LES PLUMES 28, les textes tombés du CIEL !


écritoire vanishingintoclouds(3)Ha ha, on rigole moins quand il s’agit d’écrire, il y a moins de monde que le lundi de collecte, on ne fait plus le mariole (ou la) ! Bon, je serai absente aujourd’hui une grande partie de la journée, donc je passerai vous lire en fin d’après-midi ou dans la journée de dimanche. Pour les retardataires, laissez vos liens en commentaires dans un premier temps, je les ajouterai dès mon retour ! Vous avez quand même 22 textes à lire, sans compter le mien…

Par ordre d’arrivée des liens, nous avons : Martine de Littér’Auteurs, Dame Mauve, Martine27, Marlaguette, Adrienne, Nunzi, ValentyneDan Gazénia, Eva (de Randonnez-vous dans ce blog et non EvaLire), Janick, Jacou, Soène, Cériat, Carnets paresseux (bienvenue), Astrid, DimDamDom59, Biancat’s room. Célestine, Pascal Bléval. Evalire et sa soeur Momo que j’ajoute ce dimanche ! Et Patchcath ce lundi 26 mai ! PatchCath, le 30 mai, ajoutée le 31 (sorry Patch mais j’avais prévenu que je serai absente)…

Les 22 mots imposés étaient : mardi, nuage, mari, enfer, empyrée, céleste, horizon, lit, paradis, tempête, embellie, azur, atmosphère, étoile, tonnerre, mystérieux, septième, coin, vague, festoyer, feuillée, fable. Comme il y en a plus de 20, vous aviez la possibilité d’en ôter un.

Ne vous étonnez pas en lisant mon texte ci-dessous si vous y reconnaissez certains mots de la dernière collecte d’Olivia, j’avais effectivement commencé un texte que je n’avais pas eu le temps de finaliser, aussi ai-je laissé les mots déjà utilisés plutôt que de tout avoir à changer…  Par ailleurs, c’est un peu Charles Cros, le poète que je vous ai présenté jeudi qui m’a inspiré ce texte, le point de départ seulement, pas la fin, je précise ; je ne connais pas suffisamment sa vie et, l’époque de mon histoire est contemporaine…

SOUS LES FEUILLÉES DE L’ABSENCEgrève du poète infinite-paradox

Le poète marchait sans but sur la grève triste qu’ensoleillait un début de printemps. Son coeur malmené battait au diapason des vagues encore frissonnantes d’avoir été battues par la dernière tempête d’avril. L’écume se brisait rageusement sur le rivage, le poète n’y voyait que bave rancunière plutôt que scintillations éphémères. La voûte céleste l’oppressait, il lui semblait que l’infini avait raccourci sa ligne d’horizon, le privant de l’embellie annoncée. Il pestait de n’être pas maudit, de n’être ni connu ni reconnu et encore moins célèbre. Ingratitude de la société qui ne voit dans le poète qu’un inutile faiseur de mots sans importance. Comme si ça ne suffisait pas,  justement, les mots, ses chers amis les mots venaient de le déserter. Plus de rime qui accrochait la lumière,  plus de fulgurances dégringolant du ciel en une valse bleue pour faire danser ses poèmes. Comme au temps où  ses vers tourbillonnaient dans les baïnes insondables des profondeurs. Quand les flots ourlés d’écume l’enivraient . Aucun alcool  ne remplaçait l’ivresse procurée par le galop des mots sur sa feuille noircie d’encre enfiévrée. Et personne pour le consoler, l’encourager d’un baiser complice sur son front brûlant. Elle aussi, était partie. Mardi dernier, sans se retourner, sans un regard pour le lit défait où elle ne dormirait plus à ses côtés. Juste un mot laconique venu de l’enfer : « Adieu, toi et moi c’était une erreur, c’est fini. » Une erreur !!! Mais de quoi ou, pire, de qui parlait-elle ?

Il prit le chemin des dunes pour rejoindre la plage alors que le soir approchait. En contrebas, une bande de jeunes avait allumé un feu et festoyaient en faisant griller des brochettes parfumées à la guimauve. « Si encore j’avais été son mari » pensa-t-il tout haut, « elle était libre avec moi. »  L’atmosphère était saturée d’odeurs trop fortes pour s’accoupler à son esprit en déroute. L’iode, les algues de la marée descendante et maintenant cette…guimauve écoeurante ! Où était-elle, sa bien-aimée, sa muse, celle pour qui l’empyrée jamais ne serait assez haut, assez loin pour contenir leurs amours destinées à l’éternité ? Lui avait-elle préféré un mondain, conteur de fables qui roulait en voiture de luxe  ?

Crédit photos : Martine de Littér'auteurs, sans retouches aucune à La Côte-Saint-André...

Crédit photos : Martine de Littér’auteurs, sans retouches aucune à La Côte-Saint-André…

En ce septième jour de vie solitaire, l’âme dissoute dans la mélancolie du crépuscule, il cherchait un coin sombre et mystérieux pour cacher ses larmes. Le ciel avait changé d’un coup. Il resplendissait d’épais nuages rougeoyants qui donnaient à la lande une couleur irréelle. Il entendait le tonnerre gronder au loin. Alors comme un fou, après avoir déchiré au vent ses derniers feuillets, il courut vers l’océan flamboyant, les bras tendus comme ces hommes qui espèrent rattraper ce qu’ils viennent de perdre. Il courut à en avoir le souffle coupé, il avait la sensation que des paillettes dorées tomberaient des flammes qui lui rendraient ses mots, il courut jusqu’à ce que, enfin, les flots et le ciel se confondent. Il ne savait pas nager…

Mais après tout, qu’est-ce en ce monde que la mort d’un poète ? Personne encore n’a la morale de cette fable…

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50 réflexions au sujet de « LES PLUMES 28, les textes tombés du CIEL ! »

  1. Un texte qui prend au cœur.

    Je sais faire des vers perpétuels. Les hommes
    Sont ravis à ma voix qui dit la vérité.
    La suprême raison dont j’ai, fier, hérité
    Ne se payerait pas avec toutes les sommes.

    J’ai tout touché : le feu, les femmes, et les pommes ;
    J’ai tout senti : l’hiver, le printemps et l’été ;
    J’ai tout trouvé, nul mur ne m’ayant arrêté.
    Mais Chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ?

    Je me distrais à voir à travers les carreaux
    Des boutiques, les gants, les truffes et les chèques
    Où le bonheur est un suivi de six zéros.

    Je m’étonne, valant bien les rois, les évêques,
    Les colonels et les receveurs généraux
    De n’avoir pas de l’eau, du soleil, des pastèques..

    Charles Cros

    • Merci Lylou, oui je sais c’est triste mais souvent mes textes le sont, mes textes seulement, je précise ! 😆 J’ai passé un week-end éloigné de mon ordi, mais un très beau week-end, je m’y remets aujourd’hui avec ardeur ! Bises♥

  2. Nous n’aurons sans doute jamais la morale de cette fable, mais ce que je peux dire : c’est qu’en dépit de l’inutilité de ses mots, le poète embelli, voire nourri l’âme. 😉
    Ton texte est magnifique et touchant. 😀 J’adore ! 😀
    Bises 😀

    • Cériat, on ne demande pas à un poète d’être utile, il est indispensable ! Mais il arrive souvent qu’un poète ne puisse vivre de ses vers et là alors oui, il se croit inutile, ce qui est faux bien sûr mais cela nourrit la légende du poète « maudit » !!! 😀 Bises

    • Merci Célestine pour le compliment, ma température va bien pourtant mais si tu le dis !!! 😆 C’est vrai que les poètes deviennent rares, il faut les dénicher et les faire sortir de leur anonymat, ce n’est pas facile…

  3. Quel dommage ce poète si malheureux ne savait pas que les mots qui lui manquaient étaient sur le blog d’Asphodèle. je blague mais ton texte est magnifique. je n’ai pas craqué pour les mots cette fois, trop occupée par un trek au Maroc mais ma sœur Momo définitivement accro m’a transmis sa production que je t’envoie un peu tardivement http://evalire.over-blog.com/2014/05/momo-et-les-plumes-28.html bises et toujours et encore merci pour ce plaisir de jouer avec les mots .

    • Ha ha Eva, tu me fais rire !!! Ton trek au Maroc aussi m’a fait sourire mais je n’arrive pas à laisser de comms sur ton blog (enfin…hier en tous cas, j’y retourne, des fois c’est passager, heureusement) 😉

  4. Bravo pour ce beau texte, moi j’imagine que la mer n’a pas voulu de lui, que les vagues l’ont ramené vers la grève, que les mangeurs de guimauve l’ont secouru et qu’il écrira plus tard des vers pour une autre.
    Bonne fête aux mamans et pensée pour celles qui n’ont pu en avoir ou qui en ont perdu…

  5. Bon je ne vais pas te faire le coup de te commenter à partir de ce que j’ai lu dans tes commentaires hein mdr!!!
    Mon dimanche à moi est encore loin d’être terminé c’est pourquoi je n’ai pas encore eu le temps de venir lire toute les participations , alors que la plupart sont déjà venus chez moi 😦 sauf un 😦
    C’est l’ami Jean-Charles, mais je le pardonne je sais qu’il a eu fort à faire aujourd’hui 😉
    J’ai vu qu’il s’était présenté aux élections et qu’il a eu un et un seul votant pour lui 😳

    Jean-Charles si tu me lis c’est pour rire hein 🙂
    Bisous la compagnie, je passe demain vous lire promis 🙂
    Domi.

    • Domi, JC ne lit pas quand il ne participe pas et si tu regardes la liste, il n’a pas écrit de texte pour les Plumes cette semaine, ça arrive ! C’est plus facile de faire le zozo en commentaires le lundi que de suer sang et eau pour écrire, mouhaha ! Je vais terminer aujourd’hui mon tour des textes, je ne m’en sors pas trop mal vues les circonstances ! 😀

  6. Hello Miss Aspho,
    Ton texte est triste comme le ciel de ce matin, mais il est tellement plus beau et plus poétique que les gros vilains nuages 😉
    Impossible de lire tous les billets 😳
    Bonne semaine et gros bisous

    • Merci ma So’N, ici le soleil passe et hop il pleut, sauf samedi (journée bénie) mais bon, on fait avec ! 😉 Pour les textes tu fais comme tu veux, tu connais la chanson depuis le temps ! 😉 Bises 🙂

  7. Quand il est mort le poète
    Tous ses amis
    Tous ses amis… pleuraient ;( ;( ;(
    C’est triste, mais peut-être est-ce le destin de tout poète !!!
    Ben moi faudrait me payer, déjà pour bouffer des brochettes de guimauve au barbecue, et ensuite d’aller me noyer , sans doute que je n’ai pas l’âme d’une poétesse 😦

    En tous cas toi on peu dire que tu as l’âme d’une écrivaine , ton texte est très beau!!!
    Mais pitié Aspho, reste avec nous hein, si tu veux je t’apporterai tous les jours des chamalow hihi!!!

    Bon je commence seulement ma tournée, j’ai eu une journée de ouf !!!
    Bisous Aspho et douce soirée!!!
    Domi.
    ps : cela me ferait plaisir que tu viennes donner ton avis sur mon texte qui est le résultat de mon dernier atelier d’écriture 😉 Mais prend ton temps y a pas le feu au laaaac, tient ça me fait penser que le colis n’est toujours pas arrivé mdr!!!
    http://dimdamdom59.apln-blog.fr/2014/05/21/jacotte-pote/

    • Domi, tu as les réponses à ce comm depuis hier… Je suis allée lire ton travail d’écrivaine en devenir !!! 😆 Pas mal du tout ! Merci pour les chamallows, j’adore ça mais grillés je n’ai jamais testé (eh oui je brode beaucoup quand j’écris, je parle aussi de choses que je ne connais pas, hi hi) ! Merci pour tes images toujours bien trouvées. Allez hop, je mets au Cahier de poésie, pour demain…
      Bises et bonne journée !

  8. Quel beau texte, pour ce poète inconnu et méconnu; un bel hommage et l’océan; qui contrairement à cet homme désespéré comble toujours mes désespoirs.

  9. Bonsoir Asphodèle, je reviens après un revers moral, je me remet doucement de celà, et je suis d’attaque à écrire pour toi, avec tes mots. Je les avais copié, mais c’est trop tard pour les éditer dans un texte. Ce sera pour la prochaine fois. Merci pour le tien de texte: Très beau et tragique, mais tu sais très bien rendre le tragique très beau. J’adore te lire, et les mots de plumes 28 me plaisaient, dommage.
    En attendant je t’embrasse, avec amitié, c’est plus fort que l’affection.
    Josettelausy skynetblogs.be
    http://marrainesuisse.skynetblogs.be

    • Merci beaucoup Josette, ton commentaire me va droit au coeur, tu es touchante tu le sais ? Je suis désolée pour ta peine au moral, ce sont (hélas) des choses qui arrivent sans prévenir et il nous faut les surmonter…
      Ce n’est pas grave pour cette fois, tu fais comme tu peux, il n’y a rien qui ne soit obligatoire ! 😆
      Je t’embrasse affectueusement moi aussi♥

  10. bonjour,
    j’arrive tard, en « bon » paresseux… très beau texte ; il me semble (souvenir de cours de latin, un peu flou) qu’il y a un précédent d’un poète jeté à l’eau par des pirates et sauvé par un dauphin ; ça n’est donc pas la peine d’apprendre à nager 🙂

    et je plussoie sur Charles Cros, pas assez connu, sauf pour son Hareng Saur (ce qui ne nous sort ni de la poésie, ne de l’eau…)

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