Et chante une rivière…Chez Eiluned

En bas de mon jardin d’enfance, entre deux murs de pierre à demi écroulés, coule une rivière où se penchent de vieux arbres aux feuilles qui se noient. Je m’y promène encore, je l’écoute chanter, me cascader parfois des secrets oubliés qui viennent se poser tout au bord de mes larmes. Lire la suite

Mademoiselle se rebiffe !

Ma participation au « Rendez-vous avec un mot »d’Eiluned,  dont le mot de la semaine était « colère« . Suite des aventures, légères,  de Mademoiselle commencées , continuées ici .

JUSQU’À L’OUBLI…

Après avoir pris son billet d’avion et liquidé ses affaires courantes, Mademoiselle quitta Paris pour retourner une dernière fois voir les bateaux, comme celui dans lequel Julien avait disparu de la surface de sa vie,  déposant à jamais des regrets amers et salés sur son coeur amputé.  Elle grimpait, le coeur lourd d’appréhension, les mains moites de rancoeur et de colère contenues. La maison à la brocante avait été démolie et revendue à une société immobilière. Pour l’instant, rien ne l’avait encore remplacée. Elle savait bien, elle, depuis le temps, qu’il ne pousserait rien sur cette lande dévorée par un vent furieux. Elle ne le voulait pas, petit dérapage de sa mémoire pourtant sous contrôle… Mémoire qui avait aussi mis à terre les souvenirs et laissé sous les gravats, l’ombre des voix de ceux qui s’étaient tus. Elle s’était toujours senti transparente ici, déplacée, rejetée comme ces chatons qu’elle recueillait, chassés par leurs mères sitôt que sevrés. Lire la suite

Mademoiselle vit sa vie…

Ma deuxième participation au Jeu d’Eiluned , « Rendez-vous avec un mot » et le mot de la semaine était charmeur

Quand fleurissent les premiers marronniers sur les boulevards parisiens, quand tout le monde éternue en se frottant les yeux, Mademoiselle reprend goût à la vie. Elle peut enfin ouvrir le toit de son cabriolet et filer comme l’éclair aux soirées privées où sa présence suscite toujours des oh et des ah admiratifs. Elle n’en a cure, insoucieuse de cette image superficielle qu’elle renvoie ; l’ennui commence à s’insinuer dans ses veines…

Elle arrive au Florie’s sous les flashes crépitants des photographes postés ici et là, arborant pour eux machinalement le blanc parfaitement aligné de son sourire. Ce qui ne l’émeut plus depuis longtemps déjà. Elle sait la volatilité des images éphémères, elle sait l’éphémère des soirées où elle s’énivre. Et elle sait que les lendemains d’ivresse sont douloureux. Ses rêves et ses illusions noyés la nuit remontent à la surface au petit matin triste qui sonne l’heure d’un coucher solitaire. Le sommeil artificiel… encore une fuite en avant, oublier, toujours oublier. Ce qui devient vivace, lancinant et obsédant… Lire la suite