LES PLUMES 32 – Les textes en Silence !


écritoire vanishingintoclouds(3)Il fait bien trop chaud mais la saga de l’été continue ! Aujourd’hui l’heure de la vengeance à sonné pour Léonora ! Elle répond à Paul -Eeguab-Modrone- de Quentinois.

Je remercie les rescapés des vacances de juillet d’avoir participé à cette session (trèèès) estivale. Par ordre d’arrivée des liens, les 24 textes de votre week-end :

Valentyne, Dame Mauve, Jacou33, Marlaguette, Soène, Modrone-Eeguab , Mind The Gap,. Sharon. Nunzi. Janick, Martine, Cériat, Alphonsine. Martine27. CélestinePierrot Bâton. Momo. LilouSoleil. Eva. Pascal Bléval. SpirituELLE!Lui (dimanche). Evalire (le mardi matin)… Et notre PatchCath qui a déposé son lien le 25 mais que je ne rajoute qu’aujourd’hui 27, suite à un problème de connexion hier avec mon blog, ahem (pas contente) !!!

Les mots imposés étaient :

essentiel, réserve, regard, félicité, observer, musique, minute, nuit, agneau, son, muet, méditation, apaiser, angoissant, justesse, jacaranda, jouer.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi (et je comprends que cela puisse arriver), je vais mettre après mon texte (en plus des liens où vous pouvez cliquer, ha flemme quand tu nous tiens), les textes (après le mien d’aujourd’hui) de cette « saga » par ordre chronologique c’est-à-dire : 1) la première lettre adressée par Léonora, 2)  ses états d’âme en attendant la réponse -nous sommes en 1928-, 3) la réponse cinglante de Paul. Je précise (toujours au cas où vous n’auriez pas suivi) que Paul est interprété par mon ami Claude-Modrone-Eeguab, je dois dire que l’exercice n’est pas simple mais terriblement stimulant ! Ci-dessous, la réaction de Léonora…arche roses blanches & fleurs Simple life page FB

Saint-Germain-en-Laye, le 10 juillet 1928

Paul, mon cher,

Le jacaranda, ramené de Californie par Oncle Henri, est en fleur cette année au jardin de Saint-Germain et me rappelle d’autres juillets que nous passions ici, sous ces branches couleur d’aube éprise ; les roses vont se faner bientôt à la treille qui court le long des murs, l’automne sera vite là mais vous n’en avez cure…

J’ai attendu quelques jours avant de répondre à votre lettre mordante et surtout injuste. J’ai attendu que la colère se soit apaisée afin que vous ne puissiez pas me reprocher d’avoir écrit sous l’effet de la confusion et du tumulte de mon coeur. Ce n’est certes pas la félicité totale, vous vous en doutez mais je maîtrise mes nerfs. Que je vous reconnais bien là ! Ce ton légèrement fanfaron sous la plume alambiquée (mais n’ayez crainte, j’ai retenu l’essentiel), votre outrance (pour ne pas dire morgue) qui me laisse à penser que comme les chiens, vous aboyez avant de mordre dans l’espoir de passer pour la victime ? Serais-je donc si monstrueuse ? Et je ne parle pas de Canossa, la seule chose qui m’ait fait sourire car je doute fort que vous vous agenouillassiez un jour devant qui que ce fut ! Ce qui n’est pas pour me déplaire car non, sans façon, j’ai en horreur toute forme de génuflexion.

Que vous paonnisiez dans les gradins du Stade Français, endimanché comme un coq de province, soit. Que vous me traitiez de manipulatrice, jalouse, je fais la moue , je grimace car ce n’est pas tout à fait faux , je ne suis pas un parangon de vertu, vous le saviez en devenant mon amant. Que vous regrettiez la musique irremplaçable de nos nuits enflammées , au point d’avoir  une petite envie de revenez-y, je m’efforce d’y croire, quoique… moi-même…soit ! Mais… mais que vous me traitiez d’inutile, que vous osiez remettre en cause mon imagination, donc mon travail alors que vous-même ne jouez qu’à faire péricliter un héritage et des rentes que vous n’avez pas gagnés à la sueur de votre front,  me met hors de moi ! Attendez ! Je respire et je sors juste une minute écouter le son muet du silence de la nuit avant de continuer, sans m’offusquer. Je maîtrise mes nerfs contrairement à ce que vous pensez… dès qu’il s’agit d’affaires. Les miennes se portent bien voyez-vous et si vous n’appelez point « travail » les livres que j’écris et se vendent respectablement, je me demande mon cher, oui je me demande jusqu’au pourquoi de notre histoire. Monsieur Cocteau lui-même, et vous savez l’influence qu’il a dans le monde des Arts aujourd’hui, rien ne passe sans son regard fut-il de principe, au Théâtre, au Ballet, dans l’Edition, est venu me demander , que dis-je me supplier d’écrire sans ce nom d’emprunt, masculin qui plus est, pour me présenter à ses amis surréalistes et autres dadaïstes à la mode. J’aurais pu écrire sous mon nom, depuis longtemps, mais je ne veux pas de la gloire, du succès et des mondanités. Rien ne me fera sortir de ma réserve, pas même les promesses opiacées de Monsieur Cocteau.  Surtout les promesses de Monsieur Cocteau. Je resterai donc cet auteur confidentiel qui se lit sous le manteau, dont on chuchote le nom sans jamais oser avouer que l’on aime sa prose… Tant que je n’ai pas à me faire entretenir par un homme, tout me sied !

Mais trêve de chipoteries et longues et stériles discussions. J’ai de mauvais échos de ce qui se passe aux Amériques, ce grand et jeune pays serait déjà au bord du gouffre, ce n’est qu’une question de mois. Mon oncle Henri y avait quelques affaires, il a plié bagages avant de tout perdre m’a-t-il affirmé. Alors, vous, qu’attendez-vous pour agir ? Vous pensez toujours que la dot d’Agathe de la Bretière vous sauvera de tout et surtout de vous ? Ce n’est point l’aiguillon de la jalousie qui me pousse à vous parler ainsi mais le simple bon sens et peut-être aussi une forme de lucidité dont vous manquez cruellement. Qu’il est aisé de m’enrouler dans votre poésie, de me parler d’amour qui s’hivernise (très jolie formule que je ne manquerais pas de replacer…) et autres galimatias pour mieux  m’assottir et brouiller les cartes. Gardez donc cela pour votre agnelle de La Bretière qui a encore tout à apprendre de la vie et des hommes. Essayez donc la méditation transcendantale prônée par ce fougueux Docteur Freud.
Je vous parlais de l’âme, vous me répondez chair en faisant l’amalgame, je vous avoue mes larmes et vous me dites hystérie… Décidément mon cher, il est dommage que vous vous soyez trompé à ce point sur mon compte. J’aurais pu vous aider pour vous sortir de ce mauvais pas. Même les plus farouches irrégulières ont un certain sens de l’honneur qui vous a échappé. Que pensiez-vous pour le puits ? J’en ris à gorge déployée, le vertige me prend dès que je me penche, vous le savez parfaitement ! Ce puits n’est qu’une cachette où je vous mandais d’aller au cas où il me serait arrivé malheur. Vous y auriez trouvé mes confidences et bien plus…

Je ne suis pas fière de cette lettre, je ne suis pas fière de ce que nous sommes devenus et du fossé tessonné de morsures qui se creuse entre nous, il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes pas de purs esprits mais des êtres de chair et de sang avec leurs failles et leurs imperfections. Observons un temps de réflexion voulez-vous ? N’abîmons pas ce qu’il reste de nous pour quelques écus et vous, ne vendez pas votre âme pour les mêmes raisons. Pensez-y mon ami, pensez-y…

Votre très chère Léonora.

*****

LA PREMIÈRE LETTRE DE LÉONORA :

LETTRE À PAUL DE QUENTINOIS…lune pour nuits blanches

Saint-Germain-en-Laye, le 21 juin 1928

Mon cher ami,

J’ai regagné ma maison de Saint-Germain pour fuir la touffeur parisienne qui ne me convient plus de même que ce ciel invariablement bleu ne correspond pas à mon état d’esprit ennuagé de chagrin depuis votre dernière missive. Je ne sais pas si vous écrire effacera les mots de notre dernière dispute et ceux, terribles, de votre lettre. Je ne veux pas vous déranger, je tiens à rester digne mais vous avez franchi une frontière interdite et piétiné mon honneur. Je souffre de votre éloignement, vous le savez trop bien et vous en jouez à votre guise comme vous avez joué avec ma crédulité les premières années de notre liaison. Certes, je n’ai jamais voulu vous épouser et j’ai préféré garder la place plus confortable d’irrégulière…  Du moins, c’est ce qu’il me semblait alors. Je pensais que les coeurs qui se donnent ne se reprennent pas, « reprendre c’est voler » dit l’adage. Et mon aveuglement passé est égal  à mon incompréhension d’aujourd’hui…

J’ai su par des amis communs qu’on vous avait vu dimanche à la Coupole, entourée de Mademoiselle Chanel, de Nijinski et de ses belles danseuses russes, aussi légères que les plumes qu’elles font virevolter dans leurs ballets. Quant à la Chanel, cette cocotte arrivée, sa réputation n’est plus à faire. Cela m’étonne de vous ! Faut-il que vous ayez perdu tout bon sens pour aller vous frotter à cette engeance qui accorde bien plus d’importance aux richesses matérielles qu’à celles de l’âme ? J’ose espérer que ce dérapage n’est qu’une affèterie de votre part, une façon de vous prouver que l’âge ne vous atteint pas et que le regard des autres, celui des très jeunes filles surtout redore votre blason vieillissant. Nous avons quinze ans d’écart mon cher ami, ne l’oubliez pas, c’est la seule chose que nous aurons toujours en commun et je ne suis pas encore défraîchie au point de refuser de me laisser courtiser par des hommes de mon âge qui combleraient certaines attentes auxquelles vous ne prêtez plus attention. Ou, de loin en loin. Ne croyez pas que je vais user de ce stratagème éculé qui consisterait à vous rendre jaloux pour vous voir manifester enfin la tendresse que j’attends de vous. Et plus encore… Non, je ne suis pas mesquine , la tolérance faisait partie du contrat tacite que nous avons passé il y a maintenant vingt ans. Je suis simplement bouleversée, triste de constater que nous soyons devenus ces étrangers l’un pour l’autre. Vous savez combien j’aimais la douceur de nos nuits clandestines, quand le vent soufflait dans les arbres du jardin, sous la lune éperdue de blancheur au milieu des nuages, combien j’aime l’odeur de notre chambre après l’amour quand vous écrasez votre cigarette de tabac blond. Ce parfum est subtilement lié à notre intimité et je ne trouve point de similitude quand c’est moi qui écrase, en même temps que ma solitude hagarde ce tabac qui alors exhale une senteur presque nauséabonde ; elle concrétise les griefs amers et les regrets que vous m’inspirez…

Nous étions complémentaires m’avez-vous dit un jour d’été alors que nous foulions le sol vert et fleuri des herbages montagneux où nous prenions quelques vacances loin de la ville, loin des horrifiants ragots qui ont fini par se glisser sous ma porte pourtant bien fermée. La solidarité féminine telle que « il vaut mieux que tu le saches » devient alors une mosaïque tronquée, un prisme de couleurs vipérines qu’il m’est impossible de regarder en face.

Mon cher ami, combattre, oui, mais à armes égales et surtout pas pour des causes perdues d’avance. Je ne suis pas le Sieur de la Mancha et je refuse de voir notre amour si précieux se muer en mascarade hypocrite. Une séparation ? C’est ça que vous voulez ? Mais de quel bois croyez-vous que je sois faite ? Vous n’avez pas besoin de serpillière pour assister à vos secondes noces avec cette donzelle d’Agathe de la Bretière. Rompez avant qu’il ne soit trop tard. Cette fois, je ne serais pas là à me cacher dans l’ombre que je chéris tant. Une aventure m’eût fait moins de mal, de même que vos relations avec votre première épouse qui a tout supporté pour vous garder près d’elle.

Pardonnez-moi si j’ai été trop longue et confuse dans mon propos, mais c’est que mon coeur n’a plus de raison et ma raison s’égare dans des méandres aussi sombres que le fond du puits que je contemple, assise sur la margelle, à vous écrire, le souvenir de votre peau chauffée par le soleil d’été, tout contre la mienne… dans un autre temps qui ne reviendra pas. Je n’attends pas de réponse et si vous ne me trouvez pas à votre prochaine visite, songez au puits, au fond du verger, le vertige m’assaille et je ne puis lutter contre lui…

Votre future ennemie,

Léonora Saint-André de Mouchamps.manuscrit glands dorés lylouanne*****

LES ÉTATS D’ÂME DE LEONORA (qui écrit son journal en attendant la réponse) :

L‘ATTENTE…femme années 20 lisant de dos

Si j’ai pris l’intime décision de me confier à ce journal ce n’est point pour m’apitoyer sur mon sort, certes peu enviable en ce moment, mais surtout parce qu’un jour, je sais que sonnera l’heure des comptes et autres bilans, une heure froide au cœur de l’hiver, une heure redoutée de tous mais à laquelle personne ici-bas n’échappe. Une heure où la conscience se regarde enfin dans les miroirs qui la cernent, une heure que certains confient à Dieu et d’autres comme moi, s’en remettent à la mémoire du  papier pour s’assurer une illusion de paix ; après tout ne sommes-nous pas qu’ éphémères illusions  ?

Mes inquiétudes d’aujourd’hui me sembleront bien vaines, il en est toujours ainsi avec le temps qui passe : les heures d’hier nous reviennent toujours plus légères, emplies d’allégresse et de temps à venir… A quarante ans, le temps commence déjà à se resserrer, on sent un air frais qui ondule parfois autour de notre cou, de longs doigts fins qui n’osent embrasser la peau encore si tendre et, si nous évitons d’y penser, afin de ne pas ternir l’éclat de l’instant présent, la menace est bien là, tapie sournoisement dans les ombres qui nous entourent. On la voit partout : au moment des adieux sur un quai de gare, elle s’envole avec le mouchoir que nous laissons derrière nous et elle revient aux heures de solitude quand les séparations dont nous sommes les seuls responsables ont des accents d’irréparable.

Intensément nerveuse, je tourne et retourne les mots de ma lettre envoyée à Paul, depuis une semaine déjà…seulement…. Je ne devrais pas écrire quand je suis dans cet état de confusion. Les mots dépassent alors ce que je ressens vraiment, il faut que je théâtralise, on me l’a souvent dit… De savoir Paul là-bas dans ses terres du Vermandois, ces terres pour lesquelles il avait épousé Hilda de la Jonquière ajoute de l’angoisse à mes larmes. Ces maudites larmes qui ne le feront pas revenir, j’en ai bien peur. Quand il quitte ainsi son hôtel particulier de Saint-Sulpice à Paris, c’est que des affaires urgentes le mandent là-haut dans sa chère Picardie froide et brumeuse. Je ne connais pas toutes les raisons qui le poussent à fréquenter assidûment la famille de la Bretière si ce n’est, justement, pour les beaux yeux de leur fille… Cette très jeune fille, dont on ne m’a pas vanté la beauté, semblerait avoir une dot bien garnie. Non ? Ce n’est pas possible ! Il faut que Paul me réponde, je vais devenir folle à m’imaginer le pire ! Car ce serait là le pire qu’il convolât avec ce bourgeon encore vert et sûrement pas déniaisé. Avec Hilda, j’étais tranquille, le mariage de raison était consommé et enterré depuis longtemps. Personne ne volait rien à personne. Hilda donnait des fêtes somptueuses là-haut, faisant souvent ripaille au Champagne, ne cachant pas sa joie de voir repartir son époux vers Paris. Alors qu’aujourd’hui…

Paysage de l'Aisne, en pays vermandois...

Il se fait tard. La nuit est enfin tombée sur cette journée qui n’en finissait plus de s’éteindre, j’entends un rossignol dans le buisson de roses, si seulement son chant pouvait étouffer le cri qui monte en moi depuis que j’ai commencé d’attendre. Si la joie de ses trilles pouvait atteindre la blanche solitude de mon âme. Si l’amour renaissait après avoir été malmené, piétiné. Si je me permettais d’espérer de revoir Paul un jour prochain…seulement le revoir…

Je vais remonter le seau du puits et y cacher ce journal. Ce pauvre puits tari depuis si longtemps me sert à abriter mes confidences, rien de plus. Paul le sait-il seulement ?

Saint-Germain-en-Laye, le 28 juin 1928.

A suivre…

******

LA RÉPONSE DE PAUL :

Les Hauts de Vermandois, le 03 juillet 1928

Ma belle amie,

      La moiteur picarde n’est pas telle qu’elle m’en ait fait perdre le souvenir d’une passion dont le double sens ne doit pas vous échapper. Se peut-il, mon amie l’irrégulière, que vous sentiez à ce point l’aiguillon d’une douleur dont j’incline à penser qu’elle vous est surtout imputable? Et les jours et les nuits en votre compagnie, croyez-vous que leur ardeur m’ait si brutalement déserté et le coeur et l’esprit? Les personnes de votre sexe, tout dans ma vie déjà longue, et que votre ironie m’a cruellement rappelée, me conduit à l’affirmer, n’ont pas le monopole du chagrin comme elles ont fâcheusement tendance à le dire, voire à le claironner. Si ma dernière lettre vous est apparue comme un glaive sachez qu’elle fut l’aboutissement de ces heures de prostration qui furent miennes après que tant de fiel fut répandu par vos proches, je n’ose dire vos amis, vous accordant le bénéfice d’avoir vous aussi été abusée. Cependant, Madame, je ne suis pas de ceux qui vont à Canossa et vous pensais moins envieuse.

       On m’aurait vu à la Coupole? Mademoiselle Chanel, les ballets russes et Montparnasse m’auraient-ils dépravé? Outre que je vous trouve bien injuste avec ces créateurs qui ont au moins le mérite d’imaginer… Depuis combien de temps, mon amie, ne l’avez-vous plus vraiment fait, imaginer, rêver, élever vos sentiments au-delà de ces zones imprécises où il m’avait semblé qu’amants trop installés nous risquions de devenir, que nos nuits clandestines et les prés fleuris abritant, bien mal, nos étreintes, n’étaient pas à mon sens , tout à fait exempts de toute pusillanimité. Songez-y, vous que j’appelais ma belle âme. Songez-y avant d’instruire ainsi mon procès en dédain et en cruauté.

       Vous prétendez, Madame, blessée que vous êtes mais que la douleur rend insensée, vous prétendez ne pas user du stratagème fourvoyé de la jalousie, cette pustule qui fait que vous vous ressemblez toutes, soubrette, châtelaine, car toutes vous savez la manier. Mais votre courrier n’est que cela, ruse, astuce, et jusqu’au plus hideux de tous les moyens que depuis Eve, les femmes revendiquent, nec plus ultra, fin du fin, de la bassesse des amours qui s’hivernisent. Il me faudrait cesser de voir les la Bretière, et leur fille, ces gens si aimables et riches, qui m’estiment tant.Ignoreriez-vous, mon amie, mes revers de fortune outre-Atlantique?

      Sur un point vous dites juste. Votre raison, en effet, vacille plus qu’elle ne s’égare lorsqu’elle passe de nos épidermes mutins, un souvenir qui restera, Madame, brûlant quoi qu’il en soit, à cet ultime rival que vous osez évoquer presque langoureusement, là-bas au fond du verger, abyssale attraction selon vous, médiocre convulsion féminine en diable selon moi. Je ne m’y attarderai pas plus, voulant croire à votre maladresse plus qu’à votre manipulation.

 1928-cochet-tilden-france-eu

      A propos, et puisqu’on vous édifie, vous-dira-t-on mon élégance dans les travées des Internationaux de France de tennis, pour soutenir nos mousquetaires? J’aime à le croire, bien que Mademoiselle Chanel n’y ait à ma connaissance pas fait d’apparition cette saison. Je ne sais, ma mie, si les prochains mois nous verront ensemble, à défaut d’être réunis. Sachez que si ma vanité veut l’écarter, mon coeur, malgré tout, s’échauffe encore à cette idée.

Votre ami pour la vie, Paul de Quentinois.

à suivre…

*****

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72 réflexions au sujet de « LES PLUMES 32 – Les textes en Silence ! »

  1. Coucou Miss Aspho 🙂
    Elle gagne en épaisseur cette Leonora 🙂 et je l’aime beaucoup plus comme cela combative que pleurnichant lors de la première lettre 🙂 il en prend pour son grade ce coq, ce paon de Paul…
    Quelle lettre !!! Bravo 🙂

    • Val, il fallait bien commencer par quelque chose et en garder sous le coude pour faire durer ! Mais c’est surprise à chaque fois, on ne sait pas ce que l’autre va répondre et ça c’est juste…exciting !!! 😆 Cela dit, t’as vu ? Il est prêt pour un duel avec toi « demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne »….le Paulo du Quentinois, warf !!! Bises !

  2. Oh ! Mais la Marquise doit avoir les cheveux qui se dressent dans sa tombe 🙄 Elle doit être verte de lire vos correspondances, chère Léonora, cher Paul, euh Aspho et Edualc, euh Isa et Claude 😆
    Si je puis me permettre, sous la forme d’une carte postale ou d’un sms, vos échanges épistolaires nous auraient évité une surchauffe de l’ordi et de nos méninges 😉
    Je P L A I S A N T E
    Je reviendrai lire plus tard !
    Bon we et gros bisous

    • So’N, mais l’ordi ne surchauffe pas beaucoup lui, c’est nous qui avons la tête comme des pastèques à ne pas confondre Paul-Léonora et Aspho-Edualc !!! On ne fait pas l’amalgame, HEU-REU-SE-MENT et la Marquise peut bien se retourner sans sa tombe ça nous est complètement égal !!! 😆 Bises et bon ouikende !!!

  3. J’ai encore une p’tite question… : ça va durer tout l’été vos échanges ?… 😆
    Je P L A I S A N T E (bien sûr)
    C’est charmant, vous allez devenir un couple de légende, you must go on !

    • C’est ma préférée des 3 lettres même si la deuxième était destinée au journal intime de la belle. malgré le vocabulaire de haut vol (un seul mot que je connaissais pas…belle journée qui s’annonce) qui est justifié par l’époque, le milieu et le contexte, j’arrive à être emporté par cette Léonora et ses états d’âmes. Bravo, bel exercice, pas évident car parfois les échanges épistolaires oublient les lecteurs…c’est le piège de ce genre de littérature. Photo magnifique également. Gros bisous.

      • Merci Mindounet, c’est bien là la difficulté justement, ne pas perdre de vue le lectorat, faire en sorte qu’il ne soit pas perdu (pas trop) surtout quand les questions et les réponses ne sont pas le fait d’un seul auteur !!! Nous sommes deux sur ce coup là et si ce n’est pas évident c’est enrichissant ! 😉 Bises fraîches et bienvenues…

    • Jalouse Soène…si tu veux on en démarre une de correspondance épistolaire toi et moi : pourquoi pas des télégrammes ou mieux des SMS avec 120 caractères maxi…l’air d e rien c’est encore plus dur à faire ! Mais tu me connais, ça risque d’être moins classe…bises la Lyonnaise….

        • En fait j’ai une certaine habitude de l’épistolaire…j’ai beaucoup pratiqué comme activité…mais pas en style SMS ou Tweet attitude…mais tu crois qu’elle sait ce qu’est la Tweet attitude notre fraiche retraitée?? L’achever ?? Tu veux rire…

          • Mindounet, tu lui fais injure à Dame So’N, tu penses qu’elle sait même si elle ne s’en sert pas !!! 🙄 Rhooo… Moi aussi j’ai pratiqué longtemps l’épistolaire même quand il n’y avait pas de « distances »… par goût. On se dit mieux les choses quand on les écrit, je crois… Bises du soir (espoir) ! 😆

    • Hi hi Soène, oui ça va durer tout l’été mais comme l’été va s’arrêter le 3 août pour les Plumes, tu n’as plus beaucoup à souffrir, je suis même sûre que ça va te manquer, jamais contente !!! 😆 On n’en demande pas tant tu sais (devenir un couple de légende), on s’amuse avant tout !!! 😀 Bises ma So’N !!!

  4. Le Paon (avec une majuscule) 🙂 fera remarquer respectueusement à Valentyne que sur le plan épistolaire il n’entend pas en rester là, et que si Valentine avait été Valentin c’est sur un pré dans la rosée du matin que les choses se seraient réglées. 🙂
    Quand à Leonora, patience…
    Bravo Aspho. On en reparlera bientôt. 🙂

    • Pierrot, tu as raison, ceux qui s’en sont pris (pour de vrai) ne me l’ont pas encore pardonné !!! Mais ils n’en valaient pas la peine… 😆 Sinon moi je suis plutôt une gentille dans la vraie vie !!! Je me rattrape avec mes personnages…

  5. La question que je me pose est: « mais pourquoi elle s’accroche comme ça?  »
    J’avancerais bien un élément de réponse, mais je crains que la bienséance de mise dans ce genre de correspondance ne souffre pas de faire ouïr certains mots dont la verdeur n’a d’égale que l’audace. Je garderai donc mes supputations par devers moi.
    😉

    • Célestine, n’as-tu donc jamais été amoureuse au point d’être aveuglée ??? 🙄 Tu m’étonnerais !!! Mais non, il n’y a pas que la chair justement… Et on va voir ce que Modrone-Edualc-Paul va répondre… J’ai une petite idée mais il est capable de mordre lui aussi ! Attendons…pour la suite, surprise… 😆

  6. Hello Asphodèle ! 🙂 Je lirai ton texte dès que possible, promis. En attendant, voici (enfin) le lien vers mon texte. Oui, cette fois-ci j’y suis parvenu ! Le travail a un peu reflué en fin de semaine, me dégageant quelques disponibilités.

    Il ne s’agit pas d’un épisode de Terra Nova, cependant, mais d’un « one-shot » ou « texte unique », avec juste un tout petit quelque chose de sf. Mais alors vraiment trois fois rien ! Juste un mot, à peine. 🙂 Il me semble que tu m’avais suggéré d’écrire un texte « classique », par mail ou en réponse sur ton blog, je ne me souviens plus, alors voilà. Je m’exécute. 🙂

    Donc, le lien (court): http://wp.me/p3msIz-7X

    Bonne journée et bon week-end tout le monde.

    • Coucou Pascal, je t’avais suggéré un texte « classique » ou one shot (pour ne pas te stresser avec Terra Nova), je viens de voir passer la News, j’irais aussi te lire plus tard, là j’ai ma dose matinale… Mais j’ajoute ton lien de suite !!! 😆

      • Et tu avais mille fois raison ! 🙂 ça a mieux coulé, à l’écriture. Terra Nova a pris trop d’ampleur pour que je puisse continuer la série dans le cadre de tes ateliers. Je la continuerai par ailleurs, cependant.

        • Pascal, c’est souvent ce qui arrive quand on « feuilletonne », après les mots imposés changent la donne, il vaut mieux faire des exercices de style !!! 😆 Et puis c’est plus facile à suivre pour les autres… Je le fais de temps en temps , je commence mais je finis hors atelier pour avoir toute liberté de mouvement, je reprends même des textes en enlevant certains mots qui ont « pesé » à l’écriture, j’allège !!! 🙂

  7. diable, ça devient infréquentable ces plumes : j’ai du sortir mon dico !
    superbement réussi, j’aime bien le caractère de la belle ! c’est une excellente idée, à deux, une correspôndance, mais comme dit le Mâle de la blogo, pas évident de ne pas perdre de vue qu’il y a des lecteurs…
    pas maaaaal, la vendéenne, on attend d’autant plus ton livre, tu sais, celui qui devrait être publié, et que tu caches dans tes (longues) jupes ! montre- nous !

  8. Elle a du répondant, c’est rassurant. 😆 Une réponse qui ne saurait rester sans contre-attaque si je connais bien Paul. 😉 Léonora est une personne à la vie complexe que j’ai hâte de mieux connaitre. 😀 Tu rends si bien tes personnages, qu’on a l’impression qu’ils existent réellement. 😀
    Bises 😀

    • Merci Cériat !!! J’espère bien que je la rends vivante cette chère Léonora !!! Même si ce n’est pas facile quand le « répondant » comme tu dis est un ami et qu’il faut lui rentrer dedans ou lui faire des déclarations mais ça rend l’exercice amusant !!! 😆 Bises 🙂

  9. Ca y est, c’est lu, et relu (pour les précédents). Un style merveilleusement ampoulé, qu’on imagine tout droit jailli de l’époque. Des lettres qui se répondent comme des joueurs de Tennis qui se renvoient la balle. C’est animé, ça se lit bien. Bravo. 🙂

  10. C’est vrai qu’un crime ça couperait court à cette looooooooongue correspondance 🙄 😆

    « Jamais contente » ????… mais souvent, Miss Aspho, tu me dis que mes billets sont trop longs 😥
    Comme tu vas encore souligner que je râle tout l’temps, j’arrête-là mes états d’âme. Cet hiver, sous la lampe halogène je lirai vos lettres à tête reposée 😆 Des vraies pages de belle littérature d’un autre temps. Je ne sais pas faire, mon vocabulaire est limité.

    Mindounet, je ne face-book ni ne twitte pas, j’ai bien assez à faire face à la Bloguo 😉
    Je smsse, je maile, mais surtout je m’installe dans ma bulle et laisse dire et faire. Je ne me laisse plus emporter par ces vagues bloguesques, je marche seule 😆

    Bon dimanche à tout l’monde et gros bisous

    • Ma So’N, je rigolais !!! C’est toi qui trouve que c’est toujours trop long alors quand tu en fais un long, je te le signale mais cela dit moi ça ne me dérange pas, surtout quand c’est bien !!! 😉 C’est quand je m’ennuie (long ou court d’ailleurs) que ça me soûle !!! 😆 Sinon je te laisse régler tes comptes avec Mindounet !!! 😉

  11. Léonora a repris du poil de la bête, c’est bien ! Elle ne cède pas aux avances littéraires et opiacées de Cocteau, c’est bien aussi ! Il ne faut pas se laisser faire, même dans un échange épistolaire.

  12. Ohhh mince, j’avais écris un texte que j’allais poster aujourd’hui, ce n’est donc pas jusqu’au dimanche inclus !! 😦 put… quelle cruche.
    Bon bah tant pis j’aurais tenté une fois…

    Félicitation aux participants.

      • Coucou SpirituElle, je t’ai ajouté entre deux orages mais je n’ai pas pu aller te lire, j’y vais maintenant, ouf je peux rebrancher sans risquer la micro-coupure, voire la coupure… 😉

    • SpiritUelle, disons que la lecture de tous les textes peut s’étaler jusqu’au lundi mais en ce moment il y en aune bonne dizaine de moins que d’habitude avec les vacances, alors tout le monde se lit le samedi, le dimanche c’est pratiquement fini ! 😦 L’heure butoir pour envoyer ton lien (normalement) c’est le vendredi soir 18h !!! Même si j’ajoute toujours les retardataires ! 😉

  13. Ce cher Paul risque d’avoir une mauvaise surprise d’ici peu de temps (ce qui sera bien fait pour lui). Et j’adore paonnisiez, agenouillassiez, s’hivernise et tessonné

    • Martine, c’est vrai que nous prenons quelques libertés et créons de purs néologismes mais après tout les mots sont faits pour que l’on s’amuse avec !!! 😉 (essaie de dire 10 fois de suite agenouillassiez !!! 😆 ) !

    • Rhooo Adrienne, j’ai pensé que tu étais en vacances, je ne m’inquiète pas à cette période de l’année… 😉 Et en plus aujourd’hui j’ai eu des soucis avec internet et les orages… Mais je t’aurais ajoutée (quitte à ne pas te répondre)… 🙂

  14. Mdame mdame , j’avance en silence à petit pas et je lève le doigt euh est ce que je peux encore rendre ma copie à tout hasard la voici http://evalire.over-blog.com/2014/07/evalire-et-les-plumes-32.html
    j’ apprécie vraiment votre correspondance avec ce petit coté désuet .
    J’aime relever des passages de lectures et ici j’adore quand tu écris : » ….fossé tessonné de morsures qui se creuse entre nous » décidément tu es une grande Dame

    • Merci Eva ! Je t’ai ajoutée et suis allée lire ton texte ! C’est dommage, il risque de moins être lu quand tu déposes le lien en retard !!! 😦 Bises et bonne journée !

  15. hébé, après tout ce qu’ils se sont balancés à la figure, ces 2 là….
    à part un bon Alzheimer pour oublier tout ça…….moi , je ne vois pas! 🙂

    • Momo, comme tu y vas ! Tu sais bien qu’en amour, à la fin, ce sont souvent les meilleurs souvenirs qui restent, la mémoire a de grandes facultés pour occulter ce qui lui déplaît… 😉

  16. Quelles belles lettres! quel bel échange, même si les propos sont mordants
    Un courrier comme on ne prend plus le temps d’écrire de nos jours
    Ce Paul, aujourd’hui, ne mérite même pas un texto
    c’est un pur régal et bravo pour ce défi

    • Patch c’est moi qui suis désolée, hier impossible de me connecter à mon blog, je ne sais pas pourquoi, il refusait mon mot de passe (j’avais fait un CCleaner mais quand même !!! :evil:) ! Je t’ajoute maintenant et je viens te lire, Mo Hayder m’intéresse…. Bises et bon dimanche !

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