PURGATOIRE de Chabouté

Vous connaissez mon attirance pour les BD ? En fait je m’y mets doucement, au hasard de ce qu’une amie m’amène de la médiathèque. Là c’est un titre de l’auteur que je n’avais pas demandé mais ce devait être le « Chabouté » qui restait. Avec un titre pareil, on devine que ce n’est pas d’une folle gaieté. Mais à ce point…

C’est l’histoire d’un trentenaire (d’après les dessins) qui vient d’hériter une grande maison d’une tante inconnue. Il téléphone à un pote pour lui raconter l’aventure, il s’installe enfin à son compte, auto-entrepreneur, bref la vie lui sourit enfin.

Lui reste à signer les papiers chez son assureur pour la maison. Et là, patatras, les ennuis commencent. Déjà l’assureur et sa secrétaire ont des têtes de vieux beurre rance qui grésille dans la poêle de l’escroquerie. Avant qu’il n’ait signé, la maison brûle, il est sauvé in extremis par un pompier super-héros. Et l’effet domino de ce premier pépin va le jeter à la rue, dans l’indifférence d’une administration toute puissante, il va côtoyer les SDF, jusqu’à en devenir un, jusqu’à la fin sordide qui nous laisse perplexe. Meurt-il en se posant la question « je croyais qu’on voyait défiler notre vie avant de mourir, moi je n’ai rien vu » ? Visiblement, il y a un Tome 2.

Les dessins sont très explicites, très noirs, on voit pousser jusqu’aux poils de sa barbe de mal lavé qui perd tout seconde après minute, les expressions sont éloquentes, j’avoue cependant que ces lectures ne me passionnent pas. Si Mafalda m’avait enchantée avec ses réflexions sur le monde en général, là j’ai compati au malheur du héros sans trop y croire… Un peu caricatural même si cette réalité existe (hélas) bel et bien. Mais l’ambiance sinistre est très bien restituée. A ne pas lire si vous avez le moral dans les chaussettes…

Purgatoire, Chabouté, 2003. Editions Vents d’Ouest. 64 pages