ON N’EST PAS SÉRIEUX QUAND ON A DIX-SEPT ANS ou La poésie du jeudi avec Rimbaud !

a printemps des poètes 2015  17ème édition Affiche officielleRetour à la normale depuis hier (sur les chapeaux de roue), mon ordinateur est réparé mais j’ai du retard (le big-bang plutôt) partout : dans mes commentaires, dans mes visites aux textes des plumes, aux billets des blogs amis, dans mes « réels » de Queneau (ils ont été écrits chaque jour à la main, reste à les taper), je fais comme je peux  ! Je vous demande de m’excuser, ce n’est pas de la mauvaise volonté, les journées ne font que 24 heures !

En cette veille de printemps et  pour célébrer le Printemps des Poètes, dont le thème cette année est l’insurrection, un poète qui a écrit le meilleur de lui au printemps de sa vie, le jeune Arthur Rimbaud bien sûr, avec ce poème culte,  du moins la première phrase.  L’intitulé  est « Roman ». Pour être dans le thème du « Printemps », RV demain chez Claudialucia pour participer. Il faut choisir un poème traitant de l’insurrection, le poster sur son blog.

Ont poétisé avec moi aujourd’hui, les fidèles amis de ce jeudi qui nous permet de nous retrouver autour d’un poème classique ou contemporain :

1-Monesille : Les hirondelles, extrait du Château de Chazelet.
2- Valentyne : Petit cheval de Maram Al Masri
3- Soène : Au nom de la rose, paroles d’une chanson chantée par Moos.
4 – Nadael : Enivrez-vous de Charles Baudelaire.
5 – Modrone-Eeguab :  L’enfant lorsqu’il était enfant de Peter Handke
6) Claudialucia : Aimé Césaire.
7) Patchcath : Le chat de Baudelaire
8) Philisine Cave : Dit de la force et de l’amour de Paul Éluard.
9) Sandrion : Présentation de Maryline Bertoncini avec un extrait son recueil « Labyrinthe des nuits ».

Roman

Ia rimbaud couvOn n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –
A des parfums de vigne et des parfums de bière…a rimbaud printemps alléeII

– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…nuit femme ville rivière étoiles ana-rosaIII

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…a rimbaud amoureux– Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.a rimbaud  tilleul rivière

 Arthur Rimbaud.