Jeudi poésie avec Alejandra Pizarnic

Logo du jeudi poésie pour présentation d'un poète.

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Le mois espagnol bat son plein chez Sharon, après la cuisine dimanche, direction l’Argentine  pour vous faire découvrir Alejandra Pizarnic, née en 1936 (dans une famille juive polonaise qui avait fui le Nazisme) et morte à 36 ans par suicide supposé. Une poétesse reconnue de son vivant en Argentine et dans le monde hispanophone. Prisonnière de son mal de vivre, elle n’a qu’une nudité crue à donner, celle de son âme tourmentée. Le brillant site « Esprits Nomades », en parle merveilleusement bien, même si l’article est long, il a le mérite d’être complet… Pour ceux et celles qui seraient intéressés, c’est PAR ICI… Ne présenter qu’un seul poème de cette auteure alors qu’elle a écrit sa vie dans chaque poème ou dans son journal est un peu réducteur, c’est pour cela que je vous mets le lien vers Esprits Nomades (il y a d’autres sites qui en parlent…). Lire la suite

Le jeudi en poésie avec Rafael Alberti.

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)C’est encore le mois espagnol chez Sharon, alors je vous présente un autre poète espagnol dit de « la Génération de 27 », comme Federico Garcia Lorca et Antonio Machado (entre autres), Rafael Alberti qui eût la chance, malgré presque quarante  ans d’exil de mourir à 96 ans, là où il était né, en Andalousie. Il fut tellement « productif » que des spécialistes classent ses oeuvres en plusieurs périodes. Je vous épargnerai le cours théorique et vous laisse juste apprécier un poème traduit par Claude Couffon (Gallimard).

Ont poétisé avec moi aujourd’hui : Lire la suite

LA POÉSIE DU JEUDI con José Agustín Goytisolo y Paco Ibañez

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Le mois espagnol a commencé chez Sharon et si je n’ai pas publié dimanche la recette de mes « magnifiques » empanadas (je le ferai dimanche prochain), je ne pouvais pas passer à côté de la poésie espagnole qui m’a autant nourrie que la française. Je vous présente aujourd’hui un poète moins connu que Federico Garcia Lorca ou que  Antonio Machado, Pablo Neruda. C’est Paco Ibañez, chanteur engagé contre toutes les dictatures, ami des poètes qui l’a fait connaître et lui a consacré un album entier en 2004, je vous le mets en V.O (pour la chanson) et je vous offre « ma » traduction (avec ce qu’il me reste d’español) (les puristes m’excuseront) de cette version raccourcie de Paco Ibañez. Qui ne vaudra jamais la version originale mise à la fin dans son intégralité. José Agustín Goytisolo est mort défenestré en 1999, il s’agit vraisemblablement d’un suicide mais sa famille a soutenu la thèse de l’accident.a José Augustin Goytisolo

Ont poétisé avec moi aujourd’hui  et je les en remercie d’autant plus qu’en avril, il y a eu 5 jeudis qui en ont perturbé certains…. : Lire la suite

LE RAVISSEMENT DE L’ ÉTÉ de Luisa Etxenike

ravissement de l'ete-lili anniUne lecture détente avec ce joli livre que m’avait offert ma LiliGalipette cet été.

Roman à trois voix : Raul, le fils, Fermin, l’ami-ennemi de vacances, Isabel, la mère de Raul, troublante… Le roman s’ouvre avec le récit de Raul, 30 ans,  et c’est une pure tête à claques. Nous le détestons d’emblée. Le cliché du gosse de riche, fainéant, dépravé (il fait chanter sa mère,du moins il essaie), et selon Fermin, il est « creux« , ce que nous confirmons. « Tout ce que je ne voulais surtout pas, c’était abandonner le chemin entrepris, la marche vers ma mère. Contre elle. » (p. 17). C’est dit, nous savons où nous allons.

Ensuite Fermin, déjà, adolescent, il voulait faire de la vigne son métier et qui, le temps de deux étés quinze ans plus tôt a subi la présence de Raul, qu’il fallait occuper (pauvre petit garçon riche qui méprise les ploucs et la nature). Tout en rêvant d’Isabel.

Après ces deux récits entremêlés où nous restons suspendus entre deux vérités, deux versions pour les mêmes évènements, Isabel, la mère, maîtresse-femme raconte elle aussi les souvenirs de ces étés-là. La cinquantaine, elle fait le point sur sa vie, ses amours, son fils. Or, si les relations mère-fils sont mises à mal (et pour cause), la réflexion sur le souvenir est particulièrement bien vue. De même que la vitesse à laquelle nous avançons dans la vie. Il y a une opposition entre la lenteur imposée par la nature, ses caprices et la vitesse citadine quand elle est facilitée par le pouvoir de tout acheter, ou presque. Sauf que :  » Parce que je vivais dans un monde facile et rapide, sans autre contretemps que le souvenir ». (p. 135)  Le souvenir finit toujours par nous rattraper et nous oblige à nous arrêter, ne serait-ce que le temps de le regarder en face.

Ces trois voix se rejoignent parfois autour de la vigne, du vin et des sacrifices qu’ils exigent. Et ici, quand la vigne souffre ou qu’une récolte est perdue, l’argent ne suffit pas à remplacer les efforts humains, ou l’arôme incomparable d’un cru particulier. « Un grand vin, c’est de la patience, et la patience ne s’apprend pas, elle se travaille. » (p. 172). Mais qui est vraiment Isabel qui prétend que le souvenir est un facteur du présent, que « seule la mémoire appartient au temps et vieillit en conséquence« , alors que  » le souvenir appartient à la vie et tant que tu n’es pas morte, il persiste, intact. Eveillé, en alerte. » (p.168-169)…

Un joli roman qui retrace à la fois les tourments adolescents, l’amour de la terre et l’indifférence crasse des citadins pour ce qu’ils consomment sans modération avec en fil rouge cette réflexion sur la façon dont nous nous arrangeons avec notre mémoire. Sans être un coup de coeur, voilà 189 pages qui m’ont charmée le temps d’un après-midi entre Pays basque espagnol et le côté français du côté de Saint-Jean-de-Luz.

Titre original : Vino en 2000 (qui me semble plus approprié). Robert Laffont – 2012

SUR L’AUTEURluisa-etxenike

Luisa Etxenike, romancière, traductrice, journaliste basque et espagnole, est née à San Sebastián en 1957. Elle a publié de nombreux romans dont El Ángulo Ciego (prix de littérature Euskadi en 2009). Elle est chroniqueuse au journal d’El Pais, dans l’édition du Pays Basque, et professeure de narratologie. Elle a également traduit des textes de Jacques Roubaud, de Jean-Michel Maulpoix et de Claude Lanzmann. En 2007, le gouvernement français lui a décerné le titre de chevalier de l’Ordre des arts et des lettres. (Source : Robert Laffont)

Et côté challenge ça donne : Voisins-Voisines chez Anne, Vivent nos régions chez Lystig (pays basque). Et le challenge amoureux de l’Irrégulière pour les amours interdites…

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