dans nos cimetières (ceux-là ont eu de la chance), du sang qui a coulé et que rien n’effacera (le pardon ?), des guerres qui ont fait du mal et d’autres qui en font encore de par le monde. Et franchement, qu’est-ce que c’est c** et crasse une guerre ! Même s’il en faut…diront certains fâcheux ! Bon dimanche à tous !

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Laissons entrer le soleil !

Maintenant qu’il est revenu ce grand absent du mois de juillet ! On va le laisser entrer plutôt deux fois qu’une, pas trop quand même, juste ce qu’il faut pour nous donner la pêche dès potron-minet… Et cette chanson de Julien Clerc, pas jeune certes (comme moi)  me donne la patate ! Parce qu’un coeur en été c’est aussi un état d’esprit, même si nous ne partons pas,  le soleil arrive par la fenêtre « virtuelle » certains jours… comme hier, par exemple (voir billet précédent), ou tout simplement il s’attarde sur le rebord de nos fenêtres intérieures pour mieux nous réchauffer le corps et l’âme ! Bon dimanche à tous…

LE PETIT BAL PERDU de Bourvil

Je ne vais plus danser depuis quelques années maintenant, non pas parce que je vieillis ou que je n’aime pas ça (peut-être un peu) mais c’est surtout que je n’ai jamais trop aimé la promiscuité suante et enfumée des boîtes de nuit (elles ne sont plus enfumées je sais, je ne suis pas un tyrannosaure non plus !), et encore moins celles des dancings de camping ou autre bal des Pompiers  (mal choisi l’exemple, je respecte les Pompiers, mais vous avez compris ce que je voulais dire !). 

(Ma mère, à gauche et des amis avant d’aller au bal, c’était classe quand même ?)

En fait j’aurais aimé connaître les bals de nos grands-parents, ceux qui naissaient spontanément au coin des rues après la Libération de Paris, les petits bals de campagne où on draguait sec (c’est ma mère qui me l’a dit) sous l’oeil parfois distrait d’un chaperon, parce que c’était un des rares lieux où les jeunes filles avaient le droit de se lâcher un peu (quand le chaperon s’endormait) et que beaucoup de rencontres durables (ou pas) se faisaient aussi dans ces bals. Et que je les ai vu disparaître sans avoir eu le temps d’y aller, arrivée à l’âge adulte (là j’y suis). Je me souviens y avoir été enfant peut-être, avec mes parents.

Pour en illustrer l’esprit, j’ai en mémoire cette chanson que j’aime beaucoup même si je ne l’écoute pas souvent, évocatrice d’un petit bal dont on  ne se souvient plus parce que … parce que…le temps a fait du mauvais boulot  et la mémoire a balayé derrière ! Alors à ceux là, il reste Le petit bal perdu de Bourvil !

PAROLES :

C’était tout juste après la guerre,
Dans un petit bal qu’avait souffert.
Sur une piste de misère,
Y’en avait deux, à découvert.
Parmi les gravats ils dansaient
Dans ce petit bal qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

(Refrain)
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d’eux.
Y’avait tant d’insouciance
Dans leurs gestes émus,
Alors quelle importance
Le nom du bal perdu ?
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
c’est qu’ils étaient heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c’était bien…
Et c’était bien…

Ils buvaient dans le même verre,
Toujours sans se quitter des yeux.
Ils faisaient la même prière,
D’être toujours, toujours heureux.
Parmi les gravats ils souriaient
Dans ce petit bal qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

( Refrain)

Catherine Ribeiro plus Alpes et Diborowska

Vous souvenez-vous de Catherine Ribeiro et de son groupe Alpes qui nous concoctaient de la pop de qualité à partir de 1971! ? Et des textes prônant l’amour, la paix et un certain engagement… La voix rauque, sensuelle, extraordinaire de Catherine Ribeiro m’a toujours fait penser à une course de chevaux au galop, des chevaux sauvages, libres d’entraves. Et cette chanson est ma péférée ! Bon, une de mes préférées…avec « Jusqu’à ce que la force de t’aimer me manque », « Ame debout », etc.

 Après une période yé-yé de 1960 à 1968 (année où elle fera une tentative de suicide), elle décide de ne pas être une « cover-girl ». Elle s’associe alors avec le groupe Alpes et devient « la passionaria rouge », icône de la Beat Generation (de la mienne en tout cas !), j’ai eu l’occasion de la voir à la Fête de l’Huma en 1973, bah oui, c’était un des rares endroits à l’époque où on échappait à Cloclo, Joe Dassin ou Mike Brant ! J’étais très jeune, je sais, mais sa voix, ce qu’elle dit surtout m’ont toujours donnée des frissons.  Et elle n’a pas changé, ou si peu !! (Photo prise sur son site, par Marianne Rosienstiehl). Pour sa bio complète Wiki, ici. (le lien MARCHE, si, si, j’ai vérifié !!)

J’ai voulu savoir ce qu’elle était devenue, et bien ceux qui l’auraient connue, suivie peuvent se rendre sur son site . Elle reste toujours très « confidentielle » malgré tout !

Cette jolie dame, née en 1940 a refait un concert exceptionnel au Bataclan en 2007, puis  a sorti un CD en 2008 mais qui en a entendu parler ? Il faudrait écumer la presse spécialisée ! Avec Internet, plus d’excuses, me direz-vous ! Et vous pouvez écouter des extraits sur Youtube ou Dailymotion… Et je suis sûre que beaucoup d’entre vous aimeront !

QUAND LES HOMMES VIVRONT D’AMOUR…

 

Ici, cette chanson chantée par les trois figures emblématique de la chanson française québécoise (Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Robert Charlebois), Quand  les hommes vivront d’amour a été composée pendant la guerre d’Algérie en 1956 par Raymond Levesque quand il vivait à Paris. C’est Eddie Constantine qui l’enregistrera d’abord avant que l’auteur ne la reprenne à son compte et la rende populaire dans le monde entier.

Durantles cinquante dernières années (c’est une vieille dame qui se tient bien, non ?), de nombreux artistes québecois l’ont reprise pour le grand message de paix et d’humanisme qu’elle véhicule.

En 2005, lors d’un concours de la Fête Nationale du Québec, cette chanson a été élue préférée dans le coeur des québecois par le Mouvement National des Québécois et Québecoises et désignée comme meilleure de tous les temps… Nous ne sommes pas québecois mais nous l’aimons aussi !! Et Bonne Fête à toutes les mamans de France et de Navarre, celles du Québec sont fêtées le 2ème dimanche de mai.

Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous, nous serons morts mon frère

Quand les hommes vivront d’amour
Ce sera la paix sur la Terre
Les soldats seront troubadours
Mais nous, nous serons morts mon frère

Dans la grande chaîne de la vie
Où il fallait que nous passions
Où il fallait que nous soyons
Nous aurons eu la mauvaise partie

Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Peut-être song’ront-ils un jour
A nous qui serons morts mon frère

Mais quand les hommes vivront d’amour
Qu’il n’y aura plus de misère
Peut-être song’ront-ils un jour
A nous qui serons morts mon frère

Nous qui aurons aux mauvais jours
Dans la haine et puis dans la guerre
Cherché la paix, cherché l’amour
Qu’ils connaîtront alors mon frère

Dans la grand’ chaîne de la vie
Pour qu’il y ait un meilleur temps
Il faut toujours quelques perdants
De la sagesse ici-bas c’est le prix

Quand les hommes vivront d’amour
Il n’y aura plus de misère
Et commenceront les beaux jours
Mais nous, nous serons morts mon frère

Quand les hommes vivront d’amour
Ce sera la paix sur la terre
Les soldats seront troubadours
Mais nous, nous serons morts mon frère

 

BELLA CIAO, LE chant des partisans italiens…

 

TRADUCTION de LA version des PARTISANS

Un matin, je me suis réveillé

O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao

Un matin, je me suis réveillé

Et j’ai trouvé l’envahisseur

Oh partisan emmène-moi
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Oh partisan emmène-moi
Car je me sens mourir
Et si je meurs comme un partisan
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Et si je meurs comme un partisan
Tu devras m’enterrer
Et m’enterrer là-haut dans la montagne
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Et m’enterrer là-haut dans la montagne
Sous l’ombre d’une belle fleur
Et les gens qui passeront
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Et les gens qui passeront
Me diront « Quelle belle fleur »
C’est la fleur du partisan
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
C’est la fleur du partisan
Mort pour la liberté.

Chanson que j’ai découverte grâce à ma meilleure amie, d’origine italienne et qui m’avait juste dit que c’était une chanson que les italiens chantaient dans « les manifs ». Je me suis renseignée et elle est bien plus que cela !

Au départ, on ne sait pas quand, elle était une chanson populaire, chantée principalement par les « mondines », ces piqueuses et émondeuses qui travaillaient, de l’eau à mi-mollet, dans les rizières du nord de l’Italie, dans des conditions épouvantables, rêvant d’être libres un jour. Ce qui a inspiré plus tard, le très beau film de Giuseppe de Santis, « Riz amer ».

Pendant la guerre, les résistants l’ont transformée pour leur combat et cela nous donne la version d’aujourd’hui. Elle est aussi devenue un chant de lutte et de ralliement contre la mafia.

Toutefois, elle aurait subi (selon Wikipédia), de multiples transformations depuis sa création).

GÖTTINGEN de BARBARA…pour la paix franco-allemande

Hier dans Boule de Suif, la haine du Prussien était exacerbée, et il en fut longtemps ainsi. Barbara,  née le 9 juin 1930, décédée le 24 novembre 1997, de son vrai nom Monique Serf fut élevée par son  père alsacien,  d’origine juive, et sa grand-mère russe Esther Brodsky. Sous l’occupation nazie, ils déménagèrent souvent pour fuir les rafles du régime de Vichy. A 20 ans, elle se rendit à Auschwitz, vomit et ne put visiter les blocks. Elle en  garda un dégoût irréversible pour le « temps du diable et de la haine », priant « pour que jamais il ne revienne « . Avec cette chanson (on aime ou pas !) elle nous appelle à la mansuétude, à ne plus avoir de haine face à l’ennemi héréditaire en nous rappellant que les  enfants… « sont les mêmes à Paris ou à Göttingen… « 

Bien sûr, ce n’est pas la Seine,
Ce n’est pas le bois de Vincennes,
Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Pas de quais et pas de rengaines
Qui se lamentent et qui se traînent,
Mais l’amour y fleurit quand même,
A Göttingen, à Göttingen.

Ils savent mieux que nous, je pense,
L’histoire de nos rois de France,
Herman, Peter, Helga et Hans,
A Göttingen.

Et que personne ne s’offense,
Mais les contes de notre enfance,
« Il était une fois » commence
A Göttingen.

Bien sûr nous, nous avons la Seine
Et puis notre bois de Vincennes,
Mais Dieu que les roses sont belles
A Göttingen, à Göttingen.

Nous, nous avons nos matins blêmes
Et l’âme grise de Verlaine,
Eux c’est la mélancolie même,
A Göttingen, à Göttingen.

Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s’étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

Ô faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j’aime,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Mais c’est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l’alarme,
S’il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen…

LE TEMPS DES CERISES – sON HISTOIRE ET MOULOUDJI

 
 

(Cerise sur le gâteau -oui bon facile-, pour les amateurs de Mouloudji vous avez La Complainte de la Butte, Comme un p’tit coquelicot en bonus…)

Le temps des cerises est arrivé, et oui, elles mûrissent à grands pas, les oiseaux sont contents, nous beaucoup moins, il n’y en aura plus dans 15 jours, donc profitons-en et pourquoi pas réécouter cette vieille chanson que j’ai toujours entendu, chantée par ma grand-mère et qui m’énervait à l’époque ; ce n’était pas très rock ! Mais quand j’ai appris son histoire, j’ai appris à l’aimer !

Poème-chanson, écrit(e) en 1866 par Jean-Baptiste Clément. Au départ, il s’agissait d’une « romance » puis, lorsque la guerre de 1870 éclata, l’auteur en aurait changé le dernier paragraphe pour le dédier à Louise Michel (en 1871), alors infirmière de La Commune, avant sa déportation en Nouvelle-Calédonie. « A l’infirmière de la rue de La Fontaine-au-Roi »… Cette chanson est restée comme celle de La Commune, et le Parti Communiste l’a reprise par la suite pour les manifestations. Mais pas que…

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur.
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises,
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles.
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendant de corail qu’on cueille en rêvant.

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d’amour,
Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai point sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d’amour !

J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !
Et dame Fortune en m’étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur.
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur.

Photo prise le 21.05.2010, à peine mûres et elles sont déjà plus avancées, mais il pleut, donc je ne suis pas descendue dans mon jardin ce matin !! Celle du haut c’était le 23 juin 2010, quand je vous disais qu’il n’y avait plus de saison !!

Viva la revoluciòn !! – dimanche poésie 7 –

EL DERECHO DE VIVIR EN PAZ (le droit de vivre en paix) de Victor Jara.

Je vous ai présenté Pablo Neruda cette semaine, je ne pouvais pas laisser passer Victor Jara, chanteur, auteur, compositeur et contemporain de Pablo puisqu’il mit en musique et chanta  nombre de ses poèmes et mourut  juste huit jours avant lui mais pas de la même façon…

En effet, lors du putsh militaire du 11 septembre 1973 au Chili, il fut emprisonné et torturé à l’Estadio Chile (qui aujourd’hui porte son nom). Il n’eût pas le temps de finir son dernier poème, le 15 septembre, les militaires l’assasinèrent après lui avoir sectionné les doigts à la hache ! Enterré à la va-vite et dans une semi clandestinité le 18 septembre, il aura fallu attendre le 5 décembre 2009 et l’arrivée au pouvoir de Michelle Bachelet pour qu’il soit inhumé au Cimetière Général de Santiago lors d’une cérémonie (précédée de trois jours d’hommages) rendue aux côtés de sa veuve, de ses deux filles, Amanda et Manuela, entourées d’une foule de 5000 personnes.

Après un parcours dans les rues de Santiago, ses restes furent apportés au Memorial de Detenidos Desaparecidos (Mémorial des Détenus Disparus). Le public présent  reprit certaines de ses chansons les plus connues (Te recuerda Amanda, Piegara a un labrador…) dans un ultime hommage.

Je ne reviendrais pas sur l’Histoire de ce pays comme sur celle de beaucoup d’autres, encore aujourd’hui qui ont connu ou connaissent la barbarie des tyrans. La courte vie de cet auteur de talent parle à elle seule. (Source Wikipédia, abrégé ). Je souhaite un bon 1er mai à tous et à toutes, même si le muguet est déjà fané dans beaucoup de jardins…

 

 

LES ASPHODÈLES de Marie Laforêt…(Dimanche poésie 6)


Depuis le temps que je cherchais cette chanson de Marie Laforêt nous racontant ses bouquets d’asphodèle, Réjanie l’a fait !! Et je ne suis pas la seule à aimer cette petite fleur sauvage qui ne se laisse pas domestiquer dans n’importe quel jardin ! Bon dimanche et Joyeuses indigestions pascales !! Et si vous allez sur son blog, ici il y a aussi les asphodèles de Marie-Paule Belle, dans un tout autre genre mais non moins savoureux !!

Mes Bouquets d’asphodèles

Je ne sais plus parler aux hirondelles
Je ne sais plus rien de l’odeur des sous-bois
Je ne vais plus cueillir les asphodèles
Mon ciel et ma terre, c’est toi
Je ne sais plus les frissons des ablettes
Dans l’eau des étangs il y a
Des tourbillons qui me tournent la tête
Qui n’arrêtent pas de me parler de toi.

Je n’irai plus aux champs, ma tourterelle
Je n’irai plus voir la couleur des étés
Je n’ai plus besoin de tant de lumière
Il est mon soleil et mon blé
Et quand la nuit s’étendra sur le monde
J’attendrai, je resterai là
Car je connais des étoiles qui tombent
Traînant derrière elles des longs voeux de joie.

Ô mon amour, mon tout, ma ritournelle
Mon petit enfant et le meilleur de moi
Emporte-moi, comme on porte une reine
Car maintenant je n’ai que toi
Je t’ai donné mes bouquets d’asphodèles
Mes étangs, mes blés et mes bois
Tout mon passé s’envole et tire l’aile
Je te donne tout pour me donner à toi

.

DIMANCHE AVEC MOUSTAKI ET LA LIBERTÉ

 

Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir revu Cria Cuervos hier qui me donne envie de réécouter cette chanson de Georges Moustaki (reprise dignement par Serge Reggiani) ou le printemps qui fourmille mais Ma Liberté, bien que ce soit plus au final une chanson d’amour, nous remet en tête que nous devons la protéger cette liberté, d’écrire, d’être, de penser, d’aller ou de prier, dans le respect et la dignité de l’autre…

DIMANCHE C’EST POESIE – 4

La poésie nous est souvent contée en chansons. Et celle-ci devrait être l’hymne national de tous les pays du monde, mais on n’y est pas… En souhaitant qu’elle vous plaira autant qu’à moi…qui ai la chance de voir ces arbres de ma chambre…et une vision apaisée du monde, ça fait du bien !! Bon dimanche à tous  avec le grand Gilles Vigneault et ses comparses Robert Charlebois et Félix Leclerc !

DIMANCHE POESIE 3-

Parce qu’il est des jours, et pas seulement les dimanches (que je hais comme dans la chanson), où nous prenons conscience avec plus d’acuité que d’habitude que certains êtres chers, en amour, en amitié sont menacés, qu’ils ne resteront pas éternellement avec nous. Nous non plus, d’ailleurs. Mais eux, peut-être partiront plus tôt et quand j’y pense, me vient instinctivement aux lèvres ce poème d’Aragon que chante superbement Jean Ferrat : Que serais-je dans toi ?

Que serions-nous sans ceux qui ont contribué à faire de nous la femme ou l’homme que nous sommes devenus, que même le temps, les ruptures, les séparations, n’ont pu couper le lien qui nous reliait encore à eux, petit fil fragile qui peut se rompre à tout moment.

A tous ceux là (il n’y en a pas beaucoup et ils se reconnaîtront), je leur dis simplement « Merci » et leur dédie cette chanson…

 

RIMBAUD ou l’éternelle adolescence…

Parce que c’est comme ça que Rimbaud est resté dans notre mémoire, ce poète précoce de 17 ans, qui a cessé d’écrire très vite et qui à sa mort, à 37 ans était complètement oublié dans le monde de la littérature et de l’édition.

C’est comme ça que je veux me le rappeler, même si le fait de savoir qu’il a fini marchand d’armes et d’ivoire ne me plaît guère…

Je préfère me remémorer ou relire Le Bateau Ivre, Sensation, Les Étrennes des Orphelins,  les Assis et aujourd’hui : Ma Bohème… que je dédie à un grand adolescent de 24 ans prénommé Boris et qui se reconnaîtra s’il passe par là… Ça dit quoi Ma Bohème ? Des vers que vous connaissez certainement mais qu’on ne se lasse pas de lire encore et encore :

 

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées;

Mon paletot aussi devenait idéal;

J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal;

Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

 

Mon unique culotte avait un large trou.

– Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course

Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.

– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

 

Et je les écoutais, assis au bord des routes,

Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes

De rosée à mon front comme un vin de vigueur;

 

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,

Comme des lyres, je tirais les élastiques

De mes souliers blessés, un pied contre mon coeur !