LES ANNÉES PATCHOULI

Désir d’histoires 35: voir les consignes à la fin de ce texte !

Ces années là, l’odeur du patchouli et de l’encens flottaient dans les chambres de la jeunesse « qu’il fallait être pour devenir »,  nourrie aux mamelles gorgées de lait de l’existentialisme et du nihilisme. Derrière ces écrans de fumée (parfois lénifiante), les espoirs étaient poussés à l’extrême de l’idéalisme, des certitudes inébranlables que seules la prime jeunesse, et qui sait, l’utopie ou la naïveté permettent.

 Si je me retourne et regarde quelques photos oubliées ici et là, en noir et blanc ou en couleurs, je me demande : «  Mais que veut-elle me dire cette jeune fille, au sourire fermé de madone, repliée sur des rêves qui ne se réaliseront qu’en partie ? Je ne la connais plus, elle est si loin, déjà…Elle regarde par-dessus l’épaule du photographe qui a immortalisé l’instant, l’instant définitivement passé. Alors, je suis monté au grenier, j’ai trouvé une vieille malle et beaucoup de cahiers d’écolier, des carnets, non, pas de journal intime, juste des morceaux déchirés, « des petits papiers », je les ai mis bout à bout, Petit Poucet à la recherche de cailloux qui m’ont menés jusqu’à elle. Pour dévider l’écheveau des fils entrelacés d’une mémoire qui n’était pas la mienne. Et les images en kaléidoscope  m’ont sautées au visage. Lire la suite