JANE EYRE, le film de Cary Fukunaga

jane eyre posterC’est grâce à mon ami Mind The Gap, dont vous pourrez lire la chronique ICI, que j’ai enfin visionné ce film. L’été dernier, j’avais regardé (juste après ma lecture du livre de Charlotte Brontë, par là) la version 2006 de la BBC sur Arte et bien qu’elle fut bonne, ce film m’a enthousiasmée !

Même si le réalisateur a fait de larges coupes dans l’histoire et il eût été difficile de faire autrement vu la densité de l’oeuvre, le film restitue à merveille les scènes marquantes pour ne pas dire les moments inoubliables qui nous font lire et relire ce livre et le hisse au rang de chef-d’oeuvre.

Pour les néophytes, je sais qu’il en reste encore et tant mieux, le film commençant sur l’action se déroulant aux 3/4 du livre, je ne peux pas décemment en parler sans spoiler, donc je vais faire autrement…jane eyre petite dans la chambre rouge

Jane Eyre enfant dans la terrible scène de la chambre rouge…
Jane Eyre est une jeune fille, pas vraiment jolie, qui n’a connu à 18 ans que sévices, tout d’abord de la part de ses cousins et de sa tante adoptive, l’ignoble Mrs Reed. Cette dernière va l’envoyer dans une pension infâme où elle recevra une éducation de fer avant d’y devenir elle-même enseignante. Les jeunes filles pauvres et sans famille n’avaient guère d’avenir dans l’Angleterre victorienne… Suite à une annonce, elle est acceptée comme préceptrice à Thornfield, un château austère perdu dans la campagne anglaise. Elle a en charge l’éducation d’Adèle, la pupille française (et évaporée) de Mr Rochester. J’ai d’ailleurs apprécié (contrairement au livre) qu’elle ne parle pas français, ce qui nous évite de douloureuse traductions…jane eyre mia 1

Mia Zukowska as Jane Eyre

Le film alterne les souvenirs de Jane Eyre enfant (la jeune actrice -Judi Dench- est excellente), avec la situation de la fin du roman (dont je ne peux vous parler). Puis, très vite, en même temps que l’intérêt de Rochester pour Jane Eyre grandit, le poids de son secret, celui qui se cache dans « la pièce du fond », au fond d’un couloir obscur ajoute du mystère à l’atmosphère pesante de ce vieux château. Fassbender est remarquable en héros romantique tourmenté et Mia Zukowska parfaite, nous transmettant la retenue dûe à son éducation (et à l’époque) et la passion secrète qu’elle voue à son Maître…jane eyre Rochester fassbenderMichael Fassbender as Rochester

Les décors, les costumes dans les tons de beige, bleu, gris, proches de la nature anglaise sont irréprochables et d’ailleurs signés par le costumier oscarisé d’Orgueil et Préjugés. Ce que j’ai apprécié également, en comparaison avec la série BBC de 2006 dont je parlais plus haut, c’est la pudeur des scènes d’amour qui dans la série étaient too much pour être crédibles. Si la passion reste brûlante, elle n’est qu’effleurée en apparence et d’autant plus magnifiée…comme dans le livre où ces scènes sont laissées à l’imagination du lecteur.jane eyre et rochesterSi vous avez aimé le livre, je vous conseille vivement ce film ! En sachant qu’il reste incomplet, il ne dure que deux heures… Deux heures dans l’univers de Charlotte Brontë, dans des paysages magnifiques avec des acteurs à la hauteur, ça ne se refuse pas !

Et une dernière participation au très beau Challenge Victorien d’Aymeline qui se termine (j’espère qu’elle va le prolonger) ! Une aussi pour le Challenge amoureux de l’Irrégulière, catégorie « amours éternelles ».

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LE CHOIX DE JANE, FILM.

J’ai regardé hier soir sur Arte, le Film Le choix de Jane de Jeremy Lovering avec Olivia Williams dans le rôle de Jane et ce film m’a bouleversée… Ici, ce sont les deux-trois dernières années de Jane Austen qui sont évoquées, elle approche de la quarantaine au début du film et s’éteindra à 41 ans, malade et épuisée.

Sa nièce Fanny est sa plus fidèle admiratrice, allant même jusqu’à confondre les livres de sa tante avec la réalité, une complicité très forte la lie à elle, et Jane, mi-amusée, mi-amère lui donne quelques conseils (vivement sollicités par la nièce) pour qu’elle ne fasse à aucun prix un mariage « sans affection ».

© toutes les photos viennent d’allô ciné

Ce film est basé sur la correspondance avec l’être qu’elle chérissait le plus au monde : sa soeur Cassandra. Et on se doute, consciente de sa mort prochaine que le bilan de sa vie a enfin sonné. Ses amours mortes avant que d’être, le mariage d’argent qu’elle a refusé au dernier moment et dont son ancien prétendant lui demandera juste avant de mourir de lui avouer ses regrets  (la suppliant de mentir ! ) … Ce à quoi elle répond : « Pourquoi maintenant ? » avec un petit sourire mystérieux et une infinie lassitude dans le regard.

Ses frères qui jusque là prospéraient plus ou moins sont ruinés Henry le banquier) et le cottage où elle écrivait risque de disparaître. Elle se débat avec ses éditeurs qui veulent lui acheter l’ensemble de son oeuvre pour la misère de 450 000 £ivres… Dans les derniers moments, si regrets il y a, son orgueil lui empêche de les avouer et même si elle a conscience de finir sa vie dans la solitude et la pauvreté, elle remercie le ciel d’être restée une femme libre. Et à sa mère qui lui reproche d’être à l’origine du malheur de sa famille, elle rétorque : »J’aurais dû me vendre pour de l’argent ? », alors que la maladie en a fait l’ombre d’elle-même… Mais la petite Fanny a bien veillé à ce que Cassandra, effondrée après la mort de Jane  ne brûle pas toute la correspondance qu’elles avaient échangée… Une fin infiniment triste pour cette femme qui s’est battue contre les corsets de la société, et qui a laissé le dernier mot à sa plume, le choix de Jane, s’il a impliqué des sacrifices était le seul qu’elle pouvait faire pour continuer d’écrire…et de survivre à sa condition féminine muselée. Un très beau film !! Qui m’a fait verser une larme, ce qui est rare !

Ma première participation au challenge Jane Austen d’Alice

LOVE STORY pour mon dimanche…

Eh oui ! j’ai gardé une âme de midinette !  J’ai beaucoup aimé ce film en son temps et sa musique qui tirerait des larmes à une fontaine… Ne serait-ce que pour Ali Mac Graw et Ryan O’Neal, ou encore la célèbre réplique : « J’aime Mozart, Bach et Les Beatles…et toi ! » « Tu me mets avec Mozart et Bach ? » On a bien le droit de se laisser aller de temps en temps non ?

Vous l’aurez remarqué j’aime la neige et je me désespère d’en voir tomber cette année dans ma région (déjà quand il neige partout, il est rare d’en avoir), mais WordPress a son canon spécial (pas encore de dameuse par contre !) prévu jusqu’au 4 janvier, alors profitez-en !

Bon dimanche à tous…avec ou sans neige ma foi !

LE CONCERT, film de Radu Mihaileanu

En ce jour de Fête de la Musique, vous parler de ce film que j’ai beaucoup aimé était l’occasion ou jamais ! Musique classique certes, mais même ceux qui ne sont pas fans, auront la chair de poule ! Ou seront émus, tout au moins !

Le film s’ouvre sur une scène où un homme de ménage, Andréi Filipov (le très bon Alekseï Guskov)  du célèbre Bolchoï de Moscou écoute religieusement en cachette une répétition du concerto pour piano n° 21 de Mozart ; il est trahi par son portable et chassé de la salle. Il retourne donc à son ménage et dans le bureau où il époussette, arrive un fax du Directeur du Théâtre du Châtelet à Paris, proposant de jouer le Concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski, l’oeuvre « sacrée » et inachevée de sa vie de chef d’orchestre déclassé ! Il s’en empare et germe alors en lui l’idée faramineuse de remonter un orchestre avec ses anciens amis, juifs comme lui, virés trente ans plus tôt sous Brejnev (certains morts et déportés dont la concertiste violoniste) et d’aller à Paris jouer ce vrai-faux concert.

Commence alors une course contre la montre où il va essayer de convaincre les anciens de l’orchestre, qui vivent pauvrement et se sont clochardisés avec le temps ! Mais tout le monde lui dit oui et une fébrilité drôle et sincère va s’emparer de tous pour être prêt le jour J, en faisant passer la pilule auprès de la Direction du Châtelet (jouée par François Berléand qui fait du Berléand), obtenir que la meilleure violoncelliste du moment Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent, excellente) soit de la partie, ce qu’elle accepte tout de suite quand elle apprend le nom du chef d’orchestre dont la réputation n’a pas terni en Europe, alors que son imprésario et « mère spirituelle », Guylaine de La Linère (Miou-Miou) essaie de l’en dissuader.  Lire la suite

CRIA CUERVOS de Carlos Saùra (1976)- Film

 

 

 

Qui n’a pas encore en tête cette chanson, Porque te vàs, chantée par la jolie Jeannette en 1976  après le succès retentissant de ce film magnifique et porteur d’un message double ? Celui d’une fillette qui veut transformer ses cauchemars, ses fantasmes étouffés par le mode de vie bourgeois qu’imposait le franquisme, où seuls les militaires et les religieux avaient pignon sur rue et surtout droit à la parole et, celui du réalisateur, né en 1932, qui à la mort de Franco en 1975 voit de nouveaux espoirs se dessiner.  Par les yeux d’Ana, petite orpheline rebelle et fantasque , recueillie par sa tante, il nous livre les attentes d’un pays où la voix des femmes (et de bien d’autres) était étouffée sous le bruit des bottes et noyée dans les bénitiers des églises, monde figé dans l’austère bourgeoisie bien-pensante, seul modèle possible de l’époque. L’exutoire nous est présenté ici grâce à cette gamine qui n’a pas froid aux yeux et qui a représenté à l’époque l’espoir de tout un peuple…

Dans cette chanson, l’analogie criante entre la mort récente de la maman d’Ana (et la mort qui suinte partout en Espagne) et le fascisme enfin tombé : « Como cada noche respierté, pensando en ti Y en mi reloj  todas las horas vi pasar, Porque te vas… »(Comme chaque nuit, je me réveillais, en pensant à toi, et sur ma montre, toutes les heures j’ai vu passer, Pour que tu partes…) A revoir absolument !! Ne serait-ce que pour la magnifique Géraldine Chaplin !