LE FOND DU BOCAL par Nicolas Poupon

Mais quelle idée de faire réfléchir et parler des poissons rouges ? Enfin un livre avec des images, une BD  qui me parle ! Et m’a fait sourire… Ce n’est pas tous les jours avec ce genre de lecture, il fallait le souligner ! Dans ce Tome I, (il y en a cinq qui suivent), nous faisons connaissance avec l’univers « intelligent » de poissons rouges qui méditent à la fois de l’intérieur du bocal mais aussi sur ce qui se passe à l’extérieur. Ils sont certes « agités du bocal », engagés de temps en temps, toujours drôles. Les dessins sont bien croqués, le texte lisible, et ils  collent à la réalité, on en oublie que ce sont des poissons, d’ailleurs…Les réflexions sont générales, pertinentes, pleines d’humour et d’auto-dérision sur les choses de ce monde.  Pour commencer, une image des poissons rouges parisiens :

 » A Paris, le bocal est au prix de la rivière »…  Lire la suite

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PURGATOIRE de Chabouté

Vous connaissez mon attirance pour les BD ? En fait je m’y mets doucement, au hasard de ce qu’une amie m’amène de la médiathèque. Là c’est un titre de l’auteur que je n’avais pas demandé mais ce devait être le « Chabouté » qui restait. Avec un titre pareil, on devine que ce n’est pas d’une folle gaieté. Mais à ce point…

C’est l’histoire d’un trentenaire (d’après les dessins) qui vient d’hériter une grande maison d’une tante inconnue. Il téléphone à un pote pour lui raconter l’aventure, il s’installe enfin à son compte, auto-entrepreneur, bref la vie lui sourit enfin.

Lui reste à signer les papiers chez son assureur pour la maison. Et là, patatras, les ennuis commencent. Déjà l’assureur et sa secrétaire ont des têtes de vieux beurre rance qui grésille dans la poêle de l’escroquerie. Avant qu’il n’ait signé, la maison brûle, il est sauvé in extremis par un pompier super-héros. Et l’effet domino de ce premier pépin va le jeter à la rue, dans l’indifférence d’une administration toute puissante, il va côtoyer les SDF, jusqu’à en devenir un, jusqu’à la fin sordide qui nous laisse perplexe. Meurt-il en se posant la question « je croyais qu’on voyait défiler notre vie avant de mourir, moi je n’ai rien vu » ? Visiblement, il y a un Tome 2.

Les dessins sont très explicites, très noirs, on voit pousser jusqu’aux poils de sa barbe de mal lavé qui perd tout seconde après minute, les expressions sont éloquentes, j’avoue cependant que ces lectures ne me passionnent pas. Si Mafalda m’avait enchantée avec ses réflexions sur le monde en général, là j’ai compati au malheur du héros sans trop y croire… Un peu caricatural même si cette réalité existe (hélas) bel et bien. Mais l’ambiance sinistre est très bien restituée. A ne pas lire si vous avez le moral dans les chaussettes…

Purgatoire, Chabouté, 2003. Editions Vents d’Ouest. 64 pages

MAFALDA, c’est ma copine !

LE MONDE de MAFALDA par QUINO, Tome 5.

Vous connaissez mon peu de goût pour les BD, il fallait donc bien remédier à cette carence et commencer un jour. Piano, piano… Delphine (encore elle) m’a donné l’envie de (re)découvrir cette petite fille, créée dans les années 60 par Quino et terriblement actuelle.

Le Monde de Mafalda (1982) est encore  hélas , celui d’aujourd’hui.

Mafalda, petite argentine révoltée, lucide et sans trop d’illusions est toujours en quête de vérité, questionne les gens qui l’entoure, réagit selon son coeur et me paraît plus proche d’une adulte que d’une enfant.

J’ai particulièrement souri quand elle questionne sa mère ( p.13) sur l’âge auquel on est « vieux », que celle-ci lui répond qu’il suffit « de garder l’esprit jeune » et que Mafalda lui rétorque : « Oui, mais l’esprit, à quel âge commence-t-il à avoir besoin de maquillage ? »

Après avoir regardé les infos « internationales », dépitée, elle se tourne vers un globe terrestre et lui lance : « Si tu avais un foie, tu parles d’une hépatite, hein ? ». Il y a des amis caricaturés autour d’elle, tel Manolo, le petit « bourge » capitaliste qu’elle remet en place, son cousin Felipe, doux rêveur qui a peur de « ne pas se plaire » s’il grandit trop vite, et ainsi de suite. 

Le monde n’a pas vraiment changé, ni l’actualité depuis la parution de cette BD et si vous ne la connaissez pas encore, (ça m’étonnerait !!), courez vite la découvrir et n’hésitez pas à la présenter à vos enfants… Ces bulles de la page 23 en témoignent encore :  Mafalda, derrière une vitre où une mouche se cogne lui lit le journal en énumérant la liste de catastrophes du jour (on peut aisément les transposer à ce jour) et crie à la mouche :  » Avec tout ça, tu veux encore sortir ? »…

N’y connaissant pas grand-chose en graphisme, j’ai noté que les enfants avaient une bouille bien ronde, au contraire de certains adultes dont le visage s’allonge en vieillissant, comme le nez de Pinocchio quand il ment… Faut-il y voir un symbole de plus ?

A consommer sans modération…