Les plumes 50 – Les textes pour la célébrité !

Logo Plumes aspho 4 ème tiré du tumblr vanishingintocloudsComme beaucoup le savent déjà, du moins ceux qui ont lu le règlement (petit toussotement), le thème du lundi ne sert qu’à récolter des mots et le texte que nous écrivons peut très bien s’émanciper du thème !

Les valeureux participants, au nombre de 25, (moi incluse) sont, par ordre d’arrivée des liens :

Thiébault de Saint Amand, Marina Chili, Martine l’Écriturbulente, Réjanie, Mind The Gap alias Mindounet,Marie-Jo64, Lydia, Valentyne, Domicano, Anne de Louvain-la-Neuve, Monesille, Cériat, Soène, Carnets paresseux alias le Dodo, La Licorne, Astrid, Claudialucia, EmilieBerd, Lilousoleil. Bizak, PatchCath. Jacou sur le fil ce matin ! Et Célestine qui ne m’a pas envoyé son lien, ni laissé en commentaires (tout fout le camp) ! Eva, également, qui ne l’a pas laissé en commentaires et que j’ajoute ce mardi 15 !

Les mots imposés étaient au nombre de 22, nous pouvions donc en laisser un de côté :

Vedette, fragiliser, fortune, film, projecteur, fumé, paparazzi, moi, fanfreluche, réputation, prétention, chanteur, oublier, local(e), gros, météorite, étoile, talent, chaleur, lumineux, diva, barricader.

Je n’ai pas pu placer chanteur.

Mon texte est une lettre à Rainer Maria Rilke, petit par la taille mais immense écrivain du début du siècle dernier et dont je viens de lire le sublime opuscule « Lettres à un jeune poète »…a RMR lettres à un jeune poète couv'Cher Monsieur Rilke,

a RMR manuscrit sceau en cire rouge

Depuis que j’ai lu vos « Lettres à un jeune poète » entre dimanche et hier soir, j’ai la sensation exaltante d’être entrée dans une autre dimension. Que j’eusse aimé les lire bien plus tôt, avant que je ne sois cette vieille dame fragilisée par les ans et qui ne restera qu’une « écrivante » sans devenir…

J’ai été soufflée par la modernité de votre coup de projecteur qui balaye la critique, toute la critique d’Art, sur ceux qui en font une pose, davantage qu’un sincère exercice ! Ces quelques pages sont à elles seules un film sensible en clair-obscur que n’aurait pas renié le grand Bergman.

Votre absence de fortune, votre mode de vie sans prétention était bien éloigné de celui des vedettes d’aujourd’hui. Pour la plupart, elles ne sont que météorites éphémères, se téléscopant dans les ciels surchargés des rentrées littéraires de notre siècle, plus préoccupées de leur réputation dans les salons à la mode que de la qualité et du bien-fondé de leurs écrits. Barricadées et bâillonnées qu’elles sont dans leurs fanfreluches sociales, locales, assujetties à la norme, à l’image, à l’argent et à la bien-pensance qui font rage aujourd’hui. L’idéologie a supplanté la créativité pour nombre d’entre eux. Quand je pense que vous ne pouviez même pas acheter vos livres pour les offrir…

Monsieur Rilke, votre talent épistolaire est aussi lumineux que la plus belle des étoiles au firmament d’un ciel d’été. J’avais l’impression, en buvant vos mots de danser sous la voûte céleste, ivre de reconnaissance , éblouie par la justesse et la sincérité de votre réflexion sur le monde. Je pensais aussi à votre générosité, votre capacité  à donner autant, gracieusement, malgré les ombres fumées de votre existence modeste et les gros soucis de santé qui ont ralenti l’élaboration de votre oeuvre. En fait j’ai eu l’impression que c’était à moi que vous vous adressiez !a rêves femme by Francesca Woodman Polkadots 1975-1978Vous avez fréquenté les grands artistes de votre époque (Lou Andréa-Salomé, Rodin, Camille Claudel,etc) avec l’humilité qui était vôtre, sans besoin excessif d’immortaliser ces moments rares à la face du monde comme le font nos artistes contemporains (escortés de paparazzi) qui se prennent (souvent) pour des divas. Très peu de clichés de vous avec ces monuments de l’art,  les photos aussi devaient être chères si elle ne vous étaient pas offertes.

...avec Lou Andréa-Salomé et d'autres...moins connus en 1909.

…avec Lou Andréa-Salomé et d’autres…moins connus en 1909.

Comme tous les poètes dignes de ce nom, ceux qui ne transigent pas avec leurs idéaux, qui ne trichent pas avec leur conscience, vous avez écrit comme vous avez vécu. Entre vos ombres dévorantes dans la solitude que vous chérissiez plus que tout et dans la lumière des amours que vous portiez très haut. Elles  auréolaient vos vers d’une pureté cristalline, telle votre âme aussi claire qu’une source vive née d’un torrent de montagne, semblable au  battement d’ailes d’un oiseau émerveillé qui prend son envol vers le soleil.a RMR oiseau en volPour conclure et bien que j’aie encore une infinitude de choses à dire de vous, sur vous, sur cette correspondance,  il me faut vous parler des bienfaits qu’elle m’a procurée. Votre langage épuré reste universel malgré l’intime chaleur créée par l’échange avec ce jeune poète que vous conseillez sans vouloir lui donner de leçons. C’est là que réside la force de ces lettres. Dans les silences des mots que vous ne dites pas. Merci Monsieur Rilke d’éclairer encore le monde des Lettres à travers les siècles. Je sais maintenant pourquoi je ne vous oublierai pas…

Asphodèle – le 10 mars 2016

731 mots pour TOUT le billet, (bla-bla avant texte, liste des mots et liens compris).

INSTINCT PRIMAIRE de Pia Petersen

Instinct primaire de pia petersen(1)Quelle claque que cette lettre ! Cent huit pages de féminité et de féminisme revendiqués. Eh oui ! Les deux ne sont pas incompatibles, il est même recommandé de n’en perdre aucun de vue pour ne pas faire reculer les choses (vu qu’elles n’avancent pas beaucoup)… Que ça fait du bien de lire une prose sincère, vraie qui ne s’encombre pas du qu’en-dira-t-on ! Lire la suite

TYRANNICIDE de Giulio Minghini

tyrannicideDifficile de vous parler de ce livre sans  trop vous en dévoiler. Ce qui en a fait le charme justement est peut-être de l’avoir lu sans savoir de quoi il retournait vraiment, sans a priori aucun, sans rien en attendre. Et quelle surprise ! Après ma lecture, j’ai passé une bonne demi-heure pour en savoir plus sur l’auteur et sur Philippe Sollers. Lire la suite

LA PLUS QUE VIVE de Christian Bobin

bobin plus que vivePour chroniquer ce livre, je me mets sur la pointe des pieds, un doigt devant la bouche pour demander silence, pour ne pas déranger l’éternel sommeil de celle à qui s’adresse l’auteur, Ghislaine, son amante, son âme soeur, morte brutalement en août 1995. Lire la suite

CORRESPONDANCES de Valence Rouzaud

correspondances de Valence RouzaudVoilà un recueil de lettres, en prose poétique que m’a adressé l’auteur, avec une charmante dédicace.  Puis, pour lui dire que je l’avais bien reçu, j’ai remercié son attaché de presse (ou équivalent) par mail, comme de coutume et Valence m’a répondu par…lettre.Vous qui savez l’importance que j’accorde à la lettre écrite sur parchemin (oui je revendique mon côté Gutenbërg), ce geste m’a beaucoup touché comme ont su me parler les mots de l’auteur. Dans cette lettre, il me remerciait également de ne pas succomber aux diktats des maisons d’éditions connues. J’y succombe, hélas, mais je m’intéresse autant que faire se peut à celles moins connues et à leurs auteurs non médiatisés. Et, jusqu’à présent il m’est arrivé de faire de belles découvertes, d’y rencontrer des auteurs plus « vrais » également, qui ne tombent pas dans le chaudron de la « consensualité » et du politiquement correct. Avec Valence nous sommes servis ! Lire la suite

JE PARS À L’ENTRACTE de Nicolas d’Estiennes d’Orves

Ma troisième « lettre » des Editions NIL, après celles d’Annie Ernaux à sa soeur dans « L’autre fille » et Linda Lê « A l’enfant que je n’aurai pas« , LiliGalipette a eu la gentillesse de m’envoyer celle-ci que je lorgnais depuis sa sortie sans jamais la trouver lors de mes passages en librairie. Hé ! Les ruptures de stock…ou que que sais-je ? Bref, je l’ai lue entre 6 et 7 heures ce matin, je vous avoue qu’il y a des réveils plus joyeux mais il eût été dommage de passer à côté… Lire la suite

A L’ENFANT QUE JE N’AURAI PAS de Linda Lê

Les Affranchis, Collection Nil, 2011. 65 p. 7€.

J’avais beaucoup aimé dans cette collection, L’autre Fille d’Annie Ernaux et pour le fond et pour la forme épistolaire. Linda Lê nous parle ici de la maternité, des a priori qui s’y rattachent et des clichés tenaces autant pour celles qui décident de pouponner que celles qui ne le souhaitent pas. Lire la suite