LE LIVRE DE DINA – Tome 1 : les limons vides » de Herbjørg Wassmo

a-pinces-0-linges-logo1a-dina-les-limons-vides-tome1Un livre dont j’ai eu  envie de vous parler à chaud car il est d’une violence inouïe. Aussi c’est ce brouillon resté en jachère que je vous livre aujourd’hui, presque deux ans après cette lecture marquante. Une plume trempée à la fois dans la glace et le feu.   Le style est somptueux, mais exige une attention soutenue, n’allez pas le lâcher une semaine (vous ne pourriez pas de toutes façons, il vous rappellerait)  et même avec cette attention le procédé narratif, fait de phrases courtes, rapides comme la vie de Dina la météore, vous laissera en chemin si vous ne suivez pas ! Le livre s’ouvre sur une galopade suicidaire, en plein hiver, dans le Nortland norvégien, autant dire presque le cercle polaire et la glace n’est pas destinée à finir au fond des verres de vin qu’écluse Dina, elle sublime les paysages et cette étrange enfant qu’est Dina, sauvage, presque autiste parfois bien qu’elle ait bénéficié d’ un minimum d’éducation dans la maison de son père, un commissaire de police veuf, mal remarié selon Dina (les belle-mères, c’est jamais ça, là c’est pire !) . Lire la suite

PAS FACILE DE VOLER DES CHEVAUX de Per Petterson

pas facile de voler les chevaux(1)Merci Valentyne de m’avoir offert ce livre auquel je ne m’attendais pas, ce fut une belle surprise. Je ne connaissais pas du tout l’auteur, je suis allée en lire un peu plus sur lui, je vous raconterai après ce billet.

On peut dire que c’est du « nature writing » nordique. L’action se déroule dans un village isolé de la campagne norvégienne fin des années 1990. Trond Sander a 67 ans, il se sent vieux, il est veuf depuis trois ans, vit seul  une retraite bien méritée mais n’est pas résolu à se laisser aller à la décrépitude. Il s’astreint à se promener avec sa chienne Lyra autour du lac non loin de chez lui. Il a retapé cette vieille baraque en rondins, toute de guingois, il veut couper son bois et ne produire que le strict nécessaire à sa consommation,  c’est un choix de vie. C’est un ours comme ça en apparence, un taiseux qui a besoin de calme pour se souvenir car sa mémoire est encombrée.  » C’est ça que je veux et je sais que j’en suis capable, que j’ai ça en moi : la force d’être seul. Qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur. (…) J’étais le garçon aux culottes en or. Mais maintenant, j’aimerais bien pouvoir me reposer. » (p.206) Lire la suite