L’OMBRE DE NOS NUITS DE Gaëlle Josse et rencontre-surprise avec l’auteure !

Une lecture commune avec Mindounet alias Mind The Gap. Accompagnée de la surprise que je vous annonçais dimanche, vous avouerez que pour nombre d’entre vous, habitués aux Salons et autres fréquentations de librairies ou bibliothèques, rien d’extraordinaire ! Sauf que… ce n’était pas prévu, tout à fait improbable mais Mindounet l’a fait !  De passage chez moi, comme tous les ans maintenant (nous sommes un « vieux couple » de la blogo, arf ! Un couple d’AMIS, je précise !), il me réservait une surprise pour le samedi matin ! Gaëlle Josse intervenait dans une médiathèque non loin de chez moi (une petite centaine de kilomètres quand même, il a fallu se lever tôt) où on lui remettait un Prix pour Le dernier gardien d’Ellis Island ! Nous avons failli nous retrouver à Paris (merci les GPS aux indications floues et les conducteurs distraits, hum hum) mais nous avons fini par arriver (en retard) et au début, à la place où j’ai pu m’assoir, je ne voyais que ça de Gaëlle :

IMG_2160Quand la voisine de devant bougeait, c’était légèrement mieux :IMG_2166Mais il a fallu attendre la fin du débat et la remise du Prix pour que je la voie entièrement !IMG_2167

IMG_2170

Mais le meilleur moment (pas de photos, je ne m’auto-prends pas en photo) fut celui de la rencontre, quand mon tour est arrivé pour dédicacer ses deux derniers livres que j’avais apportés (nous n’étions pas dans le grand barnum du Salon parisien). Elle s’est levée, m’a attrapée par les épaules pour m’embrasser et m’a dit avec un grand sourire : » Mais vous existez ! FaceBook s’incarne, prend chair ! »  Car elle est la seule auteure que je suive sur FB (en communiquant, pas en « likant » seulement), toujours élégante, discrète. Son mur est à l’image de ses livres, tout en nuances et respect des autres. Inutile de vous dire que l’émotion fut intense, je sais je sais, je suis peut-être une petite chose sensible mais ce moment a cristallisé tout ce que je ressentais à la fois pour la femme et pour la romancière.IMG_2225

Par ailleurs, avant la remise du Prix, elle a pu (un peu) parler de son  dernier livre, L’ombre de nos nuits (que j’avais lu en janvier), et j’ai été ravie de constater que mes post-it (assez voyants en jaune et orange) disaient la même chose qu’elle…avec d’autres mots bien entendu ! Mais je vous en reparle dans la chronique pour éviter les redites… IMG_2226

Alors tout d’abord, les bémols que j’ai ressentis en début de lecture du livre. Il n’est pas mon préféré (je les ai tous lus) car j’ai eu du mal à y entrer, déstabilisée par les trois voix qui s’y côtoient. Nous différencions très bien la voix de la jeune femme contemporaine qui raconte son histoire d’amour à la première personne de celle du peintre Georges de La Tour mais quand on ne peut pas le lire d’une traite (comme je le faisais avant, il n’y a pas si longtemps), et qu’on le reprend parfois le lendemain seulement, on peut confondre la voix de l’apprenti avec celle du Maître de La Tour. C’est mon seul bémol et il n’a pas duré longtemps, puisque j’ai profité d’une nuit blanche pour engloutir la deuxième partie d’une traite et les choses se sont éclaircies, illuminées même… Ci-dessous, le tableau « en entier ».

a Gaëlle Josse tableau entier

Saint Sébastien soigné par Irène de Georges de La Tour (dit « à la lanterne »).

C’est à la fois l’histoire d’un amour malheureux ,  une jeune femme s’adresse depuis Rouen en 2014 à celui qui l’a tant fait souffrir quinze ou vingt ans plus tôt, et celle du tableau de de La Tour (en 1639), de sa conception à son succès  intitulé Saint-Sébastien soigné par Irène. Image « extrait » du tableau reprise pour la couverture et qui nous éclaire tout au long de ce livre où les ombres sont omniprésentes dans les deux histoires. IMG_2227

Gaëlle Josse avait été touchée par ce tableau lors d’une visite imprévue dans un musée, un jour de pluie, et avait fait un rapprochement avec une histoire d’amour qui lui est personnelle, suffisamment pour que le livre naisse de son imaginaire fertile. En effet, on sait bien qu’enlever un couteau d’une plaie, ici une flèche, risque de tuer plus sûrement le blessé que de le sauver… Mais dans le cas présent, c’est surtout le non-désir de l’homme aimé à sortir de son chaos intérieur qui est en cause : « Trop tard. Je me suis perdue dans ta souffrance, jusqu’à ce moment où j’ai pris conscience de la mienne ; j’ai voulu te guérir et je n’y suis pas parvenue. La flèche était enfoncée trop profondément, et j’ai compris, trop tard aussi que tu ne désirais pas vraiment t’en débarrasser, plus effrayé encore par le vide qui allait prendre sa place que par la douleur qu’elle te causait ». (page 35).

En alternance, nous suivons la vie familiale du peintre La Tour qui n’est pas encore connu et n’a pas de particule, à Lunéville dans sa Lorraine natale, alors ensanglantée par la guerre de Trente ans,  ravagée par la famine et les épidémies.  Dans une maison bien tenue par Diane, son épouse, entouré de quelques domestiques, de ses enfants et des apprentis. Nous apprenons  comment il choisissait celle ou celui qui allait incarner le personnage de son prochain tableau. il s’agissait souvent d’une de ses filles ou de son épouse. Là, nous suivons donc l’histoire d’un jeune apprenti, Laurent, doué, qui est le souffre-douleur d’Etienne, le fils de La Tour, un odieux gamin nul en peinture au grand désespoir de son père (qui ne l’admet pas évidemment) … Cette guerre larvée entre les deux jeunes hommes et malgré l’amour que porte Laurent  à Claude, la fille du peintre et modèle pour la Irène du tableau, va le décider à partir, il sait qu’il doit trouver sa voie, seul malgré l’affection du Maître,  pourtant bourru, taiseux, obsédé par son art et perdu en lui : « Je peins le ravissement, l’oubli du monde, dans un bras tendu, une main posée. Je peins l’être qui se laisse atteindre dans des régions de lui-même ignorées. Sa meilleure part ».(p.143).  Je me suis amusée à remplacer, dans cette citation le verbe « peindre » par « aimer », et cela collait bien avec les sensations de la jeune femme contemporaine… On recoupe peu à peu ces trois voix, le tableau, personnage central s’il en est, pour suivre le cheminement de chacun vers une forme de délivrance au parfum de liberté. Même si son pendant est souvent l’amertume.

Et nous avons hâte de tourner les pages pour savoir ce qu’il adviendra de la jeune amoureuse, aveuglée par l’amour mais dont les yeux se déssillent douloureusement. Il est difficile d’admettre que l’on n’est pas aimé à la même hauteur que l’on aime, il est difficile de croire que les choses ne s’arrangeront pas. A fortiori quand on revit l’histoire à rebours, comme ici, avec le recul nécessaire laissé par le temps qui a passé et que l’on ose enfin poser des mots sur ce que l’Amour nous faisait perdre en lucidité. « Les arcanes et les figures du désir, un dédale que nous parcourions éblouis, avec ardeur, emportement, et jusqu’à la douleur. A chaque fois que tu t’abimais en moi, cette illusion de croire que nous avancions, allons, j’ose le dire, vers un destin partagé. » (p. 65 et 66).

Un roman qui mérite d’être qualifié de clair-obscur avec la plume toujours aussi sensible de Gaëlle Josse, douloureuse parfois car on perçoit comme il a dû être cruel pour elle de se battre pour sauver cet amour. Elle a dit, au cours de la rencontre que c’était son livre le plus abouti, qu’elle y avait mis énormément d’elle (comme dans tous ses livres mais là, davantage) et qu’elle se sentait mieux d’avoir dit à « cet homme » ce qu’elle ne lui avait jamais dit. Elle s’est tout de suite reprise (au sujet de « l’aboutissement ») de ce livre, en disant que c’était un sentiment personnel… De toute évidence, elle ressort grandie, plus forte après l’avoir écrit. Alors, je l’ai trouvé effectivement plus long que les autres (196 p.contre une centaine d’habitude et je m’en plains pas), plus développé aussi avec cette sincérité qui la caractérise, l’émotion toujours à fleur de mots, un subtil mélange de pudeur et de lyrisme qui en fait un très beau livre que je vous recommande.

L’ombre de nos nuits, Gaëlle Josse ©Les Éditions Noir sur Blanc (Notabilia), 2016. 196 pages.

Merci Martine de me l’avoir offert dès sa sortie, c’est un très beau cadeau…à double valeur puisqu’il est à présent dédicacé.

Allons voir ce que Mindounet en a pensé, il a été plus enthousiaste que moi mais a bénéficié de conditions de lectures plus favorables ! 😉

Extrait du LIVRE DES NUITS de Sylvie Germain (2 & fin) – et blabla…

Sylvie Germain vers 1985 ?

Sylvie Germain vers 1985 ?

Toujours avec Val, qui avait décidé de deux extraits de ce livre magnifique, je vous propose un autre extrait du Livre des nuits mais je reste sur ma faim,  aussi j’ai décidé de vous en toucher trois mots prochainement, pas comme pour un billet « classique », vu que je l’ai lu il y a 3 ans mais avec la formule « Ce qu’il m’en reste« , j’en ferais peut-être une rubrique vu le nombre de livres non chroniqués dont j’aurais tant aimé vous parler… Celui-ci en premier.

Aujourd’hui j’ai choisi  un passage du « cinquième livre« , intitulé « Nuit des cendres« , chapitre  7 : Si vous voyez des (…), c’est que je saute un passage peut-être clé, du moins avec des révélations sur les personnages et le but n’est pas de déflorer ce livre, juste vous donner envie de le lire ! Une dernière chose : je trouve (c’est complètement personnel et subjectif) que Sylvie Germain, comme beaucoup de grands écrivains avait déjà dans ce premier livre, des « tics » de langage ou d’écriture, notamment les  tirets après une virgule, ce qui était à la mode aussi à l’époque… Je me suis permise dans le dernier paragraphe, que je trouve superbe, d’en enlever les trois-quarts sans que cela ne nuise à la lecture, bien au contraire, les mots semblent libérés de cette posture-prison de ponctuation. Les puristes me pardonneront (en même temps si je ne l’avais pas dit…hormis l’auteure elle-même, qui aurait remarqué ?^^)….

a livre des nuits grand format Gallimard Blanche

 » (…)  Plus de monde pour lui (…)  Ce n’était même plus la nuit et le silence mais les ténèbres et le mutisme. Sachsenhausen. Ce mot lui martelait l’esprit sans répit, nuit et jour, à l’exclusion de tout autre mot. Nulle pensée, nulle image ne parvenaient à se former en lui, ni surtout à se poser. Sachsenhausen. Cela battait comme le bruit opaque de son propre coeur, – un même rythme aveugle. Les semaines, les mois passèrent, et rien n’y fit, le bruit s’obstinait à battre sa sourde cadence, tellement monotone. Sachsenhausen. Sachsenhausen.a germain Sachsenhausen

(…) Sa tête était si lourde, si lourde de vide, et avec ce sempiternel martèlement intérieur, elle ne savait même plus rester droite (…) Il ne connaissait plus la faim, ni le sommeil, ni la soif. Il ne souffrait même pas. Il était comme en-deçà ou au-delà de la souffrance. Il avait basculé dans une zone néante. Il subissait le terrible écoulement du temps, heure par heure, seconde après seconde. Un temps déjeté hors du temps, évidé de durée, – nul. Sachsenhausen. (…)temps et homme qui marche

(…) Sachsenhausen. Sachsenhausen. Il subissait l’épreuve de la nuit absolue, – la Nuit  où tout a disparu. La Nuit de l’aboli et il était assigné à une pure insomnie, à une présence folle saturée d’absence. Il ne pouvait pas ne pas être là – nulle part à veiller heure par heure – dans le jamais, l’impossible. Il ne pouvait pas ne pas voir, voir cela même qui ne se laisse pas voir,  voir le néant même de tout voir. Il voyait la Nuit, encre tout à la fois opaque et translucide, encre d’avant toute écriture, ou bien d’après. Nuit-d’encre noire où plus rien ne s’écrit, ne se dit, ne se lit. Nuit-d’encre illettrée où plus rien ne se passe. »

crédit photo : Aurélia Frey - Variations.

crédit photo : Aurélia Frey – Variations.

©Le Livre des Nuits de Sylvie Germain – Editions Gallimard, 1985. Extraits des pages 322, 323, 324.

Allons voir chez Valentyne, l’extrait qu’elle a choisi aujourd’hui !

 

Extrait du Livre des Nuits de Sylvie Germain.

livre des nuits de s germainIl ne vous aura pas échappé que je n’ai jamais chroniqué ce livre, lu fin 2013. Non pas par désir de ne pas partager cette lecture éblouissante mais plutôt par crainte de ne pouvoir restituer cet éblouissement dans lequel il m’avait plongée… Alors quand j’ai vu que Valentyne allait consacrer deux dates (le 15 et le 23 mars) pour des citations de ce livre, je lui ai proposé de faire « citation commune » ! Vous trouverez ci-dessous non pas l’incipit, mais une bonne moitié du chapitre 1 (p15-16) de la première « Nuit » de cet ouvrage qui en contient six. En espérant vous donner envie de le continuer…

NUIT DE L’EAU

En ce temps-là les Péniel étaient encore gens de l’eau-douce. Ils vivaient au fil presque immobile des canaux, à l’horizontale d’un monde arasé par la griseur du ciel, – et recru de silence. Ils ne connaissaient de la terre que ces berges margées de chemins de halage, bordées d’aulnes, de saules, de bouleaux et de peupliers blancs. La terre, alentour d’eux, s’ouvrait comme une paume formidablement plate tendue contre le ciel dans un geste d’attente d’une infinie patience. Et de même étaient tendus leurs coeurs sombres et pleins d’endurance.
La terre leur était éternel horizon, pays toujours glissant au ras de leurs regards, toujours fuyant au ras du ciel, toujours frôlant leurs coeurs sans jamais s’en saisir. La terre était mouvance de champs ouverts à l’infini, de forêts, de marais et de plaines rouis dans les laitances des brumes et des pluies, paysage en dérive étrangement lointains et familiers où les rivières faufilaient leurs eaux lentes dans le tracé desquelles, plus lentement encore, s’écrivaient leurs destins.
Ils ne connaissaient des villes que leurs noms, leurs légendes, leurs marchés et leurs fêtes, racontés par l’écho qu’en donnaient ceux d’à-terre qu’ils croisaient aux escales.
Ils en connaissaient les silhouettes, gravures fantastiques esquissées sur fond de ciel et de lumière en perpétuelle métamorphose, rehaussées sur champs de lin, de blé, de jacinthes, de paille et de houblon. Villes minières, villes drapantes, villes artisanes et commerçantes, dressant à cru leurs tours et leurs beffrois dans le vent monté depuis la mer, là-bas, et s’attestant cités d’hommes graves et laborieux à la face de l’histoire -et de Dieu. Et de même étaient dressés leurs coeurs, à cru dans l’immensité du présent. (…)

©Sylvie Germain, Gallimard, 1985. 337 pages.

Allons voir chez notre Jument Verte, l’extrait qu’elle a choisi !

La poésie du jeudi avec Jean Joubert.

Logo du jeudi poésie pour présentation d'un poète.

Logo du jeudi poésie pour présentation d’un poète.

Hum… oui, je sais qu’il eût été mieux d’écrire un poème, c’était un jeudi « vert » mais le temps m’a pris de court et  je n’ai (vraiment) pas pu en écrire un ! J’ai donc choisi Jean Joubert dont j’ai déjà parlé et qui nous a quitté en novembre dernier à 87 ans ans. Son dernier recueil, « L’alphabet des ombres » est une petite merveille ! Et c’est qui qui… ? Martine qui me l’a offert. Elle avait d’ailleurs rendu hommage à Jean Joubert sur son blog et m’avait fait aimer cet « Alphabet des ombres », dans lequel on sent le poids des ans peser sur les épaules du poète, et des ombres, une ombre qui chaque jour dans la clarté de l’aube se précise…

Ont poétisé avec moi aujourd’hui beaucoup de « rimailleurs » et… les autres ! 😉

CEUX QUI ONT ÉCRIT UN POÈME :

1 – Valentyne nous joue une « Symphonie en vers« …
2 – On n’arrête plus Soène qui nous invite à respirer son « Eau de rose »
3 – Monesille cultive son jardin avec « Le bonsaî »
4 – Jacou qui accompagne Val notre Jument Verte dans son verdoiement annuel nous flashe avec « Le rayon vert »
5 – EmilieBerd n’est pas en retard pour prendre un « Bain de soleil » !
6 – Claudialucia rend hommage à un peintre norvégien, Harlad Sohlberg avec « Nuit d’hiver ».

7 – Gwenaëlle nous fait tourner la tête avec « Circumambulation »
8 – Violette Dame Mauve nous fait partager son « Angoisse ».
9 – DimDamDom59 (très en retard) nous propose « Rendez-vous avec vous ».

CEUX QUI PRÉSENTENT UN POÈTE :

1 – Martine nous fait découvrir Richard Rognet avec un extrait de « Élégies pour le temps de vivre ».
2 – Les Sorcières ont répondu au « Premier sourire du printemps » de Téophile Gautier.
3 – Modrone-Eeguab aussi inspiré que moi nous envole en compagnie de « Les colombes » de Théophile Gautier.
4 –  PatchCath est passée par la Chambre des Métiers et nous amène « Le peintre et le cuisinier »….de ?
5 -Asphodèle : La signature de l’orage de Jean Joubert, inspiré par le tableau « La mémoire » de Magritte.

LA SIGNATURE DE L’ORAGEa joubert ossuaire Douaumont2Tard est venu le temps de la mémoire
sur ce pays de brume
qu’un brusque éclair ravive.
Le rideau est levé, le théâtre s’étire.
Ah ! Vois ce ciel peuplé de songes

et ce rivage où l’amoureusea joubert femme sable plagejadis entre ses doigts tissait le sable.
Vois ce visage qui livrait
message bleu et tendre image
de jour et de nuits mêlés
dans la houle des corps.a Joubert amoureux du quai du louvre franck Horbat 1955 ParisAlors dans son regard volait le feu.

Voici, les yeux fermés, la jeune morte,
désormais buste de pierre
avec au front l’éclat de sang :
la signature de l’orage.a Joubert Magritte La mémoire 1948, tableau de l'état belge

D’après Magritte, « La mémoire ».

©Jean Joubert, 1928-2015, extrait de L’alphabet des Ombres, Éditions Bruno Doucey, 2014.

La poésie du jeudi avec Philippe Jaccottet

Logo du jeudi poésie pour présentation d'un poète.

Logo du jeudi poésie pour présentation d’un poète.

J’avais découvert Philippe Jaccottet (au sens de révélation) chez ClaudiaLucia avec « Parfois les larmes montent aux yeux » et j’ai continué à lire des bribes de ci de là, au gré du Net mais sans plus. Jusqu’à ce que Martine, férue de poésie et turbulente passeuse de mots m’offre ce livre. Et je ne la remercierais jamais assez de cette découverte immense…IMG_4050

Philippe Jaccottet est un monsieur de 90 ans, qui est entré en 2014 dans la Pléiade. Tout le monde sait que rentrer de « son vivant » dans cette illustre Collection est un honneur pas donné à tout le monde puisque le dernier poète français en date il me semble était Paul Valéry…en 1972 !. Ce livre contient deux recueils  :  « À la lumière d’hiver« , suivi de « Pensées sous les nuages ». C’est de ce dernier qu’est extrait le poème que j’ai choisi aujourd’hui, écrit en décembre 1981-janvier 1982, alors que le poète n’avait « que » 56 ans…(vous comprendrez pourquoi en lisant le titre…) Je vous reparle de lui à la fin du billet.

Ont poétisé avec moi ce jeudi, les fidèles mordus de la poésie :

1 – Monesille effectue un retour aux « bases » avec « L’horloge » de Maurice Carême
2 – Martine la Turbulente nous présente une poétesse québecoise, Marie Uguay, avec un poème non titré, extrait du recueil « L’outre-vie ».
3 – Soène a réussi à nous trouver des « Limbes lumineuses » chez Henri Michaux
‘4 – Valentyne (en pleine mutation verdoyante) nous fait découvrir « La langue verte » de Norge.
5 –
Marie, une de nos « Même les Sorcières lisent », se laisse emporter par « La brise vagabonde » d’André Gide.
6 – Modrone-Eeguab a ressenti « L’éblouissement bleu de l’éclair »  ‘d’Allen Ginsberg.
7 – PatchCath ne m’a pas laissé le nom de l’auteur mais me l’a offert avec ce titre « Je t’offrirai »…
8 – Sharon et Nunzi respirent le parfum suave des « Roses de Sââdi de Marceline Desbordes-Valmore ( poétesse chère à Soène).
9) Quant à LylouAnne, c’est avec Jean de la Fontaine et « L’homme et son image », une fable moins connue, qu’elle nous invite à méditer !

Bon jeudi-poésie à tous !

LE POÈTE TARDIF… (deuxième partie, page 170)a poésie gouttes de pluie ou larmesVoilà que désormais
toute musique de jadis lui monte aux yeux
en fortes larmes :

 » Les giroflées, les pivoines reviennent,AVRIL-MAI 2013 SWAP & FLEURS 102l’herbe et le merle recommencent,
mais l’attente, où est-elle ? Où sont les attendues ?
N’aura-t-on plus jamais soif ?
Ne sera-t-il plus de cascade
Pour qu’on en serre de ses mains la taille fraîche ?a poésie cascade

Toute musique désormais
vous bâte d’un faix de larmes. »

Il parle encore, néanmoins,
et sa rumeur avance comme le ruisseau en janviera poésie ruisseau hiveravec ce froissement de feuilles chaque fois
qu’un oiseau effrayé fuit en criant vers l’éclaircie.

©Philippe Jaccottet – Éditions Gallimard  de 1977 pour À la lueur d’hiver (…), 1989 pour Pensées sous les nuages et 1994 pour la présente édition. Collection Nrf. Poésie/Gallimard.

a jaccottet auteur poésieSUR L’AUTEUR :

Philippe Jaccottet est né dans le canton de Vaud en Suisse en 1925.Il s’est installé  en Drôme provençale, à Grignan (La Marquise de Sévigné peut trembler avec un poète aussi talentueux sur ses terres)avec son épouse, Anne-Marie (artiste peintre) en 1953, après leur mariage et ils y sont restés, loin du tumulte parisien. De son enfance suisse, passée dans un milieu austère et protestant, il a gardé des souvenirs pas vraiment joyeux, « brumeux » mais consignés dans un journal qui été publié et intitulé « La semaison« . Il fut chroniqueur, journaliste, et surtout un grand traducteur d’allemand et d’italien pour ceux qui ont été aussi source d’inspiration pour lui :Hölderlin, Novalis, Rilke, Leopardi et surtout Giuseppe Ungaretti qu’il avait rencontré à Rome en 1946 et dont il traduisit la moitié de l’oeuvre. . Avant de vivre de sa plume, il fallut nourrir femme et enfants (une fille, un garçon).

Comme je l’ai lu quelque part en préparant ce billet, il est le poète du « néanmoins« … J’ajouterai qu’il est aussi celui des parenthèses ! Comme s’il voulait nous dire, humblement, qu’il ne détient aucune vérité, qu’il faut sans cesse observer la beauté du monde, prendre conscience de notre présence à celui-ci tout en ne cessant jamais de nous remettre en question. Il faut toujours (néanmoins), avancer dans nos raisonnements, élargir l’espace de la réflexion pour ne pas que meurent ou se figent les mots juste écrits.
Toutefois, c’est souvent entre les bras rassurants de ces parenthèses qu’il nous livre des vers merveilleux non dénués, de temps à autre, d’une lueur ironique comme ceux-ci, page 129 :

(Prière des agonisants : bourdonnement d’abeilles noires,
comme pour aller recueillir au plus profond des fleurs absentes
de quoi faire le miel dont nous n’avons jamais goûté (…).

La parenthèse se referme à la fin du poème, 6 paragraphes après… Jaccottet n’est pas suisse pour rien, ses vers malgré les quelques libertés qu’il prend avec la forme (il reste un poète classique) ont une précision d’horlogerie, une justesse millimétrée quand on les relit à voix haute. Bref, vous l’aurez compris, c’est un poète dont j’ai succombé au charme (en tout bien tout honneur) et dont je ne me lasse pas, je vais me procurer d’autres recueils pour faire plus ample connaissance… et je vous encourage à en faire autant ! 😉

APNÉE livre de photos d’Aurélia Frey, textes d’Emmelene Landon.

VIMG_3386oilà un opuscule magnifique que j’ai lu avant mon départ au Goulag, je l’avais chroniqué dans un carnet mais n’étant pas photographe de génie, les photos que j’avais faites du livre ne me plaisaient pas et surtout, ne rendaient pas hommage au talent d’Aurélia Frey. J’ai donc attendu que l’on m’en envoie de plus jolies, ce livre ayant voyagé, je ne l’avais plus pour en refaire quand je m’en suis aperçue…mais j’ai quand même 6 mois de retard…ahem ! Lire la suite

La poésie du jeudi avec Hélène Cadou

IMG_2034chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Martine (et oui encore elle, la généreuse) a eu la gentillesse à Noël de m’offrir (entre autres) un recueil d’Hélène Cadou, dont je vous avais déjà parlé ICI. Elle est la veuve précoce de René-Guy Cadou après 5 ans de mariage et trois ans de longues fiançailles (1943-1946) Ils se marient en 1946 et il décède prématurément à 31 ans en 1951.. Elle lui a survécu longtemps jusqu’à l’aube du premier jour d’été 2014, le 21 juin et n’a eu de cesse durant ses longues années de veuvage de se démener pour promouvoir les oeuvres de son cher disparu, vivant entre ombre et lumière. La lumière qu’il lui a laissée dans son oeuvre, puisqu’elle était aussi sa muse et l’ombre de sa mort qui la fera écrire régulièrement à partir de 1955.. Grâce à Bruno Doucey qui re-publie ses oeuvres initialement éditées chez Seghers en 1956 (pour le poème  du jour) l’on (re)découvre qu’elle a beaucoup écrit depuis 1949, qu’elle avait une plume sensible, digne de son époux en tous cas derrière lequel elle s’est effacée humblement sans renoncer à écrire dans son style concis, clair et toujours lumineux malgré les ombres…. Personnellement je l’aime beaucoup, j’ai eu un mal fou à choisir un poème dans ce bien-nommé recueil intitulé  « Bonheur du jour », suivi  de « Cantate des nuits intérieures » et le poème d’aujourd’hui est extrait de cette partie « Cantate des nuits intérieures »…écrit en 1956… Lire la suite

LA POÉSIE DU JEUDI avec Gérard de Nerval

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Nous voilà repartis, lyres et pampres à la main pour une quatrième saison du jeudi poésie. Toujours avec autant de bonheur en ce qui me concerne… Je découvre une multitude de poètes contemporains (grâce à Martine) (et au site de Schabrières) mais j’aime à me replonger dans des classiques qui m’ont émue à un moment ou un autre de ma vie. Gérard de Nerval en fait partie. El Desdichado reste un de mes poèmes préféré, Sandrion nous l’avait offert un jeudi, Modrone affectionne également ce poète. Voici Delfica…Pour moi qui ait visité Delphes, son oracle, son théâtre, ce poème est une invitation à y retourner… Un mot tout de même sur les « un an  » de Charlie. Je n’ai pas voulu en reparler ici, quand je vois ce qu’il reste de l’esprit « Charlie » qui visiblement ne convenait pas à tous, de la récupération politique qui en a été faite et des déchirements après le grand rassemblement, je garde mes impressions pour moi. N’est pas Charlie qui veut, du jour au lendemain, encore moins celui qui n’avait jamais lu Charlie Hebdo auparavant et s’est trouvé une solidarité de circonstance, davantage opportuniste que sincère…  Parlons d’autre chose…

Ont poétisé avec moi ce jeudi, mes fidèles comparses amoureux de vers ou de prose…

Nadège nous joue du Chopin de Marcel Proust,
Soène et le Moyen-Âge (elle nous aura tout fait !) avec « Seulete suy sans ami demourée » de Christine de Pisan
Modrone, quant à lui, est tombé en amour avec l’Italie depuis longtemps et ça se passera « Vers Ferrare » de Giogio Bassani. (lien correct mis à jour à midi)
Nunzi, miaou , me dessine un « Croquis » de Charles Cros.
Martine qui s’est décidé à nous rejoindre (ENFIN !!!) nous propose « Cent poèmes tristes et un qui… » de Milan Dekleva.
LilouSoleil nous rejoint aussi avec un poème de Pablo Neruda.
Haaan et PatchCATH, que je viens de découvrir  (13h29) au fond des commentaires (d’où l’intérêt d’une Page dédiée) et que j’ajoute, il est question de « Bleu et blanc... »

DELFICA

Daphné et Apollon par Bernini. Gallerie Borghese à Rome

Daphné et Apollon par Bernini. Gallerie Borghese à Rome

Lire la suite

Bleu de Travail de Thomas Vinau pour le jeudi poésie.

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Voici un recueil que j’ai lu à sa sortie, fin août-début septembre, que m’a offert Mind The Gap (l’animal connaît bien mes goûts !) et que je ne me lasse pas de lire et de relire comme souvent mes ouvrages de poésie.Ce sont des textes en prose, un peu à l’image de La patience des buffles sous la pluie de David Thomas (dans un autre genre). Je vous en parle plus longuement (mais pas trop non plus), à la fin de ce billet. Je n’ai pas choisi le titre éponyme du recueil mais un autre…Quand vous verrez la photo du livre d’où dépassent plein de post-it, vous comprendrez le mal que j’ai eu à faire un choix !

Ont poétisé avec moi aujourd’hui… beaucoup moins de monde qu’il y a 15 jours, on dirait que ça vous plaît finalement d’écrire un poème, on va remettre ça l’année prochaine ou même en décembre si ça vous tente ! :

1 – Soène : version française d’Imagine de John Lennon
2 – Même les sorcières lisent : Le mois mouillé d’Henri Bataille
3 – EmilieBerd : Il fait froid de Victor Hugo
4 – ClaudiaLucia  :  Jean-Michel Maulpoix et Andrée Chédid
5 – Sandrion : un poème de Jean Racine
6- Et la douce PatchCath qui n’avait pas laissé son lien jeudi ! 😥 avec La sieste de Victor Hugo  !………

UN COUP DE VENT GLACÉa vinau courant d'air froidQuelque chose comme un coup de vent glacé dans une maison aux fenêtres closes. Souffle froid qui gonfle le rideau. Qui traverse le ventre. Qui plonge en tourbillons dans le noir du crâne. Et puis tout qui retombe. Quelqu’un parti trop tôt. On ne le connaissait pas. Sinon ce fut cyclone. Mais c’est bien suffisant déjà, pour ne pas oublier qu’un jour ou l’autre. Et plutôt un jour que l’autre d’ailleurs, vu la chance qu’on a. L’écho du vide qui résonne à l’intérieur. Qui nous rappelle la combustion lente et certaine du papier d’Arménie. Un coup de vent glacé. Tourbillonnante jusqu’à terre. La petite fumée de nos vies.

Thomas Vinau, extrait du recueil Bleu de travail, 80 pages.
Éditions La Fosse aux ours – 1 place Jutard – 69003 Lyon. ©2015.

IMG_1771Ce dernier ouvrage de Thomas Vinau ressemble à ce que j’ai déjà lu de lui et je vous en ai beaucoup parlé, ICI (Nos cheveux blanchiront avec nos yeux), ICI ou encore (Juste après la Pluie). Ici,  le parti pris du texte en prose ajoute un souffle nouveau. Le poète nous dit à sa façon qu’il ne suffit pas d’écrire en vers pour faire de la poésie et Thomas Vinau est poète jusqu’au bout des ongles, c’est son appartenance intime au monde, sa façon de vivre, son « bleu de travail ». Modeste aussi quand il parle de « ces textes de rien, de faim et de soif ». « Il faut chaque jour plonger ses mains dans le cambouis, se coltiner un peu au rien, aux petites beautés ratées ». C’est un travail aussi, d’être poète ! Mais j’y ai senti autre chose, une maturité peut-être comme si l’éternel adolescent, en s’approchant de la quarantaine, laissait sa flûte au collège pour jouer du trombone, plus jazzy mais aussi plus mélancolique. Comme en témoigne le poème ci-dessus. Une conscience plus aigüe de l’évanescence des êtres et des choses.

S’il a fait du rien et du « minuscule » (Juste après la pluie) son credo, il est généreux, offre ses poèmes à ses amis ou à une certaine Émilie (son bonheur du jour et son carburant). Il savoure l’instant qui passe, il aime le matin, presser l’interrupteur et que jaillissent les couleurs pendant que l’odeur du café lui monte aux narines. Il ne pourrait vivre sans la poésie, elle transcende ses joies et ses peines, elle est sa soif inassouvie. Et tant mieux pour nous ! Le jour où le poète n’a plus ni faim, ni soif, il se vide de sa substance, de sa raison d’être et …d’écrire.

Amis de la poésie, ou pas, vous aimerez ces textes qui parlent de vous, du quotidien, du travail, « des amis, des amours, des emmerdes » avec cette sensibilité musicale, délicate propre à Thomas Vinau. Merci encore Mindounet pour ce cadeau qui m’est cher !

LA TERRE QUI PENCHE de Carole Martinez

IMG_3796Depuis deux mois que je vous soûle bassine avec Carole Martinez, il était temps que je vous parle (au moins) de son dernier roman. C’est son absence dans le non-challaenge des pépites de Galéa qui m’a piqué aux fesses aiguillonnée ! Comment ? Personne ne l’a pépité ? Mais c’est inadmissible ! Je ne sais pas si ce billet sera objectif mais on s’en moque un peu, je ne suis pas sponsorisée hein ! Je vous livre ce que j’ai ressenti, mon émerveillement pour le style impeccable (c’est bien aussi les auteurs qui savent raconter des histoires ET écrire)… Dédicace à l’homme de Galéa qui avait été séduit par Dame Martinez lors de son passage à LGL… Lire la suite

Carole Martinez et moi…

carole martinezIl faut que je vous parle de Carole Martinez avant de vous chroniquer ses livres. Ce n’est pas dans mes habitudes mais en un mois à peine j’ai lu ses trois livres, à l’envers puisque j’ai fini par Le Coeur cousu, son premier opus qui l’a propulsée sur le devant de la scène en 2007 avec  je ne sais combien de milliers d’exemplaires vendus, une dizaine de prix littéraires. Je l’avais acheté en Poche en 2011, aux débuts de mon blog et mis de côté comme beaucoup d’autres. Puis, mon amie Somaja (qui vient de fermer son blog, snif), l’été suivant m’a prêté Du domaine des Murmures, m’en parlant avec des trémolos aigüs dans la voix… Pareil, je l’ai mis de côté, attendant je ne sais quelle révélation ou plutôt essayant d’oublier tous ces billets affolés et enflammés que je venais de lire. Franchement, le XIIème siècle, une fille qui s’appelle Esclarmonde et s’emmure vivante pour échapper au mariage, préférant un Dieu tout-puissant et miséricordieux, ça ne me tentait pas vraiment. En moi-même, comme dans un kaléidoscope, défilaient tous les clichés de cette époque : guerre de Cent ans, gentes dames aux hennins empesés qui offrent leurs couleurs à des jeunes hommes lors de sanglants tournois, ripailles pantagruéliques qui donneraient la nausée à un boulimique (souvenir de La Chambre des Dames , sûrement, de Jeanne Bourin) et autres chansons de geste aux airs de déjà-vu, etc. Lire la suite

MANDERLEY FOR EVER de Tatiana de Rosnay

IMG_2941J’ai lu cette biographie d’une traite (ou presque), comme un roman, à la fois fascinée et perplexe par la vie de Lady Browning – Daphné du Maurier. D’ailleurs je ressors de cette lecture avec des sentiments très mitigés sur cette romancière emblématique. D’elle je n’ai lu que Rebecca, j’ai abandonné L’auberge de la Jamaïque, pas continué La maison sur le rivage et actuellement je peine sur Le Bouc émissaire…mais ayant lu qu’il parlait de son histoire avec son mari, quand on a suivi les quelques bonheurs et les nombreux  chaos de son mariage dans cette biographie, on a envie de s’accrocher. Mais après cette lecture, j’ai envie de refaire des essais et de remettre certaines pièces du puzzle… Lire la suite

La poésie du jeudi avec Vénus Khoury-Ghata

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Pour ce jeudi, je vous présente une grande poétesse d’origine libanaise, qui ne vit pas ses deux cultures comme un « exil », mais comme une richesse ». Une grande dame des lettres francophones, bardée de prix. Je vous en parle un peu plus après le poème.

Ont poétisé avec moi aujourd’hui et je les en remercie :

1- Monesille : Le mois mouillé d’Henri Bataille
2 – Valentyne : L’amour de mes pensers de Pierre de Marbeuf
3- Marie et Anne ( Les Sorcières) :
4 – Carnets Paresseux avec un texte équin (Une histoire incroyable – 2 –), en prose renvoyant à des poésies également équines, pour combler notre Jument Verte… et parce que je le veux bien, aimant la prose de Carnets paresseux ! C’est une histoire en plusieurs épisodes, là c’est le deuxième, n’hésitez pas à aller lire le premier, vous ne serez pas déçus !
5 – Modrone-Eeguab : Le vase brisé de Sully Prud’Homme.
6 – Soène : La tombe dit à la rose de Victor Hugo (tiré de « Les voix intérieures)
7 – Nadael : Les Tuileries de Victor Hugo
8 – Laure de Micmélo : Hôpital dans la pénombre, de Igor Melamed
9 – LylouAnne : Camélia et pâquerette de Théophile Gauthier
10 – Sandrion : L’orage de Georges Brassens
11 – DimDamDom59 : « Poème à l’envers » de William Taurus
http://lecoindemapoesie.apln-blog.fr/2015/04/01/poeme-a-lenvers/

À YASMINE

Tu es mon point du jour
mon île colorée en bleu
ma clairière odorantedéjeuner sur l'herbe The simple life FBTu es ma neige volée
mon pétale unique
mon faune apprivoisé

Tu es ma robe de caresses
mon foulard de tendresse
ma ceinture de baisersguirlande fleurs tinkerbell2477 tumblrTes cils épis de blé
tes gestes moulin à vent
et l’on pétrit le rire
dans la cuve de ta bouchea affiche rouge enfant fille nounoursTu es mon pain dodu
mon nid

Vénus Khoury-Ghata, Anthologie personnelle (1997). Prix Jules Supervielle 1997.

a Venus-KhouryVénus Khoury-Ghata est une femme de lettres française née au Liban en 1937 qui vit à Paris depuis 1972. Après avoir été Miss Beyrouth en 1959, originaire du village de Khalil Gibran , elle écrira pour rendre hommage à son frère qui était poète (non publié), revenu drogué de France (en 1954) et interné par leur père, il sera lobotomisé. Aussi elle décide d’écrire, pour « remplacer » ce frère au cerveau à jamais éteint. Sa fille Yasmine, à qui est dédié ce poème naît en 1975 à Paris d’un second mariage. Elle a publié une vingtaine de romans et autant de recueils poétiques. Elle est membre de dix jurys littéraires dont ceux de l’Académie Mallarmé et des Prix France-Québec, Max-Pol Fouchet, Senghor, Yvan-Goll ainsi que du Prix des Cinq Continents de la Francophonie.
Elle a reçu en 2009 le Grand Prix de poésie de l’Académie française. Et bien d’autres encore…

6H41 de Jean-Philippe Blondel

IMG_2250Mais pourquoi là encore, ai-je attendu un an et demi pour ouvrir ce livre, dédicacé en prime, surtout quand c’est mon ami Mind The Gap, fan de Blondel qui me l’a offert ? Parfois, je ne me comprends pas… Il faut dire, est-ce nécessaire de le rappeler que 2014 a été erratique en tous points, mon rythme de lecture en a pâti, avec des capacités de concentration a minima et surtout pas d’envie. Or, j’aime que le livre « vienne » à moi et s’impose comme l’évidence à lire du moment. Ce qui a été fait en janvier dernier.

Jean-Philippe Blondel  est pour moi, depuis la lecture de « Et Rester vivant« , un auteur qui compte, sensible, aussi drôle qu’il peut être triste mais dans les deux cas, sincère. Avec 6h41, j’ai découvert un « boy next-door », caustique, drôle, proche surtout, peignant l’âme humaine à la Monet, par petites touches discrètes au départ pour arriver à une fresque élaborée, colorée et évocatrice.

L’histoire :

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme, Philippe Leduc et Cécile Duffaut (ce nom m’en a rappelé un autre, association d’idées sûrement), 47 ans tous les deux, originaires de la même bourgade de province, à 1 heure 30 en train de Paris, où ils ont passé leur enfance/adolescence. Mais ils ont surtout vécu une histoire (d’amour ?) pendant quatre mois qui s’est plutôt mal terminée, surtout pour Cécile…

Ce que j’ai trouvé très fort dans cette rencontre inopinée (prendre le train de 6h41 qui les ramène dans leur vie parisienne) c’est la crédibilité de ce hasard, car le hasard est souvent tiré par les cheveux en littérature : là  c’est criant de vérité ! Comme tout le livre d’ailleurs. La rencontre improbable est parfaitement plausible, et quelle rencontre !

Ils font faire semblant de ne pas se reconnaître pour ne pas avoir à entamer une discussion mais comme le hasard les a placés côte à côte, ils vont s’observer en chiens de faïence tout le trajet et les chapitres alternent avec les réflexions de l’un et de l’autre. Sur ce qu’ils sont devenus, ce qu’ils étaient vingt ans plus tôt : lui le beau gosse du lycée appelé à réussir et qui végète, divorcé amer un peu blasé, dans une vie tristounette avec ses bourrelets en trop. Elle, l’ingrate devenue belle, riche,  chef d’entreprise d’une chaîne de produits de beauté bios et qui n’a pas digéré l’insulte faite par Philippe vingt ans plus tôt tout comme lui n’a pas pris la mesure de la blessure qu’il lui a laissée en cadeau de rupture. Malgré sa lucidité sur ce qu’il est devenu. « Elle était imprévisible. Ce n’était pas une qualité que j’avais souvent rencontrée. Elle était quelconque, mais elle avait un souffle. C’était rafraîchissant. C’est ignoble de raisonner comme ça. Je n’ai jamais prétendu être un ange… J’espère quand même que je me suis arrangé, avec le temps. » page 71.

Ou encore  :  » Je me souviens de la fin à Londres. Il ne faut pas croire. On pense avoir oublié mais on nage dans la plus pure hypocrisie. En fait, je suis persuadé que les gens ont une mémoire bien meilleure que ce qu’ils prétendent. » p.168-169.

Mais elle n’est pas en reste quand elle se remémore ce qu’il lui a fait, comment finalement cette histoire l’a aidée à devenir la femme qu’elle est et dont elle est plutôt fière : « Deux minutes pour souffler. Deux minutes pour changer de vie aussi. Et là, évidemment, j’ai pleuré. Je m’en suis voulu tout de suite. Je ne voulais pas être la caricature de la fille larguée qui craque. Je ne voulais pas ressembler à qui que ce soit. Ce que je souhaitais désormais, c’était de la dignité, du respect, de l’insolence, de la détermination.
J’en avais soupé de la fourmi. » p. 188.

C’est aussi une réflexion sur la mémoire, notre capacité à effacer « les fichiers » au fil du temps, à gommer ce qui nous dérange. Et puis le rythme du livre, soutenu, porté par une écriture limpide, on ne le lâche pas, on le lit presque en 1h30, le temps du trajet de nos deux comparses.

A la fin du voyage, vont-ils finir par échanger un mot ? Et surtout, peut-on réécrire l’histoire, pardonner quand on croit que les blessures d’adolescence sont indélébiles ? Lisez-le ! Vous le saurez !

Blondel, c’est s’identifier instantanément aux personnages, il sont si proches de nous finalement. C’est aussi se laisser bercer par la petite musique de l’intime, celle de nos pires lâchetés comme de nos grandes victoires. Il n’y a pas de super-héros ou de miracle avec cet auteur, juste la résultante de ce que nous avons fait de nos vies.Parce que si nous en sommes « là », c’est surtout à cause de nous ou…grâce à nous. Rien ne sert de chercher des coupables, notre conscience aurait tôt fait de nous rappeler à l’ordre…

Un coup de coeur pour ce livre, davantage que pour « Et rester vivant » qui était pourtant très beau, peut-être pour cette proximité criante de sincérité !coup_de_coeur_d'asphodèle

Et aussi une liste (non exhaustive) de billets  chez : Mind The Gap (ancien blog OB), Galéa, Titine, Argali. Noukette. Yuko.

Il compte pour le challenge amoureux d‘Irrégulière dans la catégorie « Amours d’antan »…logo challenge amoureux saison 5 l'irrégulière

Aragon pour l’insurrection poétique du Printemps des poètes, avec Aifelle et Claudialucia.

a printemps des poètes 2015  17ème édition Affiche officielleAujourd’hui, la poésie continue avec Aifelle et  Claudialucia qui nous ont demandé de choisir un poète (ou un simple poème) représentant l’insurrection en poésie, thème du printemps des poètes cette année. Nombreux sont-ils…de Desnos à Eluard, en passant par Char et bien d’autres, moins connus.

J’ai hésité avec Pablo Neruda dont j’ai deux recueils à la maison. Finalement c’est mon cher Aragon qui l’a emporté avec ce poème que j’aime beaucoup.

L’AFFICHE ROUGEaffiche rouge des 23 arméniens , polonais et autres étrangersfusillésVous n’avez réclamé ni gloire ni les larmes

Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCEa affiche rouge mitraillés févrierEt les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemandrose roses en arche p de ronsard improbable tumbAdieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivana affiche rouge erevan et le mont AraratUn grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfanta affiche rouge fillette couronne best oneIls étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattantaffiche rouge des 23 arméniens , polonais et autres étrangersfusillésLouis Aragon, Le Roman inachevé

Pour rendre hommage à cs étrangers dits de « La bande à Manouchian » qui se sont insurgés (fait fusiller) en mourant pour la France et si vous voulez réécouter Dle Yaman et mon billet du l’Arménie, c’est par ICI !

Courez chez Aifelle et  Claudialucia voir les autres participations à ce vendredi insurectionnel  !

ON N’EST PAS SÉRIEUX QUAND ON A DIX-SEPT ANS ou La poésie du jeudi avec Rimbaud !

a printemps des poètes 2015  17ème édition Affiche officielleRetour à la normale depuis hier (sur les chapeaux de roue), mon ordinateur est réparé mais j’ai du retard (le big-bang plutôt) partout : dans mes commentaires, dans mes visites aux textes des plumes, aux billets des blogs amis, dans mes « réels » de Queneau (ils ont été écrits chaque jour à la main, reste à les taper), je fais comme je peux  ! Je vous demande de m’excuser, ce n’est pas de la mauvaise volonté, les journées ne font que 24 heures !

En cette veille de printemps et  pour célébrer le Printemps des Poètes, dont le thème cette année est l’insurrection, un poète qui a écrit le meilleur de lui au printemps de sa vie, le jeune Arthur Rimbaud bien sûr, avec ce poème culte,  du moins la première phrase.  L’intitulé  est « Roman ». Pour être dans le thème du « Printemps », RV demain chez Claudialucia pour participer. Il faut choisir un poème traitant de l’insurrection, le poster sur son blog.

Ont poétisé avec moi aujourd’hui, les fidèles amis de ce jeudi qui nous permet de nous retrouver autour d’un poème classique ou contemporain :

1-Monesille : Les hirondelles, extrait du Château de Chazelet.
2- Valentyne : Petit cheval de Maram Al Masri
3- Soène : Au nom de la rose, paroles d’une chanson chantée par Moos.
4 – Nadael : Enivrez-vous de Charles Baudelaire.
5 – Modrone-Eeguab :  L’enfant lorsqu’il était enfant de Peter Handke
6) Claudialucia : Aimé Césaire.
7) Patchcath : Le chat de Baudelaire
8) Philisine Cave : Dit de la force et de l’amour de Paul Éluard.
9) Sandrion : Présentation de Maryline Bertoncini avec un extrait son recueil « Labyrinthe des nuits ».

Roman

Ia rimbaud couvOn n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –
A des parfums de vigne et des parfums de bière…a rimbaud printemps alléeII

– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…nuit femme ville rivière étoiles ana-rosaIII

Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…a rimbaud amoureux– Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.a rimbaud  tilleul rivière

 Arthur Rimbaud.

LA POESIE DU JEUDI avec L’Horloge de Baudelaire

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Pour honorer (avec beaucoup de retard) le rendez-vous de LylouAnne dont le thème de la Ronde de février était « les horloges, réveils, montres », etc, j’allie ce poème de Baudelaire, le tout dernier de Spleen et Idéal, construit comme une heure de temps réel ou une journée de 24 heures, je vous laisse deviner, je n’aime pas expliquer les poésies… Seules les photos à la fin, du réveil « Jaz » et du « Bayart »ayant appartenu à mon papa sont de moi …

Ce jeudi, quelques fidèles ont poétisé avec moi et je les en remercie : Lire la suite

LES PLUMES 41 – La collecte de Février !

écritoire vanishingintoclouds(3)Bonjour à toutes et à tous, je suis heureuse de vous retrouver après ce long mois , ma plume me chatouille  ! Voici la phrase que j’ai choisie ce mois-ci, sur l’insolite, le hasard de nos vies…mais pas que ! Comme il n’est pas facile de trouver une phrase d’où se dégage une idée thématique unique, je ne voulais pas retomber dans le « drame » de la première, laissée pour les Plumes 40, il me fallait trouver quelque chose qui induise une réflexion multiple ! Alors lâchez-vous !!! 😆

« Sur le plan intellectuel, c’est en me laissant aller au fond de l’ennui qu’il m’est arrivé de rencontrer des solutions insolites, tout à fait hors de recherche à pareil moment et dont certaines m’ont valu des raisons de vivre.« Arcane 17, André Breton, éd. Le Livre de Poche, 2001 (ISBN 978-2253050667), p. 69 .
Merci de me laisser un mot en commentaires pour me dire ce que ça vous inspire ! Vous avez jusqu’à 20 h !
Les nouveaux qui seraient tentés de participer, oui il y a un règlement, c’est PAR ICI !
Je vous souhaite un bon lundi  ensoleillé et de bonnes vacances à ceux qui en profitent encore!
En revanche, je ne suis pas du tout en forme sur un plan physique, de vilaines côtes me jouent à nouveau des tours et me coupent le souffle et m’épuisent, je ne vous garantis pas le « 20 heures » de ce soir…
Ça ne vous aura pas échappé qu’il y avait de grandes marées (118 de coeff) ce week-end et j’ai choisi quelques photos d’un petit port station balnéaire très sympa, voire le plus attractif car vivant toute l’année et particulièrement joli, il s’agit de Saint-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée et d’un autre, moins axé sur l’ancienne cité c’est Saint-Hilaire-de -Riez qui offre de grandes plages solitaires hors saison…

clic sur la photo pour la source - Saint-Gilles-Croix-de-Vie à l'étale au petit matin alors que la mer ne vas pas tarder à remonter...

clic sur la photo pour la source – Saint-Gilles-Croix-de-Vie à l’étale au petit matin alors que la mer ne vas pas tarder à remonter…

Alliée à la dépression venteuse qui a sévi, de hautes vagues on tenté de franchirir les endroits sécurisés, faisant le bonheur de ceux qui aiment ce spectacle déchaîné... clic sur l'image pour la Source !

Alliée à la dépression venteuse qui a sévi, de hautes vagues on tenté de franchir les endroits sécurisés, faisant le bonheur de ceux qui aiment ce spectacle déchaîné…
clic sur l’image pour la Source !

©

a grandes marées st hilaire de riez au lieu-dit les 5 Pineaux

Et enfin la plage de Saint-Hilaire-de-Riez, magnifique dans son crépuscule flamboyant !

LA POÉSIE DU JEUDI avec Andrée Chédid

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Ce poème d’Andrée Chedid, que Nadael a également choisi sans que nous nous soyons concertées, avait été offert par l’auteure au printemps des Poètes 2007 !  Sur des millions de poèmes, il a fallu que nous choisissions le même, le hasard me fascine parfois…

Ont poétisé avec moi aujourd’hui :

1) Soène : La rose de Robert Desnos
2) Valentyne : Quand la plume erre de Pierre Auradon
3) Monesille : Lettre de femme de Marceline Desbordes-Valmore
4) Modrone-Eeguab : À Victor Hugo de Sainte-Beuve.
5) Nadael : De cet amour ardent je reste émerveillée d’Andrée Chedid.
6) Lylouanne :
7) Marie et Anne : Le hareng saur de Charles Cros
8) Jacou33 :La rencontre de Germain Nouveau.
9) DimDamDom59 : Je résiste de Ziad Medoukh
10)  Sandrion :Quand l’âme eût froid de Joë Bousquet

DE CET AMOUR ARDENT JE RESTE ÉMERVEILLÉE…

Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveilléejardin heureux shabby in live fb
D’un amour
Invincible
Toujours présentcc by-nc-nd Bruno Monginoux www.photo-paysage.com & www.landscape-photo.net

Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés

Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encorefemme vieille miroir jeune lavender lace on FB
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.amoureux philo-sofia tumb

Andrée Chedid

Poème offert par Andrée Chedid au Printemps des poètes  2007

BAÏNES DE France Cavalié.

IMG_2043Je sors ce blog de sa léthargie hivernale pour vous parler de Baïnes, un roman qui dit l’amour mais aussi les violences conjugales à une époque où elles n’étaient pas clairement nommées, à une époque (1984-89) où les femmes avaient honte d’en parler (c’est encore le cas mais il existe des lieux pour venir témoigner). Lire la suite