Le jeudi poésie avec Henry Bauchau.

a Printemps des Poètes 2016 18ème édition affiche le Grand XXèmeLe Printemps des poètes touche à sa fin (20 mars) . Cette dix-huitième édition célébrait les poètes du XXème siècle, car le vingtième siècle fut un grand cru en poésie. Or… j’ai découvert récemment la poésie d’Henry Bauchau, décédé en septembre 2012 à quatre mois de sa centième année (quand je vous dis que la poésie conserve). Il a donc traversé le XXème siècle (né en 1913) et une décade du XXIème. Il a écrit des  poèmes, romans, essais, nouvelles, pièces de théâtre tout en exerçant le métier de psychanalyste. Cet auteur belge qui vivait à Paris depuis 1975, a vraiment rayonné. Je vous propose « Mérence » un poème tiré du recueil « L’escalier bleu« , paru en 1966 aux Éditions Gallimard, également à la fête puisque le Printemps des Poètes saluait les cinquante ans de la collection Gallimard-Poésie. Dans « Mérence« , il y a les mots « mère » et « errance », j’y ai vu l’image d’une mère fantasmée ou réelle…Je ne sais pas… je vous laisse y mettre ce que vous y verrez…

Ont poétisé avec moi aujourd’hui :

1 – Monesille qui n’a jamais le coeur bien loin de la Botte (transalpine) nous offre « Ô nuits » d’Ungaretti.
2 – Valentyne  a « Le coeur au bond » de René-Guy Cadou.
3- Emilie, (toujours en pleine mutation) nous propose un poème sans titre ou tiré de « Métamorphoses » de Bernard Sellier.
4 – Marie, une des Sorcières-qui-lisent, a soif de « Renouveau » de Stéphane Mallarmé.
5 – Modrone-Eeguab nous présente notre poète national, centenaire et encore vert : Georges-Emmanuel Clancier avec une « Chanson de la rose des vents ».
6 – Martine nous envoie ses bons baisers du mont Olympe avec un bel Adonis traduit de l’arabe par Vénus Khoury-Ghata avec « Prends-moi, chaos, dans tes bras ».
7 – Marina Chili nous cueille une des « Fleurs du Mal » de Baudelaire avec « Élévation ».
8 – PatchCath a pris le TGV en compagnie de « La chenille et l’escargot » et ça va tellement vite qu’elle repassera pour nous dire qui en est l’auteur ? 😉
9 – Claudialucia qui prépare activement son voyage dans le grand Nord est en immersion depuis un mois et c’est sous « La neige tombe, ardente et vive » de Johan Welhaven qu’elle nous invite au voyage…
10 – Nunzi nous chante du Victor Hugo (aidée de Sharon) avec Dolorosae.
11 – Soène en retard mais elle les a « Bien placés, bien choisis » de Raymond Queneau

MÉRENCEa bauchau fenêtre de l'enfance

À la fenêtre mansardée
à la fenêtre de l’enfance
l’amour avait un arbre vert
le coeur avait son arbre rouge
et les pluies s’écoulaient sur les pentes d’ardoises.a bauchau John Singer Sargent Louise Lefevre 1882

Portée par les branches du ciel
ouverte par un chant d’oiseau
la fenêtre cachait ton image indulgente
Mérence
qui devient plus réelle à la tombée du jour.

Que je t’ai bien créée Mérence bien rêvée
dans la peur et l’amour et la frayeur d’amour
Quand tu venais le soir portant la bougie blanche
avec le chandelier du coeur.a bauchau femme à la chandelle Godfried Schalcken

Engourdi je voyais la reine des abeilles
sa beauté qui veillait
l’ombre et l’or apaisés sur son ventre précieux
et si tu te penchais sur mon corps endormi
en toi je m’éveillais blessé du dard très doux.a bauchau Sargent two girls

©Henry Bauchau, L’escalier bleu, Gallimard, 1966 – 79 p.

Logo du jeudi poésie pour présentation d'un poète.

Logo du jeudi poésie pour présentation d’un poète.

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Le jeudi en poésie avec Colette Nys-Mazure

IMG_1622Comme promis, je reviens en ce 1er octobre ensoleillé (pour l’instant), en espérant pouvoir bloguer de plus en plus, retrouver mon ancien rythme qui me plaisait tant. Pour ce retour en poésie, j’ai choisi un court poème en prose, extrait d’un recueil intitulé « Singulières et Plurielles », des mots qui parlent des femmes, de leurs singularités comme de leurs pluralités. Colette Nys-Mazure est une poétesse belge bardée de prix qui a beaucoup oeuvré pour la francophonie et je l’ai découverte grâce à Martine qui m’a offert ce beau livre (égayé de photos noir et blanc) quand elle est venue me voir à la Tourmaline, lors de notre week-end fou fou du 15 août dernier !!! ;). J’ai eu du mal à choisir tant ces poèmes sonnent  juste, alors j’ai opté pour celui intitulé… « Liseuse ». Il n’est besoin de peu de mots parfois pour dire l’essentiel… Lire la suite

UNE ENFANCE LINGÈRE DE GUY GOFFETTE

IMG_2737Une enfance lingère, c’est l’histoire d’un petit garçon, de sa naissance à ses dix ans, dans les Ardennes familiales, qui nous confie comment les tissus, le toucher, le contact avec eux a éveillé sa sensualité pour ne pas dire sa sexualité. Mais avec la poésie que l’on connaît à Guy Goffette dont je vous ai souvent parlé, ICI (Elle, par bonheur et toujours nue), (de la poésie avec L’adieu aux lisières), là encore (Géronimo a mal au dos). Lire la suite

La poésie du jeudi sera belge aujourd’hui ! Avec Maurice Maeterlinck

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)Pour participer un peu au mois belge d’Anne et Mina, voici un poète (auteur de théâtre et essayiste surtout) que j’ai eu plaisir à re-découvrir. Je vous en parle après le poème… pas vraiment de saison mais si évocateur !

Je remercie ceux qui poétisent avec moi aujourd’hui :

1) Valentyne : Sur un air de reproche de Gaston Couté
2) Nadael : Vieillir de raymond Queneau
3) Melle La Démonne : Ma chouette et Ceux qu’on met au monde de Linda Lemay (chansons).
4) Marie et Anne : Ceux qui ont le goût difficile de Jean de la Fontaine.
5) Soène : Cythère de Paul Verlaine.
6) Monesille : La rose et le réséda de Louis Aragon
7) Modrone-Eeguab : L’Étrangère de Gabriela Mistral.
8) DimDamDom59 : Roméo et Juliette par grand Corps malade

 

Heures ternes

hiver oiseaux et femme seuleVoici d’anciens désirs qui passent,
Encor des songes de lassés,
Encor des rêves qui se lassent ;
Voilà les jours d’espoir passés !

En qui faut-il fuir aujourd’hui !
Il n’y a plus d’étoile aucune :
Mais de la glace sur l’ennui
Et des linges bleus sous la lune.

a mind pleine luneEncor des sanglots pris au piège !
Voyez les malades sans feu,
Et les agneaux brouter la neige ;
Ayez pitié de tout, mon Dieu !a maeterlinck agneaux neigeMoi, j’attends un peu de réveil,
Moi, j’attends que le sommeil passe,
Moi, j’attends un peu de soleil
Sur mes mains que la lune glace.a maeterlinck lune tristesse brumes Maurice MAETERLINCK (1862-1949)

a maeterlinck mauriceMaurice Maeterlinck est né à Gand en 1862 et mort à Nice en 1949 à l’âge de 87 ans. Issu d’une famille flamande, bourgeoise et catholique il sera d’abord avocat (très peu de temps). Les auteurs belges étaient « suspects » à cette époque en France dans le sens très péjoratif de peu crédibles, aussi est-ce par hasard qu’il deviendra célèbre en 1880, du jour au lendemain grâce un article de Gustave Mirbeau dans le Figaro sur « La princesse Maleine ».  Il est à ce jour le seul belge ayant obtenu le Prix Nobel de littérature, en 1911. En 1921, il s’opposera, en signant un manifeste, à la « flamandisation » de l’université de Gand jusque-là francophone. Après avoir passé les années 1939 à 1947 aux Etats-Unis, il se réinstalle dans son palais du Cap Nice, une villa féérique, la Villa Orlamonde (acquise en 1919-1920) où, avec sa jeune épouse, il a donné de nombreuses fêtes dignes de Gatsby…a maeterlinck palais orlamonde niceRacheté en 2012 pour 48 millions d’€uros, ce palais est aujourd’hui divisé en 18 appartements de luxe, de 125 à 400 mètres carrés, mètre carré oscillant entre 25 000 et 40 000 €uros…a materlinck palais orlamonde aujourd'huiPour le mois belge d’Anne et Mina (liens en début de billet).logo mois belge anne et mina