LES PLUMES 39 – Les textes qui montent qui montent !!!

écritoire vanishingintoclouds(3)Jusqu’où êtes-vous montés pour la dernière cuvée de 2014 et les premiers mots de 2015 ? Nous allons tout savoir… J’ai écrit un texte (très) farfelu-second degré, s’il en est, vous comprendrez aisément que le passage à la nouvelle année et les obligations festives (vous notez l’antagonisme ?) ne m’ont pas facilités la tâche… J’espère seulement que vous ne m’en voudrez pas après l’avoir lu et que je serai toujours vivante pour les Plumes du 26 janvier ! Cette semaine, j’héberge à nouveau Emilie qui y prend goût mais aussi notre chère Marlaguette qui n’a pu faire autrement.

Visiblement, je n’ai pas été la seule à avoir eu du mal à écrire pendant une semaine de réveillon, de valeureux et méritants rescapés ont rendu leurs copies. Je les remercie pour cet effort ! Par ordre d’arrivée des liens, nous avons 25 textes, ceux de Marla, d’Emilie et le mien compris :

PatchCath, Adrienne, Soène, Jacou, Valentyne, Martine27, Nunzi, Camille Lysière, Célestine, Célestine (deuxième texte), Lilousoleil, Modrone-Eeguab-Edualc. Sharon. Monesille. Kristel. DimDamDom59. Martine de Littér’Auteurs. Flipperine. Janick. Et Bizak (vu à 11h ce matin !). MarieJo64 (à midi). Eva  (samedi soir, 23h34 pour cause d’ordi agonisant). Pascal Bléval (le mercredi 7 janvier).

Les mots imposés étaient : horizon, nature, ciel, échelle, fatigue, grimper, cabane, rideau, créneau, Éden, montagne, étagère, fièvre, transcender, panne, épuiser, oeufs, cheval, ravissement, remontant, rythme et ascenseur.

Après le mien, vous pourrez lire les textes de Marlaguette et d’Emilie.

QUAND LES PLUMES ME POURSUIVENT EN RÊVE…cabane arbres

Le cheval galope et danse à l’horizon qui avance. Le ciel s’éloigne, mouvant, au rythme des nuages, emperlés de flocons blancs. Il piétine le sol en cadence, ivre de chagrin et de rage d’avoir perdu son cavalier sous l’échelle de la nouvelle année. Quelle idée aussi avait-IL eu de grimper dans cette cabane dans les arbres, de succomber à la mode pour périr d’épuisement ? Certes, IL avait abusé de remontants à ce réveillon funeste mais surtout, surtout IL avait suivi la Jument Verte, cette vieille chouette inoxydable, un peu sorcière. Sa cavalière, une certaine Val avait déposé d’étranges flacons sur les étagères. Une ménestrelle, bizarre et prévenante, Monesille, avait pourtant beuglé très fort pour alerter les gens de la montagne environnante. Le chevalier Modrone qui passait par là, une boîte d’antiques pellicules dans son sac à dos de pèlerin avait retenu les moutons de Marlaguette pour ne pas qu’ils s’en mêlent (ni qu’ils s’emmêlent) en les installant devant un DVD. Ils avaient tous suivi. Mais rien n’y fit, nous ne savons pas encore pourquoi. Une citadine, Soène-la-Lyonnaise (pas pire que Mado-la-Niçoise), talonnée par Choupi-le-Parigot regardait la scène de loin. Elle ne voulait plus appartenir à une quelconque communauté et tout ce tintouin lui chauffait les oreilles.  Et Choupi béait devant elle, rêvant à d’autres projets…

Mariejo la sportive, une basket posée sur le tronc d’arbre, s’échauffait pour le cas où quelqu’un se déciderait à monter au créneau, voir de quoi il retournait exactement. Mais Martine-la-Normande, Martine-l’Iséroise et Domi-la-Belge, jamais en panne de fiel comme de miel, lui barrèrent la route et glissèrent une pomme sous sa chaussure. Décidément, le ver était dans le fruit. La tension montait, le drame qui allait se jouer devenait palpable. Chacun retenait son souffle.

Tous savaient, que là-haut, perché comme un aigle, ce pauvre Mindounet, analcoolique, ne toucherait pas à la bouteille de fine offerte par l’hôstelier mais risquait de se jeter sur les biscuits à la myrtille amenés par la Jument et confectionnés par Dame Syl-du-Berry. Tout le monde connaissait la réputation sulfureuse du Berry en matière de sorts et autres légendes. Comment l’avertir du danger ? Son portable, bien qu’acheté en 2013 avait été conçu dans les années 2000 par une firme dont on avait oublié le nom. Bernique bernée le Poussin, l’engin ne sonnait jamais. Loser un jour, loser toujours. De plus, il ne savait pas dire non. C’était même un ravissement de lui proposer une nouveauté car il était toujours partant. Du moment qu’il trucidait l’ennui existentiel dont il avait fait un barreau fondateur de son échelle intime. Le lendemain de Noël, on l’avait vu pleurer au milieu des cadeaux ouverts, du bolduc entre les dents… à l’idée d’attendre un an pour retrouver la même magie. D’ailleurs, La Jument Verte l’avait bien compris en organisant un complot mi-juin pour le sortir de son marasme et transcender cette obscure réalité.

C’est là que Célestine, l’oeil azur liquéfié de tristesse, un bouquet d’étoiles dans une main et sa guitare dans l’autre, entra en scène en fredonnant faiblement une mélodie de sa composition. Il y était question de nature en fleur qui s’éveille sous les doigts fiévreux du printemps et d’une femme, La Douce, marchant nue dans les prés, les bras tendus vers son destin, là-haut dans la cabane… Patience, elle arrivait. La grande prêtresse Asphodèle le lui avait dit mais une fois de plus, il n’avait pas voulu croire à l’oracle ! Et le cheval continuait de piaffer dans l’indifférence, alors que chaque minute comptait.

La fatigue gagnait peu à peu les troupes agglutinées et pourtant motivées à sauver le Poussin de ses démons ! On vit frémir le rideau de la fenêtre et un oh collectif ondula sur la foule. On le vit sortir en titubant, une bouteille à la main. Non ! Impossible qu’il ait touché à la fine, il serait encore dans le coma…ou alors… Mystère.  Sharon lança Nunzi dans la foule pour faire diversion mais la pauvre minette ne voyait rien et ne voulait surtout pas s’occuper de cette histoire, des croquettes au saumon d’abord, sinon rien !  C’est le moment que choisit Soène pour sortir l’arme fatale : un bouquet de roses parfum myrtille délicieusement nommées « Jubilé » (les préférées de la Queen d’Outre-Manche). L’odeur d’oeuf pourri qui flottait, vous savez, celle qui s’installe vite quand une foule stagne dans un ascenseur, se dissipa instantanément. Les joues pâles du Mindounet-perché-éméché rosirent sous le charme.

La foule fit alors une haie pour céder le passage à La Douce, rhabillée en Mère Noël, une hotte pleine à ras-bord de cadeaux enrubannés, les cadeaux de 2011, 2012, 2013, 2014… le cheval cessa de hennir. Un Éden venait de s’ouvrir sur le monde et nous nous retrouvions tous prisonniers de cette bulle temporelle destinée à l’éternité. Voilà le philtre impossible que cherchait notre ami !  L’enfer pour nous, venait de commencer…

©Asphodèle – 2015

 LE TEXTE DE MARLAGUETTE, privée de l’accès à son blog.