LA POÉSIE DU JEUDI AVEC Stéphane Mallarmé

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Le ciel de novembre est pluvieux pour beaucoup. Rien de tel qu’une petite poésie pour se réconforter ! Aujourd’hui c’est avec Stéphane Mallarmé, poète né en 1842 et mort en 1898 à 56 ans, deux ans après Verlaine qui l’avait consigné dans sa liste des Poètes Maudits. Mallarmé était un moderniste qui a ouvert la voie au Symbolisme, c’était aussi un amoureux de l’Art et son oeuvre exigeante est marquée par une recherche stylistique de l’épure, du parfait. Pour en savoir (beaucoup) plus, c’est PAR ICI

Ont poétisé avec moi aujourd’hui, les fidèles : É

1 –  Marie et Anne : Chant d’automne de Baudelaire.
2 – Valentyne :  Prose tirée de Lointains intérieurs, animaux fantastiques d’Henri Michaux.
3 – Soène : Poème tiré du recueil « Les chansons et les heures, le rosaire des jours » de Marie Noël.
4 – Nadael : Jeune fille endormie de Jean Cocteau.
5 – Modrone-Eeguab :  Adresse à un vieux portail de bois de Patrick Kavanagh
6 – Les Conteuses aux points contés : Mangez-moi, mangez-moi de
7 – Dimdamdom : Le porteur de lumière (premier) poème de Charles Baudelaire.

APPARITIONapparition ange lune

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
C’était le jour béni de ton premier baiser.amoureux en ombres chinoises pintrest
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un rêve au coeur qui l’a cueilli.apparition cueilleur de rêves et d'étoiles
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparueapparition femme2
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.apparition neige des étoilesStéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893

LE LIÈVRE DE VATANEN D’Arto Paasilinna

©1975,  ©1989 pour la traduction française d’Anne Colin du Terrail. Vu la date de parution, je ne sais pas si le terme « nature writing » s’employait alors mais le Lièvre de Vatanen entre largement dans cette catégorie, le burlesque en plus ! C’est un livre âpre et tendre, drôle voire loufoque. Si ce n’était l’histoire d’un homme qui se succède en chapitres courts et décalés, on pourrait croire qu’il s’agit de nouvelles. L’histoire se déroule en Finlande. Elle commence en juin entre Helsinki et Heinola lorsque Vatanen, journaliste de son métier rentre en voiture à Helsinki avec son collègue photographe. Ce dernier, au volant heurte violemment un lièvre. Vatanen se précipite, retrouve la petite boule blanche blessée à la patte, lui confectionne une attelle et décide à ce moment là de ne plus rentrer chez lui, ne répond pas aux appels de son collègue et constate que sa femme, finalement le fait « chier »… L’errance commence, s’articulant tout d’abord autour du levraut, (comment le nourrir, le garder légalement),  et d’un rapprochement évident, attendu presque,  avec la nature. Lire la suite

Un rêve sage de Saturnales…

Dans la nuit de lundi à mardi, un rêve étrange a ensoleillé ma nuit. Je ne pouvais pas le garder pour moi d’autant que vous êtes nombreuses à y avoir figuré… Celles dont je connais le visage et celles que j’imagine… Nous étions une dizaine environ et sous la férule bienveillante d’Eiluned, nous venions de monter un club Jane Austen. Pour saluer l’évènement, voilà que nous décidâmes d’organiser une soirée costumée  XIXème siècle et ce, dans les règles de l’art… Lire la suite

SOIE d’Alessandro Baricco

Cette minuscule histoire qui tient en  142 pages pourrait ne pas en être une. C’est un rêve merveilleux au coeur des mots d’Alessandro Baricco, une caresse douce comme la soie qui enveloppe  ce roman d’un voile arachnéen. Une construction qui s’étire comme un long poème ou une chanson avec des refrains qui reviennent sans cesse, itératifs  pour mieux scander la répétition de la vie, sa monotonie implacable mais aussi ses détours assassins quand ils frappent un destin déjà écrit en apparence. Lire la suite