Les Plumes, thème n°8, LES TEXTES EN EAU !

LOGO PLUMES2, lylouanne tumblr comWaouh, quelle chaleur et quelle effervescence ! Merci aux 21 participants d’avoir transpiré un peu, nous avons par ordre d’arrivée des liens : Nunzi, Dame Mauve, Janickmm, Mon Café Lecture, Oncle Dan, Pierrot Bâton, Valentyne, Ghislaine, Eeguab-Modrone, Olivia, PatchCath, Hurluberlulu, Célestine, Soène, Kristel , Sharon et Cériat .Et LilouSoleil . Coccinelle aussi s’y est mise ! Et Coumarine (Le Retour !), avec un peu de retard mais un très beau texte sensuel à souhait ! Adrienne, aussi !

Les mots imposés étaient : aube, fontaine, débit, grand, fraîcheur, cascade, baignade, chute, flux, dérive, trésor, noyade, trouble, goutte, glisser, gorge, grain.

Ci-dessous, mon texte.

ET L’EAU S’EN VA MADAME…

homme face éléments naiade974 tumblrAux fontaines trop vives, jaillissant dans les brumes de l’aube, à l’heure incertaine et trouble qui me sépare de moi-même, j’ai bu l’eau fraîche des printemps. Sans savoir qu’entre les gouttes glissaient déjà les larmes du chagrin annoncé.

Plus tard et plus loin, nos mains scellées semblaient ne jamais devoir se quitter quand l’été superbe nous caressait après nos baignades, nus dans la vasque d’eau claire sous la cascade. Nos rires à gorge déployée résonnaient dans le ciel démesurément grand, comme nos rêves, nos serments et le grain de folie, celui-là même qui donne aux amants  le sentiment d’être seuls au monde, d’être uniques et éternels.

Sans nous en apercevoir, nous nous étions approchés des chutes. Avec le bruit rauque des cataractes je n’ai pas entendu ton cri, je pensais que tu jouais au poisson volant en te cachant sous l’eau ; tu t’amusais à me passer entre les jambes et je basculais dans tes bras en riant. L’eau est devenue rouge. J’ai plongé à mon tour, je ne t’ai pas vu. Je crois avoir regagné la rive en hurlant et m’être évanouie. Un long tunnel sans lumière a recouvert l’été.

Après la noyade, le flux et le reflux du monde.  Une vie en bas débit. La dérive commence, l’esprit flotte indéfiniment au-dessus d’un corps mécanique d’où tout appétit s’est enfui. Les chasses aux trésor se transforment en cauchemars de jour comme de nuit et qu’importe la pluie ou le soleil aux saisons du coeur ?

Bien après, je me suis éveillée dans la fraîcheur d’un matin, j’entendais à nouveau chanter les oiseaux et crier les enfants dans les jardins au loin.  Je me suis relevée mais en contemplant mon reflet dans le miroir j’ai su que beaucoup d’années avaient passé. Que j’avais laissé mourir les étés avec toi. Je suis retournée à la cascade, j’ai voulu sentir l’eau effleurer mes pieds, j’ai su que j’existais encore sous cette caresse. Mais c’est là aussi que je me suis dit que l’hiver serait là bientôt, que viendrait le bout du bout d’un monde où je ne serai plus. Et alors, qui écoutera les silences que l’on aura laissés ?…