N’OUBLIE PAS LES OISEAUX de Murielle Magellan

Magellan couv'J’avais dit que je reviendrai avec le muguet, ce dernier étant très en avance, me revoici plus tôt que prévu avec ce livre lu depuis…janvier ! Je m’excuse auprès de Cécile Ruelle pour avoir tardé à rédiger cette chronique.

« C’est l’histoire d’un amour« …on croirait entendre la chanson mais non, ce sont les mots de l’auteure qui précise :  » C’est parce que cette histoire est vraie en tout point -à d’infimes détails près- que la romancière que je suis a voulu la raconter. Pour en extraire la réalité romanesque,  et la restituer, la partager, dans sa nudité, sa beauté, sa cruauté et sa douceur » . Lire la suite

LE DIABLE TOUT LE TEMPS de Donald Ray Pollock

PollockUne fois n’est pas coutume mais je vous mets un extrait de la 4ème de couverture, pour vous donner une vue plus large du livre, car pour ne pas le déflorer je préfère vous parler de l’atmosphère qu’il dégage plutôt que des actions des personnages qui s’entrecroisent au cours d’une vie de chaos successifs qui ressemblent de près à l’enfer.

 » De l’Ohio à la Virginie Occidentale, de 1945 à 1965, des destins se mêlent et s’entrechoquent : un rescapé de l’enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme malade ; un couple qui joue à piéger les auto-stoppeurs ; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui vont de ville en ville, fuyant la loi… La prose somptueuse de ce premier roman de D.R. Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages. Un univers qui rappelle ceux de Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac McCarthy ». Lire la suite

LA MAISON ATLANTIQUE de Philippe Besson

BessonOu quand Philippe Besson se prend pour Sagan, ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui, renchéri à la fin de l’émission (La Grande Librairie) par François Busnel qui conclue : « Cela commence comme du Sagan et finirait comme du Simenon ou du Chabrol » ! Ni plus ni moins ! Vous êtes prévenus !

Cette maison Atlantique, située au bord de l’Océan aurait pu s’appeler la maison maudite ou la maison hantée puisqu’elle est un véritable mausolée à la gloire de la mère disparue, idéalisée, et dont le sujet n’est pas, ici de briser le piédestal. Lire la suite

LILETTE de Claude Durand

Lilette claude durandCe livre me laisse le sentiment étrange d’être passée à côté. Je ne sais pas si j’ai aimé ou pas, c’est dire ! C’est mon partenariat de décembre avec le Livre De Poche et je l’avais choisi pour ses 136 petites pages, pensant qu’il serait lu très vite (avec les Fêtes j’avais anticipé) mais que nenni ! Je vous dis pourquoi. Lire la suite

LA LETTRE À HELGA de Bergsveinn Birgisson

lettre à HelgaÉtonnant que cette lettre écrite par un nonagénaire émane d’un auteur né en 1971… Bravo car l’assimilation est parfaite. Et saluons au passage, les belles Editions Zulma qui ont le chic pour dénicher des petites pépites. Pour la petite histoire, j’ai acheté ce livre pour l’offrir à un ami mais je ne n’ai pas pu m’empêcher de le lire avant, en deux heures c’était fait…

Hormis Helga, les noms sont imprononçables dans ce livre,  nous allons faire avec. Mais sans les noms de famille, vous m’en excuserez !

Bjarni, profite que son neveu le sorte de sa maison de retraite pour retourner là où il a vécu, là où il a aimé d’un amour impossible, tourmenté et devenu lourd de regrets à l’approche de la mort. Alors, pour soulager sa conscience, pour se rappeler aussi ce qui l’a rendu heureux, il déroule la longue pelote de souvenirs, retraçant à la fois sa vie d’homme, de paysan attaché plus que tout à sa terre, à ses brebis, et sa vie amoureuse qui en a pâti.

Quand il tombe sous le charme d’Helga à la fin de l’été 1939, les gens du village ont su avant eux qu’ils allaient devenir amants. Ils sont mariés tous les deux, Helga a deux enfants alors que la femme de Bjarni, Unnur est devenue stérile (et frigide) à la suite d’une intervention chirurgicale loupée. Quant au mari d’Helga, il est toujours parti dresser des chevaux quelque part… Cela est un crève-coeur de voir ces deux mal-mariés continuer leur vie conjugale respective au nom d’une certaine idée du devoir…

La passion va être torride et, comment dire, avec des résonances olfactives très particulières : ils font l’amour dans la grange, la plupart du temps… arrosés d’urine fermentée de mouton… hormis ce détail, on peut comprendre que dans un tel contexte, le désir soit quasi animal. « Lorsque je pus enfin pétrir tes formes généreuses et me noyer dans la plénitude de tes lèvres en cette brève et bienheureuse saison des amours de ma vie ». (p.44). Car la saison des amours ne durera pas mais je ne voudrais pas déflorer ce court roman de 131 pages et vous laisser découvrir les raisons qui ont fait que… Parce que l’amour de la terre est aussi violent que celui qu’il porte à Helga : « On dénigre les fermes les plus ingrates à exploiter en les déclarant loin de la civilisation ; se pourrait-il qu’on y trouvât comme par hasard, plus de civilité qu’ailleurs ? » (p.50). Il entre aussi dans cette lettre quelques légendes, quelques poèmes  transmis par la tradition orale qui lui donne un charme profondément ancré dans le paysage islandais.

Il y a également un tableau à la fois tendre et sans concessions de l’Islande rurale de 1940 à maintenant quant aux politiques agricoles qui se sont succédées. Et le rôle que tenait Bjarni dans son village, dans son canton, un rôle important à son échelle.

Mais c’est avant tout une magnifique histoire d’amour, de non-dits, de lâcheté aussi, ne fait-elle pas partie de l’homme quand il aime ? A l’heure où les jours sont comptés, il était temps pour ce vieil homme de dire à Helga ce qu’il avait tu, même si c’est sûrement trop tard, ce n’en est pas moins beau.  » N’est-ce pas ce qu’on devient, à côté de celle qu’on désire le plus, Helga ma Belle, un vieux tronc de bois flotté qui se dérobe au grand amour ». (p 76).

Une histoire crue parfois, cruelle souvent comme savent l’être les amours impossibles… On pourrait la comparer à un de ces geysers sulfureux d’Islande. Dans un style absolument magnifique non dénué d’une pointe d’humour bienvenue ! Il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour en faire un coup de coeur mais je vous le recommande ! Ne serait-ce que pour la balade islandaise…

Les avis divers et plus ou moins enthousiastes de : Anne, Arieste, Cachou, Fransoaz, Lili, JérômeMarilyneMinaPhilisine Cave.
Et d’autres certainement, il y a 136 avis sur Babélio ! Livre abondamment commenté s’il en est…

Il compte pour le challenge Voisins-Voisines de Anne, challenge qui va être repris par « A propos de livres » en 2014 et Scandinavie blanche de Lystig. Mais aussi pour le challenge amoureux de l’Irrégulière dans la catégories « amours impossibles ». Il compte aussi pour le défi « premier roman », chez Anne, encore…

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défi 1er roman chez anne

Un été à Cold Spring de Richard Yates

YatesJ’ai connu Richard Yates grâce au film « Les Noces rebelles » tiré de son livre « La fenêtre panoramique » que j’ai lu dans la foulée et que j’avais beaucoup aimé. C’est un auteur méconnu mais qui, comme Fitzgerald dans un autre domaine écrit le désenchantement. La comparaison s’arrête là, le milieu middle-class de Yates est bien éloigné des paillettes de Scott et Zelda. En attendant, Kate Winslet qui avait adoré le livre a suggéré à Sam Mendès, son époux d’en faire un film et depuis, les oeuvres de Yates qui tombaient dans l’oubli depuis le succès d’Easter Parade en 1961 sont rééditées  dans la très belle collection Pavillons Poche de Robert Laffont.

Dans la petite ville de Cold Spring (qui porte bien son nom) près de long Island, Charles Shepard, officier de l’armée en retraite a acheté une modeste maison en bois, à son image : modestie et effacement le caractérisent mais il possède une dignité, une grandeur d’âme dont son fils Evan est totalement dépourvu. Sa femme Grace, dépressive depuis des années ne quitte guère son fauteuil à bascule. Evan va se marier, être père et divorcer, tout ça la même année. Il deviendra ouvrier, sans ambition, malgré les encouragements de son père à lui faire reprendre des études d’ingénieur.

Oui mais voilà, Evan n’aime que conduire, il est merveilleux de beauté et de grâce au volant de son tas de boue ! Il séduira la douce Rachel, affublée d’une mère hystérique et alcoolique et là les choses qui promettaient de s’arranger un peu, vont se gâter. Pearl Harbor se profile mais au grand désespoir de son père, Evan est réformé.
L’été 42 va les obliger à vivre tous ensemble et nous atteignons là des sommets où se cumulent les lâchetés humaines, les faiblesses et les limites de chacun.

A ce stade, je ne vous en dis pas plus mais Richard Yates excelle à nous conter le quotidien banal et désenchanté de gens simples qui non seulement n’ont pas d’ambitions extraordinaires mais en plus, perdent leurs dernières illusions dans l’alcool ou les mauvais choix. L’ennui et la banalité de leur existence font qu’ils n’ont rien à se dire et Evan pense à un moment donné : « Tous les mariages devaient pouvoir bénéficier d’un occasionnel embargo sur la parole » (p.91) C’est dire…

La prose de Richard Yates est minimaliste, condensée sur cette tristesse qui s’évapore des sourires même les jours heureux. Car on sait qu’ils ne vont pas durer. Il y a une pudeur dans le style de Yates, comme une retenue pour éloigner le malheur, le tenir à distance mais il finit toujours par rattraper les personnages. Un livre doux-amer comme je les aime, sans flamboyance ostentatoire mais des mots qui touchent.

je remercie Christelle et Cécile, les deux attachées de presse de Robert Laffont qui nous permettent de choisir nos lectures et nous proposent de petites pépites.

L’excellent avis de Fanny, de Netherfield Park.

Une participation au challenge américain de Noctenbule.logo mois américain de noctenbule

PAS FACILE DE VOLER DES CHEVAUX de Per Petterson

pas facile de voler les chevaux(1)Merci Valentyne de m’avoir offert ce livre auquel je ne m’attendais pas, ce fut une belle surprise. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, je suis allée en lire un peu plus sur lui, je vous raconterai après ce billet.

On peut dire que c’est du « nature writing » nordique. L’action se déroule dans un village isolé de la campagne norvégienne fin des années 1990. Trond Sander a 67 ans, il se sent vieux, il est veuf depuis trois ans, vit seul  une retraite bien méritée mais n’est pas résolu à se laisser aller à la décrépitude. Il s’astreint à se promener avec sa chienne Lyra autour du lac non loin de chez lui. Il a retapé cette vieille baraque en rondins, toute de guingois, il veut couper son bois et ne produire que le strict nécessaire à sa consommation,  c’est un choix de vie. C’est un ours comme ça en apparence, un taiseux qui a besoin de calme pour se souvenir car sa mémoire est encombrée.  » C’est ça que je veux et je sais que j’en suis capable, que j’ai ça en moi : la force d’être seul. Qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur. (…) J’étais le garçon aux culottes en or. Mais maintenant, j’aimerais bien pouvoir me reposer. » (p.206) Lire la suite

LES ÂMES GRISES de Philippe Claudel

les âmes grises claudel(1)Voilà une lecture qui remonte à juillet mais grâce à la magie du brouillon que j’écris sur mon carnet dès le livre achevé, j’ai retrouvé toutes les sensations éprouvées à la lecture de ce livre magnifique, émotions que je n’avais pas oubliées, tout comme le roman..

L’action se situe en France pendant la Première Guerre Mondiale. On devine très vite que derrière le narrateur se cache un policier, du moins un enquêteur. Lire la suite

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard

Enard« La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher à l’aube ». Ainsi s’ouvre ce court roman surprenant et plein de poésie ! Qui aurait imaginé que le grand Michel-Ange avait fait cette escapade chez le Grand Turc et conçu un pont qui enjambe la Corne d’Or ?

Nous sommes en mai 1506, Michelangelo Buonarotti n’a pas encore trente ans mais son David fait de lui un sculpteur reconnu. Il reste encore trois ans avant qu’il ne commence à peindre le plafond de la chapelle Sixtine. Il travaille à l’édifice du tombeau de Jules II, pape escroc qui ne le paye pas et le traite par-dessus la jambe. Aussi quand le sultan Bayazid (Bajazet) lui offre de passer derrière Léonard de Vinci pour construire ce pont, il s’enfuit de Rome comme un voleur, bien décidé à faire fortune autrement et à humilier le vieux Léonard. Lire la suite

La citation du jeudi avec Laurent Gaudé et LA PORTE DES ENFERS !

un cauchemar impalpable...

un cauchemar impalpable…

Voilà ça me reprend ma « Gaudémania » ! Il faut dire que ça faisait longtemps. Aussi, dès que j’ai eu tourné la dernière page de mon SP en cours, j’ai filé vers l’étagère Very Important Books de ma non-bibliothèque (oui c’est le bazar total) et comme par hasard, c’est La Porte des Enfers  qui m’a ouvert les bras. Commencé à 22 h hier soir, donc fin de journée, j’ai quand même lu jusqu’à minuit tant cet auteur sait s’y prendre avec moi (pas que moi, je sais) (c’est pour dire). Je ne peux résister à partager un petit paragraphe de la page 10 (quand je vous dis qu’un bon auteur doit savoir nous retenir dès le départ)…

« Je n’ai pas peur. Je reviens des Enfers.  Qu’y a-t-il à craindre de plus que cela ? La seule chose qui puisse venir à bout de moi, ce sont mes propres cauchemars. La nuit, tout se peuple à nouveau de cris de goules et de bruissements d’agonie. Je sens l’odeur nauséeuse du soufre. La forêt des âmes m’encercle. La nuit, je redeviens un enfant et je supplie le monde de ne pas m’avaler. La nuit, je tremble de tout mon corps et j’en appelle à mon père. Je crie, je renifle, je pleure. Les autres appellent cela cauchemar, mais je sais, moi, qu’il n’en est rien. Je n’aurais rien à craindre de rêves ou de visions. Je sais que tout cela est vrai. Je viens de là. Il n’y a pas de peur autre que celle-là en moi. Tant que je ne dors pas, je ne redoute rien. »

Inquiétant, fascinant et addictif…

La citation du jeudi c’est sur une idée de Chiffonnettelogo citation du jeudi

Tobie des marais de Sylvie Germain

tobie des marais(1)Comment ai-je pu laisser dormir ce livre un an dans ma PAL ? Voilà ce que je me suis dit après la lecture de ce roman magique porté par l’écriture magnifique de Sylvie Germain. Un grand merci à ma pourvoyeuse Somaja qui tape toujours dans le mille …

Ce livre vient de loin, de la nuit des temps, comment en parler sans le défigurer, en lui prêtant un sens qu’il n’a peut-être pas, car il est comme dupliqué sur la véritable histoire du livre de Tobit, récit biblique retrouvé en 1947 avec les manuscrits de la Mer Morte. Mais ça je l’ai su après ma lecture en allant me renseigner sur l’auteure. Comme quoi, rien n’est figé ou imposé dans ce roman, chacun y met sa propre part de rêve… Lire la suite

LA CITATION DU JEUDI avec Philippe Claudel

caroussel n&b dans la brume vanishingintoclouds tumblrEnfin, j’ai pu lire Les âmes grises, que dis-je, je l’ai dévoré en deux fois. C’est vraiment un auteur-doudou ! Comme j’aime la musique de ses mots, cette citation si vraie…

 » On tue beaucoup dans une journée, sans même s’en rendre compte vraiment, en pensée et en mots. Il n’y a vraiment que dans les guerres que l’équilibre se fait entre nos désirs avariés et le réel absolu. »

Les âmes grises de Philippe Claudel, page 147.

La citation du jeudi, sur une idée de Chiffonnette !logo citation du jeudi

L’ARMOIRE DES ROBES OUBLIÉES de Riikka Pulkkinen

livre armoire 046L’action se passe en Finlande, à Helsinki dans un milieu cossu. Trois générations de femmes se côtoient sans que nous ayons l’impression que le monde a évolué entre 1964 et maintenant. Je ne sais si c’est dû au style qui, bien que poétique et maîtrisé, crée une distance ; nous avons du mal à nous attacher aux personnages jusqu’à une bonne moitié des 423 pages.

Elsa, la doyenne, qui fut une psychologue réputée et une conférencière souvent en voyage se meurt. Elle entre en phase terminale d’un cancer et veut profiter de ses derniers instants chez elle, entourée de sa fille Ella, médecin et de sa petite-fille Anna, encore étudiante.

Dans l’armoire d’Elsa, Anna trouve une robe ayant appartenu à Eeva. Eeva …le sujet qui fâche mais dont il faut parler avant qu’Elsa ne meure et ne puisse plus donner sa version des faits. Eeva qui en alternance de chapitres, raconte sa vie de baby-sitter d’Ella de 1964 à 1968 quand elle était seule avec « l’homme » et « la petite ». Car il y a un homme, Martti, le mari d’Elsa, le père aimant d’Ella, le grand-père malicieux d’Anna, peintre célèbre des années 60, amoureux de sa femme, certes…mais qui n’a pas su choisir entre deux femmes à une époque. Les blessures sont loin d’être refermées, surtout pour Ella, la « petite » devenue grande et trouvent chez Anna un écho à une histoire d’amour passée. Elsa est définie comme cela : « Elle est la plupart du temps, résolue, adulte et impénétrable. Elle pense qu’une femme doit cacher certaines parts d’elle-même pour rester crédible. » (p. 94).

Nous entrons doucement dans la vie de cette famille, froide, qui ne dit pas ses sentiments facilement, chacun reste enfermé dans des certitudes parfois faussées. Seule Eeva, l’absente qui revient raconter la vie de ces années-là, sous forme de journal  m’a touchée un peu plus que les autres. Elsa reste peu loquace et centrée sur ses jours qui finissent (un peu normal), Ella fuit, court, n’est pas prête à réentendre l’histoire alors qu’Anna la petite-fille s’en délecte. Il y a aussi  les paysages finlandais, la maison de vacances au bord du lac, les nombreux saunas et leurs rituels, les tartes aux fraises et aux myrtilles, un enchantement !

Eeva peut nous sembler bien légère aujourd’hui mais n’oublions pas le contexte « peace and love » de l’époque où l’amour justifiait tout : « Les mains dans les poches et la cigarette aux lèvres. Il m’est familier. Je suis allée au centre du monde et je n’ai su oublier ce que ça fait d’aimer. » (p.305). Une époque si éprise d’absolu qu’ il était possible de mourir d’aimer. Tout en militant pour la libération des femmes… Cette époque, avec des incursions à Paris est bien restituée, alors que l’époque actuelle,( hormis la présence des  portables), est moins fouillée.

Malgré la distance cultivée par les personnages, (ce qui en soi évite le pathos),  j’ai trouvé ce roman délicieusement vintage, j’en suis ressortie émue. Avant la résilience, il y a la transmission et surtout le pardon qu’accordent plus volontiers les mourants que ceux qui restent et doivent continuer à vivre avec ce qu’on a bien voulu leur dire … Une lecture qui ne laisse pas indifférent !

Merci au Livre de Poche pour ce partenariat. logo ldp

Les billets de GWEN (coup de coeur pour elle), Yv (qui a aimé les mini-jupes sixties), Clara et enfin  Aifelle qui a moyennement apprécié.

Une participation au Challenge d’Anne, « VOISINS-VOISINES » CHALLENGE AMOUREUX  de l’Irrégulière dans la catégorie « Amours impossibles » et une chez Lystig pour le Défi SCANDINAVIE BLANCHE. 

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NOS VIES DÉSACCORDÉES de Gaëlle Josse

un livre magnifique !

un livre magnifique !

Voici le livre sensible qui m’a redonné le goût et l’envie de lire. Un livre qu’a fait voyager Fransoaz mais que j’ai découvert  l’an dernier chez Delphine,  puis chez Galéa, puis Laure… Et devant leurs billets élogieux, l’envie a suivi… Comme il ne fait que 142 pages, la lecture m’a semblé plus douce. É

Un matin, Francois, pianiste concertiste célèbre reçoit un message concernant Sophie. Plus particulièrement d’un membre du personnel de l’asile psychiatrique où Sophie est enfermée depuis trois ans. D’un seul coup, elle devient sa priorité. Sophie… « Trop aimée pour admettre qu’elle ne pourrait plus jamais être la même. Trop aimée pour admettre que depuis toujours, elle avançait sur un fil tendu au-dessus des abîmes ». (p.43). Ce grand amour, sa muse oubliée depuis trois ans, résonne en lui comme un remords, une évidence à laquelle il ne peut plus échapper. Il va annuler tous ses concerts et partir à la recherche de cet amour éclaté, de cette femme « indéchiffrable » qu’il n’a pas su comprendre avec sa jalousie récurrente et l’idée qu’elle lui était acquise à jamais. Or, comment réparer un violon cassé si on n’est pas un peu magicien ? Quand on n’est qu’un homme a la triste figure. Il n’est pas du tout sympathique François, nous le détestons pratiquement les 3/4 du livre, nous n’arrivons pas à lui trouver une excuse valable, jusqu’à la toute fin (c’est un peu dommage d’ailleurs) où certaines clés nous sont enfin données.

Qui est vraiment Sophie ? Qu’est-ce qui les lie au-delà du temps, des autres femmes, au-delà de la maladie. Sophie est devenue aphasique, elle a perdu les mots mais écoute sa musique à lui en boucle depuis trois ans. Qu’est-ce qui a provoqué cette discordance et pourquoi ? « Il faudra bientôt solder trois années de lâcheté. Plus tard. Comme la plupart des hommes, je suis mono-tâche. Séquentiel. Binaire. » (p.13). Voilà, dès le départ nous avons un aperçu de ce qu’il est, lui. Et dans des chapitres en italiques qui alternent, la voix de Sophie, poétique et malheureuse : « Quelle est cette autre voix, à l’ombre du murmure ? Toutes blessent. L’une frappe au coeur, la dernière éteint toutes les larmes. (…) La dernière tue. » (p.25).

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas déflorer ce livre, même involontairement… Je peux juste dire que le chemin vers la rédemption n’est pas facile à trouver et qu’il n’est pas pavé de roses, il y aura des épines à arracher, avec un espoir qui nous tient en haleine. Qu’il n’est pas facile, même à un musicien de retrouver  le « la » quand la musique s’est brisée sur une cacophonie insupportable, qu’il faut beaucoup d’amour et de  remises en question pour donner un sens à ce qui s’est passé dans une autre vie…

Merci encore à Fransoaz d’avoir fait voyager ce livre merveilleux, si la fin avait été moins abrupte j’en aurais fait un coup de coeur, on y était presque et c’est déjà beaucoup !

Une participation au challenge d’Anne « Des Notes et des mots », une à celui de Lystig « Vivent nos régions » pour le sud-ouest de la France où se déroule les 3/4 de l’intrigue (Valmezan), en alternance avec Paris (à égalité) au début et qui revient en flash-back. Et donc une autre pour le challenge « Paris » de Sharon (la rue de Rome, la rue Lagrange, etc). Et bien sûr à celui de l’Irrégulière dans la catégorie  » amour-toujours ».

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EN NOUS LA VIE DES MORTS de Lorette Nobécourt

en nous la vie des morts de lorette nobécourtQue les fainéants, les pressés, ceux qui vont directement au dernier paragraphe du billet passent leur chemin, je n’ai pas envie de faire « court » aujourd’hui  car ce livre m’a bouleversée, j’ai mis 25 jours pour le lire (en parallèle avec d’autres, enfin un seul à vrai dire) et je ne voulais pas en voir la fin. D’ailleurs finit-il vraiment ? Aifelle qui me l’a prêté m’avait dit : « C’est un livre exigeant », en clair ce n’est pas un livre facile. Il porte une réflexion lucide qui touche à l’universel de l’âme comme de la chair, nous interroge, nous coupe le souffle parfois. Au-delà du coup de coeur, c’est une vraie rencontre avec une auteure. Il fait partie de ces livres trop rares qui changent notre regard sur le monde, qui essuient la poussière de nos yeux et ouvrent notre conscience par le biais des mots. 309 pages à savourer lentement et sans modération.

L’HISTOIRE :

Nortatem, un jeune homme de 34 ans, new-yorkais et plutôt frivole est dévasté par le suicide de son meilleur ami, Fred qu’il connaissait depuis l’enfance, avec qui il avait fait les quatre cent coups. Au chagrin de la perte, s’ajoute l’incompréhension du suicide. Il vient aussi de rompre avec Georgia dont il était dépendant sexuellement plus qu’autre chose… Leur amie commune, (à Fred et lui), Guita le recueille chez elle juste avant de partir en France, son pays d’origine, lui demande de s’occuper de son hamster Léandre (oh le prétexte !) lui conseille de s’isoler et surtout, de lire deux livres : Le Livre 7 (livre hébraïque en rapport avec la connaissance par les chiffres, entre autres) et En nous la vie des morts, écrit par Guita elle-même…Nort part pour le Vermont et loue une bicoque en bois perdue dans les arbres, « toute de guingois, suffisamment bancale pour abriter mon propre déséquilibre » (p.20), à proximité d’une petite ville où il fera des excursions diurnes ou nocturnes mais aussi des rencontres, brèves et chargées de symboles, de sens : la vieille indienne, Laura… Les chapitres de sa nouvelle vie, arrosée d’un vieux Margaux laissé par Guita ou de champagne, de son cheminement intérieur vont alterner avec ceux de En nous la vie des morts.

Dès le début de la lecture, la mise en abyme est vertigineuse et subtile. Ce livre est relié au Livre 7 par la symbolique des chiffres ;  les histoires magnifiques qu’il contient, s’apparentent davantage aux contes philosophiques destinés à faire passer un message qu’à de banales histoires. Nortatem y retrouve le daim, qui revient en fil rouge dans tout le livre, puis sa peau qui sèche sur la terrasse de la bicoque ,  et enfin le manteau en daim dont il aime soudain se vêtir. A la fin de chaque chapitre, et par cet effet miroir, il en ressort ébranlé dans ses certitudes, moins désespéré mais avec le sentiment que son chemin de croix est loin d’être terminé : « L’habitude est ce qui nous déshabitue de l’essentiel. La réalité dépendait exclusivement du regard que l’on portait sur elle, et la nouvelle appréhension que j’en avais était aussi réelle que la plus réelle motte de terre sous mes pieds » (p. 217-218). Il essaie également de comprendre ce qu’a laissé en lui la mort de sa mère : « Et comment devient-on l’homme d’une femme quand on n’a pas été le fils d’une mère ? » (p.44). Au fil des pages et des jours qui passent, dans ses échanges par mail avec Guita, Nort va apprendre que de la douleur et de « la soif« , renaissent en nous une sorte de sagesse, de foi qui nous dépassent le plus souvent, faute d’esprit agile et d’acuité pour en percevoir les fils ténus de la joie.

MON AVIS

Dans une écriture ramassée, précise et poétique (sans lyrisme pompeux), Lorette Nobécourt  fait corps avec son livre, on se dit que Guita c’est sûrement elle (ou alors elle lui ressemble beaucoup). Du deuil à la renaissance, de l’ombre à la lumière, à travers Nortatem guidé par Guita, nous « mutons » nous aussi à la lecture de ce livre indispensable à qui veut comprendre qu’il ne suffit pas d’être présent au monde si nous n’en avons pas la perception, qu’il ne suffit pas de hurler comme un loup blessé pour exprimer notre souffrance ou de faire l’amour quand le coeur n’y est pas. « Peut-être sommes-nous des fictions auxquelles nous nous efforçons de croire » dit Nort p. 301. Dans un long chemin d’apprentissage, à démêler la vérité du mensonge, alors entendons-nous la cloche lointaine de nos morts qui résonne en nous avec ce qu’ils ont laissé de vie, de joie et de turbulences, suffisamment pour nous consoler de leur départ, suffisamment pour appréhender la nôtre à venir dans la clarté d’un esprit apaisé. Ce livre nous dit aussi qu’il faut avoir souffert beaucoup, être parti souvent, avoir attendu longtemps avant de retrouver la lumière, qu’elle se mérite et qu’elle n’est jamais acquise…coeur chromo ana-rosa

Vous pouvez lire le billet d’Aifelle ICI et découvrir Lorette Nobécourt sur son site, : j’y ai lu beaucoup de choses intéressantes, des interviewes, des coupures de presse qui me donnent envie de lire le reste de son oeuvre mais paradoxalement, ce qu’elle a écrit après En nous la vie des morts, sorti en 2006…

Z LE ROMAN DE ZELDA de Therese Anne Fowler

z comme zelda roses et pétalesZelda Fitzgerald a déjà fait couler beaucoup d’encre, parce qu’elle était la femme de Francis Scott Fitzgerald, chef de file de la Beat Generation, des Enfants du Jazz, qu’elle était excentrique, intelligente et qu’elle connut un destin tragique . Et puis, contrairement à Hadley Hemingway, Zelda a vraiment participé à l’élaboration de l’oeuvre de son époux tout autant qu’à leur légende. En essayant d’exister. C’est là que les choses se sont gâtées.

L’auteur a beau avouer que ce livre est né « de l’estime et de l’affection qu’elle porte à la fois à Zelda et à Scott », il n’en reste pas moins un plaidoyer en faveur de Zelda, entre faits biographiques avérés et roman. La frontière ici est très mince tant on y retrouve d’évènements basés sur des correspondances bien réelles. Non pas une « réhabilitation » romanesque comme l’a fait en  2007 Gilles Leroy avec Alabama Song mais un roman, qui s’appuie largement sur les documents auxquels T.A. Fowler a eu accès, notamment les volumineuses correspondances des deux intéressés, celle de Scottie, leur  fille et « sa » Zelda » colle au plus près de la réalité recueillie dans ces investigations. Therese Anne Fowler reste objective et on ne peut s’empêcher de penser que Scott Fitzgerald malgré ses idées progressistes était resté très 19ème siècle quant à l’idée qu’il se faisait du rôle de la femme dans un couple et Zelda, ayant grandi dans un certain conservatisme malgré ses frasques, n’a pas su se révolter ou le quitter. Par amour ? Par manque de confiance en elle ? Sûrement un peu des deux…Avoir été une « flapper », ces femmes modernes des années 20, comme le dira Scott plus tard n’aura servi qu’à « faire vendre« , certainement pas à s’émanciper. Ce n’était qu’un écran de fumée de plus.

La jeunesse, les dix premières années de vie commune du couple sont plus détaillées que la fin de leur vie , crépusculaire s’il en est…  Il est vrai que les années folles passionnent et c’est avec elles qu’ils ont grandi avant de vieillir trop vite, lui rongé par l’alcool et elle par les traitements infligés aux malades mentaux à cette époque. Et pourtant,  tout avait avait si bien commencé !zelda jeune (Ci-contre, à droite, ©Zelda à 17 ans, à Montgomery, Alabama).

Zelda Sayre est née en 1900 dans une honorable famille de Montgomery en Alabama, elle est la cadette des filles du juge Sayre, celle à qui l’on passait tout. A 17 ans, la belle du Sud qu’elle était a déjà fait pleurer les garçons de Montgomery et quand elle croise le regard du jeune officier Fitzgerald, en 1917, engagé dans l’aviation pour faire la guerre, le coup de foudre est immédiat. Mais Zelda est une enfant, Zelda aime jouer et après avoir annulé son mariage avec Scott, trop pauvre, elle acceptera de l’épouser s’il devient un grand écrivain. Une semaine après la publication de L’Envers du Paradis, le 3 avril 1920, elle l’épouse à New-York, en grande pompe, à l’église Saint-Patrick. Elle a 20 ans, lui 24 et le début d’une folle vie de fêtes, de voyages commence. Ainsi qu’une grande histoire d’amour. On oublie trop souvent que malgré les tensions, les disputes, les séparations, ils se sont aimés jusqu’à la mort de Scott en 1940.envers du paradis couv

Leur fille, Patricia Frances dite Scottie naîtra un an plus tard, en 1921 et ils s’embarqueront pour la France dès 1924. Paris, est the place to be pour devenir un écrivain reconnu. Mais très vite, ils choisissent la Riviera, Antibes, Saint Raphaël, entre autres… Scottie est élevée par des nounous pendant que ses parents se perdent en fêtes, débauches d’alcool, de toilettes et d’argent, alors même que Scott est très vigilant sur ses comptes. Il a souffert de la pauvreté, il déteste les riches du moins ce que « les riches font de l’argent » et vivre comme un prince est une revanche sur une enfance et une adolescence faite de privations (et de vexations). Mais il faut écrire pour maintenir le standing, envoyer des nouvelles entre deux romans, des nouvelles qui rapportent davantage le plus souvent en paraissant dans des journaux connus. Très vite, Zelda se lasse de la cour de parasites qui entoure Scott, une cour qui l’encourage à se noyer dans le gin chaque jour un peu plus (il n’en a pas vraiment besoin, il sait le faire tout seul)… Zelda cherche sa place, c’est une artiste, à défaut de pouvoir écrire librement elle veut danser et s’astreint à une discipline de fer avec une célèbre danseuse russe, laissant Scott à son « cher Hemingway » qu’elle hait (et c’est réciproque), le mettant en garde contre les rumeurs qui courent sur leur compte à tous les deux : Hemingway serait bisexuel et il a des « vues » sur Scott… Ce que laissait déjà entendre (plus ou moins) Gilles Leroy dans Alabama Song… Scott la remet à sa place quand elle manifeste un petit désir d’indépendance, ne serait-ce que voir son nom à elle au bas des nouvelles qu’elle écrit mais qui…se vendent beaucoup mieux si elles sont signées Francis Scott… Doucement mais sûrement, elle glisse vers l’ombre où elle se doit d’être et elle y restera à jamais.

En 1930, c’est le premier séjour à Prangins en Suisse, une clinique huppée où le diagnostic de schizophrénie tombe pour Zelda comme un couperet. On sait aujourd’hui qu’elle était certainement bipolaire (et dépressive) mais sûrement pas schizophrène et pas si dingue qu’on a voulu le faire croire ! Scott mettra un point d’honneur à subvenir aux besoins de sa femme, bien après qu’ils aient cessé de vivre ensemble. Pour Zelda, ce n’est que le début de traitements aberrants aux doux noms de « chocs d’insuline », « électrochocs » et autres barbaries de l’époque… Elle faisait trop de sport paraît-il, était certes trop maigre et dénutrie mais de là à être schizophrène, il y a un pas que la psychiatrie balbutiante du début du 20ème siècle a franchi allègrement pour masquer son ignorance crasse.zelda couv de son livre save me this walz En contribuant à la détruire avec des traitements totalement inadaptés. (Ci-contre à droite : © Zelda en tutu de danseuse, photo qui illustre son seul et unique roman : « Accordez-moi cette valse ».)

La suite on la connaît. Personnellement je la connais bien. D’où quelques longueurs (pour moi, je précise) car hormis la « haine » pour Hemingway (que je ne savais pas si féroce), je n’ai pas appris grand-chose mais le portrait que fait l’auteure de Zelda m’a touchée ! Scott finira par s’exiler à Hollywood pour vendre des scenarii qui ne seront pas toujours portés à l’écran tout en continuant à écrire des nouvelles pour payer les hospitalisations de Zelda et la scolarité de Scottie. Tout en entretenant une liaison avec une journaliste, Sheila Graham. Zelda savait mais n’en parlait pas souvent. Ils n’ont jamais cessé de s’écrire et à la passion des débuts, une tendresse et un lien incassable ont succédé malgré tout ce qu’ils se sont reprochés. Il commencera aussi son dernier roman paru à titre posthume, Le dernier nabab avant de mourir en 1940, à 44 ans d’une crise cardiaque. Zelda lui survivra huit ans et périra dans l’incendie de l’hôpital d’Asheville en Caroline du Nord où elle séjournait lors d’une énième hospitalisation.

Cet excellent roman met le doigt sur ce qui a fait et défait le couple, sans jugements de valeur déplacés. Un doigt long et fin comme on imagine celui de Zelda qui souligne à quel point cette femme, certes frivole, certes malade n’était pas née à la bonne époque et a souffert de ne pas avoir été comprise plus que d’être mal-aimée. Si l’image de Scott pâlit légèrement sous la plume de l’auteure ce n’est pas par méchanceté, elle n’a fait que rapporter des faits, une réalité indiscutable sur deux enfants qui se sont pris pour des anges mais qui ont eu trop vite du plomb dans l’aile sans que l’on puisse accuser l’un ou l’autre de manière irréfutable. Comme l’avait dit Scott lui même un jour, « leur mode de vie était une entreprise de démolition ». Ils n’étaient pas « corrects » dans le sens où l’Amérique a replacé ce vocable aujourd’hui. Leur vie et leur mort sont à l’image de la violence, des fulgurances qui ont traversé leur existence de météores éternellement jeunes, même au crépuscule de leurs vies détruites. Pour que peut-être aussi ne meure jamais la légende…

gif scott zelda scottie© gif issu d’une vidéo amateur que l’on peut trouver sur YouTube : Scott, à gauche et Zelda à droite jouant avec leur fille Scottie au centre…

 Je vous conseille également de lire les billets d‘Anne, d’Argali, de l’Irrégulière.

Si vous aimez ce couple et souhaitez en apprendre davantage sur eux, si vous aimez F.S. Fitzgerald et si vous voulez en savoir plus sans difficultés (de lecture), je vous conseille vivement ce livre.

Editions Michel Lafon, 2013, 427 pages.

Merci aux Editions Michel Lafon et à Amandine pour ce partenariat !

Une participation à mon challenge Fitzgerald, une au challenge amoureux de l’Irrégulière dans la catégorie « amours éternelles ». Et j’allais oublier le challenge de George, « Romans sous influence« , pas besoin de dire de qui d’ailleurs !!!

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LES REVENANTS de Laura Kasischke

les revenants de l.kasischkeUn pavé de 660 pages et une grosse déception ! J’avais été enthousiasmée par ma lecture d' »Un oiseau blanc dans le blizzard » et je me régalais d’avance d’avoir à me mettre davantage sous la dent, eh bien que ce fut douloureux ! Même si il y a du bon, je modère mon propos, ce roman trop long, fouillis m’a vite lassée et ne m’a même pas surprise !

Je l’ai lu avant « Les débutantes », l’action se passe aussi sur un campus avec des jeunes qui font l’apprentissage de l’âge adulte, de la mort, mais c’est tout. Pour le reste, Laura Kasischke nous balade entre présent, passé et surnaturel élaboré et argumenté mais peu convaincant. Lire la suite

LES DEBUTANTES de J.Courtney Sullivan

Les débutantes de j.courtney sullivanLes débutantes ce sont quatre jeunes filles qui vont devenir les meilleures amies du monde, ce sont aussi quatre « Smithies » car elles se sont connues à la prestigieuse université féminine de Smith, une des sept en Amérique, regroupées sous le nom des « Sept soeurs ». Des femmes célèbres sont sorties de Smith, dont Sylvia Plath (promo 1955), Margareth Mitchell (promo 1922) et beaucoup de féministes engagées. Ce livre sur l’amitié féminine dont l’action se passe en partie sur un campus aurait pu être un énième livre futile sur le sujet. Loin de là ! Même si certains personnages sont légèrement caricaturés, c’est pour la bonne cause et le discours sur le féminisme de J. Courtney Sullivan est particulièrement intelligent. Lire la suite

L’ENQUÊTE de Philippe Claudel

swap béa LE ClaudelUn livre offert par ma Béa-Comète-binômette que je n’ai pu m’empêcher de dévorer entre deux obligations et, (c’est confirmé) je suis définitivement conquise par la plume de cet auteur même si, ici c’est un peu différent de ce que j’ai lu jusqu’à présent, ICI et . Lire la suite