Les Plumes de l’été 18 – collecte des mots en R !

Et c’est reparti !  Bienvenue en zone sinistrée… Je parlais de la météo (qui d’autre voyons ?). Au vu de la carte, il semblerait que, hormis une petite partie du sud-est (de l’extrême sud en sorte) (et quelques micros-climats), personne ne soit épargné par les pluies incessantes, les orages perturbateurs et le gris indélébile.  Gris qui ferait péter des câbles ? Nous avons besoin, métaboliquement parlant, de nous confronter au changement des saisons, nous avons besoin de nous sentir en été, ne serait-ce que pour savoir que les saisons passent alors que nous, nous restons ! (Quand j’vous dis qu’il y a du plomb dans l’air et dans l’aile…). L’avantage d’être un grand lecteur dans tout cela, c’est que la météo importe peu mais… QUAND MÊME !!! Trop c’est trop ! Lire la suite

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 17 – Les textes avec la lettre Q !

Et voici la liste des valeureux participants à cette 17ème édition, par ordre d’arrivée des liens : Monsieur Normal, Pierrot Bâton, Suzame, Violette Dame Mauve, Oncle Dan, Soène, Eeguab, Marlaguette, L’Or des chambres (à qui je souhaite la bienvenue dans ce monde de fous !^^), Bettina, Chanone. Valentyne, Cériat, El Canardo, Aymeline, JeanneCatherine, Lucie, La Plume et la PageLilou. Jean-Charles. Ci-dessous, après mon texte, vous trouverez celui de Jakline qui est une sans blog fixe, comme d’autres avant elle… 🙂 et que j’accueille volontiers ! On va se pousser, il y aura de la place pour tout le monde ! Lire la suite

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 17 – Résultats de la collecte des mots en Q !

J’espère que je n’en ai pas laissé passer un dans le flot des commentaires… La faute à qui ? On se le demande !!! Voici les dix-neuf mots avec lesquels vous devrez composer votre texte de samedi :

quenelle – quiproquo – quolibet – quiétude – quintessence – quota – quérir – quenotte – querelle – quinoa – quilles – quintette – quartier – quintal – quinquet – quelconque – quitter – quasi – quantité.

A vos plumes et autres stylos, rendez-vous samedi pour la lecture de vos textes !!! Bonne semaine à tous !

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 17 – Collecte de mots en Q et rappel du règlement !

Tatadam, c’est parti pour la première session de l’été et comme je sais qu’il y a des trous de mémoire de ci de là ou tout simplement des nouveaux qui n’ont pas forcément tout suivi, je rappelle ici les bases élémentaires du règlement :

1) Déposer le lundi de 6 heures à 20 heures un mot commençant par la lettre de l’alphabet indiquée.Entre 20 et 21 heures, je publierai un billet vous donnant la liste exacte des mots retenus lors de la collecte et vous aurez jusqu’au samedi pour rédiger vos textes. Ne sont pas acceptés les noms propres, les mots ne figurant pas dans un dictionnaire référencé (Larousse, Hachette, Robert, etc). Je n’accepte pas les définitions Wikipédia ou autre Reverso. Il y a bien assez de mots dans les dictionnaires sans se compliquer la vie ailleurs avec des néologismes douteux ! 🙂 Lire la suite

LES PLUMES (DE l’ETE) DE L’ANNEE – Saison 2 – On continue ?

Et voilà ! Juillet est sur le pas de la porte, OLIVIA va laisser se reposer « Des mots, une histoire » jusqu’au 4 septembre, donc je vous demande si vous avez envie de continuer avec la formule des Plumes ? Le prochain épisode c’est lundi prochain 2 juillet pour déposer votre mot en Q. Bah oui, nous reprenons où nous avons laissé à Pâques… Il va y avoir un petit changement dans le règlement. Je préfère vous en aviser à l’avance… Lire la suite

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 8 – LES TEXTES EN H !

 Tatatam ! Pour la dernière session de la saison, voici de la lecture :  23 textes  à lire aujourd’hui, peut-être plus… Merci à tous ceux qui ont permis à ces Plumes d’exister de façon aussi vivante et diverse, je vous dis à bientôt, aux prochaines vacances scolaires pour la lettre I. En attendant, pour ceux et celles qui ont la plume alerte, vous pouvez vous rendre dans les ateliers que j’ai cités lundi, ici. Et pour finir, une jolie phrase de Pablo Neruda, que j’aime beaucoup et que m’a rappelée 32 Octobre : « Un seul mot, usé, mais qui brille comme une pièce de monnaie : merci ». Lire la suite

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 8 – Collecte de mots en H

On va ranger la machine, jeter ces vilains brouillons dans la corbeille, car l’été touche à sa fin et Les Plumes du même nom aussi… Vous pourrez vous rendre chez la douce Olivia (page d’accueil) (dite Livvy) où se déroule Désir d’histoires tous les vendredis, le jeu est sensiblement le même que Les Plumes,  en cliquant sur le lien, vous aurez toutes les explications. Gwénaëlle, notre bretonne célèbre, va rouvrir son atelier du dimanche (l’atelier de Skriban), Leiloona continue le lundi avec  « Une photo, quelques mots« , sans oublier l’élégante  Eiluned , le lundi aussi qui nous invite à son atelier « Rendez-vous avec un mot », vous voyez, vous ne serez pas à court quand votre imagination et votre plume vous démangeront ! Je reprendrai l’ordre de l’alphabet lors des « pauses » d’Olivia, en changeant peut-être le nom (et le logo) si la pause arrive à la Toussaint avec les chrysanthèmes et les feuilles mortes…

Mais pour la dernière de la saison et la majestueuse lettre H, vous allez vous déchaîner, je l’espère ! C’est parti pour une déferlante de mots en H !

ONT participé aux mots en G : Antiblues, Amélie, Aymeline, Bettina, Célestine, Clara, ClaudiaLucia, 32 Octobre, Eiluned, Ella, George, Jean-Charles, Jeanne, Mahie in the Sky, Manuel, Miss A., Miss So, Océane, Pierrot Bâton (c’est une fille !), Plume, Rêvanescence, Zoé et moi-même. Je n’ai oublié personne ? Oïe, je tremble…

A ce soir pour les résultats !

P.S : je n’ai pas encore rentré tous vos liens complets ce week-end, pour cause de coupures Internet dimanche qui m’ont bien « pourries » la vie, j’essaierai de le faire au plus vite ! Je n’ai d’ailleurs pas pu laissé de commentaires chez Amélie, entre autres !

LES PLUMES DE L’ETE 7 – Les textes en G !

Et voici les participants à cette septième et avant-dernière session des Plumes ! Plus que les H et les Plumes se terminent, je vous en reparle lundi dans la Collecte des mots en H.

Antiblues, Amélie, Aymeline,  Bettina, dont le texte figure aussi ici, après le mien : sa programmation n’ayant pas fonctionné samedi matin, j’ai récupéré son poème-fable mais il est visible sur son site, si vous cliquez sur son prénom), Célestine, Clara,  Claudialucia32 Octobre, EilunedElla,  George, Jean-Charles,  Jeanne ,Mahie in the sky Manuel,  Miss A.,  Miss So, Océane, Plume, Rêvanescence,   et Zoë ! D’autres, chanceuses, sont en vacances ! Et Pierrot Bâton qui est venue s’ajouter dans la journée (bienvenue !).

Les 22 mots à placer sur le logorallye ci-dessous, concocté avec soin par 32 Octobre ! Pour 22 textes à lire pour l’instant. Décidément, ce chiffre me poursuit !

Mon texte ci-dessous :

LETTRE A HORTENSE…

 Depuis que tu es partie, j’ai le ventre qui couine en permanence. Je ne mange plus. Oh ! non, je ne veux pas mourir, rassures-toi, j’oublie seulement qu’un homme de mon gabarit doit se nourrir. J’attends que le givre qui gèle mes lèvres et clôt mes yeux fonde peu à peu ; j’attends la douceur d’un été gourmand où je reprendrais à nouveau des baisers au dessert.

Certains jours, je me vomis quand j’aperçois, au détour d’un miroir, l’ombre grotesque que je suis devenue, déambulant tel un zombi dans cet espace insensé qui t’a contenue si longtemps. Même Fédor, le chien, ne cesse de gémir devant la porte de notre chambre et ne va plus gambader dans la prairie. Alors je chausse les vieux godillots que tu contournais avec un certain mépris et je sors sous la pluie, laissant mes souvenirs entamer leur course furieuse  en essayant de comprendre pourquoi tu as fait gambit avec mon amour-propre … Je ne suis qu’un gland, un pauvre gland tombé de son chêne, empêtré dans un galimatias de pensées nauséeuses, où les certitudes absurdes côtoient les illusions incertaines…

Où est donc le cheval au galop que tu enfourchais sans vergogne pour nos galipettes psychédéliques ? Je n’étais donc qu’un jouet sexuel entre tes mains ? Un objet du désir sacrifié sur l’autel de ton ambition ? L’heure est grave. Je m’en grille une autre, tant pis ! Tu vois, j’avais pourtant pris de bonnes habitudes avec toi : je ne fumais plus dans la chambre, je n’ajoutais plus de clous de girofle dans ta purée, je me lavais les dents et les pieds avant de rejoindre notre couche parfumée de stupre où ton jeu de jambes me faisait défaillir, tel un gallinacé heureux d’honorer sa pou…pardon, j’allais dire une bêtise, enfin tu vois l’image ! Non ? Ce que tu peux être snob par moments ma pauvre Hortense ! Tant qu’on y est, autant que je te dise ce que j’ai sur l’estomac,  déjà dissous par l’effervescence des comprimés que j’avale sans compter. J’ai toujours assuré au plume pourtant, j’étais ton grillon d’amour tu me disais. Sûr que je ne laissais pas mon cric au garage, j’étais jamais en panne ! Ah ah ! Je te fais rire hein ? Non ? C’est vrai j’y pense, tu trouvais mon humour potache…comment déjà ? « Aussi léger qu’une gargouille de Notre-Dame »…

Depuis que t’as pondu un livre, faut dire que tu te la pètes un chouilla. T’as juste été conviée à deux petits salons en province, t’as jacté une heure dans une émission tard la nuit sur Radio Limougeot et tu parles déjà de tes prochaines vacances à Ibiza. T’as aussi choisi le carrelage de ta future maison y paraît ! Même que tu pestes toujours après l’imprimeur pour qu’il n’oublie pas de sortir tes œuvres avec la police Garamond. Comme si ça changeait quelque chose aux conneries d’oiselle que t’écris. Vous les femmes, finalement vous faites du fric depuis que vous nous les coupez à chaque retour de clavier. Allez, j’vais pas jouer sur ton terrain et continuer à entortiller mes mots dans d’la soie, vu qu’j’ai compris que t’étais juste un bon coup de plus dans ma vie. C’est nos tours de reins le matin qui me manquent.  Bon vent… et… si t’es célèbre un jour, dédicace-moi un bouquin , j’le lirai aux chiottes en attrapant des cals dans la main. Ce sera ma p’tite gloriole personnelle.

 Ton beauf stylé, ton giraumon incomparable et inégalable.

Marcel.

P.S. :Hein que tu m’regrettes ?

La photo vient de

LE TEXTE DE BETTINA

Le godillot abandonné

Un godillot d’un bon gabarit,
Marchait seul sur une route.
Il avait l’air grave d’un mari
Qui cherche sa femme,
Et ne la trouve.

Il avait, en effet, depuis le matin
Perdu sa moitié.
Sa situation était grotesque,
Et bien loin de gambader,
De feindre des galops,
D’effrayer, au passage,
Quelque gallinacé,
Il sautait sur un seul pied,
Et gémissait en marmonnant
Un inaudible galimatias.
Quand il écrasa
Un malheureux grillon qui passait,
Sa tristesse s’accrut
A la pensée des galipettes
Que le grillon ne ferait jamais plus ;

Alors,
Comme l’homme qu’il chaussait
Etait gourmand,
Le godillot se rendit
Dans une auberge toute proche,
La Gargouille,
Avec son maître,
Pour se consoler, se restaurer,
Et tenter de retrouver
Celle qu’il avait cherchée,
Depuis un jour entier.
Ils prirent renseignements,
Mais le bougnat n’avait rien vu.
On servit au maître du godillot
Une tranche d’épaule d’agneau
Aux clous de girofles
Qui grillait au feu de bois,
Tandis qu’une purée de giraumon et de pois
Fumait déjà dans son assiette.
Il n’en laissa pas une miette.
Au dessert,
Un citron givré fit l’affaire.
L’auberge avait bonne réputation
Mais pas de quoi en faire une gloriole

Notre godillot,
Bien loin de jouer le gambit du roi,
Ou de faire le mariole,
Sortit bientôt du restaurant
Afin de poursuivre sa quête,
Toujours en claudiquant.
Il reconnut
Qu’il s’était comporté comme un gland,
Le matin, avec sa tendre et chère.
Il l’avait insultée,
Traitée de « pied »,
Et depuis,
Elle s’en était allée
Sans un mot, sans se retourner.

 Il fallait maintenant la retrouver,
Et platement s’excuser de l’injure,
Sous peine de rester célibataire
Des nuits entières,
De rester au garage,
Et de finir verni
A la déchèterie.

Il en était là de ses tristes cogitations
Quand, au bout de la rue,
Apparut une jeune femme
Qui sautait à cloche-pied
comme son maître.

− « Gare à mon  cuir », se dit-il,
« C’est elle ! »

Moralité
Tout est bien qui finit bien, pour cette fois.
Femme insultée
Revient parfois,
Mais pas toujours…
C’est ça l’amour.

Bettina

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 7 – Collecte de mots en G !

By Asphodèle@

Que le temps passe vite quand on s’amuse ! Déjà la septième édition et la septième lettre de l’alphabet ! Attention les superstitieux vont y voir un signe… Alors déchaînez-vous pour laissez le mot commençant par G qui vous parle ! C’est parti !

Ont participé aux mots en F  : Amélie, Antiblues, Asphodèle, Célestine, Claudialucia, 32 Octobre, Eiluned, Ella, George, Jean-Charles, Julia, Leiloona, Mahie, MANUEL, Miss So, Plume, Valentyne, Violaine et  Pascale qui a laissé son texte dans les commentaires de Jean-Charles, elle est la bienvenue si elle souhaite participer !

 CONSIGNES : je suis désolée d’avoir à vous parler de ces petits problèmes d’organisation mais il en va de la survie cohérente de ces Plumes ! Jusque là, je vous demandais un mail avec votre permalien pour que vos textes soient lus par tous et toutes ! Devant la diversité des plates-formes qui ne permettent pas toujours de programmer et d’obtenir un lien « fiable », je vous demanderais simplement de m’adresser un mail le vendredi, comme de coutume pour me faire savoir si vous participez ou pas ! Et je mettrais pour ceux qui n’ont pas de possiblilités d’avoir leur permalien, le lien de leur blog pour le samedi matin. Ensuite, le samedi quand les textes auront fleuri, merci de me laisser ce lien en commentaires, je le modifierai dans mon billet, en conséquence dans la journée du samedi ! En effet, je passe souvent plus d’une heure le samedi matin à remettre les bons liens et à modifier mon billet, ce qui vous en conviendrez est une perte de temps au détriment de la lecture, beaucoup plus intéressante de vos textes ! Sans parler de la journée du vendredi où je m’escrime à insérer des liens qui sont faux ! Allez, on ne désespère pas et nous serons rodés quand l’été s’achèvera… Et c’est pour bientôt !

Je sais que vous êtes plusieurs à me demander de continuer jusqu’à la lettre Z, mais il va falloir remettre les compteurs à l’heure avec la rentrée et les ateliers qui existent déjà. Je ne souhaite pas de « doublons », aussi nous allons, mes consoeurs et moi voir ce qu’il est plus intelligent de conserver !  Un petit sondage arrivera en temps et heure pour trancher tout cela, ainsi qu’un récapitulatif des ateliers en fonctionnement à partir de septembre ! Ça va ? Pas trop ennuyés ? Bon revenons à nos moutons et laissez une girandole gracieuse de vos germinations… la 7ème, c’est le 7ème art, il ne faut pas se louper ! Amitiés à tous et toutes! Je compte sur vous !

Bonne semaine à tous !

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 6 – LES TEXTES EN F !

Voici les liens des participants  (par ordre d’arrivée des liens), de cette sixième édition : Amélie (Les écrits d’Amélie), Célestine,  Bettina (un blog à visiter d’une auteure talentueuse ! Première participation), Ella (les Etats d’Ella), Antiblues (un nouveau !),  Violaine (nouvelle également), ClaudialuciaZoë (Vie de Zoë) , Jean-Charles (Hisvelles Histoires), Plume , Miss So (Salve Ragazzi), Eiluned (Le Dévore-Tant), Mahie (Mahie in the sky, nouvelle !) 32 Octobre (Jetons l’encre à Saint-Maximin-Sainte-Baume) , Syl. (Thé, Lectures et Macarons). Manuel (Les billets de Manuel), Julia (Julia Heim) . MAIS AUSSI,  Leiloona, George ,  ! Clara a un empêchement . Gwenaëlle, Olivia et Jeneen sont en vacances. et d’autres en « pause »… il y a 18 textes qui vous attendent (sûr) et ce serait avec plaisir que les trois « manquants » en soient !

Ci-dessous le logo-rallye (récapitulant les mots en F)) qu’a fait 32 Octobre, avec la gentillesse qu’on lui connaît ce, malgré son blog ouvert depuis la semaine dernière, je vous invite à le visiter, vu qu’elle y a rapatrié tous ses textes, mais fera aussi des chroniques sur ses lectures ! Encourageons-la !

Ci-dessous, après mon texte,  celui de Valentyne et son Conte de l’été : Les aventures d’Isabelle la ponette. Episodes 1, 2, 3, 4, 5.

FARANDOLE D’OCTOBRE

Les premiers frimas d’octobre s’engouffraient sous les porches et glissaient des feuilles mortes sur les chemins interdits de sa mémoire endolorie. Le ciel venait en soupirant de se coucher sur les toits des maisons et l’horizon avait disparu. Point de firmament étoilé, comme aux beaux soirs du mois d’août, pensa Fanny en continuant de marcher, sa valise à la main, vers la gare toute proche et pourtant invisible sous la brume. Seul le sifflement des trains lui vrillait les tympans, accentuant la nausée qui lui déchirait le coeur depuis le matin. Tout avait été si vite. Les cris de son père quand il avait appris son état, les insultes qu’il lui crachait au visage en même temps que ses postillons chargés d’anis. Sa mère, silencieuse et sourde, refermée sur sa peur et ses ecchymoses n’avait pas osé prendre sa défense. Elle se désintégrait, elle touchait le fond mais elle ne resterait pas une seconde de plus dans cette maison où les murs suintaient la misère et la folie, conjuguées dans un imparfait chronique. Non, elle ne voulait plus subir la frénésie des assauts répétés de son géniteur. Son histoire était banale à pleurer, comme dans la chanson de Piaf, un mauvais roman de gare. Même l’assistante sociale avait haussé un sourcil dubitatif et narquois en la dévisageant intensément quand elle lui avait dit ce que son père lui faisait quand il rentrait tard le soir. Une faribole de plus, avait-elle cru lire dans le regard blasé de cette femme qui n’avait qu’une hâte : prendre sa retraite et ne plus s’investir dans les histoires de famille trop lourdes, trop douloureuses.

Elle longea le parc où la fête foraine levait le camp. Le chapiteau n’était plus là, le dompteur aux yeux de faon brossait ses vieux fauves assoupis avec tendresse, le fakir local enlevait son turban bolliwoodien sous lequel flambait une chevelure blonde, inattendue… Le clown fantasque avait allumé un feu pour cacher ses larmes et son nez rouge, ses mains tremblaient au-dessus des flammes  où il tentait de se consoler. Son ventre se mit à gargouiller quand l’odeur des frites et des fricandelles grillées lui passa sous le nez, lui rappelant qu’elle n’avait rien mangé depuis la veille. « Non », dit-elle tout haut, « pas maintenant, je vais rater le train de Paris. » Son destin fragile tenait sur un bout de papier froissé où Fred lui avait glissé une adresse avant de la quitter, lui  faisant un petit signe de la main, ce  geste que l’on a souvent pour les adieux sans retour. Elle balaya l’image de ses pensées. La fièvre lui brouillait la vue. En arrivant à la gare, perdue dans la foule qui se pressait sur les quais, elle hésita. Qu’y avait-il, après tout,  dans ces quelques lignes griffonnées à la hâte ? Elle irait, oh oui, elle irait là-bas. Il fallait qu’elle détache son regard des rails, ils exerçaient sur elle une fascination morbide.

***(suite lundi chez Leiloona)***

 Par Valentyne, le 6ème épisode  de : Les aventures d’Isabelle la ponette en Martinique. Episodes 1, 2, 3, 4, 5.

Les deux ponettes et les cinq chats se regardent stupéfaits : ils ont rencontré le King ! mais pfout dès qu’ils se retournent pour mieux le contempler,   plus rien ! La farandole d’Elvis et sa foule de musiciens a disparu : on pourrait même croire que ce qu’ils viennent de voir n’est qu’invention et fariboles.

Oubliant leur fascination, ils ressortent alors de l’eau dans laquelle ils étaient rentrés pour mieux voir le show de l’écrevisse et se mettent en chemin vers la maison de F.

– « F…  F qui cela peut-il bien être ? »  se demande Scarlett.

– « En tout cas c’est une fille » affirme O’ Buro « car on voit très bien qu’il y a un E à « chère F » sur la feuille »

– « Très bonne remarque, fiston, on voit que tu écoutes bien à l’école » le félicite son papa O’ Gaby .

– Continuons, continuons, presse Josée, toute fringante. Tigoua doit se demander ce que nous faisons !

– Moi je dis que c’est de la folie, déclare O’ Berlioz que l’on entend très peu. Nous sommes en train de chercher Tigoua dans la forêt alors qu’il a disparu en mer : on devrait retourner au Diamant.

– Non non, l’océan est trop vaste,  nous avons besoin d’une aide extérieure pour mieux orienter nos recherches, lui expliquent ses parents.

–  Nous sommes presque arrivés : voici la fougère dont nous a parlé Elvis, et voici aussi le frangipanier. Allons au fond du chemin et attendons, ou plutôt non, appelons F. !  F nous venons de la part d’Elvis .

A ces mots, comme par magie, une voix aérienne leur répond : « Je suis ici, attendez je descends » et ils reçoivent sur eux une pluie de fleurs.

Les animaux abasourdis  voient descendre une minuscule fée qui se confond avec le décor : Une figure toute ronde, une petite jupe en feuille de figuier rose, un fichu blanc sur  ses cheveux frisés, un joli teint chocolat et bien sûr d’adorables petites ailes dans le dos : bref un feu follet de Martinique. Son visage est en partie caché par un masque d’étoiles, qui forment comme une voûte céleste, véritable  firmament sur son front.

Chaque fois que la fée ouvre la bouche pour parler, une fleur sort et vient se poser au sol, délicatement.

– Bonjour je suis la fée Caraïbe. Elvis a bien fait de vous indiquer le chemin de ma maison. J’ai des espions dans toute la Martinique : les fourmis sont mes amies et les phasmes m’ont prévenue de ce qui était arrivé à votre ami.

Pendant cette tirade, des fleurs blanches et jaunes sortent à chaque mot de la bouche de la fée. Celle-ci ne leur laisse pas le temps de poser la moindre question qu’elle continue déjà :

– J’ai trois énigmes pour vous. Creusez-vous la tête pour y répondre et ensuite je vous dirai où se trouve Tigoua, leur propose la fantasque petite fée. Voici la première : « Dans les frimas de l’hiver, je monte les œufs en neige et je sers aussi à donner du courage aux chevaux en claquant fièrement dans le vent : qui suis-je ? »

Les cinq chats se retournent d’un bloc vers les ponettes : une question facile pour elles puisqu’il y a des chevaux dans la devinette !

– Oui oui je sais,  disent les deux ponettes d’une seule voix :

– C’est un fouet qui permet de monter les blancs en neige, affirme Isabelle.

– Et c’est un  fouet qui permet aussi d’encourager les chevaux qui tirent une carriole, rajoute Josée en secouant son harnais rouge plein de clochettes.

– Bravo les ponettes, c’est la bonne réponse ! Plus dur maintenant, fanfaronne la fée Caraïbe : « Quel est le comble pour un fakir ? »

Les animaux interloqués se regardent, un peu déstabilisés, quand soudain O’ Gaby s’exclame :

– Moi je sais c’est Bashung qui me l’a dit et vous savez Bashung c’est mon idole : le comble pour un fakir c’est de traverser en dehors des clous (1).

– Bravo O’ Gaby, dit la fée de son air finaud, bonne réponse. Et voici la dernière énigme : « Je suis en même temps un haricot et un instrument de musique : qui suis-je ? » .

A ces mots, les deux fauves adultes et les ponettes se tournent vers O’ Berlioz le musicien de la bande, qui réfléchit, réfléchit, gêné de toute cette attention.

Et soudain il trouve : « c’est un flageolet une espèce de petite flûte (2) ».

–  Hum et moi je connais bien le légume « flageolet » approuve son papa : c’est excellent avec des fricandelles, moins bon que le boudin créole mais cela vaut le déplacement », dit il en se léchant les babines.

Les compères applaudissent O’ Berlioz avec frénésie : les trois énigmes ont été résolues.

– Vous êtes vraiment très forts pour les énigmes les félicite La fée Caraïbe dont la bouche déverse toujours une flopée de fleurs à chaque mot. Maintenant, je vais vous dire où se trouve le pauvre Tigoua : figurez vous qu’il a été enlevé par le terrible monstre de la Martinique le Féroce Davocat  et qu’il est retenu prisonnier chez lui. Les animaux sont en même temps soulagés et tristes : soulagés de savoir Tigoua en bonne santé et tristes de le savoir en situation si difficile.

– Mais qui est ce Féroce Davocat ? demande Isabelle.

– Nul ne l’a jamais vu. On ne sait pas à quoi il ressemble. Si c’est un humain, un animal… voire un légume. Tout ce qu’on sait de lui c’est qu’il est cruel, sans pitié et qu’il donne de la fièvre aux enfants désobéissants.

– Venez les amis, ne perdez pas courage, je vais vous faire accompagner chez ce Féroce par mon plus fidèle farfadet : Faon ou es-tu ?


Et à ces mots, un petit garçon qui se cachait derrière un arbre se montre : il est de la taille de O’ Gaby, tout habillé de vert et d’orange. Il vient leur serrer la main et s’exclame :

– Bonjour ! Je m’appelle Faon, Peter Faon. Mais ici tout le monde m’appelle Ti Faon. Je vais vous emmener dans le repaire de Féroce Davocat.

***** (à suivre)****

(1) Ça cach’ quekchose : les paroles exactes sont : Tout est redevenu étrangement calme. Les fakirs traversent dans les clous.

http://www.musicme.com/Alain-Bashung/albums/Pizza-(Vol.2)-0042282960825.html

(2) Flageolet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Flageolet_(musique)


LES PLUMES DE L’ÉTÉ 6 – Résultats de la collecte en F !

Et c’est reparti pour un tour ! Voici donc le résultat de la collecte des mots en F d’aujourd’hui.

C’est de la folie vous dis-je ! Mais cela devrait nous inspirer…

Ils sont au nombre de…16 et c’est tout (sauf pour Ella qui a le droit d’en ajouter autant qu’elle veut…) .

FANTASQUE  – FARIBOLES – FARANDOLE – FEU – FAUVE – FRIMAS – FOND – FOLIE – FIRMAMENT – FOULE – FAON – FASCINATION -FRICANDELLE* – FIÈVRE – FRÉNÉSIE -FAKIR.

* Fricandelle n’est pas dans le Larousse mais existe, c’est la même chose que fricadelle…bon appétit au fakir !!! Syl. : va falloir faire passer ton bateau par la Manche !  :D.

Bon courage, bonne semaine à tous et que vos plumes soient inspirées (amen)…

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 6 – Collecte des mots en F !

Tout d’abord un grand merci à tous les participants aux mots en E, je suis ravie que ce petit jeu plaise autant, j’en profite pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivants qui élargissent chaque semaine un peu plus le champ des possibles avec la multiplicité, la diversité et disons-le, la qualité des textes proposés. Oui, je suis ravie ! Mes efforts de « logistique » sont largement récompensés. Merci à tous, si de nouveaux participants ont des questions quant au fonctionnement du jeu, c’est par . Aujourd’hui, vous avez jusqu’à 18 heures pour laisser un mot commençant par F dans les commentaires ; entre 18 et 19 h, je ferai un billet récapitulatif des mots collectés.

Ont participé : Amélie (Les écrits d’Amélie), Célestine (Célestine Troussecotte), Clara (Clara, moi et les mots), Claudialucia (Claudialucia Ma libraire), 32 Octobre (Jetons l’encre à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume), Eiluneed (le DévoreTant),  Ella (Les états d’Ella), George (Les livres de George Sand et moi),  Gwenaëlle (Modene Solitude),  Jean-Charles (Hisvelles Histoires), Jeneen (Livres d’Ed-En), Julia (Julia Heim), Leiloona (Bric à book), La Roulure ,Manuel (Les billets de Manuel) Miss So (Salve Ragazzi), Nat (Journal d’un itinérant), Olivia (Désirs d’histoires),  Plume (Mai 49), Polipoterne , Suzame , Syl. (Thé, lectures et macarons), Valentyne (qui publie ici), Zoë (Vie de Zoë).

J’ai du en oublier, ne me tapez pas siouplaît ! Je suis en surchauffe…

Bonne journée à tous !

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 5 – Les textes des mots en E !

 A droite, le logorallye DE 32 OCTOBRE  qui a rouvert son blog depuis deux jours (on l’applaudit siouplaît !) et qui récapitule les mots à placer aujourd’hui.

Voici les textes des participants aux mots en E (par ordre d’arrivée des liens) :

 Ella, Gwenaëlle,  George, Amélie, Julia Heim, 32 Octobre Clara, Jean-Charles (Ah ! Tu n’es plus tout seul dans ton harem !^^), Julia, Leiloona , Jul., Eiluned, Zoé (qui prend le train en route et ce texte en D devrait être suivi du E !), Plume (nouvelle également), La Roulure , (nouvelle, ami(e) de Julia Heim), Polipoterne (nouveau, toujours Julia Heim !).  Miss So (nouvelle) Jeneen et sa fille, ClaudiaLucia, Olivia. Je mets les liens des blogs de Coumarine (qui est en pause), Célestine et ses deux textes (il y a des gourmandes !), Valerie K (pas de texte en E mais le D est toujours en place)  ! Ainsi que celui de notre Syl. aventureuse et romanesque dont le texte paraîtra ce week-end ! Waouh ), cela fait 25 textes ! A vos lunettes ! On me signale un nouvel arrivant, Nat, ici et Suzame qui a laissé son lien ce soir !

 Ci-dessous comme d’habitude, mon texte, et celui de Valentyne . Lire la suite

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 5 – Collecte de mots en E

Hé bieeeen ! Merci à toutes les participantes et à l’unique participant pour vos textes en D, particulièrement nombreux et de bonne qualité ! Les plumes sont chaudes… alors continuons ! Il y avait, par ordre alphabétique cette fois : Amélie, Célestine, Coumarine, 32 Octobre,  Eiluned,  Ella B., George,  Gwenaëlle, Jean-Charles, Jeanne, Jeneen, Jul., Julia Heim, Leiloona, Suzame, Valentyne, Valérie K. et moi-même. (j’espère que je n’oublie personne, aïe !)

Suite à mon observation (oui je note !), vous êtes nombreux à m’envoyer vos liens bien avant le vendredi soir, donc comme je suis toujours aussi démocrate, je vais vous proposer un petit sondage, à savoir celles et ceux qui préfèrent garder le samedi comme jour de publication ou si nous l’avançons au vendredi ? Comme vous voulez ! Le sondage décidera ! Et je suis désolée, une fois encore pour le lien de Valérie K. qui ne m’est pas parvenu, son texte est un peu passé « à la trappe » et c’est dommage ! Pour Julia Heim, petit souci également, le lien n’était pas bon. Cela ne se reproduira plus ! D’où l’intérêt d’une bonne coordination.

Je rappelle aux utilisatrices  de la plate-forme Blogspot  qu’il est possible de programmer son billet, Eiluned l’a fait ! Evidemment,  pour celles que ça intéresse… je sais que ces questions techniques sont barbantes !  Hélas, toujours pour Blogspot, je relaie des commentaires qui me sont parvenus (et j’en ai fait l’expérience samedi), quand vous n’activez pas les popup (ne me demandez pas ce que c’est !) dans vos commentaires, en laisser un,  prend environ trois minutes…quand ça marche ! Je voulais vous le signaler et m’excuser auprès de celles chez qui je n’ai pas pu laisser un mot !

D’ailleurs, à Eiluned et Leiloona, qui tiennent également un atelier d’écriture le lundi (pour celles qui seraient intéressées et il y en a), je suis désolée de ne pas participer pour le moment, mais c’est chaud ! Merci de votre compréhension.

 

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 4 – Les textes en D !

 Je dois dire qu’on ne va pas s’ennuyer aujourd’hui ! Pour cette quatrième moisson, les participants sont : Suzame, Gwenaëlle, Ella, Célestine, Coumarine, AmélieLeiloona,   Jean-CharlesGeorge, Jeanne,  Syl, Jeneen, EilunedJulia Heim, Jul. .  Celles qui ne m’ont pas envoyé leur lien,  peuvent encore le laisser (le lien !) en commentaires (si vous le souhaitez) ! Après mon texte, ceux de Valentyne et de 32 Octobre qui nous a concocté le logo-rallye suivant avec les lettres en D, joli non ? Et Valérie K, qui m’a envoyé son lien vendredi, lien que je n’ai pas reçu, c’est dommage, le « Journal d’Agathe » prend une jolie tournure ! Et bien sûr Aymeline qui continue de nous publier sa série sur les estiviens !

AVIS A LA POPULATION à 13H55 : EILUNED peut programmer ses billets, elle est sur BLOGSPOT et ça marche !!!!  

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LES PLUMES DE L’ÉTÉ 4 – Collecte de mots en D

C’est parti pour la quatrième session (déjà ?) et ceux qui souhaitent participer (ou pas) peuvent laisser un mot dans les commentaires commençant par la lettre D. Il n’y aura pas de billet récapitulatif à 19 heures (je ne serai pas là), j’essaierais de le faire en rentrant, soit le soir, tard, soit le mardi matin. Merci de votre compréhension.

Merci également pour vos participations particulièrement réussies et souvent aux antipodes les unes des autres… et bienvenues aux nouvelles ! Ont participé (tapez-moi sur les doigts si j’en oublie) :

Amélie, Céléstine, Clara, Coumarine, 32 Octobre, Eiluned, Ella, Gwenaëlle, Jean-Charles, Olivia, Suzame, Syl, Valentyne, Valérie K, sans oublier Aymeline qui ne peut pas poster ses billets pour l’instant et nous livrera la suite de sa « saga » début août. Pour les nouveaux venus qui souhaiteraient participer, tout est expliqué .

Je ferai ce que je pourrais pour participer, mais je ne suis pas sûre d’y arriver.

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 3 – Les Textes en C !

Parce qu’une personne chère à mon coeur est actuellement en soins intensifs depuis jeudi, je vous prie de m’excuser de n’avoir pu écrire un texte cette semaine, un billet paraîtra lundi matin pour la collecte des mots en D, le billet récapitulatif paraîtra mardi matin. Mais rien ne vous empêche de récolter les mots vous-mêmes, si vous souhaitez vous avancer ; mardi matin sera une confirmation ! En espérant que je n’ai pas à mettre mon blog en pause. Excusez-moi si je suis plus absente de vos blogs, mais j’irais lire tous vos textes, ils m’aident beaucoup à tenir, quand je rentre le soir…ou que je ne suis pas à l’hôpital.

Voici les textes ou les liens y menant, pour cette semaine des mots en C .

Les mots à placer étaient : carotte – cercle -chili ou Chili – castor – cage – camomille – caravane – casserole – chronique – carnaval – charivari – caravelle – chavirer – chocolat.

Ont participé (par ordre d’arrivée des liens) : Clara , Suzame , Olivia, Célestine , Jean-Charles , Amélie , Syl. , Coumarine, Ella,  une nouvelle venue, Gwenaëlle et peut-être Eiluned , Jul dont je n’ai pas reçu les liens mais qui devaient participer. Quant à Aimelyne et sa saga sur le peuple des Estiviens, c’est publié depuis le 18 août ! Ci-dessous, les textes de Valentyne et de  32 Octobre.

Valentyne et la suite des aventures d’Isabelle, la ponette, en Martinique. Texte précédent:

Après la journée passée à Balata, Isabelle et Josée les ponettes, aspirent à un peu plus de calme.

Petit déjeuner de carottes, et de christophines arrosée d’une tisane de camomille pour l’une, et feuille de cresson et chicorée pour l’autre.

Le petit déjeuner en compagnie de la famille O’Gaby est bien tranquille, toutes proportions gardées bien sûr. Les trois chatons avalent leur lait à toute vitesse : lait au curcuma pour l’un, au curry pour le deuxième, le troisième a choisi lait au chocolat, les parents ont pris lait au chili et café.

« Il est temps de trouver une activité pour la journée » s’écrie Scarlett en voyant O’Berlioz faire chavirer son bol de lait ; O’Buro lui vient de tomber dans la casserole en voulant lécher les dernières gouttes de lait.

« Aujourd’hui c’est carnaval » répond O’Gaby. « Partons tous ensemble à la presqu’île de la Caravelle où est organisé le vidé des animaux ».

« Un carnaval des animaux, chouette » s’exclame Josée « mais nous ne sommes pas déguisées ».

« Ce n’est pas grave, nous trouverons un déguisement en route ».

« Vous verrez l’ambiance est formidable ! Aujourd’hui,  plus de rancœur ou de colère, tout le monde est ami » renchérit O’ Gaby en regardant Tigoua l’agouti avec un sourire charmeur qui découvre bien ses canines.

Tigoua qui venait à peine de sortir de la sacoche d’Isabelle, se recache bien vite.

« Commençons notre première leçon de créole, les ponettes dit Scarlett pour détourner l’attention :  « Chyen pa ka fè chat » Répétez après moi les filles. « Chyen pa ka fè chat ».

A votre avis que cela veut-il dire ?

« Les chiens ne font pas des chats ? » tente Isabelle.

« Oui Bravo Isabelle ».

Soudain, Josée entend quelqu’un qui pleure doucement. Toute la petite caravane s’arrête et cherche qui gémit ainsi si tristement. C’est finalement O’Balai, le petit chat qui trouve d’où vient le bruit. Derrière une feuille de carambolier, une petite chenille verte, orange et noire pleure.

« Pourquoi pleures-tu petite chenille et comment t’appelles-tu ? » demande Isabelle.

« Je m’appelle Lexomille la chenille et je pleure parce que je suis trop petite pour aller au carnaval : je suis bien déguisée mais personne ne me voit ,  je mesure à peine 5 centimètres ».

« Viens avec nous Lexomille », j’ai une idée la console Scarlett.

Et le petit cortège repart cahin-caha. Arrivés à la presqu’île, les autres animaux sont déjà là et le défilé commence : le premier char est celui des mariages burlesques : la carpe et le lapin, la cigale et la fourmi, le cabri et le castor, le capricorne et le crabe, Compère Lapin et Zamba la chèvre.

Chaque animal a choisi un instrument et s’en donne à cœur joie : calebasse pour les uns, conque ou  coquillages, grosse caisse en noix de coco……. Les poissons « cha cha » et chirurgiens forment un cercle en dansant un zouk avec Chatrou la pieuvre.

« Quel Charivari les enfants » s’enthousiasme O’Gaby : « Répétez avec moi en chantant : le charivari, le charivari, le charivari, le chavariri, le chavarivi. Tout le monde chante en chœur et le chat rit ravi.

Isabelle et Josée, avec leur collier de bananes  autour du cou, rient aussi.

A ce moment elles voient arriver le deuxième char où Scarlett a installé Lexomille la chenille de cinq centimètres : elle l’a installée dans un coquillage et a déposé par dessus un fond de bouteille qui fait loupe. On la croirait en cage cette petite chenille mais celle-ci est plus que contente d’être la reine de la fête : la loupe a doublé sa taille et Scarlett a eu la bonne idée d’entourer la chenille par des colibris eux aussi riquiqui, ainsi Lexomille ne fait plus du tout petite.

« Quelle belle journée et quel beau défilé », conclut Isabelle : il faudra que j’en parle dans ma chronique de « L’Écho de l’Écurie » quand je rentrerais de voyage.

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LE TEXTE DE 32 OCTOBRE : suite de « Les jardins de l’anagramme » dont vous pouvez voir le 1er épisode ici et le second .

Nous avions laissé Bouquin, à la fois lièvre blanc et drôle de chenapan en train de prendre son bain de soleil sur la desserte faite des blanches mains de celui que j’ai l’honneur d’être, moi, Corentin. Tout cela se passait dans les jardins célèbres de l’Anagramme.

Donc, comme j’ai l’avantage de vous le dire, moi, Corentin, je passe toujours autant de temps dans mon jardin, m’occupant de mes tomates et carottes, de mes poireaux et céleris, enfin de mon jardin potager.

Bien sûr, toujours lié à mon amour du jardin, j’ai une autre passion, les cucurbitacées.

D’ailleurs, je suis le président depuis peu du « Cercle des courges et Cie »

Lors de la clôture de la dernière assemblée générale, j’ai mis à l’honneur les produits des jardins des adhérents et de mon jardin. j’ai convié à cette manifestation Monsieur le Maire, avec qui je m’étais réconcilié (voir le 1er épisode conté), suite à mon petit chantage qui a mis à mal notre amitié assez longtemps. Après les délibérations et autres formalités, il nous fut servi, contre une modeste contribution, un chili con carne dont je n’ose vous parler : un vrai chef d’œuvre culinaire. Des oignons, des poivrons rouges, des poivrons verts, de l’ail, du cumin, de l’origan et surtout deux cuillères à café de chili en poudre. Ce savant mélange a été ajouté aux haricots rouges, à la viande hachée et aux tomates. Puis cinq heures aux fourneaux pour de nombreux bénévoles qui régalèrent une centaine de convives.

J’avais demandé à Charlotte, rappelez-vous l’affriolante infirmière, de m’y accompagner. Elle était devenue ma compagne quelque temps après mon hospitalisation et surtout après la fin de son aventure avec Monsieur le Maire. Je lui avais donné un surnom, Castor, en raison de son amour immodéré pour l’œuvre de l’auteur du Deuxième sexe, Simone de Beauvoir.

J’adore me montrer avec Charlotte. Elle n’est pas du genre à rester en cage d’ailleurs. Elle apprécie quand nous sortons. Cinéma, théâtre, petit resto, tout la ravit.

Rester savourer le temps qui passe à deux lui va aussi bien.

Notre cérémonial du soir, quelle que soit la saison : une camomille pour moi, et pour elle, un mélange  parfumé de thés noirs de Chine, la Caravane russe de la célèbre marque Twinings.

 J’ai oublié de vous préciser que Charlotte a de lointaines origines russes et connaît sur le bout des doigts l’histoire de ce thé. Paraît-il, il devrait sa saveur à son transport par caravane de chameaux à travers ce pays qui l’a toujours passionné. C’était avant l’ouverture du Canal de Suez en 1869. Elle aime tous ces détails. Je m’emploie à la distraire avec ce genre de petites informations.

 Elle utilise toujours la même casserole bleue pour faire frémir l’eau destinée à son breuvage.

Je pourrais écrire une chronique sur Charlotte et le thé, Charlotte et sa théière bleue. Mais promis, je ne tomberais pas dans la parodie des Martine de notre enfance.

D’ailleurs j’ai commencé à prendre un certain nombre de notes car elle me surprend de jour en jour. Tout l’amuse, rien ne la chagrine. Un de mes prochains travaux programmés sera de faire un album souvenir en scrapbooking de nos voyages.

Je note, je note, j’ai si peur d’oublier.

Si nous avions le temps, je vous ferais voir quelques photos que je me suis amusé à prendre et que je conserve précieusement.

Ses yeux brillent toujours comme lors de notre dernier voyage, en Italie lors du Carnaval de Venise. (ne pas oublier que je dois envoyer quelques photos de nos hôtes masqués le plus rapidement possible. Nous sommes revenus depuis déjà dix jours)

Là, elle parade en Bavière. Elle avait emprunté une robe traditionnelle sur laquelle elle posa un charivari. Elle se fit si charmante que le dit charivari, cette sorte de guirlande rapportée comme un trophée, lui fut offert et il trône maintenant dans l’entrée de notre demeure.

Encore une photo, la dernière, je vous promets, celle que je préfère. Charlotte posant devant une Caravelle rouge, datant de 1958, l’année de sa naissance.

 Charlotte me fait chavirer le cœur tout autant qu’un carré de chocolat au beurre salé. Je craque pour eux ! Je craque !!!

32 Octobre

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 3 – Résultats de la collecte des mots en C

Voici le résultat de la collecte du jour :

carotte – cercle -Chili ou chili* – castor -cage – camomille – caravane – casserole -chronique – carnaval -charivari – caravelle – chavirer – chocolat.

* Comme il n’a pas été stipulé au début du jeu que les noms propre étaient interdits, je laisse Chili, vu qu’on peut aussi l’accomoder autrement mais bon, évitons !! Merci de votre compréhension.

Quant aux résultats du sondage IPSOS/WP, pour savoir si nous continuons dans l’ordre de l’alphabet comme actuellement ou si je choisis une lettre au hasard chaque lundi matin, il a oscillé toute la journée mais quand j’ai relevé le compteur là, tout de suite, il affichait : 33,33 % pour la suite chronologique et, une lettre au hasard arrivait derrière avec 26,67 %. Cela dit, 40 % à qui l’un et l’autre iraient ! Hou, j’aimerais pas commenter une soirée électorale !(pauvre Claire Chazal…). Donc, nous restons comme cela et d’ici la fin des vacances, nous trouverons bien un lundi pour innover et satisfaire les 26,67 % qui aiment les jeux de hasard…

A vos plumes, bonne semaine à tous !

LES PLUMES DE L’ÉTÉ 3 – Les mots en C – Collecte !

Merci aux 15 participantes et à l’unique participant de votre synchronisation quasi parfaite de samedi dernier, que cela continue ainsi… Sauf pour Jeneen, un peu bousculée et qui devait le faire paraître hier soir !! Et c’est reparti, bon pied, bon oeil en ce lundi estival (hrrr, je tousse…) ! On ne va pas se décourager si vite non ? Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas encore les règles, je rappelle brièvement qu’il s’agit aujourd’hui de laisser un mot commençant par C dans les commentaires jusqu’à 18 h. Un billet récapitulatif paraîtra avant 19 h ce même lundi et vous aurez jusqu’au vendredi soir 22 h pour m’envoyer les liens de vos textes à paraître le samedi. Pour plus de détails, c’est ici .

Certains ont parlé de (juste un peu) l’éventualité de bousculer l’ordre du dictionnaire et dans ce cas, de choisir une lettre qui ne serait pas à la suite, comme nous le faisons jusqu’à présent. Comme je suis 100 % démocrate, je soumets donc à votre avis un sondage, à savoir   qui est pour ou contre que je porte mon choix (comme au jeu du dictionnaire) au hasard, sur une lettre inattendue dévoilée le lundi matin ou que nous continuions à dévider l’alphabet tel que nous le faisons… ! Je vous souhaite une bonne journée et bien sûr une bonne semaine !

Ont participé samedi, et par ordre alphabétique :

Amélie, Asphodèle,  Aymeline, Céléstine, Clara, Coumarine, Eiluned, Gwenaëlle, Jean-Charles,   Jeneen (en retard, texte publié…ou pas), Jul, Olivia, Suzame,  Syl. , Valentyne et 32 Octobre. 

LES PLUMES DE L’ÉTÉ – 2 – LES TEXTES EN B !

Tout d’abord, merci à tous ceux et celles qui ont participé de « bonne grâce »  et avec grâce à cette deuxième session des Plumes de l’été ! Et qui sont (ordre alphabétique oblige !) Amélie , Aymeline,  Céléstine , Clara , CoumarineEiluned , Gwenaëlle (Moderne Solitude) , Jean-Charles , Jul.Olivia, Suzame , Syl . Mais il se peut que d’autres me laissent leur lien plus tard, en commentaires !

Après mon texte, ceux de Valentyne et de 32 Octobre.

Les mots en B à placer étaient : bouquin – bien – bout – beauté – bastingage – bambochade – bravache – barbare – banc – – bambou – baliverne – byzantin – borderline – bébé – bain – blanc (s), blanche(s). 

 

BORDERLINE’S SONG

Borderline. Le mot venait de tomber, babines retroussées du chien méchant qui se pourlèche. Elle fixait l’homme de l’autre côté du bureau d’un regard fou, immobile et bleu. Elle le payait cher pour comprendre, le coup de bambou qu’il lui infligeait la fit sourire. Pour qui se prenait-il avec sa science punaisée aux murs de la pièce à côté  d’hideuses bambochades  ? Quant aux tapis soit-disant byzantins qui recouvraient le parquet, ils avaient franchi, eux aussi,  la ligne rouge qu’elle fixait à  la vulgarité. Elle se leva, lui tendit la main et le chèque non sans souligner :

Bien ! Nous en resterons là, c’était la dernière séance !

– Mais…vous ne pouvez PAS rester comme ça dans la nature, sans..

– Vous savez, la nature est bien plus compatissante et tolérante que vos réflexions confites dans le sel depuis longtemps !

– Je ne vous permets pas !

Balivernes ! Voilà ce que vous êtes, un mensonge de camelot de foire, et…et…ça ! ajouta-t-elle  en embrassant du bras la pièce étouffée sous le kitsch, « Continuez de vous cacher derrière, cela vous va à merveille ! Adieu Monsieur de la Baliverne  » ! Et elle claqua la porte.

La soirée de juin était tiède et douce comme un baiser qu’elle s’empressa de donner au ciel blanc de chaleur qui coiffait la ville pour le remercier de l’avoir enfin débarrassé de ce poseur infatué qu’elle ne supportait plus. Elle longea les murs  jusqu’au square et elle s’assit sur un banc où elle aimait tourner les pages de son vieux bouquin jauni, un fidèle compagnon qui ne la quittait jamais. L’heure bleue approchait, cet instant magique et indécis où le jour sombre dans le néant alors que la nuit se lève pour mieux étreindre les solitudes en fuite. Valse lente du corps qui s’effondre après la course, après l’amour. Lasse, elle se releva en titubant un peu, s’accrochant au bastingage invisible d’une réalité enténébrée. Bravache, elle força la porte d’un bar moribond, enfoncé entre les murs inégaux de ce quartier sinistre. Deux jeunes espoirs s’embrassaient sur la banquette usée d’un vieux skaï collant et lézardé tandis que le barman au visage lunaire la jaugeait de son regard blasé et indifférent. Elle recula sous l’affront. Non ! Pas aujourd’hui. Se saoûler n’arrangerait pas son cas et se saoûler seule serait un aveu facile de sa détresse, une offense à sa dignité déjà vacillante. Allez, encore quelques pas avant de retrouver sa maison, là-bas, perdue au bout du terrain vague, après la dernière palissade bancale et colorée de graffittis d’une beauté inégale… Elle regarda sa montre, il était bientôt l’heure du bain du bébé et de sa dernière tétée. Le bonheur s’était arrêté devant chez elle ce matin, qu’avait-elle encore besoin d’aller voir ce dogue qui se prenait pour un psy ? Elle ouvrit la porte en tremblant un peu. Les murs jaunis par des années de nicotine non repeinte la firent tressaillir et… cette odeur pestilentielle …d’où venait-elle ? Elle s’était trompée de maison ? Elle essaya de poser son sac sur la table où finissaient de mourir des reliefs de repas, se côtoyant en moisissures sans ordre de préséance… Mais où était Jean ? Le silence fit écho à celui qu’elle refusait d’entendre. Elle se colla contre le vieux buffet en formica jaune, les mains sur les oreilles pour ne plus entendre le sifflement qui lui traversait le crâne ; elle aperçut encore quelques lueurs lancinantes avant de perdre  connaissance. Lire la suite