Une si longue histoire…

© Dominique Sanda.

Derrière le jardin joyeusement désordonné où couraient follement des arches de roses autour d’invisibles arceaux, on devinait le court de tennis au bruit sourd et monotone des balles. D’où je me tenais, en surplomb sur le balcon du premier étage, mes jumelles  sur le nez, je parcourais nonchalamment le paysage lorsque je vis plus nettement la femme qui jouait avec Maxime. Elle me rappelait une actrice oubliée aujourd’hui, La Sanda disait-on à l’époque, si belle dans un film sur le Jardin des Finzi quelque chose… Vous savez la mémoire à mon âge n’a pas l’avantage ! Une beauté mystérieuse au regard conquérant et impénétrable. Elle me fit une impression bizarre. Instinctivement, je serrai le médaillon qui ne me quittait jamais, caché sous mes chandails en laine l’hiver ou mes dentelles plus légères l’été. Impossible ! Qui était-elle pour Maxime ? Elle disparut de la ligne de vision de mes jumelles et mes pensées me ramenèrent vers d’autres jardins, un autre sérail, vers Bagatelle, une autre époque… Lire la suite