LES PLUMES DE L’ÉTÉ 18 – LES TEXTES EN R !


Je vous présente les participants qui ont eu la gentillesse de participer à cet épisode des mots en R. Feu d’artifices mouillé du 14 juillet oblige !!! Par ordre d’arrivée des liens, nous avons : Pierrot Bâton, Suzame, Violette Dame Mauve, Marie-Floraline, Janickmm, Oncle Dan, Soène, Bettina, Marlaguette, Mind The Gap, Lilou, Jane Kerouac (welcome !^^), Aymeline, Cériat, Eeguab ElCanardo, Jean-Charles, Nunzi et les félins normands, et les retardataires qui voudront bien laisser leur lien en commentaires : Célestine, LaPlumeetlaPage !!! Bonnes lectures à tous !

Après mon texte, celui de Jakline, sans blog fixe que j’accueille cet été ! J’aimerais Jakline, que tu me joignes par mail si ça ne te dérange pas !

Les 19 mots à placer étaient : rococo – récolte – rivage – rigolo – râler – rebeller (se) – roucouler – rature – rumeur – ruban -regrets – russe -rodéo – rose – rage – rubicond – rasoir -ragondin – rouleau.

Suite de ma romance pour Syl., les épisodes 1 et 2

« L’ÉTERNELLE BEAUTÉ DES REGRETS… »

Boris lui saisit le bras avec rage. Instinctivement, Sylvia lui asséna une gifle monumentale et un un silence glacé s’abattit sur les meubles rococos de la grande salle de bal. L’écho somptuaire de leurs non-dits, rubicond et congestionné vint mourir à leurs pieds. Il releva la tête sans un mot, sans se rebeller et dans ses yeux elle lut qu’elle avait gagné la bataille. A l’instant où il l’attrapait pour la serrer dans ses bras, une image de rodéo et de lasso lui vint à l’esprit… Il la capturait ! Elle cédait en se blottissant ainsi contre lui, en passant la frontière ténue, elle laissait son coeur en exil sur un rivage où elle ne repasserait pas. Elle ne voulait plus se contenter de roucouler dans les bras d’un prince désolé, aussi slave que fût son âme et  russe son nom. Il s’accrochait à elle comme ces longs rubans roses qui courent derrière les cerfs-volants, hypnotisé par le mouvement bachique de leurs corps à la dérive. La lassitude succéda à la colère : comment fuir les rumeurs vipérines, les Hortense et le vide qui dévalait tel un rouleau enténébré au-dessous d’eux ?

L’aube s’était glissée entre leurs doigts mêlés, lourde et chargée des ratures de la veille. Elle se leva sans bruit, funambule qui tangue sur le fil tranchant d’un rasoir. Il restait un peu de nuit mauve sous ses yeux. En longeant le bassin aux nymphéas, un ragondin joyeux détala et un crapaud rigolo reprit ses bonds de feuille en feuille. Plus loin, la future récolte de lavandin embaumait l’air matinal de ses notes sucrées. Elle eût un pincement au coeur ; leurs deux fauteuils rapprochés sous le chêne complice lui fit un choc. Tout respirait l’abandon. Etait-elle condamnée, comme l’avait dit un poète avant elle, de pleurer ces fantômes penchés au-dessus de « l’éternelle beauté des regrets »…

LE TEXTE DE JACKLINE

Hisse et ho.

Les coudes plantés dans le sable, elle s’ennuyait fermement.
Enfin, c’était pas vraiment de l’ennui, plutôt un genre de sentiment gluant contre lequel elle n’arrivait pas à se rebeller, mélange de regrets de rage et de vide .

Comment peut-on ne pas aimer le bord de mer ? Râlait-elle.

Sur qu’il devait avoir peur de l’eau, et s’il le faut ne même pas savoir nager !………
Pffff…….Quel rigolo !….
– Mon rasoir est foutu, je vais en acheter un, je prends le journal, tu veux quelque chose ?
On se rejoint à midi devant les paillotes de la jetée.…!
Comme s’il avait besoin de se raser pendant les vacances !…..
Tous les prétextes étaient bons depuis hier pour éviter la plage.
Elle n’aurait jamais dû renoncer au séjour sans rature prévu avec ses copines, pour partir avec lui . Elle ne le connaissait pratiquement pas, et les rumeurs sur son compte n’étaient peut-être pas vraiment infondées. Vraiment bizarre son attitude.
Si c’était pour rester au bord de la piscine de l’hôtel, sous un parasol à lire l’Equipe ou Nautisme magazine!…Comme un vieux beau aux joues proprettes…

Elle soupira, se tourna sur le coté, et examina le rivage sur sa droite.
Un couple roucoulait, pendant que leur progéniture bâtissait des pièges à chevilles pour joggers, juste en lisière de l’eau, histoire de faire travailler les professionnels de santé du pays.

Une fille en bikini rococo, exhibait sous toutes les coutures ses formes siliconées, prétextant pratiquer  la récolte de coquillages souvenirs.
Et je me baisse, et je m’agenouille, et je fais du quatre pattes, tout en affichant  un sourire de ronéotype bloqué.
Lui manque plus qu’une rose rouge entre les dents ….genre ultra brite.
Sur qu’avec un pareil rodéo, elle va pas rester seule longtemps celle là!
Pfff. En arriver là pour trouver un bonhomme….

Affalé dans un transat de location, un gros type rubicond, mordait au spectacle.
Il essuya d’un coup de langue un filet de salive en formation , et découvrit une dentition orangée, genre  ragondin hépatique..
Sur son torse simiesque,  au beau milieu d’une pilosité jamais contrariée, une chaîne d’or assez épaisse pour attacher un corps-mort de yacht, rutilait.
Bracelet assorti.
Le prototype parfait du mafieux russe.
Fallait pas être dégoûtée…Bof chacun ses trucs….

Une rumeur monta .
Oooooh, haaaaa, la-bas, !…..au large…..le batôôôô oooh !. !……….

Elle se redressa et aperçut un vieux gréement au-delà des premiers rouleaux.
Superbe, on dirait le Belem ! Mais qu’est-ce qu’il viendrait faire ici ?
Ya pas de manœuvres officiellement prévues, et il serait à des miles de son port d’attache !
En plus en ce moment avec le rassemblement international des  Tonnerres de Brest !….C’est plutôt les copines qui risquent de le voir dans le Morbihan.
Non, ça doit être un autre, mais qu’est-ce qu’il lui ressemble !
Les mains en visière, elle essayait de distinguer davantage de détails.
Bizarre, drôle de couleur, jaune vif, et avec une figure de proue !
 Qu’est-ce que ça pouvait bien être ce voilier ?

– Ho ! Alors quoi ? Tu arrives ou faut aller te chercher ?
Il était là, à quatre mètres sur son bâbord, à s’impatienter, accompagné de trois gaillards basanés.
Debout au milieu de la barque , une rame en l’air.
– Oh ! Juan !

Elle traversa le ruban d’algues comme s’il s’était agi d’une passerelle et se rua vers l’annexe bleue et jaune, bras tendus, en criant de joie. Il la hissa à bord sous les rires des matelots espagnols.
– Comment t’as fait ? C’est dingue !? Tu piques !
– Ha ha, pas eu le temps de me raser !……..Je t’expliquerai si tu fais pas la tête comme ce matin !
– Promis !
– Alors souquons ! Cap au grand large ! Y vamos con Dios !

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60 réflexions au sujet de « LES PLUMES DE L’ÉTÉ 18 – LES TEXTES EN R ! »

  1. Allo Allo Miss Aspho
    Ordi fermé chez Soène qui va fêter le 14 juillet à la Commune libre du Mollard 😆
    Pas le temps de lire, ici et ailleurs, le carrosse m’attend à 9 h et je ne voudrais pas que l’auto de mon Amie soit transformé en citrouille et elle en grenouille 😆
    Bonne journée à toi
    Gros bisous à tout l’monde 😆

    • Haaan, j’ai eu une panne d’oreiller !! Me suis réveillée à 8h20… Bonne journée au Mollard avec JMB er Dame Framboise, c’est ça ???^^Tu as prévu le masque et le tuba pour survivre ??? Bonne journée malgré tout et à demain !!! 😀 Bises

    • @ JC : (ma réponse s’est envolée ! ❓ ) Je te disais donc : la QUOI ??? 🙂 On verra la semaine prochaine s’il se passe quelque chose sous le chêne ou si je fais autre chose !!!

  2. quel très beau texte Asphodèle, j’aime vraiment beaucoup toute cette poésie, ton écriture ! merci !
    pour ma part je suis désolée je n’ai pas été inspirée par cet ensemble de mots alors que j’en avais proposé un… ma tête était un peu ailleurs… la semaine prochaine j’espère 😉
    bon week-end et bon 14 juillet !!! bisous ! 🙂

    • Merci Chanone, quel gentil commentaire ! Tu es toute pardonnée, l’inspiration n’est pas forcément là chaque semaine !!! Bonne journée tricolore à toi aussi, bisous ! 😀

      • Asphodèle, pitié!
        Pas sur les doigts, et sur la tête non plus!….
        C’est pas ma Fôôôôte…
        Ma vraie adresse mail censée marcher (en tous cas c’est pour ça que je suis prélevée tous les mois depuis plus de quatorze ans, sur mon compte en banque) :
        jfontoul@aol.com
        Thanks you AOL Europe…..

        Bon j’essaie de t’écrire sur ton mail à toi; but where?
        Allez , « j’y vais chercher » , et si dans 3/4 d’heures j’ai pas pété le clavier de l’ordi…..
        Déja que je me bagarre avec cette cochonnerie de paint-net!…
        Vrai, on devrait faire passer un permis d’ordi aux plus de 50 ans!
        Et retirer des points aux moins doués……
        Ensuite, on leur confisquerait, pour donner le matériel aux enfants des secrétaires de nos représentants élus…..si mal rétribués dans la territoriale….
        Bouh.
        Je vais immédiatement prendre l’air.
        Je sens que je me monte la bouillagaise , comme dit l’autre….
        Et merci pour ta patience!
        Jakline.

        • Haaa ! C’est un plaisir de te lire ! 🙂 Par contre je quitte mon poste quelques heures, j’ai de la famille, mais on va bien réussir à se parler !!! J’ai noté ton mail !!! Bises et ne fais pas monter ta tension !!!^^

  3. De la belle lecture en perspective :-). Je file chez les écrivain(e)s inspiré(e)s.
    Bon w-end (ce dont on est sûr, c’est qu’il sera bien arrosé :-D)
    Quant à Jackline : sous le bureau, tout de suite.

  4. Aspho, tu fais chanter les mots… toujours… et tu les mets en situation comme pour un film. J’aime ce que dit Modrone : « Déchirure romantique »…

    Jackline, ton texte me renvoie à des souvenirs de plage !

  5. Ping : Dans la balance | elcanard@ne

  6. Pour ton texte (Aspho) : « Muhahahahaha » … j’ai été scotché par ton texte. Entre chanson et poésie (« L’écho somptuaire de leurs non-dits, rubicond et congestionné vint mourir à leurs pieds » … je rejoins là aussi PB..), quelles belles inspirations !

    Coincoins fans

    Pour Jackline :
    Quel beau tour de piste sur le sable chaud (« des pièges à chevilles pour joggers », on sent l’expérience :-)) avant un bouquet final à l’espagnole qui n’a rien pour me déplaire ! Olé !

    Coincoins rouge et jaune !

  7. J’aime beaucoup l’image du cerf-volant et le passage sur l’aube. Effectivement, elle est radicale , quand c’est fini c’est fini mais il ne s’est pas trop battu non plus.
    Un grand élan romantique dans tes mots…finalement tu n’es pas prête à marier!!!
    Bises.

  8. ah la gifle que la « femme se permet » en littérature.. essaie de faire çà en vrai, c’est Ok Corral assuré !:p
    J’aime beaucoup ta dernière phrase, très belle chute !:)
    Bon, sinon, tu sais, moi et les simagrées de l’amour .. :p 🙂 Bisous

    • Heureusement que la littérature permet de se défouler ! 🙂 Tu n’as jamais giflé en vrai ??? ça soulage parfois !! Bises J. (j’ai du mal à ne pas t’appeler E^^)…

  9. Quel romantique ce Boris, bravo !
    Bon, cette semaine, je n’ai pas pu participer… Désolée… Pas de déclic à la vue des mots… Pas d’inspiration… Et peu de temps… Rendez-vous la semaine prochaine !
    Bon weekend.

  10. C’est beau l’amour. Et les gifles sont formidables.
    Je ne sais pas si c’est l’écriture du texte ou les événements de cette semaine, mais je suis épuisée, je n’arrête pas de dormir (sur les genoux de Sharon, de préférence).

    • @ Nunzi : tu as eu ne semaine riche en émotions, c’est un peu normal de compenser ! Tu as les genoux de Sharon, c’est déjà bien !!!^^ (écrire fatigue l’esprit, je confirme)…

  11. Syl a bien fait de te réclamer une suite !!!! C’est très beau, avec un brin de romantisme 🙂 A Jakline : on se croirait à la plage, avec tous ses travers 🙂
    Bon je vais aller lire les textes des autres participants, malgré quelques défections on a pas mal de quoi lire !

    • @ Aymeline : c’est toujours jubilatoire d’écrire pour Syl ! Nous sommes le 14 juillet, je pensais qu’il y aurait moins de monde mais ça tourne pas mal !!! 🙂 Bises et bonnes lectures !

  12. J’arrive très, très en retard et je n’ai même pas eu le temps d’aller chez les copains lire les textes de la semaine dernière…
    http://laplumeetlapage.hautetfort.com/archive/2012/07/14/la-langue-de-l-autre.html

    La langue de l’autre

    Elle dénoua le ruban qui retenait les lettres qu’elle avait conservées dans un petit coffret rococo et les jeta dans la cheminée avec quelques regrets. Tout son être se rebellait. Ses confrères avaient franchi le rubicond, leur conduite était impardonnable. Les flammes léchaient le papier comme les vagues le rivage. Bientôt il ne resterait plus rien de leur correspondance. La rumeur avait été plus forte qu’eux. Ce foutu rouleau compresseur de jalousie et de haine avait eu raison de leur attachement.

    A dire vrai ils n’avaient pas besoin de se parler ni de s’écrire pour se comprendre. Ils avaient appris la langue de l’autre: les mots devenaient des codes, les intonations des clés. Les autres étaient verts de rage, ne comprenant rien à leur langage.

    Ils s’étaient rencontrés en décembre. C’est Victoria qui avait fait le premier pas. Elle lui avait parlé de la couleur de sa cravate, de roses et de chevaliers russes. Elle roucoulait. Lui écoutait sans rien dire. Mais leur relation n’avait pas été sans heurts. Il y avait eu quelques ratures. Victoria ne pouvait s’empêcher de dire le fond de sa pensée, le blessant parfois. Elle s’en voulait un peu de le malmener mais préférait la vérité – fusse-t-elle difficile à entendre – plutôt que des encouragements hypocrites. Elle râlait souvent et il la trouvait parfois rasoire.

    Lui ce n’était pas vraiment un rigolo mais Victoria aimait les hommes au caractère bien trempé. C’était un adepte du rodéo fier de montrer sa récolte de trophées. Un autre de ses dadas était la chasse au ragondin. Dans son village ils en faisaient du pâté. Victoria avait pris un air dégoûté quand il lui avait raconté. A-t-on idée de faire du pâté avec un animal aussi peu ragoûtant?

    • Oui tu es très très en retard !! 🙂 J’ajoute ton lien dans mon billet ! Demain c’est la collecte de mots en S jusqu’à 20 heures et samedi la publication des textes, si tu peux m’envoyer ton lien le vendredi ce serait encore mieux !!! Voilà tu sais tout !!! 😀 Ton texte est très bien, cette Victoria est…surprenante !!!^^

  13. Mais voui, c’était ça 😆
    Une belle journée d’été, hier, nous avons été accueillies comme des VIP 😆 j’adore, tu me connais 😆
    Pas de masque et du tuba, on a carburé à la Marquisette 😆

  14. Tu es prête à tout pour faire plaisir à Syl 😆
    Comment vas-tu t’en sortir de cette histoire ? c’est ton feuilleton de l’été ?
    Faut se méfier des Russes, sont rusés…
    Encore une histoire qui va mal tourner…
    Tu as le temps de virer de cap avec les s t u v w x y z… sinon tu ne tiendras pas encore 8 semaines 😆
    Tu y crois toi à « l’éternelle beauté des regrets » ? moi j’aurais dit « cruautée… mais bon, je ne suis pas poète 😆
    Bon dimanche, j’espère que tu vas pouvoir te consacrer du temps rien qu’à toi…
    Bisous d’O.
    Super beau temps encore… I’m sorry… je vais en profiter pour aller au marché, aujourd’hui, je ne reviendrai pas trempée de pluie mais de chaud 😆 trop cool 😆

    • Comment ça prête à tout ??? 😆 Je crois que je vais laisser mon héroïne avec ses regrets éternels et passer à autre chose, à moinssss que les mots en S ne m’inspirent une suite et fin pertinente !! Il s’agit bien de cruauté sans « e » (n’en rajoute pas !!! 😆 )…
      Il n’y aura pas huit semaines, normalement en août, je « pause » une semaine, normalement, j’attends que les lyonnais se décident à monter vers l’Ouest polaire et mouillé…
      Et aujourd’hui, oui, je vais me reposer, au chaud devant la cheminée… Bon marché à toi, bises ! 😀

  15. Ping : LES PLUMES DE L’ÉTÉ 19 – Les textes en S ! Tsssss….. |

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