Oh, Boy ! de Marie-Aude Murail

Quand j’ai acheté ce livre estampillé « école des loisirs », mon libraire m’a simplement dit : « Un classique ! » .  Arrivée à la maison, j’ai regardé le © et quand j’ai vu 2000, j’ai pensé : »Un peu jeune pour un classique » ! Mais j’ai plongé dedans la tête la première et n’ai pas pu le lâcher avant la fin. Mon premier coup de coeur  de l’année et c’est un livre Jeunesse ! (Médium de la catégorie). En plus, un livre qui offre une citation de Romain Gary en entrée, ne pouvait que me plaire : « L »humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive ». Lire la suite

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LE CHIEN QUI A VU DIEU de Dino Buzzati.

Folio Jeunesse, 82 pages.
En retrouvant ce livre, deuxième titre Jeunesse avec Dieu dedans, je me dis que la crise mystique de mon fils a duré plus longtemps que je ne le croyais… Par l’auteur de  » Le désert des Tartares ». Lire la suite

RIKKI TIKKI TAVI, LA MANGOUSTE de Rudyard Kipling

Editions Hachette Jeunesse, © 1992 pour la traduction et les illustrations, illustré par Marcelle Geneste. Collection Copain, 62 pages.

« Ceci est l’histoire du terrible combat que mena Rikki-tikki-tavi, toute seule,  dans une salle de bains d’un grand bungalow, du camp de Segowlie, aux Indes ». Lire la suite

DRÔLE DE VENDREDI de Margret Rettich

Hachette, collection Copain, © 1988. 62 p. (à partir de 6-7 ans).

Nous sommes mercredi, non non je ne me trompe pas de jour ! Petit livre Jeunesse relu avec plaisir d’autant qu’en le feuilletant, une photo de mon fils et moi en est tombée, doux souvenir où nous lisions encore ensemble !

Le vendredi n’est pas un bon jour paraît-il (?), il fallait donc que des catastrophes s’enchaînent ce jour là ! Les parents de Frank et Marie se précipitent à l’hôpital car la naissance de la petite soeur survient plus tôt que prévu. Oui mais voilà le papa se casse un bras dans l’aventure et les deux parents doivent passer une semaine à l’hôpital (ça fait beaucoup quand on y songe aujourd’hui !). Les deux enfants n’ont PERSONNE pour les garder, c’est un gentil policier qui va faire le tour de l’immeuble et trouver pour chaque jour de la semaine, une personne pour s’occuper de nos deux « orphelins ».

Une semaine riche en rencontres diverses, du couple Nonosse qui ne sait pas dresser son chien, à la vieille cantatrice déchue, en passant par les étudiants bordéliques, nos deux héros raconteront à leurs parents, la semaine écoulée, l’enrichissement qu’ils ont tiré à côtoyer le voisinage.

Mais c’est aussi un message de solidarité : quand on veut, on peut ! Garder deux enfants une seule journée de la semaine en empiétant sur un emploi du temps chargé n’est pas impossible et c’est mieux qu’un placement, fut-il temporaire, dans un foyer…

Belle écriture qui plus est, même si quelques « invraisemblances » se glissent dans cette fable moderne. Ce n’est qu’une jolie fable après tout… Par contre, les illustrations…pas terrible !

Et le principal étant aussi d’apprendre la générosité à nos enfants en leur consacrant quelques heures après l’école pour les faire lire…

SUR L ‘AUTEUR

Page Wikipédia en allemand (je n’ai pas fait allemand, ni en deuxième, ni en troisième langue). Voici que qui m’a semblé « cohérent » dans la traduction. Margrett Rettich (ou Radis !) est née en 1926 en Allemagne fédérale. Auteure de livres pour enfants, elle obtient, en 1981, le Prix Littérature Jeunesse allemande (dans le bons sens je ne sais pas…) pour  » Voyage en bateau » , en 1997 (avec son mari ?) on lui remet le Grand Prix de l’Académie allemande pour l’ensemble de son oeuvre et en 2001 le Prix « allemand Music Edition »…

OLE FANTÔMETTE de Georges Chaulet

Mes lectures communes

Editions Hachette,© 1975 et 1990, Illustration : Josette Stéfani. Enfin, une lecture commune avec SYL. !

Visiblement, quand je compare avec mes autres « Bibliothèque Rose », celui-ci est la version 1990, et, vu la date du copyright,  j’ai réalisé que je n’en avais jamais lu ! Aucun souvenir à ce point là, ce n’était pas possible, alors que je me souviens de Belle et Sébastien (lu à 6 ans)! J’ai donc pris une heure pour savourer cette madeleine de Proust (pas pour moi) et franchement, quand ce n’est pas une madeleine et qu’on a passé l’âge, c’est moyen ! Correct mais moyen !

Fantômette, Françoise dans la vraie vie est une justicière masquée la nuit (souvent la nuit) qui met à mal les projets de deux ressortissants du Caramba, membres d’un groupuscule terroriste : « Les Rastaquouéros » qui veulent assassiner le Président de leur pays, Pastis Sanzo (ouaich, ces jeux de mots et autres blagues « carambar, » il y en a tout le livre!). Ça pimente…

Ce Pastiz Sanzo  a eu la mauvaise idée (excellente idée d’ailleurs) de grâcier un taureau lors d’une corrida et veut faire abolir cette coutume dans les pays où la tauromachie existe. Il entame donc son voyage par l’Espagne, où une statue grandeur nature de la bête doit être exposée, statue en ferraille réalisée par le célèèèèbre Aristide Raudim, à Patatasfritas, superbe ville que tout le monde connaît ! Avertie du complot Fantômette a justement une maaagnifique opportunité de partir au pays des castagnettes avec l’oncle de son amie Ficelle qui, ça tombe bien, fait partie des élèves de Raudim. Et Boulotte bien sûr qui passe son temps à s’empiffrer (à part manger, on ne voit pas ce qu’elle fait là, elle ne sert ni dessert l’intrigue !). Course contre la montre, Fantômette gagne, le taureau n’explosera pas au milieu de la foule et l’autruche du zoo d’une ville voisine, non plus. Il se trouve que l’un des meneurs agité est un agent infiltré de la police !  La morale est sauve puisque Fantômette au lieu de laisser mourir le méchant sous les piétinements de taureaux en folie, va demander, que dis-je, implorer pour que le vilain  soit jugé. Une conscience politique à cet âge, c’est rare mais qui s’en plaindrait ?

J’ai aimé moyennement, on ne s’ennuie pas (enfin en se mettant à la place d’une gamine de dix ans), les références aux années 80 sont nombreuses, ne serait-ce que la composition de la sculpture qui n’est pas sans rappeler les oeuvres de César, le thème éternel de la suppression ou non des corridas, l’implication sociale des jeunes filles. Il fallait aussi et déjà une blonde, nous avons l’amie Ficelle qui ne retient jamais les bons mots et emploie innovation, inoculation pour inauguration (entre autres), collectionne les chaussettes de couleurs différentes, joue volontiers (ou ne joue pas) à  la blonde écervelée-mais-pas-si-bête ( un peu Eve Angéli quand même).

Vous l’aurez compris, les gentils sont gentils, les méchants sont méchants et les gourmands, gourmands ! Il y a une gentille morale, pas plus bête que celle d’autres livres issus de cette littérature, même si je préfère avouons-le, la Littérature Jeunesse. Mais à tout prendre, laissons les enfants lire ces livres plutôt que rien ! Je ne sais pas s’ils se retrouveront dans ce monde sans ordinateur ni portable, où les filles écoutent le transistor, lisent la presse du matin (pas Voilou et Oups) et achètent des cartes postales pour leurs amis au lieu d’envoyer des mails ou des sms. Mais il n’y a pas de raison ! La transmission c’est fait pour qui ? En ce qui me concerne je vais m’arrêter là dans ma « réexploration » des classiques du genre, j’ai mon quota de bons sentiments pour l’année, je suis une bad-girl moi !!! Ce livre comptait pour le Challenge Club des Cinq de George…avec Une jumelle bien cachottière lu il y a 1 mois maintenant.


Et Dieu dans tout ça ? de Marie Desplechin

Neuf de l’école des loisirs – 1994 – 127 pages.

Une découverte dans mes cartons « Jeunesse » pas encore ouverts et que je me suis empressée de dévorer hier après-midi alors que la pluie et l’orage ont fait leur grand retour, nous plongeant en pré-automne dès 16 heures…

Le petit Henri, dix ans et curieux, s’ennuie ferme dans sa classe de CM2, dépassé et dégoûté par ses mauvaises notes, le harcèlement de ses parents. Il décide qu’il va passer l’année à s’intéresser à Dieu « à fond » et voir ainsi si cela aura (ou peut avoir) un effet direct et positif sur son travail. Après avoir interrogé sa mère, qui n’a jamais d’avis tranché sur rien et le laisse dans le doute,  » Répondre à une question par une question : voilà sa grande ruse, celle qui lui permet de ne jamais se décider. Evidemment je ne lui ai pas répondu. Elle ne m’aura pas à ce petit jeu-là. » Son père athée balaie la question d’une réponse n’admettant que peu de répliques, il croit trouver chez sa grand-mère un semblant de piste. Cette quête l’amènera à briller lors d’une rédaction, puis à approfondir le sujet à la demande de sa maîtresse en concoctant un exposé complet sur les religions. Aidé de son oncle Alfred, jeune et un peu farfelu, il écume la bibliothèque, découvre la vastitude du sujet, creuse le sujet et recueille l’admiration de sa classe ! Ainsi qu’un 10/10…

MON AVIS

La question de l’existence de Dieu est rarement évoquée dans les livres Jeunesse, je dois dire que Marie Desplechin ouvre une réflexion intéressante sur le sujet, en faisant découvrir à Henri la multiplicité des religions. Quant à la foi, c’est une autre question, soulevée mais traitée d’un point de vue neutre, sans prise de position sur « faut-il croire ou non » ? mais terminant la réflexion par « C’est une question qui se discute « . J’ai beaucoup aimé l’humour, la sensibilité avec lesquels ce sujet délicat est traité et si des parents sont désemparés pour évoquer Dieu face à un enfant en demande, ce petit livre est parfait !

SUR L’AUTEUR

Marie Desplechin est née en  1959. Journaliste et écrivaine, elle compte plus d’une quarantaine d’ouvrages à sa bibliographie, majoritairement des livre Jeunesse. Pour en savoir plus, c’est ici

UNE TOUTE PETITE HISTOIRE D’AMOUR de Christophe Honoré

Dans la collection Neuf de l »école des loisirs, 1998.

Il s’agit là d’une grande et immense histoire d’amour entre un fils et son père. Comment  un gamin de douze ans va-t-il à la rescousse du naufrage qu’est devenu la vie de son seul parent, celui qu’il connaît depuis la naissance puisque la maman est morte en couches ? Un livre espiègle, touchant et au style enlevé. 94 pages qui s’avalent en une heure de temps et nous remontent le moral ! Lire la suite

UNE JUMELLE BIEN CACHOTTIÈRE de Francine Pascal

Bibliothèque Rose – Hachette Jeunesse 1992, traduit de l’américain.

Oh My God ! Le premier mot qui me vient à la bouche après avoir lu ces 158 pages en une heure de temps ! Est-ce possible que ce livre m’appartenasse ? Que faisait-il dans ma bibliothèque ? Des zébus sont-ils venus me la chambouler ? Non, sans rigoler, relire un Fantômette pour me remettre dans le bain ou les Malheurs de Sophie, peut-être, mais LÀ, non ce n’est pas possible  De la sous-sous-chick-lit pour ados pubères ou pas, mais c’est insupportable, écoutez un peu :

Une petite fille de 12 ans patinant avec sa meilleure amie se fait remarquer par Josh, un Grand de 17 ans, elle décide alors de mentir de dire qu’elle a 14 ans et demi, « parce qu’à quatorze ans et demi, on n’a plus peur de rien. »

Elle vit bien sûr dans une famille proprette de la middle class dans une banlieue ensoleillée (Sun valley), a quelques principes mais le jeu du mensonge, la tentation est la plus forte ! Passer pour une héroïne, même si à la fin, le pot-aux-roses étant découvert, elle doit se repentir, subir la punition parentale de rigueur, elle trouve le moyen de s’en sortir avec les honneurs…de ses copines de collège. On y retrouve tous les clichés style « Gossip Girlette » : les Triades de filles qui arrivent en massent et jasent, le beau mec qui conduit à 17 ans, héros malgré lui, et même pas un baiser, une petite histoire d’amour, nada ! Qu’au moins ce soit un peu plus retors tant qu’on y est…

Si encore, c’était bien écrit, avec une dose d’humour, nooon, rien, de la narration plate comme la Beauce ! Juste, les chicaneries cachottières d’enfant qui grandit, bof ! Oui, nous avons certainement toutes menti à un moment de cette période , mais c’est raconté de façon stupide et on devine la conclusion de l’histoire à la moitié ! Je n’oserais même pas le proposer à ma nièce de 12 ans, encore moins à celle de 15, je ferais insulte à leur intelligence ! Bon George, pour le Challenge Club des Cinq (je n’ai pas de Club des Cinq !!!), c’est mal parti !

Après réflexion sur des livres de cette collection chez moi, je devais être abonnée à Hachette Jeunesse quand mon fils était plus petit et je recevais systématiquement la sélection du mois. et je ne l’ai jamais lu avant, je m’en souviendrais !

PETITS BLEUS DANS PARIS de Joëlle Leblond et Véronique Villemin

Livre Lutin poche de l’école des loisirs, 1993.

Livre vieilli à la couverture jaunie mais qui m’a ramenée, en noir et blanc, avec un fil bleu, avec nostalgie aussi, à Paris, avec comme point de départ les grands magasins où un petit garçon, Jean et sa maman font des courses. Attiré par un chat sur une boîte à musique, Jean va se perdre et se retrouver seul sur le Pont des Arts.

C’est là qu’il rencontre un pigeon bleu gentil comme tout qui se propose de lui faire visiter Paris, des quais de Notre-Dame (et ses gargouilles), en passant par Montmartre,  la Tour Eiffel…

Mais après cette visite guidée et circonstanciée, tout a une fin ! Jean est fatigué et le pigeon se propose de le ramener chez lui accroché à ses ailes, ce qui nous vaut des images aériennes (pas trop haut non plus !) de toute beauté.

Jean va retrouver sa maman qui s’inquiétait un peu quand même…

Et lorsque nous arrivons à la dernière page, c’est une photo floutée de pigeons gris et à terre que nous retrouvons, les vrais pigeons parisiens. Comme Cendrillon lorsque son carrosse redevint citrouille. Mais qui a dit que seuls les enfants pouvaient mettre des couleurs là où il n’y en a guère ? Que le rêve est parfois voilé et la réalité criarde ? Ici c’est l’inverse. J’avoue que ce petit livre plaît autant aux grands par sa « plastique » qu’aux plus petits avec cette gentille histoire. Mais je l’ai toujours re-re-feuilleté avec plaisir ce joli petit livre ! Je ne sais pas s’il est toujours commercialisé mais il a un code ISBN 2 211 029 58 2 /01 94 et il ne coûtait alors que … 36 F. Nostalgie jusqu’au bout !!

Les loupiots et la chèvre de Monsieur Seguin de Bruno Heitz

Livre Hachette Jeunesse, collection Copain, à partir de 6/7 ans, 40 pages. 1991.

Ou l’histoire de la Chèvre de Monsieur Seguin revisitée avec humour !

En effet, les loupiots ici sont fils de loup, vivent dans leur famille avec maman et papa loup dans une maison. Le soir, avant d’aller se coucher, papa avant d’aller « travailler » (et oui un loup ça travaille la nuit !), leur raconte l’histoire de la chèvre de Monsieur Seguin, ce qui met les loupiots en transe. En cachette, ils partent à l’assaut de la montagne violette enchanteresse et…terrifiante, dans le but avoué de ramener une chèvre à leur maman au petit matin.

Après diverses péripéties, ils vont LA rencontrer et à vélo siouplaît ! Elle éclate de rire en les voyant ainsi, transis et incrédules,  et leur propose de venir dans sa maison héritée de sa célèbre grand-maman,   chalet de Dame Tartine, confortable où s’ébattent ses nombreux chevreaux. Elle revendique le fait d’être la petite-fille de la célèbre chèvre de Monsieur Seguin et leur dit enfin la VÉRITÉ sur l’histoire de sa grand-mère ! Et comment cette dernière, à l’instar de ce que nous savons, est devenue célèbre ! Ce que je me garderais bien de vous dire évidemment… Hé, hé, il faut qu’il en reste pour les enfants !!

Nos loupiots, épuisés et marris regagnent le domicile parental, racontent avoir croisé ours et yéti, ne voulant pas avouer bien sûr l’histoire de leur nuit ; devant tant d’incohérences et d’invraisemblances, maman loup reproche au papa de leur lire des histoires abracadabrantes et surtout trop effrayantes pour leur âge. Pour couper court, le papa conclue que ce soir, pour changer, il leur lira…Le petit Chaperon Rouge !! Ça ne mange pas de pain…quand on a une faim de loup !

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Une journée dans la vie de Roméo et Juliette d’Yves Pinguilly

« Il peut arriver des choses ordinaires et des choses extraordinaires à chacun d’entre nous. C’est vrai. Des choses fantaisistes… spéciales… étonnantes… magiques… sybillines… pittoresques et ahurissantes. Même une fois par an, particulièrement quand l’année est bissextile, il est possible qu’une chose mirlitonesque arrive à la reine d’Angleterre ou au roi Dagobert (celui qui justement… comme dit la chanson. (…) Drôle d’histoire vraie en vérité. Tenez vous bien parce que la dernière fois qu’elle l’a racontée notre histoire, Juliette, c’était pour les touristes. Ceux qui s’assoient sur la place, sur le rebord de la fontaine. Eh bien, le ciel leur en  est tombé sur la tête. (…) Oui, tous, sauf la japonaise de Yokohama, qui en tomba sur le cul… C’est vrai, je l’ai vue. » 

Ainsi est présentée en incipit, cette histoire « jeunesse » de 64 pages avec beaucoup plus  de texte que d’images  (Hachette à partir de 7 ans), et les illustrations-aquarelles mignonnes comme tout de Michel Charrier, copyright 1988.  Lire la suite

Mon ami l’écureuil de Maurice Genevoix

Dans la collection Hachette à partir de 6-7 ans ! Donc, je me suis permis de le lire, ayant passé cet âge fatidique et quel plaisir ! A mon avis c’est même plus un livre pour grands enfants car le style de Maurice Genevoix, de l’Académie Française comporte des termes qu’il faudra expliquer à des enfants de moins de dix ans, voire plus pour certains. Ce qui est doublement touchant, est qu’il s’agit d’une histoire vraie comme il est précisé en incipit.

L’HISTOIRE
Par une belle après-midi d’avril, l’auteur va se promener en forêt avec sa fille, Sylvie âgée de dix ans et ils font la rencontre d’un écureuil, pas sauvage (très peu) qu’ils vont pouvoir approcher, caresser et même entendre parler. « Autre chose encore m’émouvait. L’écureuil, maintenant nous parlait. Je veux dire que par intervalles, il poussait une sorte de grognement, guttural et léger : c’était comme un salut à notre adresse, accompagné d’un coup d’oeil amical, la tête tournée sur le côté, un peu penchée, pour mieux encore nous regarder, toujours d’un oeil ». L’écureuil va se lover dans les plis de de la doublure de soie du manteau de Sylvie, et au moment du départ les…suivre en bondissant joyeusement. Ils le ramènent donc chez eux, le nourrissent mais le soir, l’auteur a conscience qu’il lui faut rendre l’animal à la nature, que le garder chez eux est impossible. Et cette séparation sera vécue comme un déchirement malgré la nécessité évidente de replacer l’animal dans son milieu naturel. Il retourne donc le relâcher sur l’arbre où il était apparu et le coeur gros, s’en va. Les jours qui suivront, il reviendra inlassablement dans l’espoir de retrouver la petite boule soyeuse qui les a tant émus, lui et sa fille, sans succès… « J’ai scruté avidement les branches. J’ai appelé longtemps, en imitant à fond de gorge (j’étais tout seul, je n’avais pas peur de paraître ridicule) le doux grognement que je n’avais pas oublié. Mais les branches n’ont pas frémi ; nul écho ne m’a répondu. Tout ce qu’il avait à me dire, l’écureuil me l’avait déjà dit « .

MON AVIS ET / SUR L’AUTEUR
Cette histoire étant vraie, quand on sait que Maurice Genevoix, prix Goncourt 1925, auteur de romans « régionaux » (entre autres !) tel Raboliot, qu’il est également un peintre précis et amoureux de la nature, plus particulièrement de la Sologne, cette histoire bien écrite, illustrée par Michel Charrier, aquarelliste subtil ne peut qu’enchanter petits et grands… La version que je possède est de 1988 (oui ce ne sont pas mes photos, Matt, le webmaster de WP n’entendant pas mes appels !), mais je suppose que Maurice Genevoix né en 1890, l’a écrite bien avant… Et je la dédie à un petit écureuil qui se reconnaîtra s’il passe par là !

LA FERME DES MUSICIENS (Folio cadet)

De Denis Haseley et Stephen Grammel, pour les illustrations. (traduit de l’américain)

Ce petit livre illustré d’une vingtaine de pages porte la mention « pour ceux qui savent bien lire ». J’ai retrouvé ce joli conte sur une étagère et en le relisant, c’est aussi l’histoire qui nous est contée là qui est réapparue, dans toute sa fraîcheur.

L’HISTOIRE

Un fermier et son fils vivent seuls dans une ferme un tantinet délabrée, les dessins en noir et blanc accentuent cette image d’abandon mais c’est sans compter qu’une vie existait avant eux et ce sont des instruments de musique qui vont redonner de la joie à ces deux êtres humains qui semblent en être privés. Un vieux banjo dort dans le grenier, un trombone se cache sous un lit, un piano se tait dans la grange, un violon, une trompette et une clarinette se morfondent en pensant aux jours heureux où une famille vivait là et les faisait jouer tous les jours durant de longues soirées pleines de rires d’enfants.

C’est le vieux banjo, un soir de tristesse qui fera vibrer une de ses cordes d’argent et le violon à « l’ouïe fine «  l’entendra et répondra, tous les instruments secoueront la poussière des ans et entameront un concert que le petit garçon transformé écoutera avec la candeur de ses dix ans, ce bonheur contagieux gagnera le père maussade et la vie changera. Si la morale de cette gentille fable poétique (et très bien écrite) est que la musique peut transformer la vie,  mettre un peu de joie là où il n’y en a guère, c’est une réussite. Je me souviens que mon fils (alors âgé de dix ans), après l’avoir lu, voulait apprendre le banjo (??) ; n’ayant rien contre la musique country, je lui ai (malgré tout, mine de rien) suggéré que des leçons de piano ou de guitare seraient plus « pratiques »… Il joue toujours de la guitare à ses heures perdues, dix ans après…pas très bien, je l’avoue, mais c’est l’intention qui compte, non !!

LES AUTEURS

Denis Haseley est né à Cleveland dans l’Ohio , puis a vécu dans divers états avant de s’installer à New-York. Sociologue de formation, il a aussi écrit avant cet opus, « Le terrible chasseur de lune », disponible également chez Folio cadet (Gallimard). Quant à Stephen Gremmel, il est un illustrateur très connu aux Etats-Unis et la collection Folio benjamin (Gallimard également) a publié deux de ses livres « Réveille-toi, c’est Noël » et « Jack le trappeur ». Je vous dis cela mais le copyright datant de 1984, il est fort possible que ces deux charmants messieurs en aient publié d’autres…