LE LIVRE DE MA MÈRE d’ Albert Cohen


cohen le livre de ma mereUn livre lu en Lecture Commune avec Mind the Gap, sans nous être concertés, au hasard d’un mail nous en avons parlé et avons décidé d’en faire une LC. C’est chouette quand ça arrive, n’hésitez jamais à parler de votre lecture en cours…

Pas de résumé sur la quatrième de couverture , juste huit phrases de chroniqueurs littéraires, d’auteurs de l’époque d’Albert Cohen, tous unanimes pour dire qu’il s’agit là d’un monument de la littérature. Au hasard, sur les huit, ce qu’en a dit Marcel Pagnol : « Un chef-d’oeuvre : Le livre de ma mère. Un livre unique et qui durera. La plus belle histoire d’amour. » Un livre autobiographique paru en 1954 alors que la mère d’Albert Cohen était décédée depuis 1943.

Ce livre va au-delà du coup de coeur tant il est vibrant de sincérité et vous savez que pour qu’un livre me plaise il faut que je sente cette sincérité humble, nue, dépouillée d’artifices littéraires et verbeux pour faire passer le message…et, accessoirement, m’émouvoir au plus haut point. Oui j’ai pleuré en lisant certains passages mais c’était couru…

Albert Cohen écrit ce livre alors que sa mère est morte et enterrée. Il n’a trouvé que les mots pour la faire revivre, lui redonner chair, elle qui gît ensevelie sous la terre des morts. « Somptueuse toi ma plume d’or, va sur la feuille, va au hasard tandis que j’ai quelque jeunesse encore (…). Va ton long cheminement irrégulier, hésitant comme en rêve (…). Oui, les mots, ma patrie, les mots ça console et ça venge. » (p.10). Il écrit en battant sa coulpe de ne pas l’avoir assez aimée, de n’avoir pas su ce que cet amour représentait vraiment car il allait de soi. Il ne devient pas seulement orphelin en la perdant mais veuf également car cet amour est universel, il s’adresse à la mère, à la femme, à l’enfant et à l’amie qu’elle a été,  il va jusqu’à lui dire : « (…), toi humble et méconnue, ma géniale.  Maman ma petite fille chérie. » (p.75). Cette violente amputation ne peut se combler, alors lui restent les mots, ces pauvres mots qu’il écrit comme on érigerait un mausolée de papier, une obélisque d’encre et de sang à la gloire de celle qui « n’avait pas de vie, elle avait un fils ». Moi. » Tout est dit en ces quelques mots.

Tout en faisant son mea culpa de fils indigne, du moins pas à la hauteur de l’amour qu’il a reçu et si mal rendu, il déroule pour nous un album de souvenirs, empli d’images précises, de petits détails inoubliés et inoubliables : « Dans ma solitude, je me chante la berceuse douce, si douce, que ma mère me chantait, ma mère sur qui la mort a posé ses doigts de glace et je me dis, avec dans la gorge un sanglot sec qui ne veut pas sortir, je me dis que ses petites mains ne sont plus chaudes et que jamais plus je les porterais douces à mon front » (p.73).

Il redevient tellement enfant en feuilletant cet album qui va de sa naissance à son quotidien sans sa mère que c’en est parfois d’une puérilité touchante. Même ces passages ont le mérite de nous attendrir. Il ose tout littérairement parlant. En se flagellant également, il cite d’adorables exemples démontrant qu’il n’a cessé de pécher en n’aimant pas assez cette femme entièrement dévouée à son fils, d’avoir eu l’orgueil de trouver ses défauts insupportables de son vivant. Dans la liste des éternels regrets qu’il lui faudra porter il y a celui d’avoir maintenu sa mère dans la certitude de son infériorité sociale alors même qu’il a méprisé la plupart de ces « grands » qu’il côtoyait et aux soirées desquels sa mère n’était jamais conviée.

Comme il sait qu’il n’y aura jamais de repentir assez puissant pour l’excuser de ses manquements, il considère que ce livre est un moyen de la venger. Une vengeance sociale post-mortem. Il en profite pour égratigner les snobs de tous poils qu’il a fréquentés, ses anciens condisciples de lycée qui se gaussaient de son accent, lui prédisant qu’il n’irait jamais jusqu’au baccalauréat, qu’il « ne leur ressemblait pas ». « Effectivement » rétorqua-t-il et, avec une drôlerie insoupçonnée,  il les cite tous un par un pour les ridiculiser. La cruauté enfantine ou adolescente ne s’oublie pas et la vengeance mêlée de dérision, d’ironie à la Cohen est un plat qui décidément se mange très froid ! Mine de rien, nous apprenons comment une petite famille juive originaire de Corfou et ne parlant que le vénitien va faire son trou à Marseille, comment en arrivant à l’âge de cinq ans sans parler un mot de français, il va apprendre vite très vite et aura son Bac à 18 ans…

La conclusion est bouleversante. Il harangue les fils du monde entier, il les enjoint à chérir et aimer leur mère tant qu’ils ont la chance de l’avoir vivante dans leur vie, de ne pas suivre son exemple de fils trop souvent ingrat. « Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n’aurai pas écrit en vain, si l’un de vous, après avoir lu mon chant de mort, est plus doux avec sa mère, un soir, à cause de moi et de ma mère. » (p.169). Ce livre est truffé de post-it, j’aurais pu vous citer le double mais lisez-le, vous connaissez le sujet, il n’est pas gai, ce n’est pas un livre de « saison » mais il a le mérite d’être sublime. C’est aussi cela qu’on attend d’un livre. D’ailleurs, maintenant il fait partie de mon carré V.I.P, de ces livres précieux que l’on offre les yeux fermés, que l’on garde près de soi, à portée de main et de coeur car on sait qu’un jour viendra… et là, je me dis que malgré l’infinie tristesse qui transpire , malgré les larmes, je me dis que sûrement ce livre me consolera…

56 avis sur Babélio.

Allez voir ce qu’en a pensé l’ami Mind the Gap.

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75 réflexions au sujet de « LE LIVRE DE MA MÈRE d’ Albert Cohen »

    • Lili, j’ai lu ton avis sur Babékio après avoir fait mon billet et j’ai même vu que nous avions relevé beaucoup de passages semblables (j’ai des post-it à l’appui !!! :lol:) . C’est parfois grandiloquent et maldroit mais c’est un style inimitable ! J’ai versé quelques larmes et c’est assez rare…

  1. Mince, je me souviens l’avoir trouvé franchement ennuyeux et insipide… « Ô vous, frères humains » lu dans la foulée m’avait achevé. Je me suis promise depuis de ne plus relire Cohen, ou du moins, pas avant un sacré bout de temps. Mais bon, comme pas mal de classiques détestés, on se demande toujours si on détesterait toujours si on le lisait aujourd’hui… (je ne suis pas prête à retenter l’expérience néanmoins :D)

    • Lili c’est un style particulier, je me demande si, à l’heure actuelle, ses livres seraient publiés dans leur version intégrale car il utilise beaucoup la scansion ce qui peut parfois donner une impression répétitive ou grandiloquente mais comme je le dis, il y met ses tripes et ça c’est beau ! J’ai eu du mal avec certains passages de Belle Du Seigneur mais pareil, la beauté de l’ensemble prime ! Maintenant, on ne peut tout aimer mais à l’occasion réessaie, ce n’est pas un pavé comme BDS ! 😉 Cependant, je crois qu’il est important d’avoir quelques éléments de sa bio avant de le lire, ça a son importance et donne une autre dimension à ses livres ! 😉

    • Ho merci Syl., d’autant que ce billet a été dur à écrire, j’avais une boule dans la gorge moi aussi hier… Mais c’est un sujet intemporel qui, malgré les particularités propres aux mères juives, le rend universel. Vraiment, je te le conseille ! 🙂 (avec une boîte de mouchoirs à côté)^^…

    • Keisha, j’ai eu du mal aussi avec BDS, j’ai sauté des passages mais au final j’en garde un souvenir ébloui ! Ici le livre est court (175 pages) et il nous happe dans sa douleur, nous emmène dans ses souvenirs et encore une fois, malgré quelques maladresses que l’ont peut trouver exagérées aujourd’hui (à l’ère de l’épuration du style), malgré cela il est bouleversant, enfin c’est mon ressenti et je n’ai pas la prétention de croire que tout le monde va l’aimer pareil ! A l’occasion, si tu le feuillètes en biblio, lis juste le premier paragraphe… CE N’EST PAS UN PAVE !!! Je le crie haut et fort hei car visiblement il y a beaucoup de traumatisés qui ont survécu difficilement à BDS !!! 😆

    • Laeti c’est un auteur qui nous prend par les sentiments et les émotions ! Il est particulier, Cohen c’est aussi un style exigeant mais il en vaut la peine ! J’ai commencé par Belle du Seigneur, un pavé parfois indigeste dont je garde un merveilleux souvenir mais qu’il me faudra relire (avec joie cette fois-ci) alors je ne peux que te conseiller celui-ci qui est une bonne mise en bouche pas très longue (175 p.) ! 😉

  2. Ton billet est magnifique. Cependant pas envie de lire ce roman. Pas pour ce qu’il pourrait toucher de ma vie personnelle, non. Mais parce que je crois sincèrement que nous, les mères, accompagnons nos enfants pour qu’ils soient parfois (voire souvent) ingrats envers nous. C’est comme ça, à mon sens, qu’ils peuvent se construire une identité propre. Ça leur permet de n’avoir pas une relation fusionnelle avec nous. Dans ce que je lis de ta chronique, Albert Cohen avait, sans le savoir, une relation fusionnelle avec sa mère. Qu’ils n’ont sans doute pas su gérer. Cet adieu post-mortem pourrait me faire penser à un règlement de compte, même si ce n’est pas de cela qu’il s’agit. C’est à cause de cette arrière-pensée (non fondée, peut-être) que je ne pourrais pas entrer dans ce texte.

    • Non Martine, tu as tout faux là ! Ou alors c’est que je me suis mal exprimée (en même temps il y a tant à dire sur ce livre que je suis restée sur l’essentiel). Justement sa mère lui dit à un moment qu’il est « bien que les fils soient ingrats, c’est un signe de bonne santé » ! Alors elle était prête à TOUT supporter cette mère mais justement, il l’a tenue en retrait (à cause de son statut social) et s’en repend cruellement ! Quand ils étaient ensemble, ils retrouvaient leur complicité de toujours mais il n’y avait rien d’oedipien, d’où peut-être ce repentir excessif mais si beau, si bien écrit, si émouvant ! Dans les familles juives de cette époque (avec ce qu’ils avaient enduré pour survivre en France), ils ne se préoccupaient pas de la « gestion de leurs sentiments » ! Après, le style de Cohen, souvent égaré par la scansion plaît ou ne plaît pas mais c’est un autre débat ! Et enfin, si tu en as l’occasion, lis au moins le début, tu verras si yu y entres ou pas ! 😉 En revanche oui, il règle ses comptes mais pas avec sa mère, avec le monde qu’il a côtoyé et c’est bien envoyé !

  3. Je viens de le noter car ton billet me donne très envie de le lire. J’espère le trouver à la BDS (bibliothèque de la Somme). Merci pour ce merveilleux billet
    Très bonne journée

    • Astrid ho oui les bibliothèques doivent l’avoir, c’est un auteur beaucoup étudié en classe ! Je te souhaite de l’aimer, d’être aussi émue que je l’ai été ! Mais attention, c’est un livre exigeant pas fait pour se « détendre »… Bonne fin de journée ! 🙂

    • Nélinha, la lecture est ma passion première et la raison d’être de ce blog alors oui j’aime partager mes lectures, surtout quand je les ai aimées à ce point ! 😉 Bises

    • ManU : en espérant qu’il te plaise autant qu’à moi ! En effet c’est toujours délicat quand on a aimé un livre et donc qu’on en a dit le plus grand bien de savoir que celles et ceux qui vont le lire pourraient être déçus, c’est le risque car il y a aussi la subjectivité qui entre en ligne de compte ! 😉

    • Nadael, Albert Cohen divise, on aime ou pas, son style est vraiment particulier, je te conseillerais plutôt de commencer par celui-ci, autobiographique, de lire sa bio sur Wiki (ou ailleurs), ce serait une bonne introduction à BDS qui est quand même un sacré pavé, j’ai mis deux mois à le lire, pas chroniqué, il m’aurait fallu 3 billets mais j’ai souvent mis des extraits car comme souvent chez cet auteur, le pire côtoie le meilleur mais rien que pour le meilleur ça vaut le coup de se pencher dessus ! Après…si tu n’accroches pas, rien ne t’empêche d’arrêter et de reprendre dans quelques années ! 😉

  4. J’ai toujours beaucoup de mal avec Cohen. Belle du seigneur a été commencé et abandonné trois fois et bien que le marque-page y soit encore, je doute de le finir un jour mais ton billet est superbe 🙂

    • Coucou Estelle et contente de te revoir, j’ai lu ton billet de la semaine dernière relatant tes péripéties et tes angoisses mais comme presque toujours sur BS, mon comm s’est envolé ! 😦 Tout ça pour te dire que je t’ai à l’oeil !!!! 😆
      Pour Cohen, comme je l’ai déjà dit, c’est un style vraiment particulier qui divise ou fédère mais le mieux pour moi est encore de ne pas se forcer si l’envie n’y est pas ! Toutefois celui-ci ne fait que 175 pages et tu peux toujours le commencer, si tu n’accroches pas et bien, tu arrêtes !!! Bises à toi et ta puce !

  5. Tu as fait un billet magnifique, mais je n’ai jamais eu envie de lire Cohen ; je m’en fait l’idée d’un pavé indigestion et en ce moment les pavés … ça ne me dit rien 😉

    • Merci Aifelle, ce compliment venant de toi me touche beaucoup ! 😉 Maintenant Cohen est un auteur particulier avec un style invraisemblable, on aime ou pas mais quand on aime…c’est juste génial ! Ce n’est pas du tout un pavé (je vais le rajouter sur mon billet) il ne fait que 175 pages contrairement à Belle du Seigneur qui lui n’est pas loin des 1000 !!! 🙂 Je trouve même que pour se faire une idée de Cohen ce livre est idéal ! Je ne dis pas qu’il est parfait mais nous n’en ressortons pas indifférents… En tous cas il m’a énormément touchée (et pourtant je n’ai pas une mère juive) !!!^^

    • Belette je dirais même pas du tout ton genre mais va savoir, un jour tu croiseras sa route alors ne l’évite pas, lis au moins le début et si ça ne te plaît pas arrête mais essaie ! Quand tu pourras et plus tard aussi, tu es trop jeune pour l’instant !!! 😆

        • Ma Belette, mon intention n’était pas de te moucher (beurk) !!! 😆 Je dis ça parce que depuis que je sais que j’ai 22 ans d’âge mental… je ne fais pas ma fière !!! Mais c’est quand même vrai que ce n’est pas trop un livre pour l’adolescence, à étudier peut-être (et encore), il faut avoir une certaine maturité pour l’apprécier à sa juste valeur ! je ne dis pas non plus que tu n’es pas mature mais là je ne sais pas si c’est le bon moment pour toi ! Bon hein, tu peux toujours essayer et tu verras !!! 😆 Bises là où j’ai soufflé en mouchant pour me faire pardonner ! 😀

          • Tu peux me moucher, ça me fait rire 😉 Ma maturité n’est pas encore arrivée, la preuve, le fruit que je suis n’est pas encore tombé de son arbre.

            Niveau âge mental, je pense que je tourne autour des 8 ans et encore !! Parfois, c’est moins ! 😀

            Il y a des livres auxquels je ne me serais pas attaquée plus jeune, sachant bien que je ne les apprécierais pas à leur juste valeur 😉

            la maturité, elle est en constante évolution ! Je la travaille, mais c’est pas facile, hein ! 😆

            Kiss ! et des gros.

    • Emma, je ne force personne, surtout pas !!! Et c’est mieux quand un livre vient à toi, que c’est justement le bon moment, on l’apprécie alors vraiment à sa juste valeur ! 😉

    • Lydia, ne jamais se forcer ou le moins possible (des fois on se force un peu et on a de bonnes surprises mais pas toujours) !Cohenn c’est vraiment un style très particulier avant tout ! Mais juste pour info : Lili a AUSSI adoré ce livre, tu vois où je veux en venir ? En général…mais bon c’est en général et les ressentis de chacun ne sont jamais les mêmes !!! 😆 Quand tu le sentiras si tu le sens un jour ! Bises !

  6. Merci du partage Isa, je vois que les avis sont partagés sur ce livre, si tu as aimé, je suis ravie.
    Le ressenti de chacun peut être tellement différent !
    Gros bisous et bon après-midi.
    Lylou

    • Lydia, j’ai beaucoup de mal avec les billets de lecture (ça ne t’aura pas échappé 😆 ) mais une fois que je suis dedans, l’envie revient, je sens que je vais me forcer un peu pour au moins rattraper mon retard… Bises et bonne fin d’après-midi, ici fin de pluie et d’orage mais ciel toujours menaçant ! 😉

    • Lylou c’est effectivement un grand auteur mais qui soit divise, soit embrase !!! Il faut se faire sa propre opinion c’est encore ce qu’il y a de MIEUX! GROS bisous et à très vite chez toi ! 😀

  7. Jamais lu Albert Cohen et ça ne fait pas partie de mes priorités, au vu du style j’ai peur de ne pas aimer mais le sujet est beau et tu donnes envie en tout cas d’aller le feuilleter !

    • Bianca, je pars du principe qu’il ne faut surtout pas se forcer quand un auteur ne nous attire pas, d’autant que par expérience je peux t’affirmer que je ne l’aurais certainement pas apprécié il y a une dizaine d’années ! Nous avons nos « époques », nos « périodes » en littérature alors il faut suivre ses envies, c’est encore mieux ! Bises et un jour peut-être le liras-tu…

  8. Je ne reviens pas sur le contenu et le talent de Cohen.
    Je peux imaginer pourquoi ce sujet là t’a touchée au delà de la plume exceptionnelle de l’auteur.
    Albert Cohen divise en effet mais pas toujours pour les bonnes raisons…les gens fuient parce qu’il dit la vérité de manière impitoyable au milieu de ses envolées lyriques. Cohen était obsédé par la mort, la persécution du peuple juif et je le crois, par l’hypocrisie et la fausseté de l’être humain , particulièrement dans le domaine de l’amour.
    Par contre je crois qu’en effet le couple mère-fils qu’il formait avec sa maman a du être assez névrotique pour lui…je ne sais pas ci cela peut expliquer sa très longue et très sévère dépression ( il a failli en mourir).
    Pour l’anecdote littéraire; Belle Du Seigneur reste à ce jour le livre le plus vendu dans la collection blanche de chez Gallimard. Quant à Marcel Pagnol, étant l’un des très rares amis intimes et frères de Cohen, normal qu’il ait aimé Le livre de ma mère…

    • Mindounet, bien sûr quand on vit avec une maman en fin de parcours, on sait qu’on passera par ce qu’il décrit, on sait quen même en ayant fait le maximum, on aura des regrets mais ce n’est tant cela qui m’a le plus touchée, c’est l’ensemble, son humilité face à cet amour… et beaucoup d’autres chose (le portrait social aussi de l’époque) ! Pour ce qui est de la persécution des juifs, il avait du grain à moudre :; il est né en 1895 et a connu quelques ghettos et en Suisse le racisme anti-juif (face aux luthériens) a toujours été virulent (aujourd’hui je ne sais pas mais les luthériens seront toujours les luthériens). ET cite-moi une seule relation mère-fils qui n’induise pas une forme de névrose, cherche !!! Je pense que son anorexie et son mal-être avaient des racines plus profondes que la simple mort de sa mère même si celle-ci représentait un « monde » immense et quand elle est morte ce monde s’est aussi écroulé ! Mais bon on ne va pas le psychanalyser maintenant, on est contents qu’il ait été névrosé, ça a donné des livres fantastiques ! 😉 Bises

    • Somaja, il a un humour incroyable entre ses larmes, il ne sen prive pas d’ailleurs pour démonter certaines personnes qu’il a fréquentées et qui n’arrivaient pas à la cheville de sa mère ! C’est aussi un pamphlet contre les codes que nous impose la société avec ses hypocrisies et ses situations burlesques ! C’est un livre magnifique, je n’ai pas d’autres mots…

    • Adalana, dans ce cas il ne faut pas te forcer, tu en auras peut-être envie plus tard, à une autre époque de ta vie, nos goûts changent et évoluent avec le temps ! 😉 Bises

    • Alex, ça ne m’étonne pas, je pense que c’est un livre, comme je l’ai dit, qui va rester à proximité et j’en relirai des passages à l’occasion (comme BDS d’ailleurs) 😉

  9. Je connaissais cet auteur, pas ce livre!!! Tu as le don de nous donner envie de lire tes bouquins, mais hélas où pourrais-je trouver encore un instant pour bouquiner en dehors de la nuit hihi!!!
    J’en prends note tout de même et j’en parlerai avec mes vieilles copines de classe lors de notre petite sortie mensuelle où nous allons manger ensemble et ou nous partageons nos lectures respectives 😉
    Je t’avoue avoir la tête ailleurs, ce n’est pas le jour de la « poésie du jeudi »???
    Pas grave, quoi qu’il en soit j’ai publié un poème moi, na, parce que c’est une date anniversaire que ce 22 mai 😉 pour moi 😉
    Donc je te donne mon lien et si je me suis trompée de jeudi, ben tu le garderas bien au chaud 😉

    Bisous Aspho et douce soirée!!!
    Domi.
    http://lecoindemapoesie.apln-blog.fr/2014/05/22/trente-ans-et-deux-poussieres/

    • Domi, je fais envie parce que j’ai aimé, forcément, je dis ce que j’ai ressenti ! Si tu as l’occasion de le feuilleter n’hésite pas, je suis sûre que tu le prendras pour le lire en entier, c’est vraiment une ode à toutes les mères mais celle de Cohen est magnifiée !
      Sinon pour la poésie je suis allée lire ton poème, ce n’est pas la bonne semaine évidemment 🙄 je t’ai tout expliqué chez toi, tiens moi au courant, tsss ! 😆

    • Val, je ne m’attendais pas à être aussi déstabilisée, Cohen se met vraiment à nu, redevient un petit garçon devant cette mère si mal aimée (qu’il croit et qu’il dit)… Je te le conseille…

  10. j’avais aimé ce livre qui m’avait touchée peut-être pour les mêmes raisons que toi à l’époque où je l’ai lu… Cependant Belle du seigneur reste pour moi le chef d’oeuvre de Cohen. Mais je ne sais si je l’aimerais toujours, les passages que tu cites me paraissent manquer de simplicité au niveau stylistique!

    • Claudia, c’est sûr que BDS est incomparable ! Cohen même pour émettre des sensations simples, dans cette mise à nu sincère a des formules qui datent certainement un peu ! Moi je suis fan donc je lui pardonne mais à des plus jeunes ou des qui ne connaissent pas du tout cela pourra sembler légèrement ampoulé pour certains passages… Comme toi j’hésite toujours à relire certains livres que j’ai beaucoup aimé plus jeune, peur d’être déçue, de voir des défauts que je n’avais pas vus, donc j’évite mais pour certains, ça passe toujours aussi bien, c’est de l’intemporel…

  11. Quel livre magnifique… Dans un style complètement différent que « Belle du Seigneur », je l’ai préféré à ce dernier et j’en garde un souvenir indélébile…
    Fais de beaux rêves Isa… 🙂

    • Ma Béa, nous avons tous eu (ou avons encore la chance d’en avoir une) une mère, pas forcément une mère juive avec les excès que cela comporte donc ce sujet est universel ! Je te le conseille… Et je te fais de gros bisous♥

  12. Mon Dieu que ton billet est beau Aspho…Je n’ai jamais osé le lire en entier (hormis des extraits scolaires) parce que j’avais tellement aimé Belle du Seigneur (ensuite j’avais été déçue par SOlal) et du coup je m’étais dit qu’il fallait que je reste sur le meilleur de Cohen….
    Maintenant je revois mon point de vue…

    • Galéa, j’avais un peu peur moi aussi après BDS lue il y a deux ans mais quel bonheur de retrouver ce style flamboyant avec toujours quelques excès, quelques maladresses mais on lui pardonne tout à Cohen tant le livre est écrit avec les tripes ! Alors certes cet amour peut sembler excessif mais quand on connait les mères juives, je peux t’assurer qu’il n’exagère pas ! 😉 Lis-le et nous en reparlerons !

    • Saralaura, ce livre est une merveille d’écriture et d’émotion, une ode aux mères en général, à celle de l’auteur en particulier ! Je te le conseille, il doit être traduit en espagnol ! 😉

    • Theoma, ha ? Nous avons souvent des ressentis communs, je parle pour les livres que nous avons lus toutes les deux (ce qui n’est pas courant), tu lis beaucoup de « jeunesse », contrairement à moi ! 😀

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