Aujourd’hui « en toc » : 16/366 .

Logo réels Queneau2Allez, zou, après les avoir écrits pendant 6 jours sur un carnet (à la Queneau finalement), je reprends mes réels ici. C’est plus facile finalement sur un carnet, vite fait bien fait… Je les retaperai à la suite sur la Page des « 366 réels à prise rapide » pour ne pas vous infliger un billet de 600 mots ! Je suis gentille non ? Mais bon, je ne les taperai pas aujourd’hui…

Aujourd’hui, en toc ! J’aurais pu décliner ce mot ou cette onomatopée dans divers registres ! Je m’en tiens au sens « vrai-faux ». Je suis donc allée faire un tour dans mes boîtes à bijoux (j’en ai un peu partout, comme les livres) et me suis aperçue qu’il y avait davantage de toc que d’or. Mais qu’importe ? Je porte les bijoux qui ont une signification sentimentale. J’ai hérité d’un « vrai » collier de perles d’une de mes tantes, je l’aime bien, mais je préfère porter celui en toc. Comme Coco Chanel qui a rendu célèbre le toc en perles !a coco perles pour toc réelNombre de mots : 100 (pile)
Sur le vif : oui
Elément réel de la journée : oui
En accord avec le thème : oui.

Les règles sont les suivantes : écrire sur le vif, ne pas écrire plus de 100 mots, rapporter des éléments réels de sa journée sans en inventer et sans se référer à un jour antérieur, suivre la thématique de la date correspondante. La liste des thèmes et le règlement sont ici

Participent à cette folle aventure :

Valentyne  ,   Jean-Charles-Fred Mili Marlaguette ,   Jacou Dominique  , Martine27    Croc  Martine (Littér’auteurs),  Rebecca Zartarian-Arabian ,  Nadael, Prudence Petitpas ,  MarieJo64. Eva  (Randonnez-vous dans ce blog) depuis le 1er mars). Asphodèle, Ghislaine53 qui a rejoint l’équipe en mars. Et d’autres, qui, s’ils le souhaitent, je me ferais un plaisir de les ajouter.

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L’irrégulière ou mon itinéraire Chanel d’Edmonde Charles-Roux

OU LA BIOGRAPHIE DE COCO CHANEL LA MIEUX DOCUMENTÉE…

« Coudre, c’est finalement refaire un monde sans coutures… »Roland Barthes (citation du deuxième épilogue de L’irrégulière).

Et un grand bravo à Edmonde Charles-Roux qui retrace ici presqu’un siècle d’Histoire avec celle de Gabrielle Chanel, après avoir accompli un travail de fourmi auprès d’elle, à démêler le vrai du faux, les mensonges, tout ce que Chanel a toujours voulu cacher sans y parvenir vraiment. Ce livre (paru après son décès en 1971) l’a rattrapée et nous en brosse un portrait de femme, magistral de courage, auréolé de mystères et enfin,  dépassé par sa légende…

Ce « pavé » de 654 pages (dans ma vieille version poche) est idéal pour exalter vos vacances, sous l’écriture fluide mais non moins rigoureuse d’Edmonde Charles-Roux. Malgré quelques longueurs, il se lit comme un roman d’aventures puisque la vie de Chanel n’a été faite que d’aventures, heureuses, grandioses et pitoyables mais qui l’ont menées là où l’on sait… et ce n’était pas gagné !

Gabrielle Chanel naît le 19 août 1883 à Saumur, quasiment dans le ruisseau d’un père cévenol, camelot de son état, volage et instable et d’une mère épuisée par les grossesses , fourbue de suivre cet homme qui ne l’a pas épousée. Elle mourra de tuberculose et de misère à 32 ans, laissant Gabrielle orpheline à 13 ans. Son père, dépassé, les abandonnera, sa soeur cadette et elle, très vite dans un orphelinat corrézien, puis elle connaîtra le pensionnat des chanoinesses de Moulins où elle apprendra la couture. Le sarrau noir qu’elle portait lui inspirera plus tard, en 1926, la fameuse « petite robe noire ». Elle est plutôt jolie et va se retrouver « poseuse » dans un beuglant de Moulins, ville de garnison où elle poussera la chansonnette et « Qui a vu Coco dans le Trocadéro » ne la consacrera pas comme chanteuse mais elle y gagnera son surnom. Repérée par le châtelain Balsan qui lui ouvre les portes de son château et de ses draps, elle commence l’apprentissage de la vie « d’irrégulière », de femme entretenue, celle que l’on n’épouse pas mais qui revendiquera toujours sa liberté malgré cette blessure qui la poursuivra tout au long de sa longue vie. Elle rencontrera chez Balsan,  son seul grand amour, Arthur Capel, dit Boy, d’origine anglaise, ils auront une liaison de huit ans et il ne l’épousera pas non plus, préférant suivre les consignes paternelles et ne pas se mésallier. Mais jamais il ne l’abandonnera et lui prêtera l’argent nécessaire pour acheter son premier atelier du 21, rue Cambon, puis sa boutique à Deauville où elle vend des chapeaux, découvre le jersey et commence à « exploser », aidée de sa soeur, ses nièces pour modèles. En trois ans, elle remboursera Boy.

S’ensuivront les années folles, les rencontres marquantes avec le poète Reverdy (encore un amour qui finira platonique et épistolaire), Jean Cocteau, Diaghilev, Stravinsky, Colette, Picasso et sa chère amie Misia Sert qui lui sera fidèle jusqu’à la mort. Car elle s’est sentie trahie plus d’une fois, la petite Gabrielle et la grande Chanel, abandonnée, humiliée. Mais à chaque fois, elle a opté pour transformer ces humiliations en or, celui qu’elle avait dans ses doigts sans cesse en mouvement. L’âge d’or durera jusqu’à la guerre 1940-45 où là, erreur ! Elle ferme sa boutique de la rue Cambon, licencie tous ses employés et s’installe au Ritz. Elle aurait joué un rôle dans l’Opération Modelhut, initiée par Churchill et De Gaulle,  s’improvisant en Mata-Hari trompe-la-mort ! Mais elle va avoir une relation plus que douteuse avec un officier allemand, Hans Gunter Von D.. A la Libération, décrédibilisée, elle s’exilera en Suisse jusqu’en 1953. Morte Chanel ? Que nenni. Tel un phénix qui renaît de ses cendres, elle rouvre le 21 rue Cambon et dirige son empire de main de maître. Sans jamais entrer en Bourse, gardant peut-être de ses origines paysannes le concept que l’or se garde sous les matelas… L’Amérique qui l’a déjà consacrée dès 1929 en la faisant venir pour habiller Marlène Dietrich ou Greta Garbo dans différents films se précipite à nouveau dans ses boutiques et ses petits tailleurs portés par Jackie Kennedy ou le N°5 par Marilyn Monroe la consacreront définitivement.

Certes, elle a payé cette réussite, elle est toujours restée cette « irrégulière » qui n’aimait pas les autres femmes dont elle était jalouse mais les a libérées de leur corset. Coléreuse, excessive mais généreuse, elle jouait souvent les mécènes auprès d’artistes, refusant que son nom soit cité. Féministe avant l’heure et surtout malgré elle, habituée à la discipline, à l’exigence dès son plus jeune âge, elle ne faillira pas en grandissant, puis en vieillissant. Elle s’éteindra seule, dans une chambre du Ritz où elle vivait depuis trente ans, un dimanche de 1971 à presque 90 ans…

Le regard distancié de l’auteure qui traque ses qualités et ses failles lève le voile sur ce mystère qu’elle a entretenu sa vie durant pour cacher ses origines. Ce livre se lit agréablement et j’avoue en avoir appris autant sur Chanel que sur les différentes époques du siècle dernier. Et malgré quelques « longueurs », nous passons outre et nous laissons vite embarquer dans cette histoire où la réalité dépasse souvent la fiction.

SUR L’AUTEURE, un peu quand même !

Grande dame s’il en est, Edmonde Charles-Roux, née en 1920 se fera remarquer tout d’abord comme infirmière pendant la guerre 40 où elle entre en résistance. Bardée de médailles, elle rejoint la vie « civile » en 1948 pour être journaliste à Vogue Paris jusqu’en 1966 où elle quitte le magazine après avoir fait « scandale », en voulant mettre à la une un portrait de femme de couleur… Trois mois plus tard son premier roman « Oublier Palerme  » est publié et elle obtiendra le Goncourt. Sa carrière littéraire est lancée. Elle est aujourd’hui Présidente de l’Association pour le soutien de la Maison Elsa Triolet-Aragon au Moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines. En 2010, une médaille de Commandeur de la Légion d’Honneur est venue s’ajouter à celles déjà nombreuses qui ont consacré sa « carrière militaire »… (Source Wikipédia, abrégée..)