À bouche perdue pour le jeudi en poésie…

 chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Il est un blog intitulé Beauty will save the world, tenu par Schabrières et qui, tous les jours, diffuse de la poésie, un blog que je lis assidûment vous vous en doutez car j’y fais beaucoup de découvertes de poètes contemporains. Dernièrement, j’ai trouvé celui-ci d’un poète belge, Albert Ayguesparse, disparu en 1996 à l’âge de 96 ans. Poème qui a résonné en moi … je vous le fais écouter…

M’ont accompagné ce jeudi, les fidèles amis de la poésie : Lire la suite

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BAÏNES DE France Cavalié.

IMG_2043Je sors ce blog de sa léthargie hivernale pour vous parler de Baïnes, un roman qui dit l’amour mais aussi les violences conjugales à une époque où elles n’étaient pas clairement nommées, à une époque (1984-89) où les femmes avaient honte d’en parler (c’est encore le cas mais il existe des lieux pour venir témoigner). Lire la suite

LA POÉSIE DU JEUDI avec Anna de Noailles.

chromo oiseau couronné ana-rosa(1) Après les évènements de la semaine dernière, si proches encore, laissons la parole à la poésie le plus souvent possible, elle est le témoin d’une époque, une réponse spirituelle à nos attentes quand nous nous sentons abattus, découragés. Alors, ne nous en privons pas !

Aujourd’hui, une poésie d’Anna de Noailles, née en 1876 et morte en 1933 à Paris. Une poétesse d’origine princière  gréco-roumaine qui a évolué dans les salons parisiens, amie de Proust, de Paul Claudel, de Cocteau, de Max Jacobs, de Barrès et j’en passe. Enfant, elle passait l’hiver à Paris et le reste de l’année dans la propriété de ses parents à Amphion près d’Evian,  au bord du lac Léman. Elle en a gardé un amour profond de la nature malgré sa vie essentiellement parisienne. D’ailleurs, anecdote qui me fait craquer : elle est enterrée au Père-Lachaise mais a souhaité que son coeur repose dans une urne dans le temple du parc d’Amphion-les-Bains (image ci-dessous). A l’origine du Prix Fémina, vous en saurez plus en cliquant ICI.a anna de noailles temple du jardin votif a de noailles amphion où repose son coeur

Ont poétisé avec moi pour ce numéro hors série et décidé lundi : Modrone-Claude, Soène, Jacou, Valentyne. Nadael, dont j’ai juste changé la date de jeudi dernier, à confirmer ce matin ! Lilousoleil.

LES PLAINTES D’ARIANE

Le coup de vent de Camille Corot - 1876

Le coup de vent de Camille Corot – 1876

Le vent qui fait tomber les prunes,
Les coings verts,
Qui fait vaciller la lune,
Le vent qui mène la mer,
Le vent qui rompt et qui saccage,
Le vent froid,
Qu’il vienne et qu’il fasse rage
Sur mon cœur en désarroi !a vent mer
Qu’il vienne comme dans les feuilles
Le vent clair
Sur mon cœur, et qu’il le cueille
Mon cœur et son suc amer.
Ah ! qu’elle vienne la tempête
Bond par bond,
Qu’elle prenne dans ma tête
Ma douleur qui tourne en rond.a vent feuilles
Ah ! qu’elle vienne, et qu’elle emporte
Se sauvant,
Mon cœur lourd comme une porte
Qui s’ouvre et bat dans le vent.abandon potail rouillé
Qu’elle l’emporte et qu’elle en jette
Les morceaux
Vers la lune, à l’arbre, aux bêtes,
Dans l’air, dans l’ombre, dans l’eau,
Pour que plus rien ne me revienne
À jamais,
De mon âme et de la sienne
Que j’aimais…adieux mouchoir femme

 Anna de Noaillesanna de noailles

Tiré de « L’ombre des Jours »

Je vous donne les prochaines dates, pour ne pas qu’elles tombent une semaine de Plumes, d’autant que ces dernières sont mensuelles… Ces dates figurent aussi sur la Page des poésies du jeudi.

Voici le calendrier jusqu’à fin juillet 2015 :

Le 22 janvier 2015
Le 05  et le 19 février 2015
Le 5 et le 19 mars
           Le 2 et le 16 avril
le 7  et le 21 mai
le 4 et le 18 juin
Les 2, 16 et 30 juillet.

Pour août, je ne m’engage pas encore, sachant qu’à cette période, je prends une pause familiale !

La poésie du jeudi avec Albert Samain

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Je sais bien que c’est Halloween, que la Toussaint approche mais je n’ai pas choisi ce créneau, j’ai un peu peur des vampires et autres sorcières (hormis mes Sorcières qui lisent^^). Encore Albert Samain aujourd’hui, ce poète lillois méconnu dont je vous ai déjà parlé et que j’avais découvert grâce à Natiora. EDIT de 8 h 30 : heureusement que Les Sorcières m’ont dit que les liens n’apparaissaient pas alors que je les ai ajoutés hier soir (ils étaient déjà dans le cahier de poésie, sur la Page), WordPress n’a pas dû prendre en compte mes dernières mises à jour, c’est rare mais ce sont des choses qui arrivent ! J’en suis vraiment désolée ! 😦 Voici les liens :

Ont poétisé avec moi aujourd’hui quelques rescapés des vacances de Toussaint… Lire la suite

NOS VIES DÉSACCORDÉES de Gaëlle Josse

un livre magnifique !

un livre magnifique !

Voici le livre sensible qui m’a redonné le goût et l’envie de lire. Un livre qu’a fait voyager Fransoaz mais que j’ai découvert  l’an dernier chez Delphine,  puis chez Galéa, puis Laure… Et devant leurs billets élogieux, l’envie a suivi… Comme il ne fait que 142 pages, la lecture m’a semblé plus douce. É

Un matin, Francois, pianiste concertiste célèbre reçoit un message concernant Sophie. Plus particulièrement d’un membre du personnel de l’asile psychiatrique où Sophie est enfermée depuis trois ans. D’un seul coup, elle devient sa priorité. Sophie… « Trop aimée pour admettre qu’elle ne pourrait plus jamais être la même. Trop aimée pour admettre que depuis toujours, elle avançait sur un fil tendu au-dessus des abîmes ». (p.43). Ce grand amour, sa muse oubliée depuis trois ans, résonne en lui comme un remords, une évidence à laquelle il ne peut plus échapper. Il va annuler tous ses concerts et partir à la recherche de cet amour éclaté, de cette femme « indéchiffrable » qu’il n’a pas su comprendre avec sa jalousie récurrente et l’idée qu’elle lui était acquise à jamais. Or, comment réparer un violon cassé si on n’est pas un peu magicien ? Quand on n’est qu’un homme a la triste figure. Il n’est pas du tout sympathique François, nous le détestons pratiquement les 3/4 du livre, nous n’arrivons pas à lui trouver une excuse valable, jusqu’à la toute fin (c’est un peu dommage d’ailleurs) où certaines clés nous sont enfin données.

Qui est vraiment Sophie ? Qu’est-ce qui les lie au-delà du temps, des autres femmes, au-delà de la maladie. Sophie est devenue aphasique, elle a perdu les mots mais écoute sa musique à lui en boucle depuis trois ans. Qu’est-ce qui a provoqué cette discordance et pourquoi ? « Il faudra bientôt solder trois années de lâcheté. Plus tard. Comme la plupart des hommes, je suis mono-tâche. Séquentiel. Binaire. » (p.13). Voilà, dès le départ nous avons un aperçu de ce qu’il est, lui. Et dans des chapitres en italiques qui alternent, la voix de Sophie, poétique et malheureuse : « Quelle est cette autre voix, à l’ombre du murmure ? Toutes blessent. L’une frappe au coeur, la dernière éteint toutes les larmes. (…) La dernière tue. » (p.25).

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas déflorer ce livre, même involontairement… Je peux juste dire que le chemin vers la rédemption n’est pas facile à trouver et qu’il n’est pas pavé de roses, il y aura des épines à arracher, avec un espoir qui nous tient en haleine. Qu’il n’est pas facile, même à un musicien de retrouver  le « la » quand la musique s’est brisée sur une cacophonie insupportable, qu’il faut beaucoup d’amour et de  remises en question pour donner un sens à ce qui s’est passé dans une autre vie…

Merci encore à Fransoaz d’avoir fait voyager ce livre merveilleux, si la fin avait été moins abrupte j’en aurais fait un coup de coeur, on y était presque et c’est déjà beaucoup !

Une participation au challenge d’Anne « Des Notes et des mots », une à celui de Lystig « Vivent nos régions » pour le sud-ouest de la France où se déroule les 3/4 de l’intrigue (Valmezan), en alternance avec Paris (à égalité) au début et qui revient en flash-back. Et donc une autre pour le challenge « Paris » de Sharon (la rue de Rome, la rue Lagrange, etc). Et bien sûr à celui de l’Irrégulière dans la catégorie  » amour-toujours ».

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Z LE ROMAN DE ZELDA de Therese Anne Fowler

z comme zelda roses et pétalesZelda Fitzgerald a déjà fait couler beaucoup d’encre, parce qu’elle était la femme de Francis Scott Fitzgerald, chef de file de la Beat Generation, des Enfants du Jazz, qu’elle était excentrique, intelligente et qu’elle connut un destin tragique . Et puis, contrairement à Hadley Hemingway, Zelda a vraiment participé à l’élaboration de l’oeuvre de son époux tout autant qu’à leur légende. En essayant d’exister. C’est là que les choses se sont gâtées.

L’auteur a beau avouer que ce livre est né « de l’estime et de l’affection qu’elle porte à la fois à Zelda et à Scott », il n’en reste pas moins un plaidoyer en faveur de Zelda, entre faits biographiques avérés et roman. La frontière ici est très mince tant on y retrouve d’évènements basés sur des correspondances bien réelles. Non pas une « réhabilitation » romanesque comme l’a fait en  2007 Gilles Leroy avec Alabama Song mais un roman, qui s’appuie largement sur les documents auxquels T.A. Fowler a eu accès, notamment les volumineuses correspondances des deux intéressés, celle de Scottie, leur  fille et « sa » Zelda » colle au plus près de la réalité recueillie dans ces investigations. Therese Anne Fowler reste objective et on ne peut s’empêcher de penser que Scott Fitzgerald malgré ses idées progressistes était resté très 19ème siècle quant à l’idée qu’il se faisait du rôle de la femme dans un couple et Zelda, ayant grandi dans un certain conservatisme malgré ses frasques, n’a pas su se révolter ou le quitter. Par amour ? Par manque de confiance en elle ? Sûrement un peu des deux…Avoir été une « flapper », ces femmes modernes des années 20, comme le dira Scott plus tard n’aura servi qu’à « faire vendre« , certainement pas à s’émanciper. Ce n’était qu’un écran de fumée de plus.

La jeunesse, les dix premières années de vie commune du couple sont plus détaillées que la fin de leur vie , crépusculaire s’il en est…  Il est vrai que les années folles passionnent et c’est avec elles qu’ils ont grandi avant de vieillir trop vite, lui rongé par l’alcool et elle par les traitements infligés aux malades mentaux à cette époque. Et pourtant,  tout avait avait si bien commencé !zelda jeune (Ci-contre, à droite, ©Zelda à 17 ans, à Montgomery, Alabama).

Zelda Sayre est née en 1900 dans une honorable famille de Montgomery en Alabama, elle est la cadette des filles du juge Sayre, celle à qui l’on passait tout. A 17 ans, la belle du Sud qu’elle était a déjà fait pleurer les garçons de Montgomery et quand elle croise le regard du jeune officier Fitzgerald, en 1917, engagé dans l’aviation pour faire la guerre, le coup de foudre est immédiat. Mais Zelda est une enfant, Zelda aime jouer et après avoir annulé son mariage avec Scott, trop pauvre, elle acceptera de l’épouser s’il devient un grand écrivain. Une semaine après la publication de L’Envers du Paradis, le 3 avril 1920, elle l’épouse à New-York, en grande pompe, à l’église Saint-Patrick. Elle a 20 ans, lui 24 et le début d’une folle vie de fêtes, de voyages commence. Ainsi qu’une grande histoire d’amour. On oublie trop souvent que malgré les tensions, les disputes, les séparations, ils se sont aimés jusqu’à la mort de Scott en 1940.envers du paradis couv

Leur fille, Patricia Frances dite Scottie naîtra un an plus tard, en 1921 et ils s’embarqueront pour la France dès 1924. Paris, est the place to be pour devenir un écrivain reconnu. Mais très vite, ils choisissent la Riviera, Antibes, Saint Raphaël, entre autres… Scottie est élevée par des nounous pendant que ses parents se perdent en fêtes, débauches d’alcool, de toilettes et d’argent, alors même que Scott est très vigilant sur ses comptes. Il a souffert de la pauvreté, il déteste les riches du moins ce que « les riches font de l’argent » et vivre comme un prince est une revanche sur une enfance et une adolescence faite de privations (et de vexations). Mais il faut écrire pour maintenir le standing, envoyer des nouvelles entre deux romans, des nouvelles qui rapportent davantage le plus souvent en paraissant dans des journaux connus. Très vite, Zelda se lasse de la cour de parasites qui entoure Scott, une cour qui l’encourage à se noyer dans le gin chaque jour un peu plus (il n’en a pas vraiment besoin, il sait le faire tout seul)… Zelda cherche sa place, c’est une artiste, à défaut de pouvoir écrire librement elle veut danser et s’astreint à une discipline de fer avec une célèbre danseuse russe, laissant Scott à son « cher Hemingway » qu’elle hait (et c’est réciproque), le mettant en garde contre les rumeurs qui courent sur leur compte à tous les deux : Hemingway serait bisexuel et il a des « vues » sur Scott… Ce que laissait déjà entendre (plus ou moins) Gilles Leroy dans Alabama Song… Scott la remet à sa place quand elle manifeste un petit désir d’indépendance, ne serait-ce que voir son nom à elle au bas des nouvelles qu’elle écrit mais qui…se vendent beaucoup mieux si elles sont signées Francis Scott… Doucement mais sûrement, elle glisse vers l’ombre où elle se doit d’être et elle y restera à jamais.

En 1930, c’est le premier séjour à Prangins en Suisse, une clinique huppée où le diagnostic de schizophrénie tombe pour Zelda comme un couperet. On sait aujourd’hui qu’elle était certainement bipolaire (et dépressive) mais sûrement pas schizophrène et pas si dingue qu’on a voulu le faire croire ! Scott mettra un point d’honneur à subvenir aux besoins de sa femme, bien après qu’ils aient cessé de vivre ensemble. Pour Zelda, ce n’est que le début de traitements aberrants aux doux noms de « chocs d’insuline », « électrochocs » et autres barbaries de l’époque… Elle faisait trop de sport paraît-il, était certes trop maigre et dénutrie mais de là à être schizophrène, il y a un pas que la psychiatrie balbutiante du début du 20ème siècle a franchi allègrement pour masquer son ignorance crasse.zelda couv de son livre save me this walz En contribuant à la détruire avec des traitements totalement inadaptés. (Ci-contre à droite : © Zelda en tutu de danseuse, photo qui illustre son seul et unique roman : « Accordez-moi cette valse ».)

La suite on la connaît. Personnellement je la connais bien. D’où quelques longueurs (pour moi, je précise) car hormis la « haine » pour Hemingway (que je ne savais pas si féroce), je n’ai pas appris grand-chose mais le portrait que fait l’auteure de Zelda m’a touchée ! Scott finira par s’exiler à Hollywood pour vendre des scenarii qui ne seront pas toujours portés à l’écran tout en continuant à écrire des nouvelles pour payer les hospitalisations de Zelda et la scolarité de Scottie. Tout en entretenant une liaison avec une journaliste, Sheila Graham. Zelda savait mais n’en parlait pas souvent. Ils n’ont jamais cessé de s’écrire et à la passion des débuts, une tendresse et un lien incassable ont succédé malgré tout ce qu’ils se sont reprochés. Il commencera aussi son dernier roman paru à titre posthume, Le dernier nabab avant de mourir en 1940, à 44 ans d’une crise cardiaque. Zelda lui survivra huit ans et périra dans l’incendie de l’hôpital d’Asheville en Caroline du Nord où elle séjournait lors d’une énième hospitalisation.

Cet excellent roman met le doigt sur ce qui a fait et défait le couple, sans jugements de valeur déplacés. Un doigt long et fin comme on imagine celui de Zelda qui souligne à quel point cette femme, certes frivole, certes malade n’était pas née à la bonne époque et a souffert de ne pas avoir été comprise plus que d’être mal-aimée. Si l’image de Scott pâlit légèrement sous la plume de l’auteure ce n’est pas par méchanceté, elle n’a fait que rapporter des faits, une réalité indiscutable sur deux enfants qui se sont pris pour des anges mais qui ont eu trop vite du plomb dans l’aile sans que l’on puisse accuser l’un ou l’autre de manière irréfutable. Comme l’avait dit Scott lui même un jour, « leur mode de vie était une entreprise de démolition ». Ils n’étaient pas « corrects » dans le sens où l’Amérique a replacé ce vocable aujourd’hui. Leur vie et leur mort sont à l’image de la violence, des fulgurances qui ont traversé leur existence de météores éternellement jeunes, même au crépuscule de leurs vies détruites. Pour que peut-être aussi ne meure jamais la légende…

gif scott zelda scottie© gif issu d’une vidéo amateur que l’on peut trouver sur YouTube : Scott, à gauche et Zelda à droite jouant avec leur fille Scottie au centre…

 Je vous conseille également de lire les billets d‘Anne, d’Argali, de l’Irrégulière.

Si vous aimez ce couple et souhaitez en apprendre davantage sur eux, si vous aimez F.S. Fitzgerald et si vous voulez en savoir plus sans difficultés (de lecture), je vous conseille vivement ce livre.

Editions Michel Lafon, 2013, 427 pages.

Merci aux Editions Michel Lafon et à Amandine pour ce partenariat !

Une participation à mon challenge Fitzgerald, une au challenge amoureux de l’Irrégulière dans la catégorie « amours éternelles ». Et j’allais oublier le challenge de George, « Romans sous influence« , pas besoin de dire de qui d’ailleurs !!!

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BEST LOVE ROSIE de Nuala O’Faolain

Best love rosieUne lecture que j’ai terminé il y a une dizaine de jours, 528 pages qui m’ont accompagnée du vendredi au mardi, mais il m’a tellement émue que j’ai attendu que la pression retombe avant d’écrire ce billet… De savoir que c’était le dernier livre de l’auteur décédée en 2008 d’un cancer foudroyant a donné une résonance et une portée aux mots de Nuala O’Faolain. Ce roman est une fiction certes, mais si proche de la vie et des interrogations que l’on a qu’il est difficile de rester insensible… Lire la suite

SUKKWAN ISLAND de David Vann

Émotionellement, je me remets juste alors que j’ai fini ce livre vendredi matin, le souffle coupé et une boule dans la gorge. Comment l’aurais-je ressenti si je l’avais lu avant Désolations et sans rien savoir du drame de l’auteur (son père s’est suicidé alors qu’il avait treize ans, le même âge que Roy le héros de Sukkwan, coïncidence ?) ? Je pense que la violence du récit m’aurait atteinte de la même façon… « Il lui manquait trop d’années pour arriver jusqu’à son fils ». Une petite phrase du livre qui en dit long sur le drame qui va se dérouler à huis clos, sous nos yeux entre un père et son fils, partis pour un an sur une île d’Alaska, Sukkwan Island, non habitée, dans une cabane « luxueuse » pour le père mais sans eau et électricité et avec juste des provisions pour deux semaines. Lire la suite

LA SOURIS BLEUE DE Kate Atkinson

Attention ! Livre gigogne où trois histoires vont s’imbriquer les unes dans les autres avec une aisance et une fluidité dignes d’un menuisier ébéniste ! Le départ est déconcertant  car Kate Atkinson nous livre à la suite, un chapitre après l’autre, trois histoires de trois familles différentes, comme s’il s’agissait de courtes nouvelles se déroulant à une époque antérieure. Il faut mémoriser les noms de personnages car on se doute bien que ce n’est pas innocent et qu’ils vont se croiser à un moment ou un autre…Coup de coeur pour l’humour de l’auteure qui dédramatise ces histoires de façon désopilante ! Merci à Syl., ma « swappée » qui me l’a offert ! Lire la suite

LA REINE DES DELICES de Sarah Addison Allen

Un livre que Syl a beaucoup aimé, ICI, et qu’elle a eu le gentillesse de m’envoyer. Alors certes, il n’a pas fait l’après-midi du lundi de Pâques, mais il n’a pas trouvé le même écho en moi… Entre littérature jeunesse fantastique et chick lit, les aventures gourmandes et amoureuses d’une jeune fille et de ses copines… Lire la suite

JUSTE AVANT de Fanny Saintenoy

Un livre qui a beaucoup voyagé depuis son départ de chez Jeneen et qui me faisait un peu peur. Peur d’être déçue forcément après tous les avis enthousiastes lus ici et là… Eh bien non ! Je l’ai lu en apnée en deux heures de temps, accrochée par la plume douce, forte et pudique de Fanny Saintenoy… Lire la suite

Un jeudi avec les Fitzgerald…

En fait je lis actuellement « Lettres Zelda et autres correspondances » et, passé la première moitié un peu fastidieuse à cause de nombreux renvois et de personnages totalement inconnus, j’arrive à la période 1930 où la « folie » de Zelda est déclarée, diagnostiquée et je me sens sonnée. J’avais besoin d’en parler avant de poursuivre la seconde moitié. Et je peux vous dire que cette première partie justifie largement un billet… Lire la suite

Oh, Boy ! de Marie-Aude Murail

Quand j’ai acheté ce livre estampillé « école des loisirs », mon libraire m’a simplement dit : « Un classique ! » .  Arrivée à la maison, j’ai regardé le © et quand j’ai vu 2000, j’ai pensé : »Un peu jeune pour un classique » ! Mais j’ai plongé dedans la tête la première et n’ai pas pu le lâcher avant la fin. Mon premier coup de coeur  de l’année et c’est un livre Jeunesse ! (Médium de la catégorie). En plus, un livre qui offre une citation de Romain Gary en entrée, ne pouvait que me plaire : « L »humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive ». Lire la suite

LOTS OF LOVE – Francis et Frances Scott Fitzgerald

Je continue ma découverte  de la vie et de l’oeuvre de cet auteur en sachant que les deux sont inséparables l’une de l’autre. La correspondance entre le père et la fille dans les dernières années, voire les derniers moments de sa vie m’a profondément émue… Lire la suite

La citation du jeudi avec Fitzgerald !

Comme vous le savez, j’ai un gros faible (qui vire à l’obsession…) pour Francis Scott Fitzgerald et pour sa vie, vu que celle-ci  domine largement son oeuvre. J’ai lu Lots of Love pendant les « vacances », je vous en parle longuement très vite, mais je vous laisse un aperçu de ce qu’il écrivait à sa fille Scottie dans ce livre dédié à leur correspondance de 1936 à 1940. Il lui conseillait des lectures, voire les lui ordonnait, lui disant en même temps ce qu’il pensait d’elle, parfois violemment mais sans se départir d’un sens de l’humour (souvent)  grinçant … Lire la suite

DÉSOLATIONS de David Vann

S’il est un livre qui porte bien son titre, c’est celui-ci. J’ai attendu une semaine pour en parler tant il m’a remuée au couteau, noué la gorge et m’a obligée à rester en apnée. Je n’ai pas pu le lâcher une fois commencé, et je l’ai lu en deux après-midis.

Derrière Irène et Gary, la petite soixantaine, il y a l’Alaska, ses paysages ancrés dans une réalité sauvage et solitaire entre fantastique glaçant, poésie froide et sans ambages, du nature writing brut de décoffrage. Il y a surtout Irène… Lire la suite

LOVE STORY pour mon dimanche…

Eh oui ! j’ai gardé une âme de midinette !  J’ai beaucoup aimé ce film en son temps et sa musique qui tirerait des larmes à une fontaine… Ne serait-ce que pour Ali Mac Graw et Ryan O’Neal, ou encore la célèbre réplique : « J’aime Mozart, Bach et Les Beatles…et toi ! » « Tu me mets avec Mozart et Bach ? » On a bien le droit de se laisser aller de temps en temps non ?

Vous l’aurez remarqué j’aime la neige et je me désespère d’en voir tomber cette année dans ma région (déjà quand il neige partout, il est rare d’en avoir), mais WordPress a son canon spécial (pas encore de dameuse par contre !) prévu jusqu’au 4 janvier, alors profitez-en !

Bon dimanche à tous…avec ou sans neige ma foi !

L’INTRANQUILLE de Gérard Garouste avec Judith Perrignon

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Sous-titré : Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou

Gérard Garouste est un peintre de renommée internationale qui n’a plus rien à prouver, que l’on aime ou pas son oeuvre, ce livre écrit à la première personne par Judith Perrignon, ex journaliste à Libération est d’une justesse inouïe et disons-le, bouleversant de vérité. Il a voulu dans ce livre, raconter le fardeau qui a gâché sa vie en partie et qui n’est pas encore totalement réglé : la folie, ou comme il le dit, selon les époques, il a été « maniaco-dépressif ou bipolaire ». Mais aussi les secrets de famille entretenus par un père collabo pendant la guerre qui a aidé à spolier les juifs de leurs biens, violent en mots, « psychopathe » face à une mère effacée et geignarde qui n’a rien arrangé… « Mon père n’a pas pu être un héros, il a été un salaud ». Lire la suite

SOIE d’Alessandro Baricco

Cette minuscule histoire qui tient en  142 pages pourrait ne pas en être une. C’est un rêve merveilleux au coeur des mots d’Alessandro Baricco, une caresse douce comme la soie qui enveloppe  ce roman d’un voile arachnéen. Une construction qui s’étire comme un long poème ou une chanson avec des refrains qui reviennent sans cesse, itératifs  pour mieux scander la répétition de la vie, sa monotonie implacable mais aussi ses détours assassins quand ils frappent un destin déjà écrit en apparence. Lire la suite