Une année chasse l’autre et le temps continue son tic-tac…

Je ne passe pas souvent mais je ne voulais pas que vous pensiez que j’avais la peste, que le chagrin était contagieux ou qu’il fallait y réfléchir à deux fois avant de me parler ! Alors, oui, je ne commence pas 2018 dans un délire d’espoirs et de (fausse) joie propres à ce moment de l’année.

 Alors oui, 2017 la cruelle, la maudite s’en est allée et je ne la regretterai pas, elle a ouvert une faille profonde qui sera longue à refermer…Mais  cela ne m’empêche pas de  vous souhaiter à tous une très belle année 2018 même si l’on sait qu’il est utopique de lui faire porter une partie de nos rêves irréalisables. Souhaitons déjà que des instants de bonheur viennent chasser la grisaille qui ne manquera pas de nous dégriser, qu’ils mettront un peu de baume sur les coeurs endoloris parce que l’espoir et l’amour ne meurent jamais et nous empêchent de sombrer. Comme votre présence que je sens, dans l’ombre de ce blog où la lampe s’est éteinte un jour de tempête. Elle se rallumera, il faudra de la patience…

Je vous embrasse chaleureusement.

Asphodèle

Publicités

JE VOUS DEVAIS CE PETIT MOT…

Depuis le billet laissé par Syl dans l’urgence début septembre, j’ai abandonné ce blog et vous devez vous doutez que pour l’abandonner à ce point, c’est qu’il se passait quelque chose de grave qui m’a aspirée et  dépassée.

Et souvent, mon ami Claude-Edualc-Modrone, me donne le « la » pour écrire « ce-qui-ne-sortait-pas » avec juste un mot dans son dernier billet intitulé « Depuis »…

Alors oui, depuis le 15 septembre, ma vie a basculé dans l’horreur quand j’ai appris que mon fils qui aura trente ans dans huit jours était entre la vie et la mort et devait subir une intervention du cerveau suite à une hémorragie cérébrale.

Il y a eu l’intervention du 18 septembre pour lui sauver la vie, il était aphasique et sombrait dans le coma.La Riboisière le 18 septembre, même le ciel  allait me tomber sur la tête.La Riboisière, le banc des longues attentes…

Et puis, vint l’intervention du 28 septembre, effectuée par un Professeur  virtuose, neuro-chirurgien, où Nicolas a dû rester deux heures éveillé sur sept heures d’intervention pour guider le stylet du chirurgien afin qu’il n’endommage pas les zones de la parole et de la locomotion tout en retirant le maximum de la très très méchante tumeur qui lui ronge le cerveau depuis plus de vingt ans. Elle était gentille cette tumeur jusque là même si a posteriori elle explique bien des choses sur l’incapacité de mon enfant à avoir pu mener une vie normale. Sauf qu’elle est devenue très méchante en prenant le nom de glioblastome et quand sa cicatrice aux 49 agrafes sera complètement cicatrisée, il enchaînera dès le 21 novembre 30 séances à la suite de radiothérapie tout en croquant de la chimio en cachets. Et là, son père et moi ne savons pas comment il réagira. On nous a prévenus qu’il serait très fatigué…Alors, je l’ai ramené en Vendée le 7 octobre, avec son père, afin que nous nous relayons auprès de lui en lui faisant mener la vie la plus normale qui soit, en regard des circonstances.

Depuis le 15 septembre, ma vie est devenue un champ de ruines avec quelques éphémères espoirs et moments d’accalmies que nous savourons sans nous préoccuper du reste… La vie avant tout et pour  son enfant, c’est à la vie à la mort. Malgré les doutes, les abîmes toujours proches, il faut y croire et avancer en vaillant petit soldat pour ne pas sombrer. Suspendus aux aiguilles de la Grande Horloge.

A ceux qui m’ont soutenue dans mon difficile séjour parisien, à ceux qui me soutiennent encore en coulisses, j’adresse un immense merci, les mots se désincarnent quand notre propre chair tombe en lambeaux. Depuis le 15 septembre, il a eu beaucoup de larmes et de précipices terrifiants, je sais qu’il en est d’autres à venir, je ne veux pas vous plomber avec ça mais je voulais vous dire que pour l’instant, je tire ma révérence…

Au-revoir les ami(e)s, ce n’est qu’un au-revoir mais ma place n’est plus tout à fait ici, le coeur n’y est plus même si je passerai de ci de là reprendre courage à vos forces vives…

©Asphodèle, le 20 octobre 2017