Briser le silence et entrer en résistance !

Briser le silence après le drame,
Le coeur à l’envers,
la raison qui s’égare…

Briser le silence
pour ne pas laisser la rumeur malsaine
s’installer.
Avec ses tessons de bouteilles acérés
qui fouaillent les immondices
qui surgissent
à l’heure du recueillement
à l’heure du bilan.

Écrire avec ses armes
avec ses larmes
mais écrire !

Se relever, fier,
Malgré les lambeaux,
malgré les cassures

Irréparables.

Cette chanson de Moustaki qui croyait encore
avec tant d’autres

aux lendemains qui chantent
même si les révolutions ont vécu.
Ne sont plus que souvenirs déçus
pour nostalgiques inconsolables
Mais encore… lucides sur ce qui vient d’arriver !

Depuis cette insouciance,
Insidieuse, est entrée dans nos vies

la fuite du temps…
L’embourgeoisement.
Ce que l’on croyait acquis
ne l’est jamais
quand sommeille la barbarie
au fond des bois tapie.

Liberté de Dire,
des fous ont tiré sur toi
ont fait couler le sang
d’innocents
avec le fol espoir
que l’herbe ne repousse plus…

Dans leur immense orgueil
pétri d’insanité.
Ils ont oublié
Liberté chérie
que tes amoureux se dressaient
bien plus nombreux…

Aujourd’hui, tous à tes pieds,
Yeux dans les yeux
nous allons marcher,

Rire, pleurer, chanter
Pour que tu vives
Pour que nos amis
Ne soient pas morts pour

RIEN !

Aujourd’hui Liberté,
Avec nos crayons, nos plumes
Nos stylos, nos claviers ou nos pinceaux
Nous entrons en résistance.

Pour Charlie…

On se relève et on chante, on s’indigne, le poing toujours levé, comme ils l’auraient voulu ! On peut même remplacer les paroles… Ou, on ne chante pas, on fait silence, en sachant que ce n’est pas lui qui aura le dernier mot…

 © Asphodèle – 11 janvier 2015