MORT D’UNE GARCE de Colin Dexter

mort d'une garce de colin dexterVoilà un livre voyageur qui voyage depuis longtemps ! Il vient de chez Jeneen (comme beaucoup d’autres)… Ma première rencontre avec cet Inspecteur Morse, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam et qui pourtant a fait l’objet d’une série télévisée . J’ai de grands « blancs » dans ma culture télévisuelle…

Morse est à l’hôpital rongé par un ulcère à l’estomac qui vient de perforer. Son penchant pour la bouteille a porté ses fruits, il va falloir qu’il se calme s’il veut entrer dans la soixantaine. Mais, s’il est bien obligé de faire contre mauvaise fortune bon coeur, pas question de laisser son cerveau se rouiller le temps de son séjour à l’hôpital (qui inclue la convalescence) (nous sommes en 1989 en Angleterre)… Lire la suite

LES GRAND-MÈRES de Doris Lessing

Ou comment se fait-on avoir au rayon  livres de poche d’un supermarché ???

Vous voyez cette jolie couverture « aguicheuse » avec « Prix Nobel de Littérature 2007″ qui claque comme un gage de qualité ? Doris Lessing, qui plus est, on se dit, allons-y ! Sans prendre la peine de lire la 4ème de couverture… Juste en dessous « Les grand-mères », vous voyez aussi tout comme moi le mot « roman », hein ? Quelle mascarade !! Je ris encore de m’être fait avoir comme une bleue et ça m’apprendra aussi à ne pas mélanger les livres et les salades, quoique…les deux se mélangent allègrement dans ce « roman »… Bon, je vous en parle quand même, maintenant qu’il est lu !!

Tout d’abord,  ces malheureuses 95 pages eussent mérité le titre de nouvelle plutôt que roman ; sous cet angle là, l’impression d’avoir été flouée serait amoindrie. C’est une correcte longue nouvelle et un mauvais petit roman. Cela peut arriver aux meilleurs… Surtout quand la fin et le début ne font qu’un…Oui, j’oubliais, la fin est dite, même développée dès le début, donc la chute  est….bof !

Roz et Lil sont amies depuis l’enfance et quand je dis amies, c’est siamoises, jumelles de coeur. Elles vivent tout pareil dans un paradis bleu où tout n’est que luxe, calme et volupté, passant de leur maison enchantée à la plage juste après la route, sirotant des jus de fruits, se baignant et bronzant dans leur tout petit bikini, insolentes de beauté qui défie le temps (comme dans les meilleurs romans vous dis-je !). Elles vont bien sûr se marier en même temps, faire un fils la même année, réussir dans leurs carrières, oubliant parfois qu’elles sont mariées, ce qui va faire fuir le mari de Roz et fort à propos, celui de Lil décèdera, laissant nos deux inséparables enfin seules avec leurs fistons. Le fils de Roz, Tom et celui de Lil, Ian sont évidemment, comme leurs mères, indissociables depuis l’enfance. Mais voilà que les deux muchachos atteignent l’âge de dix-sept ans, qu’ils sont beaux et blonds à tomber, avec « cette aura poétique » qui les fait ressembler à de « jeunes dieux ». « Il arrive que leur famille ou leurs amis soient intimidés par ces êtres qui ont l’air de visiteurs venus d’une atmosphère plus pure ». (vapeurs…). Tadam !!  L’inconcevable va se produire, les deux fils vont se faire déniaiser par la mère de l’autre avec un naturel déconcertant, et chose toute aussi naturelle, l’aventure de ce quatuor va durer jusqu’à ce qu’ils aient presque trente ans. Là, Roz, la plus énergique décide qu’il est temps de mettre fin à ce jeu, qu’elles vieillissent, qu’elles vont être de plus en plus vieilles et qu’il leur faut fonder une famille, qu’elles soient enfin de vraies grand-mères dignes et respectables !! Enfin, voyons !

Cela se fera, dans la douleur car les bambins sont très amoureux (les mamans aussi), ils se marieront et procrééront par nécessité et pour oublier l’impossibilité de leur premier amour mais pas l’objet de cet amour, à jamais en eux, indélébile (han, re-vapeurs).

Ah ah ! Mais c’est sans compter sur les deux épouses, pièces rapportées mais soudées, amies de faculté qui décident un jour de monter leur affaire à elles deux, comme pour se démarquer de ce clan où elles se sentent un peu exclues malgré tout, bien qu’ayant accouché d’une fille, l’une après l’autre. Petites-filles dont les grand-mères s’occupent volontiers tout en continuant leurs activités professionnelles respectives. Mais voilà qu’un jour Mary, la femme de Tom et bru de Roz tombe sur un paquet de lettres que Lil et Tom se sont écrites durant des années. Patatras ! Le beau rêve de ressembler aux belles-mères tourne au cauchemar écoeurant pour ces jeunes femmes trop bien élevées.  Elles s’enfuient loin de ces deux « monstres » à jamais, leurs filles sous le bras ! Et c’est fini !! Vous attendiez plus ? Moi aussi, mais bon, je vous avais prévenu, c’est une nouvelle, pas un roman et les nouvelles peuvent se permettre de finir en queue de poisson…pas ce qui est vendu comme un « roman ».

Livre écrit en 20o3, quand on sait que Doris Lessing est née en 1919, elle avait donc 84 ans. Qu’elle ait voulu bousculer, comme elle a su le faire dans ses oeuvres précédentes, les codes de la morale bien-pensante, en voulant parler de la différence d’âge dans le couple, différence que l’on accepte chez l’homme et qui  pour la femme, on a inventé le nom charmant de « cougar » soit, que l’amitié fusionnelle à la limite de l’amour homosexuel chez les deux héroïnes soit légèrement abordé et bien que le mot ne soit jamais prononcé, peut-être l’inceste, encore soit, mais qu’elle nous offre cette bleuette pour adolescentes enfiévrées, non !! Pas Doris Lessing ! L’idée était bien trouvée mais aurait dû figurer dans un recueil de nouvelles. Vous l’aurez compris, ces Grand-mères ne me laisseront pas un souvenir impérissable et ne me feront pas réfléchir plus avant sur ces formes d’amour qui ne choquent plus grand-monde à notre époque ! Je n’ai même pas envie de vous en dire plus sur Doris Lessing qui pourtant le mérite, ayant un autre livre d’elle dans ma PAL, j’espère revenir vous en parler avec plus d’émotion. Et lui rendre les honneurs qui lui sont dûs.