LES PLUMES 33 – LES TEXTES DE L’ÉTERNITÉ !

écritoire vanishingintoclouds(3)

Comme vous le savez, cette année, pas de Plumes au mois d’août, pour des raisons personnelles et pour retrouver l’énergie qui commence à me faire défaut, je fais une pause. A vos agendas : les Plumes reprendront le LUNDI 8 SEPTEMBRE 2014 .

Pour ce dernier tour de piste de l’été, vous avez été nombreux et je vous en remercie ! Par ordre d’arrivée des liens, ont participé 28 plumitifs (moi incluse) :

Adrienne, Nunzi, Sharon, Marlaguette, Patchcath, Jacou33, Violette Dame Mauve, Dan Gazénia, Cériat, Mind The Gap, Biancat, Martine (Littér’Auteurs), Célestine, Carnets Paresseux, Pascal Bléval, Momo, La Katiolaise, Eva (Randonnez-vous dans ce blog). DimDamDom59, LilouSoleilMartine27. Modrone-Eeguab qui a une dérogation exceptionnelle pour sa réponse à Léonora  (pour ceux qui suivent la saga épistolaire de l’été !!!)… Astrid (samedi matin). Nunzi again, dimanche matin ! Janick (ajoutée mercredi, elle n’a pas dû lire que j’étais en pause…). Josette (marraine suisse, ajoutée le 19.08)… La Plume et la page (ajoutée le 25.08).

Les mots imposés étaient :

Vacances, scolastique, immortalité, seconde, mémoire, longueur, ange, douleur, oubli, repos, cercle, mémoire, passion, péché/chemin*, vampire, jour, cathédrale, lassitude, liane, lucarne.

* Si vous avez utilisé les deux mots péché et chemin, vous n’étiez pas obligé de placer scolastique.

J’attends la réponse, enfin, Léonora attend la réponse de Paul de Quentinois, alias Modrone-Eeguab-Claude à ma dernière lettre (ICI), aussi, cette attente a provoqué ce que j’appelle un non-texte car je suis encore trop dans cette histoire pour en entamer une autre…  Pour l’épilogue, il faudra attendre la rentrée de septembre…à moins que, cet été, en manque de blog (et pressée de répondre à Paul), je n’ai une envie soudaine de publier ledit épilogue, ce n’est pas impossible du tout !!!

À TIRE-D’AILES…été femme blanche dissoute dans le sable tersessenta

J’aurais pu vous conter une aventure d’Anastasia, mon héroïne qui passe sa vie à galoper, sans perdre une seconde, à la recherche de son amour perdu, Diego. Ou de l’attente de Léonora. J’aurais pu vous parler du repos des anges qui n’en peuvent plus de secourir le pauvre monde depuis que celui-ci ne jure que par les mantras anabolisants du développement personnel et tant qu’à faire, durable. J’aurais pu vous écrire trois pages de mon adolescence pensionnaire où j’ai découvert le plaisir de la lecture en oubliant la scolastique que des professeurs zélés nous enseignaient. J’aurais pu…

Ce n’est pas l’imagination qui fait défaut. Non, c’est plus sournois. Ainsi en est-il à l’heure des interrogations quand ce que nous faisions avec passion prend des allures de citadelle imprenable. Quand les mots se délitent et nous fuient. Ces édifices d’encre que nous nous efforçons de construire sur notre chemin de vie,  la mémoire dans la paume de nos mains ouvertes, se transforment en cathédrales de sable s’effritant à la marée montante. Parce qu’il arrive un moment, fatalement, quand on écrit sans discontinuer depuis des années, où le cerveau a besoin d’une vacance salvatrice. Je ne parle pas des vacances, loin de la routine quotidienne, dans un décor autre que celui où nous vivons, non juste cette échappée de soi-même, cet état tremblé où nous aimerions disparaître des radars, cet oubli que nous appelons le soir au crépuscule, un oubli qui ressemble à l’instant où nous basculons dans l’inconscience heureuse du sommeil. Là où les langueurs et les longueurs du temps s’étirent à l’infini, où les obligations tombent comme des murailles de pisé, nous offrant un horizon illimité proche de l’immortalité dont nous rêvons en secret. Pas celle inventée pour les vampires et autres personnages imaginaires, pas celle des églises où des femmes agenouillées de lassitude prient pour expier des péchés et gagner un improbable salut de l’âme après la mort , essayant d échapper à la lucarne d’ennui de leur vie étroite.

Ces jours là, assise dans le sable qui me rappelle ma finitude, je vois se soulever des vagues violine aux reflets anthracite, elles ont la couleur des mots qui s’échappent de ma plume, elles dansent, sensuelles comme des lianes orientales qui feraient tinter leurs bracelets d’or et d’argent, elles étouffent sous l’écume les douleurs qui remontent des canalisations, elles frappent dans leurs mains pour détourner l’attention et dans un cercle de feu, s’élancent comme des oiseaux libres et insouciants à la recherche, non pas « du temps perdu qui ne se rattrape plus », mais des âmes vivantes, debout qui ont encore à écrire leur histoire ailleurs que sur l’épitaphe inscrite au marbre des tombeaux.

Alors, je regagne ma maison et traverse le champ où des coquelicots d’été déploient au vent leur corolle éphémère, taquinant les timides bleuets et les marguerites insensées qui s’effeuillent à la première amourette. Je souris à cette soirée qui n’en finit pas de repousser la nuit, elle est là mon éternité, blottie dans ces parenthèses que je ne prends plus le temps d’ouvrir…coquelicots chardons au crépuscule PRC sur FB ©Asphodèle