LE LIVRE DE DINA – Tome 1 : les limons vides » de Herbjørg Wassmo

a-pinces-0-linges-logo1a-dina-les-limons-vides-tome1Un livre dont j’ai eu  envie de vous parler à chaud car il est d’une violence inouïe. Aussi c’est ce brouillon resté en jachère que je vous livre aujourd’hui, presque deux ans après cette lecture marquante. Une plume trempée à la fois dans la glace et le feu.   Le style est somptueux, mais exige une attention soutenue, n’allez pas le lâcher une semaine (vous ne pourriez pas de toutes façons, il vous rappellerait)  et même avec cette attention le procédé narratif, fait de phrases courtes, rapides comme la vie de Dina la météore, vous laissera en chemin si vous ne suivez pas ! Le livre s’ouvre sur une galopade suicidaire, en plein hiver, dans le Nortland norvégien, autant dire presque le cercle polaire et la glace n’est pas destinée à finir au fond des verres de vin qu’écluse Dina, elle sublime les paysages et cette étrange enfant qu’est Dina, sauvage, presque autiste parfois bien qu’elle ait bénéficié d’ un minimum d’éducation dans la maison de son père, un commissaire de police veuf, mal remarié selon Dina (les belle-mères, c’est jamais ça, là c’est pire !) . Lire la suite

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Hallelujah pour l’enfance massacrée …

femmes au jardin-monetJe ne parle jamais des informations sur ce blog pour éviter certains débats qui vireraient à l’aigre (et d’une) et qui resteraient stériles (et de deux). Mais avec ce qui est arrivé dans cette école  à Newtown, Connecticut (USA),  mon coeur a eu un raté ! Parce que j’ai un neveu en maternelle, un petit-neveu et une petite-nièce aussi, que j’ai des ami(e)s instituteurs ou professeurs, ce drame stupide et désolant me touche. Alors bien sûr, nous ne pouvons pas faire grand-chose, sinon signer des pétitions « anti-armes » (et encore, cela changera-t-il quelque chose ?), nous pouvons juste nous dire que cela peut arriver n’importe où, n’importe quand, que les fusils et autres pistolets ne sont pas chargés à blanc et que, contrairement aux jeux vidéo, nous n’avons pas plusieurs vies. Celle des vingt enfants assassinés (et des sept enseignants ou personnels de l’école) ne fait pas le poids face à la folie meurtrière, à la folie tout court. Juste un coup de folie d’un autre enfant « profondément dérangé ». Qui coûte cher. Alors pour eux, pour ces petits enfants qui attendaient Noël mais qui avaient aussi un avenir devant eux, Hallelujah … la célèbre chanson de Léonard Cohen qui avait été reprise par Jeff Buckley, ici je vous la mets par Bon Jovi, c’est pas mal du tout. Lire la suite

L’INTRANQUILLE de Gérard Garouste avec Judith Perrignon

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Sous-titré : Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou

Gérard Garouste est un peintre de renommée internationale qui n’a plus rien à prouver, que l’on aime ou pas son oeuvre, ce livre écrit à la première personne par Judith Perrignon, ex journaliste à Libération est d’une justesse inouïe et disons-le, bouleversant de vérité. Il a voulu dans ce livre, raconter le fardeau qui a gâché sa vie en partie et qui n’est pas encore totalement réglé : la folie, ou comme il le dit, selon les époques, il a été « maniaco-dépressif ou bipolaire ». Mais aussi les secrets de famille entretenus par un père collabo pendant la guerre qui a aidé à spolier les juifs de leurs biens, violent en mots, « psychopathe » face à une mère effacée et geignarde qui n’a rien arrangé… « Mon père n’a pas pu être un héros, il a été un salaud ». Lire la suite

ZELDA de Jacques Tournier

© By Asphodèle

Pourquoi donc parle-t-on autant de Zelda Fitzgerald ces dernières années ? Depuis Alabama Song de Gilles Leroy, qui nous a mis l’eau à la bouche, avouons-le avec cette semi-fiction, Jacques Tournier, traducteur de Gatsby Le Magnifique, de Tendre est la nuit et de moultes nouvelles nous livre une biographie partielle mais juste et basée essentiellement sur la correspondance entretenue entre les deux époux tout au long de leur vie, correspondance que lui a remise leur fille  Frances dite Scottie (née en 1921) quelques mois avant de décéder d’un cancer en 1986. Je ne vais pas vous faire un parallèle entre les deux, ça n’a presque rien à voir, mais vous parler de ce que Jacques Tournier a extrait de cette correspondance passionnée. Cette femme connue pour ne pas avoir été reconnue en son temps, en tant que femme, en tant qu’écrivain, danseuse, peintre, méritait bien qu’on s’attarde sur son âme, qui a basculé très vite dans la folie mais qui gardait malgré tout une terrible lucidité. Si la schizophrénie avait pu se traiter à l’époque autrement que par des chocs d’insuline, qu’en aurait-il été ? En quittant Paris pour ne jamais revenir, voilà ce qu’a dit Scottie (entre autres)  à Jacques Tournier :  » Il faut que vous lisiez leurs lettres. Elles prouvent à quel point ils se sont aimés, avec quel courage, quelle constance, quelle compréhension mutuelle, d’un amour souvent déchiré mais intense. » « Déchiré » est un euphémisme…. Lire la suite