PREMIER RENDEZ-VOUS !

Les grappes blondes des raisins ployaient, impertinentes et gorgées de soleil sous le ciel de septembre. Je suis entrée dans la vigne, comme dans un cimetière, contrariée et muette, étrangère à cette inspiration soudaine que semble avoir la nature quand brûlent les derniers feux de l’été, quand les vergers rendent leurs fruits à la terre, épuisée d’être moissonnée.

Un instinct avisé me conseillait d’éviter les péripéties, de repartir en sens inverse, surtout ne pas ouvrir cette parenthèse sensible que je ne pourrais refermer. A l’inverse de la terre, mes forces étaient encore vives, j’allais à contre-temps, le remontant dans le sens inverse de ses aiguilles, jouant du violon sans archet en proie à l’euphorie qui embrume les bonheurs naissants… Une aporie de plus pour ajouter un trait de charbon à la longue liste de mes erreurs, pourquoi pas ? Adossé à un pêcher, tu me regardais approcher, un sourire biaisé au coin des lèvres. Et quelque chose de gonflé dans l’attitude qui me faisait penser à la fourmi qui vient de gober une mouche… Que ne l’ai-je remarqué à temps ? Tu n’as pourtant rien d’un gigolo mon pauvre Jean-Charles mais tes exagérations éperdues de la semaine dernière ont eu raison de ma patience légendaire. Ce droit de réponse, aussi délicat qu’un éclat de majolique, tu l’auras remarqué, s’avérait nécessaire et salvateur ! Tu m’as emmurée dans les clichés de ton imagination mythomaniaque, il fallait que je sorte de ce temple en stuc et en toc que tu as érigé et où je m’adonnerais à toutes sortes de turpitudes insensées ! En fait c’est encore pire ! Mais je ne t’en dirai pas plus, juste que je ne suis pas encore assez cougar pour me jeter sur les petits garçons effondrés sous leurs châteaux de sable, à égale distance des étoiles allumées dans leurs yeux et de celles contre lesquelles je m’allonge pour oublier ta plume ! Il va te falloir changer d’encrier et cesser de confondre vitriol et miel d’acacia ! Je compte sur tes talents d’éloquence pour rétablir la vérité, je sais que tes arrières-boutiques regorgent de bonne volonté, les vitrines, nous le savons, ne sont que de superficiels pis-aller…Et tu sais ce que je fais des vitrines moches ??? Je les casse !!!

Ça c’est fait ! :mrgreen: Après les Plumes, point de répit avec un zouave pareil, c’était donc ma participation à l’atelier d’Olivia qui vient de rouvrir ses portes ! Allez-y voir, la déco a changé et elle est toujours aussi souriante ! Pour ce « Des mots, une histoire » 72, les 21 mots imposés étaient : distance, parenthèse, éperdu, instinct, emmurer, aporie, gigolo, archet, charbon, force, exagération, rentrée, inspiration, euphorie, sensible, attitude, majolique, étranger, péripétie, raisins, impertinent.