QUELQUES MOTS A LA COLLE POUR L’ENVOL de Nareva

Recueil poétique illustré, Editions C Du Lourd, 56 pages, 12,90 €.

Pour le pitch, je reprendrai un passage de la 4ème de couverture et quelques mots de l’auteure dans son avant-propos :  » Quelques mots à la colle pour l’envol » est le premier recueil  poétique illustré publié  par  Nareva aux Editions C Du Lourd . Il est question de poésie en suivant le fil d’une vie comme on regarderait, assis au bord de celle-ci, un fleuve. » Et dans son avant-propos, l’auteure se présente ainsi   : « Ecrire comme l’on respire. Des mots à la colle comme des ressentis qui parsèment la vie. La correspondance des sens, c’est la mère de ma plume, celle qui peuple mes percussions à jamais emplie d’illusions. (…) La rime n’est pas orthodoxe. Le nombre de pieds n’est point calculé. (…) Cette poésie n’a pas la cadence coutumière attendue (…) ».

 Décortiquer la poésie, comme nous l’avons appris à l’école, me semble parfois être une hérésie. Apprendre ce qu’est une métaphore, un alexandrin, soit, mais dépiauter un poème ligne par ligne est un exercice auquel je me refuse.

Un poème est avant tout une envolée, une main qui ne se lève de la feuille qu’une fois le souffle expiré ; il traduit une émotion, il fixe un instant de vie attrapé au temps, il déploie les sentiments et les vibrations en corolle palpitante de fleurs qui s’ouvrent ou se fanent, que ce soit en vers où effectivement la rime n’y est pas toujours, ou en prose qu’elle ne fait pas mais qui en a souvent le ton, léger et surtout pas ampoulé. Les quarante-quatre poèmes déclinés en cinq parties  de Nareva sont tout cela. De la genèse (Inspiration, La magie de l’enfance), à la mort (La Dame aux Cheveux Blancs, La Mort par Correspondance) en passant par la vie et nos introspections sur des chemins caillouteux et souvent tortueux (Regarde-toi par la racine, Évasion), aux fulgurances de l’amour et les déclarations à l’amante, à l’amant (Que garder ?,  Doute ou Lucidité), elle nous prend par la main et nous emmène dans ses balades le long d’un fleuve, en elle, avec elle, nous faisant toucher du doigt l’infini des possibles et des illusions perdues ou à venir. En outre, il existe une vraie musicalité dans ces poèmes, des chansons pratiquement où des refrains sont scandés, litanies parfois sombres mais jamais désespérées, lucides. Au plus triste, subsiste toujours un éclat de lumière, prisme du miroir clignotant sous le soleil qui guide ses pas au fil de l’eau qui sinue et s’insinue en nous, on entend cascader les mots, résonnances musicales comme dans Sensations où le refrain mélodieux et sensuel est une ode à l’amour, à la passion quand elle se glisse sous notre peau enfiévrée :

«  S’laisser glisser sur les contours lisses du désir

Pénétrer dans son antre, aller et venir

Pour atteindre les mille et un plaisirs

C’est caresser les yeux, voir

C’est inviter le son à entrer, ouïr

C’est caresser des mains, toucher

C’est déguster du palais, goûter

C’est parfumer son esprit, sentir

C’est la vie ! ».

 Les illustrations à l’encre de chine (ou au crayon ?) en noir et blanc accentue la mélancolie des clairs-obscurs, font émerger la lumière qui se lève ou se couche, dans son poème « Merci Charles », elle remercie celui qui a su mettre du « noir, des courbes et du relief » en « correspondance » avec son univers.

Et pour finir,  un extrait de « De passage » qui nous ramène à l’essence de la vie, de la nôtre, des autres, à la vibration qui chante comme un écho mélodieux aux multiples facettes :

« Chacun son ancre, son histoire

Toujours tu reviendras à elle

La peau brûlée par mille soleils

Chacun son ancre, son histoire

On poursuit sa vie au hasard

Le crépuscule de nos jours y ramène.

Chacun son ancre, son histoire

La boucle est bouclée, il est tard

On vient y terminer le voyage, un soir. »

MON AVIS

J’aime beaucoup la poésie et je n’ai pas été insensible aux vers de cette poétesse qui signe là un premier opus bien maîtrisé, bien construit même si la rime comme elle le dit elle-même n’est pas « orthodoxe, ni le nombre de pieds, calculé », ce qui en fait le charme également et donne à l’ensemble une sonorité plus proche parfois de la chanson que du poème classique. Par ailleurs, elle ne revendique pas non plus l’autobiographie dans ses écrits mais plutôt une universalité où chacun peut se reconnaître à un moment donné de son existence, y trouver un écho et des correspondances frissonnantes dans un style fluide, musical et accessible . J’ai beaucoup aimé. A découvrir pour les amateurs du genre. La couverture est également très belle et les illustrations en adéquation avec ses poèmes. Seul léger bémol, que j’attribuerai à « l’étourderie » : une ou deux coquilles orthographiques….mais rien de bien méchant ! J’ai vu  pire et chez des maisons d’édition réputées !

SUR L’AUTEUR

Pas grand-chose sur la toile à son sujet, donc je reprends le petit encart la concernant en 4ème de couverture: Elle vit dans le sud de la France. Certains de ses poèmes ont été le support de chansons, elles est sociétaire SACEM. Passionnée par la lumière et la manière dont elle inonde la nature et les êtres, elle fait également de singulères photos d’artistes et de paysages pour CreArt  de C Du Lourd.

A PROPOS DES AGENTS LITTERAIRES

Je les remercie tout d’abord de m’avoir permis cette rencontre. Ils font la promotion de nouveaux auteurs, ce qui a tout pour me plaire, dans de nombreux domaines (romans, essais, poésie, livres numériques, etc). Je vous encourage à aller sur leur site, ici, de lire les critiques qui y sont déposées et de constater l’énergie qu’ils déploient pour assurer la visibilité de ces nouveaux auteurs. Leur lien (il est déjà dans les miens) mais je vous le donne en entier : http://www.les-agents-litteraires.fr

 

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