LES APPARENCES De Gillian Flynn

apparences viuvMême la couverture du livre offre un plissé de la robe en surimpression que nous pouvons toucher !! L’apparence a toute sa place ici ! Je ne m’attendais pas du tout à ÇA. Certes c’est un polar mais avec une trame psychologique sur la manipulation diablement bien faite et addictive !

De l’histoire, je ne vais pas pouvoir vous parler beaucoup car l’intérêt principal du livre repose sur sa construction, les volte-faces avant l’épilogue qui avouons-le n’est pas du tout à la hauteur du reste. Hormis ce bémol, je ne me suis pas ennuyée une seconde et c’est tout ce que je demande à ce genre de livres. A n’être pas trop vulgaire non plus, là aussi c’est limite mais supportable.

Amy et Nick, presque quarante ans, forment un couple middle-classe, bien sous tous rapports jusqu’au jour où la crise financière de 2008 les atteint de plein fouet et qu’ils sont obligés de quitter New-York, leur maison luxueuse pour une plus petite, pavillonnaire dans le Missouri natal de Nick où ce dernier a ouvert un bar avec sa soeur jumelle Go.

Le livre démarre le jour de la disparition d’Amy, le jour de leur cinq ans de mariage. Aussitôt ou presque, Nick devient le seul suspect car, outre le fait qu’il n’a pas montré d’affolement devant les caméras de télévision le jour du « drame »  (pensez donc, il souriait), il n’a pas d’alibi solide à l’heure de la disparition d’Amy.

Les chapitres alternent avec les voix de Nick et d’Amy, Amy parlant depuis son journal intime commencé en 2005, quand ils se sont rencontrés et les chapitres avec la voix de Nick se situent eux, dans le présent et le déroulement de l’enquête. Fatalement, on se dit que le passé et le présent vont finir par se rejoindre vu que le journal d’Amy suit la chronologie du temps, tout comme on se dit que c’est un mauvais rêve, qu’Amy va revenir mais non, pas du tout. Un superbe rebondissement arrive à mi-parcours et nous fait changer d’idée. De leur mariage cinq ans plus tôt à leur arrivée dans le Missouri, que s’est-il passé dans leur vie pour que le mystère s’épaississe au fil de l’enquête ? Que se passe-t-il que les autres ne savent pas surtout ? Les autres ici sont les célèbres parents psychologues d’Amy, auteurs d’une série enfantine à succès et qui met en scène…leur propre fille, « L’épatante Amy », un avatar parfait de ce que devrait être Amy. Il faut compter également sur la soeur jumelle de Nick, Margo dite Go… Ce qui est intéressant dans ce livre et que j’ai trouvé surprenant pour un polar, c’est l’étude au scalpel de la psychologie d’un couple. pourquoi les filles choisissent de se marier, pourquoi les hommes sont-ils si niais devant une jolie fille ? Se choisit-on pour ce que l’autre est vraiment quand on le rencontre ou espère-t-on qu’il deviendra idéal, à l’image de ce que l’on attend d’un mari ou d’une épouse ? Les apparences sont le moteur qui donne à la vie sociale sa raison d’être, elles maintiennent « l’amour » ou ce qu’il en reste dans un nuage en suspension mais elles sont truquées pour ne pas dire pipées et quand le nuage perce, ce n’est pas de l’eau qui tombe mais de l’acide sulfurique. Derrière le vernis, les pires scénarios se trament… et c’est ce que Gillian Flynn nous prouve ici avec maestria, si ce n’est la fin, surprenante et décevante car on aimerait nous lecteurs qu’il y ait une justice, mais non, pas là : les méchants restent méchants et les lâches ne deviennent pas des héros du jour au lendemain. Sinon, on reste en apnée jusqu’au bout !

Il y a aussi un tableau de l’Amérique actuelle, sur fond de crise des sub-prime et des passages très bien décrits sur ces maisons abandonnées, sur la pauvreté des petites villes autrefois pimpantes qui ne sont que l’ombre d’elles-mêmes, comme nos personnages qui suivent la spirale infernale du déclassement social et de ses répercussions dans leur vie familiale. Gillian Flynn, originaire et amoureuse de son Missouri natal nous livre des pages émouvantes sur la maison de Mark Twain à Hannibal qui ne fait plus recette et ne se vendrait pas pour des sommes extraordinaires. C’est dire… La description du gigantesque centre commercial  de la ville, principale source de travail quelques années plus tôt offre une vision apocalyptique avec ses rideaux baissés, ses SDF drogués et désespérés.

Vous l’aurez compris, un livre qui, malgré un style simple soulève bien d’autres interrogations à travers la disparition de l’héroïne, un livre qui nous répète (si on ne le savait pas) qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Tout est affaire de manipulation, l’auteure joue avec nos nerfs pour notre plus grand plaisir.  Un  pavé de 650 pages qui est loin d’être indigeste !

Les avis divers et variés de : AifelleAlex Brize Cristie Galéa Hélène Keisha Liliba  Mango Sandrine Stéphie Theoma Véronique.  Et depuis que j’ai tapé ce billet, les avis de George et Belette. Et Clara, que j’avais oubliée !

Ce livre a été lu en partenariat avec Le livre De Pochelogo ldp

Il compte pour les challenges suivants :  » Romancières américaines » de Miss G.  le « mois américain » chez Noctambule.  « Thrillers et polars » chez Liliba. Pour mon challenge « À tous prix », aussi (Grand Prix des Lectrices de elle 2013, catégorie policier). Et celui d’Irrégulière dans la catégorie « amour cauchemardesque »…Logo challenge polars liliba 2013

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R&B – LE GROS COUP de Ken Bruen

gros coup couvR&B : Les initiales de Roberts et Brant, les deux flics qui illuminent d’un soleil noir et opaque cette série de leur langage fleuri, langage qui en donne toute la saveur. C’est ici le premier tome d’une longue série.

Ambiance : un commissariat miteux dans les quartiers Sud de Londres, là où personne n’arrête vraiment les voyous ou alors en utilisant des méthodes à la fois musclées et tendancieuses… Non seulement ils sont borderline nos deux flics allumés mais des petits billets de banque qui arriveraient par-dessous la table ne les effraient pas : chochottes et politiquement corrects, passez votre chemin, nous ne sommes pas dans la caricature mais en plus, encore loin de la réalité qui plombe le quotidien des deux compères… Lire la suite

DÉLIVRANCE de Jussi Adler-Olsen

délivranceMerci Lystig d’avoir fait voyager ce pavé de 665 pages, je ne regrette pas cette escapade  au Danemark même si j’ai eu du mal avec le poids du volume, il m’a fallu une semaine pour en venir à bout ! Je n’ai pas lu les tomes précédents, à savoir  Miséricorde et Profanation mais je n’ai pas été perdue ! Lire la suite

MORT D’UNE GARCE de Colin Dexter

mort d'une garce de colin dexterVoilà un livre voyageur qui voyage depuis longtemps ! Il vient de chez Jeneen (comme beaucoup d’autres)… Ma première rencontre avec cet Inspecteur Morse, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam et qui pourtant a fait l’objet d’une série télévisée . J’ai de grands « blancs » dans ma culture télévisuelle…

Morse est à l’hôpital rongé par un ulcère à l’estomac qui vient de perforer. Son penchant pour la bouteille a porté ses fruits, il va falloir qu’il se calme s’il veut entrer dans la soixantaine. Mais, s’il est bien obligé de faire contre mauvaise fortune bon coeur, pas question de laisser son cerveau se rouiller le temps de son séjour à l’hôpital (qui inclue la convalescence) (nous sommes en 1989 en Angleterre)… Lire la suite

OSCAR WILDE ET LE MEURTRE AUX CHANDELLES de Gyles Brandeth

Lu pendant le dernier Marathon de lecture, cet opus est antérieur à « Oscar Wilde et le jeu de la mort », cette fois-ci je n’ai pas été perdue. J’ai retrouvé Robert le biographe officiel d’Oscar Wilde qui sous la plume de Gyles Brandeth est d’une réalité saisissante. Merci Aymeline de m’avoir fait découvrir cette série de qualité. Lire la suite

LE CHAT QUI LISAIT A L’ENVERS de Lilian Jackson Braun

Grâce à Sharon qui m’a offert les deux premiers tomes de cette série, j’ai passé deux jours de détente absolue, souriant à l’humour très anglais qui ponctue ce roman policier moins déjanté que je ne l’aurais cru ! Tout à fait crédible en tout cas… pour qui a déjà eu un chat dans sa vie et a tissé des liens avec ! Lire la suite

UN DEUIL DANGEREUX d’Anne Perry…et à propos d’Over-Blog, au passage, sur la reddition de Sophie !

Ça faisait longtemps que je ne vous en avais pas parlé ! Depuis que Valou me traite de « pauvre Asphodèle » (^^) je modère mes billets Anne Perry mais celui-ci a vraiment quelque chose de plus, c’est pour moi le meilleur que j’ai lu à ce jour et c’est un Monk, le deuxième, pas un Pitt… et pourtant le premier tome ne m’avait pas emballé plus que ça, je vous dis pourquoi ! Aymeline, ma partenaire de Lecture Commune Approximative (LCA), vous en parle également, PAR ICI, qui publiera dans la journée, dans son tout nouveau nid douillet estampillé WordPress ..!

Quatre mois après l’Affaire Grey, l’Inspecteur Monk est toujours amnésique. Ce qui n’arrange pas ses relations sociales et professionnelles mais il s’en sort. Il doit enquêter sur le meurtre d’Octavia, une jeune veuve et fille de Sir Basil Moidore, fine fleur de l’aristocratie londonienne. Comme le meurtrier n’a pas pu ressortir, les soupçons se portent sur un résident de la maison et forcément sur les domestiques. Il y a moult détails dans ce livre sur le fonctionnement « backstage » de ces maisons victoriennes et cela m’a rappelé la minie-série « Downtown Abbey » ou quelque chose comme ça… Toujours est-il que ces coulisses sont un véritable monde parallèle.
Nous retrouvons Hester, embauchée comme infirmière dans un hôpital et pas vraiment heureuse, il faut dire que les chirurgiens de l’époque étaient encore l’équivalent des barbiers et ne considéraient pas l’avis des infirmières, ils les mettaient au même rang que les filles de salle… Ambiance donc avec la « douce » Hester qui, après avoir vécu les horreurs de la Guerre de Crimée aux côtés de Florence Nightingale, espérait que la médecine allait enfin évoluer : « Même si la reine d’Angleterre avait reçu Florence Nigthingale avec les honneurs,  le corps médical n’était pas près d’accueillir des jeunes femmes caressant des idées de réforme. Hester en avait pris conscience à travers de nombreuses confrontations explosives…et vouées à l »échec ».
Heureusement la bonne et bienfaitrice Lady Callandra, déjà vue dans le premier tome veille sur la situation matérielle de nos deux héros qui ont un souci avec la hiérarchie. Ils se détestent toujours autant, ils sont pareils, sauf quand il s’agit de défendre une cause juste, ils arrivent à communiquer sans trop de dégâts… Mais voilà que l’intrigue policière, très bien menée par ailleurs et bien étayée, fait entrer un avocat brillant et connu, Rathbone et ce dernier ne laisse pas Hester indifférente. Il y a même un baiser (plutôt chaste vous imaginez pour l’époque, soit,  mais sur les lèvres quand même !!!!) … Cela redonne du piquant à la série, pour qui bat le coeur d’Hester ? Vite, le tome 3 !!! Encore une fois et sans nous ennuyer, Anne Perry nous parle avec maestria de cette maudite Guerre de Crimée, elle nous donne des détails sur l’incompétence des généraux Raglan et Cardigan. Mais surtout et c’est en cela que je l’ai trouvé particulièrement réussi, outre les qualités précédentes, il y est longuement question de la Justice, du système judiciaire anglais de l’époque, de l’iniquité des procès quand s’y confrontent un domestique face à un Lord…et ce malgré le meilleur avocat de la ville (rien de nouveau me direz-vous, eh bien si justement)! On sent qu’Anne Perry  qui a eu affaire (ou à faire) avec cette Justice en 1954, je vous en parlais ICI, est concernée par le problème et notamment la peine de mort : « Monk n’avait jamais aimé cet homme (en parlant du condamné à mort) (…) mais avait perçu la conscience de son identité. (…) A l’instant où la trappe s’était ouverte et la corde tendue, on avait commis un nouveau meurtre. Un meurtre que Monk n’avait pu éviter, malgré tous ses efforts et ses réflexions. En cet instant, c’était tout Londres qui se voyait diminué, peut-être même tout le royaume, parce que la loi, censée protéger, venait de faire le mal. » Alors oui, un épilogue intelligent et émouvant avec des surprises comme de coutume au dernier moment. Là, Hester et Monk n’en sortent pas indemnes, et nous mesurons vraiment l’importance des classes sociales (je dirais même castes, comme en Inde), à cette époque victorienne, alors même que le pays s’industrialise. Et le portrait élégant des caractères humains, de l’âme humaine dans ce qu’elle a de grandiose et de décadent nous saute au visage dans cet opus ! Un grand cru…

Ma première participation au Challenge « I Love London » chez Maggie et Titine, une de plus (et oui !) à celui de Syl, « Avec l’auteur.. Anne Perry » (qui a migré elle aussi sur WP) et encore une au Challenge Victorien d’Aymeline. Le Challenge Justice de Yuko. Deuxième participation à celui de Liliba, ‘Polars/thrillers.Mais aussi Voisins, voisines chez Anne, des Mots et des notes (nouvelle WordPressée également, une hécatombe !). Et je suis d’autant plus ravie de ces migrations qu’OVER-BLOG est la plate-forme qui a sommé Sophie, la blogueuse amie dont nous avons beaucoup parlé ces derniers jours, ICI chez Catherine et Là, chez George, pour qu’elle RETIRE un billet négatif sur une lecture qu’elle n’a pas aimé pour un livre acheté 25€, après que l’éditeur ait contacté la dite plate-forme ! L’éditeur est un crétin, disons-le mais qu’OVER-BLOG n’ait pas défendu la blogueuse qui est libre légalement de s’exprimer (liberté de penser) est scandaleux ! Nous avons un accord « tacite » avec nos hébergeurs, un accord de déontologie de base, à savoir ne pas promouvoir la pédophilie, le racisme et autres choses qui tombent sous le sens, mais faire retirer un billet qui ne plaît pas à un éditeur à l’ego chatouilleux, est proprement (salement) impensable ! Alors, continuez de migrer en masse, mais n’alimentez plus des gens malhonnêtes dans tous les sens du terme ! Et Sophie, je te renouvelle mon soutien, je comprends (relativement) ton attitude liée à tes craintes et à ton non-désir d’être davantage procédurière que ce goujat mais ne te laisse pas abattre, comme, malheureusement le laisse supposer  ton dernier billet, nous sommes là et prêtes à monter au créneau si nécessaire !!! Si tu le souhaites surtout…

GARDEN OF LOVE de Marcus Malte

Ne vous fiez pas au titre (ni à l’horrible couverture) ! Les « jardins d’amour » de Marcus Malte sont des marécages ensorcelants,  peuplés d’une faune bien particulière. Malgré la fascination-répulsion qui s’exerce, nous ne pouvons lâcher le livre… Il dégage une force stylistique incroyable et bien qu’écrit sous la forme d’un roman policier, Marcus Malte ausculte les méandres obscurs de l’esprit et de l’esprit « dérangé » qui plus est ! Nous plongeons avec délices dans la schizophrénie ! Il a failli me rendre maboule ! Mais c’est un coup de coeur ! Lire la suite

OSCAR WILDE ET LE JEU DE LA MORT de Gyles Brandeth

Voici un livre dont j’ai été longue à trouver l’entrée (cinquante premières pages), n’y connaissant pas grand-chose en « Oscar Wilde » et pour couronner le tout, Robert Sherard, le premier biographe et ami d’Oscar est un personnage du livre et en plus c’est lui qui raconte cette histoire ! Il m’a fallu tout l’article Wikipédia sur Wilde pour distinguer le vrai du faux. Or, hormis l’enquête policière, et quelques dates et titres, tout est vrai ! Ou presque. L’esprit d’Oscar Wilde semble flotter sur la marmite de Gyles Brandeth ! C’est saisissant ! Lire la suite

UN ÉTRANGER DANS LE MIROIR D’Anne Perry

Après avoir découvert la série « Charlotte et Thomas Pitt », il me fallait rencontrer William Monk, autre héros récurrent d’Anne Perry, inspecteur de police lui aussi. Disons-le tout de suite, j’ai été longue à entrer dans l’univers plus sombre que celui des Pitt. Heureusement, à la page 130, Hester, jeune infirmière bénévole qui revient de la guerre de Crimée redonne de l’élan au roman qui patinait dans l’amnésie de Monk… Lire la suite

LA SOURIS BLEUE DE Kate Atkinson

Attention ! Livre gigogne où trois histoires vont s’imbriquer les unes dans les autres avec une aisance et une fluidité dignes d’un menuisier ébéniste ! Le départ est déconcertant  car Kate Atkinson nous livre à la suite, un chapitre après l’autre, trois histoires de trois familles différentes, comme s’il s’agissait de courtes nouvelles se déroulant à une époque antérieure. Il faut mémoriser les noms de personnages car on se doute bien que ce n’est pas innocent et qu’ils vont se croiser à un moment ou un autre…Coup de coeur pour l’humour de l’auteure qui dédramatise ces histoires de façon désopilante ! Merci à Syl., ma « swappée » qui me l’a offert ! Lire la suite

LE CINQUIÈME JOUR de Maud Tabachnik

Ce livre a une petite histoire très sympathique puisque c’est Soène qui me l’a offert, dédicacé par l’auteure après avoir fait le pied de grue deux jours aux Quais du Polar à Lyon en avril dernier ! Une rencontre amicale qui a laissé pantoise notre pauvre Soène de voir que les auteurs étaient des gens (presque) comme tout le monde. Maud Tabachnik est l’une de mes écrivains préférées en matière de polar et je vous assure qu’elle vaut bien un auteur américain dans ce genre ! Un conseil cependant : âmes sensibles s’abstenir…

L’HISTOIRE (sans spoiler)

New-York 2001. Stan Levine est inspecteur de police à Brooklyn. Un été chaud, poisseux où l’orage gronde au loin mais n’éclate pas. Où toutes les misères, sociales,  humaines  sont exacerbées.
Stan Levine est un bon flic, célèbre car passé à la télévision pour avoir arrêté un terroriste qui voulait faire sauter le pays. Sa femme Sarah, pour tenir une promesse concernant un de leur trois enfants (Jonathan, Amélie et Judith) est devenue « religieuse » et respecte scrupuleusement le Shabbat tous les vendredi soir. Et Stan considère ce moment (bien que peu convaincu par la religion) comme une parenthèse enchantée pendant laquelle ils sont enfin tous réunis. Alors que cette famille ordinaire s’apprête à partir à Cape Cod pour le week-end, une femme et son fils adolescent débarquent au commissariat pour signaler l’enlèvement de leur fille et soeur, Gloria, par un inconnu « respectable » l’avant-veille. Il s’agirait d’un certain Mosley venu proposer du travail au fils qui avait postulé par petites annonces. Dans le même temps, un archiviste méticuleux, père de famille, la soixantaine grise et passe-muraille mène lui aussi une vie calme et équilibrée. Juste après, un prostitué est retrouvé égorgé, puis c’est le tour du jeune Albert, pas tout à fait normal. Ca sent la pédophilie. Ca sent mauvais. Levine et son équipe sont sur les dents quand ils découvrent l’horreur des cadavres mutilés. Le tueur va s’en prendre à Judith, la fille cadette de Lévine, il le nargue, il nargue l’Amérique. L’impossible et l’indicible prennent forme sous nos yeux, les crimes sont monstrueux mais quand nous savons QUI les commet, les bras nous en tombent ! Le monstre a enfin un visage et pas celui qu’on voudrait. Il ressemble trop à notre gentil voisin de palier, celui qui nous tient la porte et nous aide à porter nos commissions. Mais je ne vous en dit pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte…

MON AVIS

C’est là que Maud Tabachnik frappe fort, elle nous retourne l’estomac sans nous laisser une minute de répit, le suspense est haletant et…bien écrit ! Amateurs de « happy end », passez votre chemin, pas d’espoir ici et l’auteur nous enlève nos dernières illusions  en nous promettant des nuits sans rêves ! Contrairement au cinéma où l’on peut détourner les yeux,  la lecture est frontale et parfois douloureuse, douloureuse jusqu’à l’absurde ! J’aime ce genre de policier quand il est sans temps mort et absolument crédible !

Maud Tabachnik s’est librement inspirée d’un serial killer qui a sévi aux USA dans les année 1930 et qui, lors de son passage sur la chaise électrique provoqua un court-circuit à cause des aiguilles qu’il avait dans le corps !! Arrgh ! Mais Soène m’a aussi fait dédicacer « Ne vous retournez pas » où je vais retrouver Sam Lévine/Goodman quelques années plus tard ! Encore des frissons en perspective… È

SUR L’AUTEURE

Maud Tabachnik est née le 12 novembre 1938 à Paris. Après avoir exercé le métier de kinésithérapeute-ostéopathe pendant une vingtaine d’années, elle décide de se lancer dans l’écriture en 1991 (bien lui en a pris) et compte à ce jour une trentaine de romans.  » Sa spécialité : le thriller politique et féministe » (sic son éditeur). Elle tient un site que je vous conseille d’aller visiter, ne serait-ce que pour sa bibliographie ! PAR ICI

Livre lu pendant le STAR de Liyah (oui je suis encore en retard de deux billets, ça vient) et qui compte pour le challenge Thriller de Cynthia.

RESURRECTION ROW de Anne Perry

Voici un billet que je viens de retrouver dans ma « corbeille » et qui a été publié  le 7 mai dernier ! Je le cherchais partout pour l’ajouter à a liste d’auteurs lus, quelle surprise !  Je le remets en ligne ! Ha les mystères de l’informatique…

Et voilà le quatrième de la série, lu pendant le STAR de Liyah (semaine 3). Patacaisse l’a lu en même temps et nous avons décidé d’en faire une LC ! Je suis juste un peu en retard, mais avec les émotions des derniers jours, vous ne m’en voudrez pas ! De plus ce livre m’a été offert par Sharon, qui comme vous le savez connaît bien Anne Perry… Lire la suite