L’EXTRAIT DU JEUDI avec Romain Gary (et Jean Seberg)

garyJ’aime à me replonger dans les livres que j’ai aimés et je parcours les post-it que j’y ai laissés. Dans Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, chroniqué ICI, j’ai retrouvé un passage que j’avais beaucoup aimé. Je vous en fais profiter et surtout n’oubliez pas de lire Romain Gary, c’était vraiment un grand écrivain et un homme au coeur trop fragile … Et un extrait, plus long qu’une citation est un bon compromis.

jean seberg » Elle me prend dans ses bras. La nuit semble soudain différente, comme s’il existait une autre nuit, celle qui vient calmer les coeurs trop jeunes dans les corps trop vieux. Je ferme les yeux pour que tu puisses poser les doigts sur mes paupières. Je sens des larmes couler dans ma gorge, car il y a une limite au déclin glandulaire. Laura, il y a quarante-cinq ans que je rêve d’épouser mon premier amour. Une église de campagne, M. le Maire, mesdames, messieurs, la bague au doigt, un « oui » tout vierge : mon Dieu que j’ai donc besoin de me refaire ! Je serai maladroit, je te promets, ce sera la première fois, quelque part en Bretagne, pour qu’il pleuve et qu’on n’ait pas à sortir, et partout le printemps, le printemps qui te va si bien, cette patrie perdue dont murmurent entre elles les nuits d’automne. Je lutte contre le sommeil, car je suis dans cet état de demi-veille où la sensibilité s’atténue et où l’on peut presque être heureux. » p.73

romaingary0Et même si je l’ai déjà lu et chroniqué, je relis Romain Gary ! Avec Delphine !