La poésie du jeudi avec Pierre Reverdy

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Aujourd’hui, un poème en prose d’un écrivain et poète que j’aime beaucoup,Pierre Reverdy (1886-1960), connu aussi pour sa (courte) liaison avec Coco Chanel, son mysticisme qui le poussa à vivre en ermite à la fin de sa vie et son âme tourmentée…

Ont poétisé avec moi aujourd’hui les fidèles que je remercie de leur constance :

1 – Marie et Anne : L’habitude de Sully Prudhomme
2 – Valentyne : L’amazone de François Coppée
3) Soène : Le chat de Baudelaire
4) Nadael : Nous verrons de Chateaubriand
5) Claudialucia : Si je devais faire un voeu de Tarjei Vesaas
6) Modrone-Eeguab : Gaieté de Gérard de Nerval
7 – DimDamDom59 (jeudi soir)  : Chat va pas très bien de Robert Desnos

 

L’AIR MEURTRIa reverdy fillette statue seau eauIl fait si chaud que l’air vibre et que tout bruit devient assourdissant. Des meutes de chiens féroces aboient. Par les fenêtres ouvertes, les cris des femmes rivalisent avec cette fanfare barbare.a reverdy été camille Monet à sa fenêtreLe froid a de la peine à geler ces paroles. Si les oiseaux se taisaient, si les femmes se taisaient, si les chiens étaient morts… Un moment les jardins sont calmes et tout s’endort; mais bientôt le terrible bruit recommence. Ce sont les appels du soleil et chacun y répond avec exubérance. Quelques êtres muets qu’on accable ne peuvent protester ni se venger. Le bruit souverain les opprime.oiseau sous la neige vanishingintocloudsDans les fumées, par-dessus les toits qui s’en préservent seuls, j’aurais fait tournoyer ma tête comme un grelot sans pois au bout d’une ficelle. La vitesse ouatée jusqu’aux nuages et permettre au ruisseau de murmurer tout seul!a reverdy ruisseau 3

Le ciel est descendu, on a refermé les fenêtres et les bouches sont closes. Après la chute des feuilles les oiseaux même n’osent plus gazouiller. Il fait si froid.a reverdy fenêtre

L’hiver c’est l’intervalle du silence.a reverdy intervalle du silence

Pierre Reverdy

LES PLUMES 37, les textes de la Nuit !

écritoire vanishingintoclouds(3)Semaine pas facile quand on n’a pas la technologie de son côté ! J’ai bien ramé, cherché, investigué mais rien à faire, il faudra que l’ordi passe entre les mains expertes d’un spécialiste pour débuguer, si cela relève de ses compétences ! Si ce n’est pas Orange le seul responsable… Mille excuses si je n’ai pas répondu à tous mais accéder au blog, aux mails s’est révélé périlleux certains jours…

Par ordre d’arrivée des liens, nous avons 29 participants (moi incluse) :

Nunzi, Ghislaine, Martine Littér’auteurs, Dan Gazénia, Monesille, PatchCath, Valentyne, Pascal Bléval, Célestine, Mariejo64, Modrone, Adrienne, BiancatMomo, Janick, Soène, WENS (LE RETOUR DU SURINEUR, youhou!!!), Isabel, Martine27, Cériat, Carnets Paresseux, Jacou33 . Lilou Soleil. ClaudiaLucia. Jean-Charles-Fed Mili-Choupinet. Camille Lysière (ajouté samedi matin, welcome !) EVALIRE (samedi soir) DimDamDom (Lundi matin).  Et mon texte ci-dessous.

J’ai repris l’histoire de Diego et d’Anastasia mais nul besoin de lire les épisodes (cahotiques) précédents pour comprendre. De toutes façons vous n’aurez pas le temps. Je vous mets quand même les liens (plus ou moins dans l’ordre) des textes écrits à ce sujet… 1, 2, 3, 4. (il en manque un je ne le retrouve plus, oups !)

DANS L’OUBLI DES NUITS…pnt de pierre montagnes rivière galets

Diego avait marché jusqu’à l’entrée du village, tenant son cheval par la bride pour ne plus le fatiguer, ils avaient galopé depuis les montagnes pendant tant de jours. Il s’était arrêté sur le vieux pont de pierres pour admirer la vallée qui ouvrait ses bras de bienvenue baignée d’aube pâle en cette fin d’automne. Un vieux chat blanc étique s’était enfui en le voyant. Rien ne changeait vraiment ici, pensa-t-il… Les mêmes pierres chauves côtoyaient celles hérissées de mousse au lit de la rivière qu’il connaissait par coeur. Des nuages d’ardoise sombre finissaient de se déchirer en une sarabande joyeuse, accompagnés de quelques étoiles perdues, accrochées au gris perlé du ciel bien que la nuit s’en fut allée.

Elles lui rappelaient ses propres égarements pendant ces quatre années d’errance . La nuit…les nuits… Il repensait, une nausée au bord des lèvres, aux bodegas où il allait boire jusqu’à l’ivresse du mauvais vin dans les bras de filles de hasard et d’amertume, la fesse et le sourire tristes à l’heure cruelle des petits matins. Les draps ne se froissaient pas sur la voluptueuse idée qu’il avait de l’amour. Comme une fête tronquée où l’on garde son masque. Pour ne pas y entrer vraiment et surtout pour ne jamais oublier  ce qu’il y eut avant, avant et ses chants des départs et des recommencements. Pour ne pas perdre espoir , continuer à rêver des ciels étoilés qui ne s’invitent jamais dans les sommeils de plomb qui suivent les illusoires petites morts… Ne laissant à l’âme aucune chance de se ressourcer, aspirée dans le vortex de ténébreuses abysses.

C’est alors qu’un vol d’oies sauvages passa haut dans le ciel ; il y vit un message. Une intimation à refaire le chemin en sens inverse. Regagner le berceau de ses premiers bonheurs. Et oublier. Oublier l’obsession de la montagne qui le culpabilisait encore d’être le survivant de sa femme et de sa fille. Chasser les nuits d’insomnies suivies d’épuisantes journées à broyer du vide, à se battre avec des ombres qui enténèbrent le regard de fantômes hallucinés.

La voix cristalline d’Anastasia s’insinuait en lui à présent. La tentation Anastasia. Qu’il avait fuie pour ne pas avoir à lui offrir des miettes imméritées. Il imaginait… Son regard d’ancolie transfiguré quand elle le verrait apparaître au campement, là-bas dans la vallée. Et le visage d’Izia en surimpression, Izia disparue mais toujours là, glissée dans les limbes d’une présence invisible, derrière ou devant lui comme pour lui dire qu’il était l’heure de devenir ce passeur, d’une rive à l’autre, ce passeur de soleils et d’amour enfouis afin qu’ils retombent en mots de feu à la suite du prologue inachevé, celui à peine ébauché, à peine écrit sur le grand livre écorné de leurs vies. Pour que renaissent les éclats joyeux de la rivière et les rires d’Anastasia, ces murmures perdus dans le silence du vent. Là où finissent enfin de mourir les nuits de grande solitude  quand arrive la fin du voyage…cheval blanc e-p-o-q-u-e tumblr

 Les mots imposés étaient :  vol, chat, transfigurer, chauve, blanc, solitude, silence, matin, se ressourcer, ivresse, ténébreux, épuisant, insomnie, étoilé, fête, rêver, sommeil, voyage, chanson fesse, recommencement, voluptueux, sarabande, passeur, prologue, pavillon.

Il y en avait 26, au-delà de 25, nous pouvons en laisser deux de côté, je n’ai pas utilisé pavillon.

LES PLUMES 37 – Résultats de la collecte de la Nuit !

écritoire vanishingintoclouds(3)Elle tombe de plus en tôt, bientôt elle sera égale au jour, vous l’aimez riche en sommeil et étoilée de rêves, je vous parle de la  Nuit qui vous a bien inspirés puisqu’il y a 23 mots, plus mes trois mots en P, nous arrivons à 26. Donc là, vous pourrez en enlever deux lorsque vous rédigerez votre texte, s’ils vous gênent bien entendu.

Voici la liste :

Vol, chat, transfigurer, chauve*, blanc, solitude, silence, matin, se ressourcer, ivresse, ténébreux, épuisant, insomnie, étoilé, fête, rêver, sommeil, voyage, chanson, fesse, recommencement, voluptueux, sarabande, passeur, prologue, pavillon.

* Chauve : PatchCath a laissé chauve-souris, sauf que les mots composés sont interdits, j’ai donc gardé le début… (fallait choisir) !

 Vous allez être déçus (pas autant que moi) mais pas de gifs ce soir pour cause d’ordinateur récalcitrant ! D’ailleurs si un geek ou une geekette peut me dire pourquoi  dès que j’ouvre Internet sous Mozilla Firefox (mon outil préféré), il m’affiche : « votre connexion n’est pas sécurisée » et il m’ordonne de sortir (de toutes façons je suis bloquée). Ensuite je passe sous IE et là pareil sauf que j’arrive à me faufiler via les codes de ma messagerie Orange (allez comprendre). Je ne peux aller sur FB (là ce doit être le Diable, il bloque complètement), je ne peux entrer dans mes mails ni télécharger une image sur mon blog ! Juste les images de la Bibliothèque du blog et encore, pour le logo et la dernière image, il m’a pris cinq minutes à chaque fois… J’ai bien l’iPhone mais je ne sais pas l’utiliser plein pot… Quiche je reste !

Si un ou une avait une illumination ? Merci…gif bougies pots lylou anneSinon, à vos plumes et bonne semaine à tous !

LES PLUMES 37, la collecte du lundi !

écritoire vanishingintoclouds(3)Je voulais vous informer que c’est la dernière session avant le 15 décembre, ce qui ne fera qu’une « fois » en moins, celle du 1er décembre. En effet, un travail d’écriture qui m’occupe l’esprit (et une partie de mes journées) m’attend, avec une date-butoir qui approche et je ne peux pas écrire des textes et être dans un autre, il me faut donc cette coupure… J’espère que vous comprendrez.  Les journées ne sont pas extensibles…

gif coeur ana-rosa

Sinon aujourd’hui, je vais vous demander ce que vous inspire LA NUIT !

Vous avez jusqu’à 20 heures pour me laisser un mot en commentaires. Les nouveaux qui aimeraient participer sont priés de lire LE RÈGLEMENT, ICI.

À ce soir et bon lundi à tous.coeur gif eclats ana-rosa

Où lisons-nous ? Un tag pour le dire… un livre, un lieu !

Syl m’a taguée, un tag intéressant certes,  mais j’avoue que cela m’a pris du temps car si je garde le souvenir des pays où j’ai vécus, celui des livres lus, j’ai toujours l’impression que l’endroit où je lis le plus (où j’ai toujours lu) est…ma chambre, mon cocon, mon havre de silence. Mais en cherchant bien, quelques anecdotes sur ces lieux qui correspondent davantage à des périodes de lecture de tel ou tel style, quand ce n’est pas un auteur…

Mon premier souvenir, à 6 ans, mon premier livre, Belle et Sébastien, dont j’ai retrouvé la couverture originale, avant d’enchaîner sur la Comtesse de Ségur… et je lisais par terre, au milieu de ma chambre, incapable de lâcher le livre avant de l’avoir fini, ils ne duraient qu’un après-midi, mes parents m’en ont beaucoup offerts à cette époque, j’en avais des cartons entiers (disparus dans les déménagements)…

L'exemplaire de ma maman retrouvé par miracle !

L’exemplaire de ma maman retrouvé par miracle !

belle & sébastien

 

 

 

 

 

Puis, départ au Maroc, j’ai 9 ans et je me prends de passion pour Les misérables de Victor Hugo, surtout pour Cosette qui me fait pleurer toutes les larmes de mon corps, toutes mes poupées s’appellent Cosette et je les sauve de l’orphelinat comme de tous les Thénardier de la terre…

Le livre était illustré et je me souviens parfaitement de cette couverture !

Le livre était illustré et je me souviens parfaitement de cette couverture !

Puis arrivent mes 13-14 ans qui se passent dans un collège banlieusard sinistre (après le Maroc vous pensez bien) de Châtenay-Malabry où je passe le plus clair de mon temps sur la pelouse à écouter des chevelus gratter leur guitare tout en dévorant Barjavel, surtout La Nuit des temps (puis Ravages) qui me transporte loin de ce quotidien déprimant…Barjavel la nuit des tempsSur cette pelouse, j’ai aussi lu Des fleurs pour Algernon, une boîte de kleenex à côté de moi et quelques classiques qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable…

A 15 ans, virage à 180°, mon père est muté au Gabon et je rejoins une pension de jeunes filles à Saint-Germain-en-Laye (Lycée Claude Debussy) où là commence la frénésie livresque !  Les lumières dans le dortoir étant coupées à 22h, je vais lire dans les douches-toilettes pas chauffées sous mon duvet et quelques écharpes. C’est le temps de Madame Bovary, Le Rouge et le Noir entre deux Pearl Buck pour me détendre. Je la lirai jusqu’à mes 17 ans, entre deux. Vent d’est, vent d’Ouest, Une terre chinoise, Pivoine (j’ai pris chinois en 3ème langue) et j’ai besoin d’apprendre sur la Chine (entre deux Confucius, Lao-Tseu et j’en passe !)… Mais aussi la littérature espagnole, la rencontre avec Federico Garcia Lorca et le chanteur Paco Ibanez qui l’a mis en musique.

Prix Nobel et prix Pulitzer, quand même !

Prix Nobel et prix Pulitzer, quand même !

En première, je découvre Baudelaire, Rimbaud, Eluard qui vont marquer à jamais ce que j’aime dans l’écriture : la poésie ! Mais en terminale, deux livres ont changé ma vie ou devrais-je dire un auteur puisque c’est Camus qui va m’occuper toute l’année. D’abord avec Noces, merveilleux et le Mythe de Sisyphe qui a changé ma vision du monde pour longtemps.a Noces de Camus suivi de l'étéLà aussi, la couverture de l’exemplaire que j’ai lu…

Je l'ai encore dans ma bibliothèque...

Je l’ai encore dans ma bibliothèque…

Lectures (toujours) dans mon box du dortoir ou dans les toilettes-douches…

À 19 ans, mon Deug chinois validé, je m’envole pour la Nouvelle-Calédonie (Galéa, 26 à 30 heures de vol, ça vaccine^^) et là va commencer ma période SF ! Je ne lis pas à la plage, le sable, le monoï, le vent, très peu pour moi ! Mais je lis sur mon balcon face à la mer, en regardant les petits bateaux blancs de plaisance s’évader vers un îlot paradisiaque ! Et c’est Silverberg (mon chouchou), Frank Herbert (et Dune), Asimov, Bradbury…a silverberg a caledonie baie orphelinat

A l’occasion d’un voyage en France, dans une chambre d’hôtel de Juan-Les-Pins, je découvre Fitzgerald avec Tendre est la nuit : coup de foudre, le décor s’y prête, je lis allongée sur la moquette de la chambre au soleil et j’enchaîne sur Gatsby, en me disant que j’ai dû avoir une vie antérieure à cette époque. Ce n’est que bien plus tard que j’approfondirai mes recherches sur le couple (en 2007 avec Alabama Song, lu 3 fois, de Gilles Leroy qui questionne…)

Retour à Paris, métro, beaucoup, deux heures par jour puis 4 h ! J’enchaîne les polars et notamment tous les P. Cornwell, mais aussi crise orientaliste avec des Christian Jacq (j’assume), Tahar Ben Jelloun, et d’autres que j’oublie…a Cornwell post mortemMais depuis, de l’eau a encore coulé sous les ponts, j’ai découvert Laurent Gaudé, Marcus Malte, Sylvie Germain, Gaëlle Josse, Philippe Claudel, des auteurs du nord, des anglais, des américains et vous voulez que je vous dise ? Peu importe où je lis, du moment que je lise et que je me souvienne de la trace que le livre a laissé en moi…

Et je tague : Somaja, Natiora, Aifelle ? (à tout hasard), Galéa (une deuxième fois pour qu’elle se sente aimée),  Mind The Gap (qui nous impose des jeux tordus et se planque dès qu’il voit un tag qui ne lui plaît qu’à moitié), Jean-Charles, Béa ma Comète, Philisine, Valentyne , Soène, Eeguab, ClaudiaLucia , Nathalie, Valérie de Val-m-les-livres,  RP 89, et tous ceux que j’oublie et que j’aime pourtant mais mémoire défaillante… Pardon !

Je tiens aussi à m’excuser pour les nombreux commentaires qui gisent sans réponse, depuis samedi dernier pour certains, je m’emploie à y répondre aujourd’hui, mille excuses mais j’ai été bousculée cette semaine !

Je vous souhaite un bon dimanche !

LA POÉSIE DU JEUDI AVEC Stéphane Mallarmé

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Le ciel de novembre est pluvieux pour beaucoup. Rien de tel qu’une petite poésie pour se réconforter ! Aujourd’hui c’est avec Stéphane Mallarmé, poète né en 1842 et mort en 1898 à 56 ans, deux ans après Verlaine qui l’avait consigné dans sa liste des Poètes Maudits. Mallarmé était un moderniste qui a ouvert la voie au Symbolisme, c’était aussi un amoureux de l’Art et son oeuvre exigeante est marquée par une recherche stylistique de l’épure, du parfait. Pour en savoir (beaucoup) plus, c’est PAR ICI

Ont poétisé avec moi aujourd’hui, les fidèles : É

1 –  Marie et Anne : Chant d’automne de Baudelaire.
2 – Valentyne :  Prose tirée de Lointains intérieurs, animaux fantastiques d’Henri Michaux.
3 – Soène : Poème tiré du recueil « Les chansons et les heures, le rosaire des jours » de Marie Noël.
4 – Nadael : Jeune fille endormie de Jean Cocteau.
5 – Modrone-Eeguab :  Adresse à un vieux portail de bois de Patrick Kavanagh
6 – Les Conteuses aux points contés : Mangez-moi, mangez-moi de
7 – Dimdamdom : Le porteur de lumière (premier) poème de Charles Baudelaire.

APPARITIONapparition ange lune

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
C’était le jour béni de ton premier baiser.amoureux en ombres chinoises pintrest
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un rêve au coeur qui l’a cueilli.apparition cueilleur de rêves et d'étoiles
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparueapparition femme2
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.apparition neige des étoilesStéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893

LES PLUMES 36 – Les textes en Folie !

écritoire vanishingintoclouds(3)Il semblerait que la « folie » vous ait inspirée, ça ne m’étonne guère ! Je ne citerais personne, je ne suis pas une balance ! Mais je n’en pense pas moins… Hum hum !

Par ordre d’arrivée des liens, voici les 27 textes (le mien compris) de la Folie : : Martine de Littér’auteurs, Ghislaine, MarieJo64 (Bienvenue), CélestineValentyne, Marlaguette, Soène, Jacou33, Dan Gazénia, Choupi-Fred Milli-Jean-Charles, Cériat, Josette Lausy (Notre marraine suisse de 84 ans ! 😉 ) , Carnets paresseux sur L’Ecritoire de Lise Genz, Janick, Evalire, ClaudiaLucia, Monesille, Isabel, Carnets Paresseux, Martine27. Adrienne, PatchCath. DimDamDom59. LilouSoleil, Nunzi. Violette Dame Mauve.

Et mon texte ci-dessous :

 LA FILLE QUI DANSEfille qui danse gif

Appontée au temps qui passe, à ma vie vidée par l’ennui ordinaire du quotidien et emplie de chagrins, d’amours mortes et enterrées, je regarde la fille qui danse là-bas, au bout de la jetée, enfermée dans sa musique imaginaire. Elle ondule, titube peut-être diraient certains, mais je suis fascinée par ses gestes, son extravagance qui me forcent à m’arrêter un instant et à la contempler.

Là, je devine un tango langoureux dans les bras d’un amoureux invisible qui, avec maîtrise, poserait une main douce sur sa taille fine. Et puis jaillit une débauche furieuse de sensualité quand elle bouge ses hanches, entrecroise ses bras en un savant bouclé qui me laisse rêveuse. Elle est bien trop jeune pour avoir appris ces danses anciennes dans les discothèques. Elle a dû avoir un père, un oncle, un grand-père, une famille où l’on chantait à la fin des repas d’été sous les tonnelles ombragées par les glycines du printemps et parfumées de roses offertes dans l’abandon de l’été.

Elle me fait l’effet de porter en elle des siècles de savoir et si, ce n’était ce lieu étrange où elle danse, seule face à la mer, les cheveux emmêlés de vent et de sel, je me dirais que tout va bien pour elle mais à certains gestes brusques, incohérents, en marge de sa danse parfaite, je pense qu’un grain de sable a brouillé la donne ; son âme d’artiste perdue dans un univers où les contes bleus et blancs de son enfance se sont fait la malle. Trop légère, trop fragile…sûrement quelque chose comme ça. J’aurais aimé lui parler sans l’effrayer, lui tendre la main en silence et qu’elle m’entraînât dans sa danse. M’approcher du bord pour ne pas manquer de sentir les embruns et le vertige de l’interdit. Sans penser aux conséquences…

J’allais m’esquiver par le chemin de halage quand elle fit volte-face. Dans son regard effaré, je vis une palette de contradictions où les couleurs violentes le disputait au bleu très pâle des iris.  Je sus d’instinct, sans rien demander, qu’elle s’était relevée là où j’étais tombée, qu’elle luttait encore là où j’avais abdiqué. La danse était son Credo son ultime épiphanie pour ne pas mourir. J’allais lui parler quand je reconnus, s’approchant, le son hargneux des sirènes d’ambulance. J’imaginais la blouse immaculée de l’aliéniste empathique au sourire doucereux et je ne le voyais que trop bien ce couperet qui tombe sur une vie pour mieux l’enfermer. Des mots à maux tournoyaient avec les corneilles dans le ciel obscurci : zinzin, schizo, psychose, névrose, paranoïa, bipolarité, camisole chimique… La fille ne dansait plus, cernée de flammes visibles d’elle seule, brûlure inguérissable, elle courait à présent de toutes ses dernières forces vers l’horizon, outrageusement bleui par la nuit qui montait, prolongeant son escapade qu’elle eût voulu sans entraves. Loin des sirènes et du monde qui vous recrache. Libres comme ces cabris du maquis que les bergers suivent au hasard des jours. Elle courait toujours,  pendant que dans le lointain, un lamento s’élevait dans les ténèbres, nimbé du sourire obsédant des premières étoiles filantes…

Les mots imposés étaient : grain, conséquence, ordinaire, manquer, zinzin, camisole, extravagance, quotidien, douce, furieux, maîtrise, artiste, univers, abandon, psychose, conte, rêveur, bleu, aliéniste, escapade, berger, onduler, outrageux, obsédant.

J’ai utilisé tous les mots, sauf « outrageux » que j’ai dévié en « outrageusement »…

LES PLUMES 36 – Résultats de la collecte pour FOLIE !

écritoire vanishingintoclouds(3)Pas trop de folies de la part des agités chroniques de ces Plumes, la pluie a dû faire baisser les « seuils de l’humeur » (comme disent les psys) malgré le thème, mais une belle récolte !

Un « 20 heures » abrégé ce soir pour cause d’ennuis techniques dans ma vieille maison où les pluies diluviennes traversent le toit… Allô le couvreur ? J’éponge en l’attendant ! Donc j’ai fait plus court…

Voici les 21 mots récoltés suivis de mes trois mots en O, ce qui en fait 24, vous pouvez donc en mettre un de côté :

Grain, conséquence, ordinaire, manquer, zinzin, camisole, extravagance, quotidien, douce, furieux, maîtrise, artiste, univers, abandon, psychose, conte, rêveur, bleu, aliéniste, bergère, escapade, onduler, outrageux, obsédant. Lire la suite

LES PLUMES 36 – C’est un lundi-collecte, psstt !

écritoire vanishingintoclouds(3)Je souhaite tout d’abord une bonne reprise aux enseignants qui étaient en vacances (je pense à Sharon, Célestine et d’autres dont je ne connais pas le métier) !

Aujourd’hui, un thème pas facile ou au contraire plus léger, selon l’angle sous lequel on le prend, je vais vous demander ce que vous inspire le mot FOLIE.

Vous avez jusqu’à 20 heures pour me laisser un mot en commentaires et je rappelle aux nouveaux qui souhaiteraient participer de lire d’abord le règlement, ICI ! Merci.

Je vous souhaite un bon lundi.

DLE YAMAN ou un vent d’amour, de deuil et de larmes venu d’Arménie pour mon dimanche…

Le mont Ararat, "berceau de l'humanité" culmine à 5165 mètres, un symbole pour l'Arménie qui se l'est vu reprendre par les turcs en 1915. Situé entre l'Arménie, la Turquie et la Perse. (l'Iran).

Le mont Ararat, « berceau de l’humanité » culmine à 5165 mètres, un symbole pour l’Arménie qui se l’est vu reprendre par les turcs en 1915. Situé entre l’Arménie, la Turquie et la Perse. (l’Iran).

Tout le monde connaît peu ou prou l’histoire du génocide qui a saigné l’Arménie d’un million et demi de morts. Il y a quelques années, en cherchant des chansons de ce pays, je suis tombée sur le chant « Dle Yaman », et un grand frisson m’a parcourue. Je me suis imaginée à la proue d’un navire en partance, ballotée par les flots, la corne de brume sonnant le glas de la terre mère, emportée à tous les vents. C’est qu’il y a du souffle dans ce chant que nul ne sait dater exactement mais qui remonterait bien avant le génocide. Accompagnée seulement d’un « dudduk », cet instrument qui tire des sons qui ressemblent aux sanglots, la chanteuse, a capella, possède une voix que l’on doit entendre de l’autre côté des montagnes si chères aux arméniens, avec le mont Ararat en tête, symbole et mausolée. Mais ce n’est pas une chanson d’exil mais une chanson d’amour comme me l’a indiqué la traduction que l’on peut voir sur le site des Editions l’Harmattan  (accompagnée d’un très beau billet explicatif) (et que je vous conseille fortement). Lire la suite