La poésie du jeudi avec Jean Joubert.

chromo oiseau couronné ana-rosa(1) Amis de la poésie, bonjour ! (il fallait bien que je la fasse un jour celle-là). Je vous présente un poète découvert au hasard de mes vagabondages sur la Toile, j’ai rebondi de lien en lien le concernant, j’ai lu plusieurs de ses poésies, sa vie, son « oeuvre » avant de me décider. Ce n’est peut-être pas le plus beau, c’est celui qui a résonné le plus fort.. Poète et écrivain, Jean Joubert a écrit une oeuvre conséquente (Cf. fin du billet) . Je vous propose un poème, extrait de son recueil État d’urgence. Il a sorti ce recueil en 2008, à 80 ans, j’applaudis !

 Je remercie celles et celui qui ont poétisé avec moi aujourd’hui , je tiens à souligner la diversité des choix, des plus classiques aux contemporains et ça je touve vraiment extra que la poésie nous réunisse au travers des siècles :

1- Soène : Comment appeler son chat ? de T.S. Eliot.
2 – Monesille : L’Ecureuil de Maurice Carême
3 – Valentyne : Nous partirons de Nicolas Pavée.
4 –  Nadael : chanson Ton héritage de Benjamin Biolay.
5 – Mariejo64 : Sonnet 116 de William Shakespeare
6 – Modrone-Eeguab : Mon amante a les vertus de l’eau de Victor Segalen.
7 – Marie et Anne : Le corbeau d’Arthur Rimbaud.
8 – Sandrion : El Desdichado de Gérard de Nerval.
9 – Micmélo : Sonnet 12 – regrets de Joachim du Bellay.
10 –  ClaudiaLucia : Mon pays de Gilles Vigneault
11 – PatchCath : Joli Poème de Sainte-Beuve
11 – Dimdamdom59 :

Extrait du recueil ÉTAT D’URGENCE, partie « Fin de siècle », p.48.a Joubert main desserrer

Parfois surgit l’âpre désir
de desserrer les doigts, d’ouvrir
la main qui nous retient à l’arbre de lumière,
de lâcher prise.
Parfois dans l’âme prisonnière
monte l’appel des gouffres
et le très bas murmure
des voix défuntes dans la brume.a Joubert brume
Ce qui soudain occulte le soleil
est une main géante,
l’ombre d’une ombre
et d’un corps invisible.a joubert main cache le soleil imagée
On tomberait alors sans plus d’espoir d’une aile
vers des pays profonds,
des rives de silence
où des spectres aimés
tissent des gestes éternels.
Et là, le feu s’étant renié, on glisserait
dans la tendresse obscure de la terre.a Joubert tendresse obscure de la terre

Pourtant ce qui nous tient
est une main d’enfant,
un livre ouvert,
l’aurore d’une voix.a joubert livre ouvert aube voix

Jean Joubert ©Etat d’urgence – poèmes 1996-2008 – Edinter 2008.

Jean Joubert à la Comédie du livre en 2010.

Jean Joubert à la Comédie du livre en 2010.

Jean Joubert, né en 1928 à Châlette-sur-Loing (banlieue industrielle de Montargis) revendique une enfance heureuse entre ville et campagne, deux socles qui ont nourri son oeuvre et son imaginaire. Il a commencé à écrire des poèmes au collège. Parallèlement,  un oncle, sabotier (et anarchiste paraît-il) lui a donné le goût des livres en lui enseignant la politique. Prix Renaudot 1975 pour son roman « L’homme des sables, puis de l’Académie Mallarmé en 1978 pour « Les poèmes ». Poète inclassable et réfractaire aux « salons », il se définit comme « clandestin ».