LES PLUMES 16 – Les textes en Correspondance !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comUn billet qui m’a fait passer par toutes les couleurs de la désolation ! Depuis quelques temps WordPress ne restaure plus la dernière version de votre brouillon et si vous n’avez pas fait un copié-collé systématique …eh bien la moitié des liens s’envolent, le texte aussi ! J’espère qu’il n’en manquera pas !!! Ou je m’arrache mes derniers cheveux ! Voici les textes avant la session de Noël, si je ne suis pas aux fourneaux cette année (donc à suivre). Je voulais remercier tous les participants pour ces quinze jours en votre agréable compagnie, féliciter les nouveaux qui se sont insérés en deux temps trois mouvements ! Lundi prochain, retour chez Olivia pour un nouveau « des mots une histoire !

Par ordre d’arrivée des liens, voici les 22 participants (mon texte compris, ci-dessous) :
Ghislaine, Marlaguette, Violette Ruer, Philisine Cave, JoBougon, Janickmm, Solange, Hurluberlu, Mind The Gap, Adrienne, Sharon, Marieetanne, Soène, Nunzi, Laure, Pierrot Bâton, Bizak, Cériat, Merquin, Célestine. Patchcat. Miss Nefer (?) et Coccinelle.

Les mots imposés étaient :
Plume, épistolaire, échange, relation, courrier, essoufflement, assortiment, liaison, amoureux, carte, rencontrer, lettre, souvenir, distance, train, couleur, pantin, pétrifier, perpétuel.

Lettre à Paul (suite de mon texte de la semaine dernière).

Paul ,

Comme ces statues pétrifiées au milieu d’un jardin abandonné, au  geste léger, en l’air,  suspendu quand il n’est pas de prière, un geste de silence inattendu, figé pour l’éternité.  Voilà ce à quoi je devais ressembler quand j’ai remercié le coursier d’être venu me porter ta carte recommandée. Re-com-mandée. Le mot a rebondi dans ma tête avec le goût du sang quand il se fige et vire au violet, tu sais, ces teintes crues accrochées aux mauvaises nouvelles. Il est des courriers que l’on ne devrait pas ouvrir, mais jeter dans le ruisseau.

Être amoureuse de toi m’a causé plus de tourments que de ravissement. Même si j’ai chassé depuis longtemps les souvenirs douloureux, ne gardant que les images saturées de couleurs ; celles où nous riions sur la photo. Celles où nous venions de nous rencontrer.

J’avais imaginé  que des échanges épistolaires inclineraient notre relation sous une hauteur de plafond différente . Plus haute et sous une lumière douce et tamisée, apaisée : nous aurions eu la tête dans les nuages mais sans les turbulences. Et tu m’as envoyé ÇA ! Que tu cherches à m’imposer, à m’infliger… Le train avait déjà déraillé, j’avais sauté la première mais toi… Je relis la carte protocolaire qui accompagne ta lettre, guindée et fière d’elle. Dis-moi, qu’est-ce que cela va apporter à nos vies ? À toi qui vas enfin passer à l’acte et moi de le savoir… Car je ne viendrai pas tu t’en doutes, tu le savais pertinemment alors je trouve cette lettre…déplacée, vide de sens. Doit-on rendre la souffrance comme on rend la monnaie ? Inutile de me rappeler que j’ai sauté du train il y a cinq ans. Ta jalousie te faisait t’accrocher à notre liaison comme un chasseur à sa collection de bois, je ne voulais pas bramer. Te donner cette inutile satisfaction.

Dans la distance qui nous sépare, il n’y aura plus seulement les kilomètres, le train qui s’emballe et le silence. Tu viens de mettre le point final aux souvenirs alors même que nous étions prêts, j’étais prête à réécrire un bout de l’histoire. L’essoufflement perpétuel du monde s’accorde aux coeurs indifférents, ils y voient là une bonne raison de ne pas poursuivre leurs vieilles chimères tels des pantins inarticulés. En retrouvant mes esprits, j’ai senti la légèreté de la plume me porter au vent du soir, j’ai déchiré ta carte et je l’ai laissé s’envoler, j’ai envie de danser maintenant. Bien sûr que je ne viendrai pas puisque demain tu te maries…plume oiseau vanishingintoclouds