La voie ferrée – 2 –

Il y a presque un an, le 22 avril pour être exacte, j’avais remanié une vieille nouvelle qui traîne toujours dans mes tiroirs et j’en avais fait un texte pour Des mots, une histoire n°27 ! (Que le temps passe vite !). Ce devait rester sans suite et allez savoir pourquoi, les mots de cette semaine m’en ont inspirée une, qui n’a encore rien à voir avec ladite nouvelle mais c’est la dure loi des mots imposés qui nous mènent par le bout du nez parfois… ! Pour ceux qui voudraient relire le texte d’origine, c’est PAR ICILire la suite

Les livres du jardin d’Asphodèle dans mon sac ! Et avec les mots d’ Olivia !

Zarbi ce titre ? Je ne vous le fais pas dire ! J’en ai sangloté ! Je respecte juste la règle du tag que vient de m’adresser mon amie LiliGalipette.  En mettant le nom de mon blog suivi de “dans mon sac”  (imaginez que j’ai juste mis “Asphodèle dans mon sac”, hou, j’en saigne d’avance !!). Comme quoi les règles des fois, peuvent être roboratives,  mais passons au catalogue ! Avant de vous donner ces fameuses consignes, une phrase de Paul Claudel piquée chez Jean-Charles, ce grand enfant : “L’ordre est le plaisir de la raison, mais le désordre est le délice de l’imagination.” Zolie, non ? Et de circonstance… vu le contexte… Je sais, il me faudrait un couffin certains jours ! Lire la suite

LE BROUILLARD DES RETOURS…

En boitant, j’ai parcouru les cinq kilomètres depuis la gare, les pieds en sang et les jambes lourdes comme les pierres de granit noyées dans le brouillard du couchant. Le bébé pleure doucement contre mon ventre. J’essaie de ne pas glisser sur la mousse qui, comme les nids-de-poule, jalonne mon parcours. Les chiens, à l’entrée du village sont les mêmes que vingt ans plus tôt : toujours des bâtards à l’œil torve et jaune, la queue en panache ou entre les pattes, à l’image des hommes du coin ; d’un côté les actifs qui troussent de fausses vamps permanentées, de l’autre, les perclus de la prostate. Dans les deux cas, un filet de bave au coin des lèvres accompagne leur désir inassouvi, lorsqu’ils s’égayent sur les pelouses grasses et vertes de la zone pavillonnaire. Lire la suite

LE PRINCE DU CARNAVAL…

©…ma cousine !

Exceptionnellement, les mots sont placés dans l’ordre où ils ont été déposés (voir ci-dessous, après le texte). L’exercice a été périlleux je l’avoue ! Ce n’est qu’un conte et toute ressemblance avec… patati, patata… n’est absolument pas fortuite ! Lire la suite

Anna et ses frères…

© clic sur la photo

Sur sa douleur recroquevillée, un silence feutré s’enroule autour du pilier en stuc censé la dissimuler aux regards.  Un simple écran de fumée, pense-t-il,  qui s’envole aussitôt et se révèle lisse et glissant sous le vent qui souffle et craque entre les lamelles des volets en bois. Le mistral orgueilleux fait défaillir jusqu’aux oliviers noués d’angoisse baissant leurs branches et l’échine sous la violence des sifflements. Lire la suite

Carabins et vieilles dentelles (suite et fin)…

Suite et fin de la première partie , ICI.

Tel un écho lancinant au tumulte qui affolait ses pensées, la pluie s’abattait violemment sur la baie vitrée du bistrot. Les passants frileux se pliaient sous leurs parapluies et couraient se mettre à l’abri. A l’abri… Kate ne l’était plus de rien depuis qu’il était entré et continuait de la fixer en souriant. Elle se replongea dans son livre et fit mine de s’y intéresser, agacée par le brouhaha qui s’intensifiait. Les carabins se tenaient maintenant pas les épaules et entonnaient d’une voix peu sûre mais avec enthousiasme  » C’est la romance de Paris »… Lire la suite

DESIR D’HISTOIRES 37 – Ne vous méprenez pas !

Assis en tailleur sur les azulejos qui ensoleillent mon carrelage en son centre, béat, perdu dans la contemplation de mon nombril qui ressemble à s’y méprendre à un bouton d’orchidée, j’attends la révélation tropicale qui me fera cesser d’hiberner.

Avais-je déjà ce chromosome en moins à la naissance ? Sûrement, on a omis de m’en parler… voilà tout. Pourquoi rouvrir aujourd’hui la boîte de Pandore ? Les questions s’agitent pendant que des souvenirs ostentatoires s’empressent de me tenir la dragée haute. Déjà, sur le chemin de l’école, mon cartable trop lourd me laissait de guingois sur le bord du chemin, raviné par les premières pluies d’octobre. Qu’ils étaient lourds et tranchants mes souliers neufs pour faire les deux kilomètres à pied ! En chemin,  je m’asseyais sous un grand chêne, plus vieux que tous les anciens du village réunis, je sortais mon ardoise et, avec le petit bout de craie blanche volé au maître, j’écrivais en majuscules déliées,  un mot, un seul : combat. Et de l’avoir écrit, je me sentais plus fort, protégé par ce mot qui claquait comme le drapeau d’une victoire anticipée.

Je passais ensuite devant le Café des Amis et une déjà vieille de trente ans, ivre de folie et d’alcool entonnait une ritournelle désenchantée, vrillée de trémolos de sa création. L’air continuait de trotter dans ma tête, inlassable rengaine qui me bouffait l’esprit. Plus tard en classe, au deuxième rang, à côté de Germain, j’imaginais ma vie loin, très loin des brumes du marais qui m’asphyxiaient en permanence. Jusqu’au jour où Germain posa discrètement sa main sur ma cuisse et me refila un vieux bouchon en liège qui sentait le vin :  c’était le code pour nos embrassades furtives, les soirs où personne ne venait le chercher. J’avais enfin un ami, quelqu’un à qui EN parler. Mes certitudes d’alors, teintées de passion adolescente m’ont poursuivi longtemps. Avec mon combat.

Aujourd’hui, je regarde le soleil illuminer le soir qui se pose sur mes longues mains, douces, manucurées. J’ai pu partir et me faire opérer. Avec Germain, nous avons apprivoisé le temps, nous lui avons dit que nous attendrions celui qu’il faudrait mais que jamais je n’abandonnerais le chemin parcouru,  pour être femme, enfin…

C’est ma participation au jeu Désir d’histoires (37) de Livvy où il fallait caser les 22 mots suivants : création – orchidée -révélation – combat – cartable -bouffer – tropical – contemplation – passion – hiberner – boîte – ancien – apprivoiser – ritournelle – asphyxie – folie – ostentatoire – azulejo – chromosome – imaginer – ardoise – bouchon.