NOS VIES DÉSACCORDÉES de Gaëlle Josse

un livre magnifique !

un livre magnifique !

Voici le livre sensible qui m’a redonné le goût et l’envie de lire. Un livre qu’a fait voyager Fransoaz mais que j’ai découvert  l’an dernier chez Delphine,  puis chez Galéa, puis Laure… Et devant leurs billets élogieux, l’envie a suivi… Comme il ne fait que 142 pages, la lecture m’a semblé plus douce. É

Un matin, Francois, pianiste concertiste célèbre reçoit un message concernant Sophie. Plus particulièrement d’un membre du personnel de l’asile psychiatrique où Sophie est enfermée depuis trois ans. D’un seul coup, elle devient sa priorité. Sophie… « Trop aimée pour admettre qu’elle ne pourrait plus jamais être la même. Trop aimée pour admettre que depuis toujours, elle avançait sur un fil tendu au-dessus des abîmes ». (p.43). Ce grand amour, sa muse oubliée depuis trois ans, résonne en lui comme un remords, une évidence à laquelle il ne peut plus échapper. Il va annuler tous ses concerts et partir à la recherche de cet amour éclaté, de cette femme « indéchiffrable » qu’il n’a pas su comprendre avec sa jalousie récurrente et l’idée qu’elle lui était acquise à jamais. Or, comment réparer un violon cassé si on n’est pas un peu magicien ? Quand on n’est qu’un homme a la triste figure. Il n’est pas du tout sympathique François, nous le détestons pratiquement les 3/4 du livre, nous n’arrivons pas à lui trouver une excuse valable, jusqu’à la toute fin (c’est un peu dommage d’ailleurs) où certaines clés nous sont enfin données.

Qui est vraiment Sophie ? Qu’est-ce qui les lie au-delà du temps, des autres femmes, au-delà de la maladie. Sophie est devenue aphasique, elle a perdu les mots mais écoute sa musique à lui en boucle depuis trois ans. Qu’est-ce qui a provoqué cette discordance et pourquoi ? « Il faudra bientôt solder trois années de lâcheté. Plus tard. Comme la plupart des hommes, je suis mono-tâche. Séquentiel. Binaire. » (p.13). Voilà, dès le départ nous avons un aperçu de ce qu’il est, lui. Et dans des chapitres en italiques qui alternent, la voix de Sophie, poétique et malheureuse : « Quelle est cette autre voix, à l’ombre du murmure ? Toutes blessent. L’une frappe au coeur, la dernière éteint toutes les larmes. (…) La dernière tue. » (p.25).

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas déflorer ce livre, même involontairement… Je peux juste dire que le chemin vers la rédemption n’est pas facile à trouver et qu’il n’est pas pavé de roses, il y aura des épines à arracher, avec un espoir qui nous tient en haleine. Qu’il n’est pas facile, même à un musicien de retrouver  le « la » quand la musique s’est brisée sur une cacophonie insupportable, qu’il faut beaucoup d’amour et de  remises en question pour donner un sens à ce qui s’est passé dans une autre vie…

Merci encore à Fransoaz d’avoir fait voyager ce livre merveilleux, si la fin avait été moins abrupte j’en aurais fait un coup de coeur, on y était presque et c’est déjà beaucoup !

Une participation au challenge d’Anne « Des Notes et des mots », une à celui de Lystig « Vivent nos régions » pour le sud-ouest de la France où se déroule les 3/4 de l’intrigue (Valmezan), en alternance avec Paris (à égalité) au début et qui revient en flash-back. Et donc une autre pour le challenge « Paris » de Sharon (la rue de Rome, la rue Lagrange, etc). Et bien sûr à celui de l’Irrégulière dans la catégorie  » amour-toujours ».

challenge-Des-notes-et-des-mots-4Logo LystigcChallenge Parisamille-pissarro-the-louvre-and-the-seine-from-the-pontlogo challenge amoureux 3

Publicités

RIEN DE GRAVE de Justine Lévy

Si ce n’était un cadeau de mon ami Mind The Gap, pas sûr que j’aurais lu ce livre un jour ! Eh bien, force est de constater que je ne l’ai pas lâché jusqu’à la fin et pas seulement pour les mauvaises raisons qui pourraient pousser à le lire…. Pas besoin de préciser que Justine Lévy est la fille de Bernard-Henry Lévy et qu’elle raconte ici sa douloureuse rupture avec Raphaël Enthoven, lui-même fils de Jean-Paul Enthoven, célèbre philiosophe. Ils ont donc quasiment grandi ensemble, se sont aimés comme des enfants et surtout ont voulu réussir là où leurs parents avaient échoué, sans divorcer en construisant un mariage heureux… « …je crois que je pensais qu’il avait tort, qu’il était toute ma vie, je n’allais pas quitter ma vie, il disait ça pour se faire peur et ça me donnait le vertige de m’imaginer sans lui (…), c’était imaginer une couleur qui n’existe pas, je n’y arrivais pas ». Lire la suite

ET RESTER VIVANT de Jean-Philippe Blondel

Editions Buchet Chastel, ©  septembre 2011, 245 pages. Premier livre lu pendant le  Read-a-Thon d’octobre dernier, premier choc sur lequel je n’ai pas eu le temps de m’attarder, donc pour faire ce billet, j’y suis revenue, décryptant les post-it jalonnés de ci de là mais surtout pour y retrouver l’intense émotion  qui m’avait saisie du début à la fin de cette confession. Comment en effet rester insensible à ce témoignage autobiographique ? Dans un autre cadre de lecture, j’aurais attendu de m’en remettre pour passer à autre chose, donc pour lui,  pour restituer au mieux ce livre profond en émotions qui m’ont touchées j’ai laissé décanter, comme un bon vin… Lire la suite

LA CITATION DU JEUDI avec Olivier Adam.

Le coeur régulier, d’Olivier Adam,  est un titre qui me convenait parfaitement ces temps-ci. Mais je n’ai pas tout à fait fini, je vous laisse un extrait, une femme partie au Japon à la recherche…d’un temps perdu :

 » Puis marcher, s’asseoir et se laisser envahir. Par la lumière, les bruits les parfums, sentir sa peau et tout ce qui la touche, l’effleure, la caresse. Respirer. (…) Je sais que c’est ce dont j’ai besoin. Me délester, sentir. M’oublier, m’ouvrir. Recueillir. Laisser le soleil chauffer ma peau, l’air pénétrer mes poumons, l’eau me diluer. Sentir battre en moi un coeur régulier. (…) Même si je n’y parviens pas toujours. Trop souvent ça bourdonne, et le sang bout, je me sens frénétique et vibrer pour rien, une guêpe piégée par le verre à l’envers. »

C’est fou ce qu’on peut se reconnaître parfois dans les livres !

sous l’égide de Chiffonnette :