LES LARMES DE L’ASSASSIN, de Thierry Murat, librement adapté du roman de Anne-Laure Bondoux.

Pour une fois que je lis une bonne B.D, tout au moins une B.D. qui m’a plu, je vous en parle ! Voici ce qu’Anne-Laure Bondoux dit de Thierry Murat en préambule : «  J’ai aimé sa palette de couleurs, le rythme qu’il a donné à l’histoire, l’expressivité des visages et des silhouettes, les grandes images sépia (…), en piochant certaines de mes phrases pour les mêler aux siennes. L’équilibre m’a paru sonner juste : j’entendais ma voix, mais elle était devenue la sienne, et l’histoire s’en trouvait augmentée, enrichie.« 

Je n’ai pas lu le roman éponyme mais quelle histoire triste. Nous sommes en 1934, dans le sud du Chili, en Patagonie, dans un bout du monde battu par les vents venus d’un océan Pacifique austral et hostile, tout y est sec et désolé. Un petit garçon entre 6 et 10 ans (son âge est un mystère…) y pousse à l’abandon sous le regard indifférent de ses parents : « Un jour, un poète de passage m’avait comparé à une graine plantée là, condamnée à ne jamais donner de fleurs. »

Et puis, surgi de nulle part, arrive Angel, un meurtrier recherché par toutes les polices du pays, qui sous les yeux de l’enfant va tuer ses parents et lui demander de le considérer (plus ou moins) comme son père… Le temps passe, l’enfant s’habitue à vivre avec Angel, sans se poser alors vraiment de questions. Les bouts du monde fascinent, c’est bien connu ; Luis, un jeune bourgeois aisé échoue là au lieu de faire le tour du monde promis à ses parents. « Pas toujours facile de tenir ses promesses« , confie-t-il à l’enfant. Ce dernier va découvrir les livres, va vouloir apprendre à écrire, il saura même écrire « larme » en voyant Angel pleurer (discrètement)… Pendant qu’une rivalité larvée naît entre les deux hommes…

Ces trois là ont trouvé un équilibre pour vivre ensemble, en s’aimant un peu, surtout dans les non-dits. La civilisation va les rattraper quand, à court de vivres, il leur faut se rendre à la foire de Punta Arenas racheter des chèvres, des poules…de quoi survivre un hiver. Mais voilà, un assassin peut-il indéfiniment vagabonder, soustrait à la Justice ? Luis va-t-il résister aux sirènes de l’amour et après tout quel âge a vraiment Angel ? Qui était réellement son père ?

Les vignettes ici, ondulent sous nos yeux comme la foule et les moutons mis en miroir. Punta Arenas en 1930, couleur sépia est magnifique.

Toutes ces questions accumulées au long une enfance si particulière vont remonter en surface à l’âge d’homme et Paolo va écrire son histoire, en partie … Y trouvera-t-il les réponses qu’il cherche ?  » Je viens du bout du monde et je cherche encore ma vérité, un miroir que j’aurais perdu ». Un très bon moment pour ces 120 pages lues en une demi-heure et sur lesquelles on se retourne pour chercher celle où l’assassin a pleuré…!

Je voudrais bien participer aux mercredis en BD de Mango mais à l’heure où j’écris ce billet je n’ai pas les liens ni le logo, c’est ma première fois ! J’ajouterai dans la journée !