LES PLUMES DE L’ÉTÉ 19 – Les textes en S ! Tsssss…..


S comme sensualité, sérénité ou silence ! Vous aviez le choix et voilà celles et ceux qui ont écrit un texte, avec les mots imposés ci-dessous. Par ordre d’arrivée des liens  Nunzi, Violette Dame Mauve, Soène, Pierrot BâtonSuzame, Jane Kerouac, Marie-Floraline, Bettina, Oncle Dan, Aymeline, Célestine, Jean-Charles, Mind The GapChanone, Shirshasana ,Catherine, Cériat, El Canardo.

Les mots à placer étaient :  sauvage – sourire – souris – saison -sagesse -sébile – surprenant – soulever – souvenir – salutaire – sadique – soie – et salive, saliver en facultatifs. Je n’ai pas utilisé salive ou saliver mais j’ai rajouté sceau et quelques autres…Ci-dessous, mon texte, une saga estivale mais qui peut se lire indépendamment des épisodes 1, 2, 3

photo © (concoctée spécialement) par Syl. !!!

UN SOUVENIR ÉTRANGE

Les souvenirs de l’innocence perdue et ceux des jours heureux sont-ils le fruit amer que l’on mange le reste de sa vie ? pensa Sylvia. Le bonheur ne se mesure-t-il qu’une fois perdu et enfui ?
Assise dans un des deux fauteuils, elle regardait le soleil du matin partir à l’assaut des murs saumon du manoir, y déposant des étincelles vermeilles là où les vitres renvoyaient la lumière en sourires fugaces… Il avait du mal à éclairer le toit des tourelles gris souris, élancées mais sobres, guindées dans leur sagesse séculaire. Elle avait déposé une serviette sur le fauteuil de Boris, espérant malgré tout le voir surgir indemne, intact une fois encore. Elle ignorait pourquoi elle s’obstinait à vouloir le faire changer, à lui faire suivre une trajectoire différente de celle à laquelle il était destiné. Il était de ces hommes malléables qui se figent dans l’albâtre dès qu’on leur rappelle leurs errances. Ils reculent au lieu d’avancer, un rire sauvage et dévastateur pour s’excuser. Elle ne désespérait pas cependant de soulever un bout du voile de cette mélancolie slave, immuable comme un linceul barbare déposé sur les attentes de l’aube. Le parfum entêtant des jasmins sinuait derrière le champ de lavandin, elle posa son livre, elle ne voulait pas du destin d’Anna Karénine, ou alors le début seulement… Elle se leva, faisant glisser la longue robe de soie blanche le long de son corps. Elle voulait se baigner, sentir l’eau salutaire sur sa peau brûlante. L’été était sa saison d’amour bien plus que les neiges éternelles chantées par les poètes…
Sans qu’elle l’eût entendu, Boris fut derrière elle, il la saisit aux épaules, la forçant à se retourner, un sourire sadique au coin des lèvres.  Bien qu’elle trouvât son regard conquérant surprenant après la scène de la veille, elle céda à la volupté de l’instant, préférant son baiser plutôt que d’agiter la sébile des récriminations. Elle était lasse… infiniment lasse de ces jeux où ils s’éloignaient tout en se touchant du bout du coeur. Il la plaqua sur le rebord du bassin et l’embrassa violemment, désespérement. A la russe !

Ce baiser était-il réel dans la lumière de l’après-midi qui plombait les choses et les êtres sous la chaleur implacable ? Elle s’était endormie, lasse d’attendre. Le sceau des silences têtus était apposé au bas de leur histoire, aussi longtemps qu’ils s’aimeraient. L’imprévisible innocence se lèverait chaque fois qu’elle irait coucher ses regrets au fond des eaux assombries par ses peurs… Qui pouvait lui rendre ce qui gisait à jamais sous ses pas  ?

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60 réflexions au sujet de « LES PLUMES DE L’ÉTÉ 19 – Les textes en S ! Tsssss….. »

  1. Un baiser à la russe ? Quelle pâle libido pour quelqu’un qui a un sourire sadique 😀 Notre french kiss n’avait pas encore ses lettres de noblesse ? ;P 😛 et nos bons vieux hussards !!!
    Voilà matière à te faire hurler dès le matin… Hihihi j’aime bien !
    Bonne journée 😈

  2. Hello Miss Aspho !
    Dommage que Syl soit partie en vacances 😆
    Tes références ne sont pas les mêmes que les miennes, tu te poses sur un lit de poésie, et le rêve s’invite dans ton écriture si agréable à lire.
    Ce Boris mérite-t-il la passion de la douce Sylvia ?… La saison estivale des Plumes nous apportera-t-elle la réponse ?… J’en salive à l’avance 😆
    Bon we et gros bisous d’O.

    • @ Soène : Elle est juste partie en long week-end avant ses vacances : elle revient mercredi ou jeudi; elle va le lire, c’est SA romance !!! 😆 Ne me demande pas qui mérite qui hein, je ne le sais pas moi-même quand j’écris !!! 😀 Bises Et ton texte est paru ? ton lien n’y menait pas à 7 heures en tout cas !!!! 🙂 Je t’ai même laissé des comm sur les Traboules, t’as qu’à voir à quel point j’étais désespérée !!!^^

  3. Du romantisme à la russe ! Ce qui est amusant, c’est de voir les mots en S qui ne sont pas dans la liste et d’avoir l’impression que ce sont des intrus car ils ne sont pas dans la liste (rires).
    Bon weekend !

  4. Mais tu as la pêche Aspho, tu es partout avant moi 😆
    Un com sur les Traboules, ma pauv’… je vois vraiment à quel point tu as été traumatisée la semaine dernière 😆
    Mais, moi, je l’ai, en ligne, mon texte…

    • Je n’ai pas beaucoup dormi surtout !!! 😆 Quand on se lève à l’aube, sûr que l’on est plus performant !!! Je retourne chez toi, tout à l’heure je suis tombée nez à nez avec H;Vilard !!! Et si tu cherches bien, j’ai laissé deux comm’ sur les Traboules !!! Quand Cb marche, je me déchaîne !! 😀

  5. Mais tu crois que j’ai que ça à faire de bien chercher dans les Traboules ? je suis là depuis 7 h ! Bon à part Nunzi qui remarche et Catherine dont le lien n’aboutit pas, j’ai fait le tour des popotes de « mes » potes, si tu vois ce que je veux dire !
    Cette fois, je ferme !
    @ ce soir 😆
    Bises en attendant et bon sam’di

    • Ha quand même ! Pfff ! Tu sais que les Plumards sont matinaux !!! En règle générale… du coup j’ai enlevé le lien complet et remis celui de ton blog, je rechangerai dans la journée, suis un peu lasse de courir après ces liens !!! Je vais te lire !^^

  6. Si j’ai choisi les Sciences nat, tu leur as préféré la littérature 🙂 C’est vrai que Sylvia (tiens un S) a infiniment plus de charisme que mon pauvre Bubulle :-(. Tant pis, je l’aime bien mon carassin doré et adoré).
    Bon w-end under the sun
    Bises

    • @ M-Floraline : Meuh… moi aussi j’ai un Bubulle et tu lui rends un bien bel hommage !!! Ils sont tellement méprisés ces poissons rouges !!! 😀 Bon week-end également, et à lundi pour les T !!! 🙂 Bisous.

    • T’en fais pas Marie-Flo, il faut garder son style 😆
      J’ai renoncé à essayer d’écrire comme notre Marquise de Vendée !!!
      Bises

  7. Très beau.. Langueur, mélancolie, lassitude, et l’envie quand même d’un regain, d’un sursaut de vie..
    vraiment très joli..
    une fois de plus, j’adore ta phrase de chute :
    Qui pouvait lui rendre ce qui gisait à jamais sous ses pas ?

    bisous

  8. Très jolie suite…tu es la plus grande des romantiques de nous tous…le dernier paragraphe est vraiment beau…j’aime beaucoup.
    Je vais attaquer Anna Karénine mais à cause du livre de Jean-paul Enthoven où elle est là comme un fil rouge, je connais déjà la fin…bouh !!

    • Je ne me serais jamais cru capable d’écrire des choses aussi romantiques !!! A vrai dire… Quand on écrit en pensant faire plaisir à quelqu’un en particulier, finalement on parvient à tout imaginer (enfin presque !!!^^)… Pour Anna Karénine, quel dommage de savoir la fin mais bon, Belle du Seigneur aussi tu la connais et ça ne t’empêche pas de le relire ! Il y a des scènes inoubliables dans ces classiques qui justifient la relecture, pas seulement la chute !! Bises.

  9. ton texte est une fois de plus magnifique, c’est le genre d’écriture que j’aime, pleine de poésie et de romantisme, belle plume que tu as là ! bises !!! bon week-end 🙂

  10. ben zut je ne vois pas mon commentaire… j’ai du mal cliquer pour valider …
    Je disais que ton texte est magnifique, plein de poésie et de romantisme, c’est le genre d’écriture que j’aime et j’adore ta plume, très belle à mon gout ! bon week-end et gros bisous ! 🙂

  11. Désolée pour les désagréments occasionnés. La prochaine fois, soit je publie le billet tout court, soit … là, j’avoue que je n’ai aucune idée. M’enfin, Sharon ne va pas aller à Paris tous les samedis, non ? Donc samedi prochain, il ne devrait pas y avoir de beugue.

    • @ Nunzi : J’ai vite trouvé ! La prochaine fois tu le laisses comme il était, ça marchait !!! Et moi je n’aurais plus de famille samedi prochain non plus donc je serai plus dispo !!^^

  12. Un simple songe d’été pour ce récit d’une mendiante de l’Amour ? … La sébile des récriminations restera vraiment vide ? Il faudra plus qu’un simple baiser à la russe en tout cas…

    Coincoins songeurs

  13. je viens enfin lire ton texte 😀 tu es en train de nous concocter une belle romance reste à savoir où cela va mener 🙂 bisous !

    • Euh… Je crois que je vais en rester là ! Sauf si quelque chose me venait mais je suis obligée de faire court, de supprimer les dialogues, donc je la garde sous le coude !!! J’ai tenu 4 épisodes, d’ici vendredi qui sait ??? 😀 Et je ne sais jamais où je vais !!!^^

    • Euh… Je crois que je vais en rester là ! Sauf si quelque chose me venait mais je suis obligée de faire court, de supprimer les dialogues, donc je la garde sous le coude !!! J’ai tenu 4 épisodes, d’ici vendredi qui sait ??? 😀 Et je ne sais jamais où je vais !!!^^

  14. Ping : Une sagesse salutaire… « FICTIONS et frictions

  15. Suis pas à l’heure.
    Et si tu m’engueules….Tant pis . jakline

    Saucisses & salaisons

    C’était la pleine saison.
    Encore enfant, pour s’en sortir, Paco s’était inventé le créneau mariages.
    Très particulièrement dans les endroits spécialisés en noces « Prout-m’as-tu vu ».
    Aux alentours de la capitale régionale !
    Des gens plus que modestes s’endettaient, pour 36 heures de strass & d’épatage de galerie, contre 24 mois à rembourser….ou plus si affinités….le temps du divorce à la clé.

    Le cadre :
    Vielles maisons de famille, castelets déglingués et ancienne noblesse de cape et d’épée, échues à des héritiers en pleine mouise.
    Reconversion réussie dans la brochette pour mariés.
    Pas d’établissements officiels. « Que du bouche à bouche »….
    Tenus par les mêmes qui tiennent « Glaces et pizzas » dans leurs maisons de vacances de bord de plage des années 20, genre décor pour miss Marple ….
    Et tout au noir….
    Houps ! Vous avez dit Fisc ? Que de vulgarité !
    Combine sympa, mais pas fastoche de trouver une main d’œuvre régulière…
    Paris Neuilly Auteuil !…C’est pas d’la tarte !C’est un ghetto !

    Le challenge :
    Vendre cadre et ambiance de rêve Brucolinesque, aux sauvages jeunes femmes en voie de mariage du 21°siècle, gavées d’infotox, & accros de peoples ‘news.
    « Jolies » blanche-neiges, en trop plein de connexions diverses, hormis les neuronales.
    -C’est là que je veux me marrieeeeeeeer , tout en soie !!!!!
    Vouiiii. En gris pâle et rose fuschiaaaaaa !
    Là, Davida l’a dit ! Nà ! Houââââ…..
    Caca nerveux aux quatre beaux-parents et aux deux géniteurs; et hop là !
    Vouiiiii ! Gagné ! Yèèèsseeeeu !
    Yeah !££££ & $$$$$ & €€€€€.

    Pratique de pouvoir faire cracher au bassinet père et mère divorcés, leurs actuels officiels collés, plus la troupe ascendante du fiancé !
    Surprenant nouveau monde avec sa nouvelle sagesse assortie!
    Troisième millénaire : Six à huit sponsors au lieu des trois ou quatre, des seventies.

    Au tout début, largué et seul, il se contentait de faire les poubelles en salivant, alentour de ces lieux trop bien gardés, bruyants & curieux ; le dimanche ou le lundi matin, très, très tôt.
    Systématiquement & avec application, avec son break pourri lui servant de T1/SDB ambulant, il se mit à observer et à suivre discrètement la ronde de ces endroits bizarrement branchés.
    Après ses services d’extra.
    Que de choses étranges, dans ces coins retirés, en cette courte et curieuse période d’enchaînements festifs, précédant les ruptures par consentements mutuels, ou pour faute, à venir.

    Saison des Noces…..
    Saumons à l’aneth, salmis de pintades sauvages, navarins de souris d’agneau aux raisins, dans leur jus de pruneaux d’Agen flambé à l’Armagnac Marseillais.….
    Toutes victuailles bien proprement non déballées. Ils viraient tout, ces zouaves!
    Hop, derrière l’entrée officielle des invités.
    Tout à récupérer ! Que du bon, pour pas dire, que de l’excellent !

    Dans ces soit disant célébrations de noces matuvu, après avoir supporté les embouteillages en queu-leu-leu, la mairie et la cérémonie religieuse, les convives ne pouvaient se retenir, une fois leur caisse dernier cri rangée sur la pelouse .
    Ils se jetaient sur le buffet champêtre, salive en tête, bave aux commissures, s’emplissaient de cacahouètes, pistaches, sandwiches , saumon, salaisons, olives, piques, brochettes et amuse-gueules à la « c’est la mode »…
    Pis,…,calaient sur la vraie bouffe, buvaient, fumaient, dansaient, dragouillaient, dévoraient les desserts, et deux heures après … vomi, cigares, alka seltzer…
    Trou normand, trou noir, enchaînés ; pas pouvoir dire.

    Le traiteur était systématiquement dégoûté !
    Pas lui !
    Ma sébile de luxe ! finie la manche en ville !
    Salutaire inspiration….
    Affaires faites avec tous les pros du pays.

    Au souvenir de la réaction de sa mère à l’époque, un large sourire remonta en lui :
    – J’en mangerai jamais de tes restes de riches ! Et tes frères et sœurs non plus ! On n’est pas des sauvages dans la misère ! Respecte nous ou va-t’en.
    Sin verguenza !

    Elle était pas plus laide qu’une autre la petite Sophie de M…, …, mais sans aucun salero !
    Aucun problème pour la soulever.
    Mais en faire quoi au lit, passés trois mois !
    Serveuse, caissière !? et hop , au taf !
    Pas bête ! suffisait de l’épouser !
    C’est le papa châtelain ruiné qui serait content !! ha ha !
    Action !

    Avec une joie sadique il fit passer le seuil de la « roulotte » à la mariée ; puis du haut des marches se retourna vers l’assistance et déclara :
    – ici c’est chez toi, et jamais le toit n’y fuira, hein bon papa !
    Dès que le cendrier débordera, on prendra le modèle au dessus, hein ma petite daime!
    C’est pas beau ça !?
    Et tout en rangeant vivement l’épousée, il invita l’assistance à rejoindre ses pénates :
    – Allez, tous au lit !
    Rentrez vous coucher dans vos lointaines demeures en dur !
    C’est la France qui se lève tôt qui vous y invite.

  16. Là, je suis scotchée ! 😀 Tu fais carrément mieux que Jane Austen. 😀 J’ai bien fait de prendre le temps de venir lire cette suite, je plonge directement dans la suivante, je lirais les autres après. 😀

    • @ Cériat : euh… Jane Austen, faut pas pousser hein !!! 😆 Y’a pas de suivante, j’ai arrêté là !!! 😦 J’y reviendrai quand je trouverai une suite « cohérente » et des mots qui inspirent (parce que tomate et tortue là ce n’était pas possible !!!^^)…

      • Si, si, je t’assure que ton histoire m’a vraiment plu. 😀 J’ai hâte de voir ton histoire se poursuivre avec les mots en U, alors. 😀 Ça peut donner du piquant à ton héroïne, non ? 😉 Me parles pas d’inspiration, il m’a fallu atteindre les T pour parvenir à finir la mienne. 😉

        • @ Cériat : j’ai commencé cette histoire pour Syl., une amie qui adooore les romances qui finissent bien mais avec mon goût de ce qui va mal je fais une pause pour essayer de lui donner un second souffle !!! Et j’avoue, j’ai manqué de souffle la semaine dernière !!! 😀

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