HERE’S TO YOU, NICOLA AND BART…

Par Joan Baez (BO du film d’Ennio Morricone.). L’affaire SACCO ET VANZETTI ou l’innocence assassinée. Bien que leurs noms aient été blanchis, ne pas oublier que de telles injustices hantent toujours les couloirs de la mort aux Etats-Unis, est aussi une façon de s’interroger sur la peine de mort, puisque certains aimeraient qu’elle soit rétablie dans notre pays…

Dans la prison de Charlestown près de Boston (Massachusetts), Le 23 août 1927, les deux militants anarchistes, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti étaient injustement exécutés, sur la chaise électrique, accusés d’un crime qu’ils n’avaient pas commis.

Ce qu’on leur reprochait ? D’être les auteurs de deux braquages et d’avoir tué deux convoyeurs de fonds à deux dates rapprochées : l’un le 24 décembre 1919 et l’autre le 15 avril 1920. Et d’avoir empoché les 15 000 $ qui représentaient les salaires des employés d’une usine de chaussures. Malgré le manque de preuves flagrant, le 14 juillet 1921 ils sont condamnés à la peine capitale.

Cette affaire a déchaîné l’opinion dans le monde entier où des comités de défense, des manifestations ont reporté plusieurs fois l’exécution. Comme Sacco en 1923, Vanzetti est placé en hôpital psychiatrique en 1925. Le 12 mai 1926, leur condamnation est confirmée. Benito Mussolini lui-même s’en indignera et prendra  leur défense (c’est dire !).

A savoir que le contexte n’est guère favorable économiquement et politiquement ces années là aux Etats-Unis, comme en Europe. Au sortir de la guerre, il faut faire face à l’inflation galopante et juguler les grèves nombreuses qui éclatent un peu partout dans le pays. La chasse aux sorcières a commencé, face à la montée du bolchévisme, les grévistes,   l’arrivée des immigrés italiens (dont beaucoup d’anarchistes), et qui parlent à peine l’anglais. L’amalgame est vite fait. Même après que le véritable coupable se soit dénoncé du fond de sa prison, le Juge Thayer (qui n’aimait ni les anarchistes, ni les italiens, on est à Boston, hé !) ne voudra jamais rouvrir leur procès, ils resteront sept ans en prison avant de mettre cinq longues minutes inhumaines pour l’un, et sept pour l’autre à mourir d’une décharge barbare sur la chaise éléctrique. Le vrai coupable, Celestino Madeiros est exécuté en même temps.  Lire la suite