Alfred de Musset pour mon jeudi en Poésie !

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Janvier avance, l’hiver est tendre pour le moment et ne nous mord pas de ses froidures. Je vous propose un des nombreux poèmes qu’Alfred de Musset écrivit pour George Sand, après que leur amour passionnel se fut défait… Il en écrivit beaucoup, celui-ci est le n° VI, du même nom que la lettre VI pour George Sand, écrite à titre posthume en 1888. Alfred de Musset est né en 1810 et mort en 1857 à Paris.

Poétisent avec moi aujourd’hui :

Marie et Anne, Valentyne, Lili, Pyrausta, Violette Dame Mauve, SoèneBéné31. Et Modrone-Eeguab !  Et Océane qui ne m’a prévenue que ce soir, j’ajoute son joli poème de Maurice Carême, un des plus romantiques et délicieux !Les titres et les auteurs sont consignés sur la page dédiée aux poésies du jeudi…

À George Sand (VI)

Porte ta vie ailleurs, ô toi qui fus ma vie ;
Verse ailleurs ce trésor que j’avais pour tout bien.
Va chercher d’autres lieux, toi qui fus ma patrie,
Va fleurir, ô soleil, ô ma belle chérie,
Fais riche un autre amour et souviens-toi du mien.

Laisse mon souvenir te suivre loin de France ;
Qu’il parte sur ton coeur, pauvre bouquet fané,
Lorsque tu l’as cueilli, j’ai connu l’Espérance,
Je croyais au bonheur, et toute ma souffrance
Est de l’avoir perdu sans te l’avoir donné.manuscrit plume vanishingintoclouds

Alfred de Musset – Poèmes posthumes 1888)

UN ÉTÉ SANS LES HOMMES de Siri Hustvedt

Livre voyageur qui vient de chez Clara, dont j’attendais beaucoup, vu son excellent classement dans le livre de l’été actuellement (depuis trois mois en fait) et qui m’a un peu déçue. Rien à reprocher à l’écriture, au postulat de départ, ni même à la façon dont le sujet est traité ! Je l’ai trouvé souvent « académique »  pour moi empêchant l’émotion de remonter , je me suis essoufflée vers la page 90 jusqu’à la page 120, laissé, repris, et enfin de 140 à la fin, j’ai apprécié.

L’HISTOIRE

Une femme, Mia, cinquante-cinq ans,  poétesse lunaire et torturée est confrontée au démon de midi de son époux qui fait une « pause », pause de 20 ans plus jeune, collègue belle, française et brillante de Boris, son  mari, neurochirurgien de renom. Elle pète un câble et va passer un certain temps en hôpital psychiatrique avant de quitter New-York et un appartement où le trop-plein de souvenirs déborde. Elle va rejoindre sa mère qui vit en maison de retraite à Bonden dans le Minnesota, entourée d’octogénaires presque nonagénaires, pétillantes, accros à leur leur club de lecture, qui ne loupent rien de la dernière ligne droite de leur vie sachant que c’est la plus fragile.  Elle va louer une maison proche et trouver  un poste  de professeur de poésie, même si elle n’a que sept éléves, bien et sages sous tous rapports de prime abord …mais pas tant que ça, finalement. Sa fille Daisy lui sera d’un grand secours également dans le travail de résilience qu’elle effectue sur elle-même. Elle rencontrera une voisine, femme battue par un mari violent et ivrogne sous les yeux des enfants qui hurlent. Sa chère soeur Béa joue aussi un rôle. Boris reviendra-t-il, a-t-elle vraiment envie de retrouver sa routine assassine mais confortable  ? Quelles leçons a-t-elle tirées de cette « pause » ? Et des différents portraits de femmes rencontrées ?

MON AVIS

Ecrit à la première personne, c’est un livre bien pensé, réfléchi et abouti sans aucun doute qui met en scène un échantillon représentatif  d’un microcosme matriarcal pour mieux dénoncer la prédominance de l’image masculine de notre époque encore dirigée et téléguidée par les hommes. Malgré les avancées, les femmes restent plus ou moins enfermées dans des schémas ancestraux. Des plus jeunes aux plus âgées, toutes n’ont pas la même perception qu’elle, qui se trouve au mitan de la vie, à un âge où l’on prend conscience (entres autres) qu’on ne « saignera » plus et qu’on n’enfantera plus. « Plus jamais d’enfants… On éprouve une tristesse mélancolique à la fin de la fertilité, une nostalgie, non des jours où l’on saignait, mais la nostalgie de la répétition pour elle-même, de la régularité du rythme mensuel, de l’invisible attraction de la lune en personne, à qui l’on a un jour appartenu…croissance et décroissance, vierge, mère, vieille. »

Mais il y a aussi beaucoup de références poétiques et littéraires, notamment Jane Austen qui revient souvent, la littérature l’aide  dans cette reconstruction « sans les hommes ». La part belle est faite à la psychanalyse (sujet mignon de l’auteure) pour mieux mettre le doigt sur l’état de doute dans lequel elle avance en aveugle. La sexualité est abordée de façon parfois « anatomique » et étonnante pour elle. Car Mia reste une cérébrale avant tout :  » Nous allons nous accorder un répit car, bien que je sois restée assise ici en personne, il y a au moins une demi-heure que je me suis quittée. J’ai fait une échappée mentale ».

Donc pas vraiment un coup de coeur, juste quelques bons moments, parfois ponctués d’autres, plus fastidieux…et un petit quelque chose de trop « cérébral ». Cela dit, je n’étais peut-être pas dans le bon état d’esprit pour l’apprécier totalement. Et je le relirai certainement un jour car j’ai l’impression d’être passée à côté.

SUR L’AUTEUR

Siri Hustvedt est l’épouse de Paul Auster depuis plus de trente ans. Ils vivent à Brooklyn, dans un quartier… coquet. Mais elle a un style bien à elle et la limiter à « la femme de » serait injuste. Pour en savoir plus sur ce livre, un court article du Figaro Magazine du 11 mai dernier,  et pour sa bibliographie, c’est ici.

Le billet très enthousiaste de Clara qui a beaucoup aimé.