LE PETIT BAL PERDU de Bourvil

Je ne vais plus danser depuis quelques années maintenant, non pas parce que je vieillis ou que je n’aime pas ça (peut-être un peu) mais c’est surtout que je n’ai jamais trop aimé la promiscuité suante et enfumée des boîtes de nuit (elles ne sont plus enfumées je sais, je ne suis pas un tyrannosaure non plus !), et encore moins celles des dancings de camping ou autre bal des Pompiers  (mal choisi l’exemple, je respecte les Pompiers, mais vous avez compris ce que je voulais dire !). 

(Ma mère, à gauche et des amis avant d’aller au bal, c’était classe quand même ?)

En fait j’aurais aimé connaître les bals de nos grands-parents, ceux qui naissaient spontanément au coin des rues après la Libération de Paris, les petits bals de campagne où on draguait sec (c’est ma mère qui me l’a dit) sous l’oeil parfois distrait d’un chaperon, parce que c’était un des rares lieux où les jeunes filles avaient le droit de se lâcher un peu (quand le chaperon s’endormait) et que beaucoup de rencontres durables (ou pas) se faisaient aussi dans ces bals. Et que je les ai vu disparaître sans avoir eu le temps d’y aller, arrivée à l’âge adulte (là j’y suis). Je me souviens y avoir été enfant peut-être, avec mes parents.

Pour en illustrer l’esprit, j’ai en mémoire cette chanson que j’aime beaucoup même si je ne l’écoute pas souvent, évocatrice d’un petit bal dont on  ne se souvient plus parce que … parce que…le temps a fait du mauvais boulot  et la mémoire a balayé derrière ! Alors à ceux là, il reste Le petit bal perdu de Bourvil !

PAROLES :

C’était tout juste après la guerre,
Dans un petit bal qu’avait souffert.
Sur une piste de misère,
Y’en avait deux, à découvert.
Parmi les gravats ils dansaient
Dans ce petit bal qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

(Refrain)
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d’eux.
Y’avait tant d’insouciance
Dans leurs gestes émus,
Alors quelle importance
Le nom du bal perdu ?
Non je ne me souviens plus
du nom du bal perdu.
Ce dont je me souviens
c’est qu’ils étaient heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c’était bien…
Et c’était bien…

Ils buvaient dans le même verre,
Toujours sans se quitter des yeux.
Ils faisaient la même prière,
D’être toujours, toujours heureux.
Parmi les gravats ils souriaient
Dans ce petit bal qui s’appelait…
Qui s’appelait…
qui s’appelait…
qui s’appelait…

( Refrain)

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